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 Les prosternations dans ou en dehors de la prière

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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Les prosternations dans ou en dehors de la prière   Ven 22 Oct 2010 - 22:16

La prosternation de la lecture du Coran

Cheykh 'Abdel 'Adhdim El Badawi



La prosternation de la lecture du Coran

L’imam Ibnou Hazm a dit dans son livre « el Mouhalâ » : « Il y a dans le Coran 14 sajida (prosternations), la 1er c’est à la fin de la sourate Al A’raf, puis dans s. Les Abeilles, puis dans s. L’Ascension, puis dans s. Maryam, puis au début de s. Al Hajj, et il n’y a pas d’autre sajida, puis dans s. Le discernement, puis dans s. La Fourmie, puis dans s. La Prosternation, puis dans s. Sad, puis dans s. Fussilat, puis dans la fin de la s. l’Etoile, puis dans s. Inshiqaq quand il est dit : {Et qu’ont-ils à ne pas se prosterner lorsque le Coran leur est lu ?}, puis à la fin de s. Iqra. »

Il y a divergence des savants sur le nombre de sajida dans la s. Al Hajj, l’avis le plus sure étant qu’il n’y en a qu’une (la 1ère des 2)


Jugement de cette prosternation :

Ce n’est pas une obligation, mais elle est préférable. La preuve de cela est qu’une fois, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a lu sourate An-Najm (l’Etoile) et il s’est prosterné. Puis une autre fois, Zayd Ibnou Thabit (رضي الله عنه) a lu sur le Prophète (صلى الله عليه و سلم), et ni Zayd ni le Prophète (صلى الله عليه و سلم) ne se sont prosternés. Les savants en ont déduit que cela était préférable et non obligatoire.
Il est légiféré de faire la prosternation de la lecture dans les prières obligatoires comme dans les prières surérogatoires et en dehors des prières, à toute heure, que ce soit au moment du levé du soleil, de son couché, ou de son zénith, qu’elle soit en direction de la Qibla ou non, et que la personne soit en état de pureté ou non.

Lors des prières obligatoires à voix basse, il est détestable que l’imam fasse la prosternation de la lecture, car cela va créer un désordre et déstabiliser les gens.


Y a-t-il des conditions ?

Quant au faite de se prosterner sans être en état de pureté et sans être en direction de la Qibla, cela est autorisé car cela n’est pas une prière. Il s’agit en fait d’un dhikr (un rappel)
En effet, le prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Les prières du jour et de la nuit sont au nombres de deux, au nombre de deux. »
L’imam Ibnou Hazm dit : « Toute prière qui est inférieure à 2 rak’at n’est pas une prière sauf s’il y a une preuve dans le Coran et la sounnah qui nous prouve que c’est une prière, comme « rak’at el khawf » (la rak’at de la peur*). Et il n’y a aucune preuve qui montre que la prosternation de la lecture est une prière. »
Ainsi, puisque cela n’est pas une prière, aucune des conditions de la prière n’est requise pour cela, on n’est pas obligé d’être en état de prureté, en direction de la Qibla, de porter le voile pour la femme, etc.

* rak’at de la peur : C’est une prière effectuée en période de guerre, l’imam effectue une rak’at avec un groupe pendant que les autres sont au combat. Puisque celui-ci se lève pour la seconde rak’a, les gens se lèvent pour aller combattre pendant que ceux qui combattaient prennent leur place. Les prieurs ont donc effectué qu’une seule rak’a.


L’écoute de la récitation du Coran :

Concernant ceux qui écoutent la récitation du Coran, il leur est également légiféré de se prosterner, comme cela a été rapporté par Ibnou ‘Oumar (رضي الله عنه) qui dit : « Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) lisait sur nous des sourates comportant des prosternations, il se prosternait et nous nous prosternions alors que certains d’entre nous ne trouvaient pas d’endroit où poser leur front. »


Le takbir :

Certains savants disent que pendant la prière, lorsqu’on lit un verset contenant une prosternation de la lecture, on doit dire le takbir en se prosternant et en se relevant. Leur preuve est un hadith où les Compagnons disent : « Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) disait « Allahou akbar » à tous les moments où il se relevait et où il s’abaissait. » Il s’agit d’un hadith général.

D’autres savants disent qu’il ne faut pas faire le takbir, car, comme le dit Cheykh Al Albani, le hadith rapporté à ce sujet est faible. Cependant, Cheykh Al Albani dit qu’il ne faut pas être dure envers ceux qui font le takbir car cela a été rapporté de façon authentique que ‘Abdoullah Ibnou Mas’oud (رضي الله عنه) le faisait.
Mais le mieux est de suivre la sounnah du Prophète (صلى الله عليه و سلم). Or aucun des Compagnons n’a rapporté que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) avait dit « Allahou akbar » pendant la prosternation.


Les mérites de la prosternation de la lecture :

Selon Abou Hourayra (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Lorsque le fils d’Adam lit un verset comportant une prosternation et se prosterne, le Diable s’éloigne en pleurant et dit : « Malheur à moi, il lui a été ordonné de se prosterné, il s’est prosterné, il aura alors le Paradis. Et moi j’ai reçu l’ordre de me prosterner, j’ai désobéi, à moi l’Enfer. » (rapporté par Mouslim)


Ce que dit la personne pendant le soujoud :

Selon Aïcha (رضي الله عنها) qui dit : « Lorsque le Prophète (صلى الله عليه و سلم) se prosternait pendant la lecture du Coran la nuit, il disait plusieurs fois : « Mon visage se prosterne devant Celui qui l’a créé, et Celui qui lui a accordé la vue et l’ouïe par Sa force. » » (rapporté par Abou Dawoud)

Et selon ‘Ali (رضي الله عنه), lorsque le Prophète (صلى الله عليه و سلم) se prosternait il disait : « Ô Allah, je me prosterne devant Toi, c’est en Toi que je crois, à Toi que je me soumet. Tu es Mon Seigneur. Mon visage se prosterne pour Celui qui lui a accordé l’ouïe et la vue. Que soit exalté le meilleur des Créateur. » (rapporté par Mouslim et Ibn Majah)

Et selon Ibnou ‘Abbas (رضي الله عنه) : « J’étais avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم), puis un homme est venu à lui et lui a demandé : « J’ai vu hier dans mon rêve que j’ai prié au pied d’un arbre. J’ai lu un verset comportant une prosternation, alors je me suis prosterné. Et l’arbre s’est prosterné en même temps que moi et je l’ai entendu dire (l'arbre a dit) : « Ô Allah, efface-moi par celle-ci mes péchés, et inscris-moi par celle-ci des bonnes récompenses, et fais qu’elle soit pour moi une provision chez Toi. » Et Ibnou ‘Abbas (رضي الله عنه) a dit : « Et j’ai vu le Prophète (صلى الله عليه و سلم) lire un verset comportant une prosternation, se prosterner. Et je l’ai entendu dire la même invocation que l’homme lui avait dit. » (rapporté par At-Tirmidhi et Ibnou Majah)



Source : EL-WADJÎZ FI FIQHI AS-SOUNNATI WA AL-KITÂBI EL 'AZÎZ DU CHEIKH 'ABDEL-'ADHDIM EL-BADAWI - Le livre de la prière -
Cours audio du frère Abou Anas
retranscrit par Sevamel, Oum Sulaym & Oum Mouqbil


Dernière édition par Oum Mouqbil le Mer 30 Jan 2013 - 17:50, édité 2 fois
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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Les prosternations dans ou en dehors de la prière   Ven 22 Oct 2010 - 22:16

La prosternation du remerciement

Cheykh 'Abdel 'Adhdim El Badawi


La prosternation du remerciement

Il est préférable pour celui qui a reçu un bienfait, ou qui a été épargné d’un mal, ou à celui à qui on a annoncé une bonne nouvelle qui le rend heureux de se prosterner comme le faisait le Prophète (صلى الله عليه و سلم).
Selon Abou Bakrah (رضي الله عنه) : « Lorsqu’une chose rendait le Prophète (صلى الله عليه و سلم) heureux, ou qu’une chose qui rend heureux (tout le monde) arrivait, il tombait prosterné en remerciement à Allah (ta’ala). » (rapporté Abou Dawoud et Ibnou Majah)

Et le jugement de la prosternation du remerciement est le même que celui de la prosternation de la lecture du Coran (c-à-d qu’elle est préférable)

Il n’y a pas d’invocation spécifique, rapportée dans la sounnah du Prophète, à dire lors de cette prosternation.





Source : EL-WADJÎZ FI FIQHI AS-SOUNNATI WA AL-KITÂBI EL 'AZÎZ DU CHEIKH 'ABDEL-'ADHDIM EL-BADAWI - Le livre de la prière -
Cours audio du frère Abou Anas
retranscrit par Sevamel, Oum Sulaym & Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Les prosternations dans ou en dehors de la prière   Ven 22 Oct 2010 - 22:20

Les prosternations de la distraction

Cheykh 'Abdel 'Adhdim El Badawi


En arabe « distraction » se dit « as-sahou », et ce mot en Islam peut avoir 2 sens :

1- Le sens de « négligence » :
Lorsque « as-sahou » est précédé par la lettre « ‘an », elle a une connotation mauvaise, c’est-à-dire que cette distraction est mauvaise et condamnée par la religion.
La preuve de cela est la parole d’Allah qui dit : « Malheur donc, à ceux qui prient tout en négligeant (ٱلَّذِينَ هُمۡ عَن صَلَاتِہِمۡ سَاهُونَ = ‘an … sâhoûn) leur Ṣalāt » [sourate Al Ma’oun, verset 4 et 5]
Dans ce cas le terme « sahou », signifie plutôt en français « négligence »

2- Le sens de « distraction » ou « l’oubli » :
Lorsque « as-sahou » est précédé de « fi », dans ce cas ce n’est pas un mal en Islam. En effet, cela ne peut pas être blâmable car cela fait partie de la nature de l’homme. De plus, le Prophète (صلى الله عليه و سلم), qui est la meilleur des créatures, il lui est arrivait plusieurs fois d’être distrait dans sa prière.
Il est rapporté de façon authentique que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Je suis un homme comme vous, j’oublie comme vous oubliez, et lorsque j’oublie, rappelez-moi » (rapporté par ibn Majah, et authentifié par Cheykh al Albani)

Donc la distraction dans la prière n’est autre qu’un oubli. Les savants ont dit que la différence entre l’oublie et la distraction, c’est que lorsqu’on parle de la chose (oubliée) à la personne, elle s’en rappelle tout de suite. Alors que la distraction, lorsqu’on la rappelle à la personne, elle ne s’en souviens pas.
Ainsi toute distraction est un oubli, mais tout oubli n’est pas forcement une distraction.

D’après le hadith cité, les savants ont dit qu’il est possible à un envoyer ou un prophète d’oublier des choses de la vie d’ici-bas. Quant aux choses qui ont attraits à la religion, au jugement d’Allah (ta’ala), ils ne peuvent pas oublier. En effet, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) n’a pas oublié de transmettre le moindre détail du message d’Allah, et la preuve de cela est qu’il n’y a aucune contradiction dans ses paroles.



Les causes des prosternations de la distraction :

Les cas généraux ou il est autorisé, voir obligatoire de faire les prosternations de la distraction sont au nombre de 3 :
1- En cas d’ajout dans la prière
2- En cas d’oublie dans la prière
3- En cas de doute dans la prière

Parmi les exemples, il y a :

1- Lorsque la personne le 1er tachahoud
La preuve est le hadith de ‘Abdoullah ibnou Bouhayna (رضي الله عنه), qui dit : « Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a prié 2 rak’at puis s’est levé sans s’asseoir, et les gens se sont levés avec lui. Et lorsqu’il terminait sa prière et que nous attendions son taslim, il a fait le takbir avant le taslim et a accompli 2 prosternations en étant assis, puis il a fait le taslim. »

Les savants ont déduit de ce hadith 2 choses :
1- Lorsqu’on se lève de la 2ème rak’at, sans faire le tachahoud, il ne faut pas se rassoire, car le Prophète (صلى الله عليه و سلم) ne l’a pas fait.
2- Pour compenser ce manque la personne doit faire les prosternations de la distraction avant le taslim.

Et selon El Moughayra Ibnou Chou’bah (رضي الله عنه) qui dit que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Lorsque l’un d’entre vous se lève après les 2 rak’at, s’il n’est pas complètement debout, qu’il s’assoit, et s’il est debout, qu’il ne s’assoit pas et qu’il fasse les 2 prosternations de la distraction. »

Les savants ont dit de ce hadith, que si l’on est plus proche de la position debout que celle d’assise alors, il vaut mieux rester debout. Par contre, si l’on est plus proche de la position assise, il vaut mieux rester assis. Mais il n’y a pas de preuve précise de cela.


2- Lorsque la personne prie 5 rak’at.
Selon ‘Abdillah Ibn Mas’oud (رضي الله عنه) : « Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a prié un jours la prière de Dohr en 5 rak’at. Il a été dit au Prophète : « Est-ce qu’il y a eu un ajout dans la prière ? (car les compagnons pensaient qu’il y avait eu une révélation et que la prière de Dohr n’était plus de 4 mais de 5 rak’at) » Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Pourquoi, que se passe-t-il ? » Un homme lui a dit : « Tu as prié 5 rak’at. » Alors le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a fait les 2 prosternations de la distraction après le taslim. » (rapporté par Al Boukhari et Mouslim)


3- Lorsque la personne fini sa prière au bout de 2 rak’at ou de 3.
C’est-à-dire, de terminer sa prière avant de l’avoir fini entièrement.
Selon Abou Hourayra (رضي الله عنه) : « Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a terminé sa prière au bout de 2 rak’at. Dhou-l Yadayn (littéralement : « celui qui a les 2 mains » car il avait de longues mains) lui a dit : « Est-ce que la prière a été diminué, ou tu as oublié Ô Messager d’Allah ? » Et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a demandé (à ceux qui étaient présent) : « Est-ce que Dhou-l Yadayn dit la vérité ? » les gens lui ont dit : « Oui. » Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) s’est alors levé, a prié les 2 rak’at manquantes, a fait le taslim, puis il a fait le takbir et s’est prosterné comme il se prosterne durant la prière, voir plus long. Puis il s’est relevé de sa prosternation. »
Et dans une autre version de Al Boukhari il est ajouté : « Puis le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a de nouveau fait le takbir, et s’est de nouveau prosterné, puis il a fait le takbir et s’est relevé. Et enfin il a fait le taslim. »

Il a donc effectué 2 prosternations et 4 takbir. Et il a fait les 2 prosternations après le salam.

Il y a un autre hadith, celui de ‘Imran Ibn Houssayn (رضي الله عنه) qui dit : « le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a prié al ‘Asr en 3 rak’at, puis il est rentré chez lui. Un homme qu’on appelait Al Khirbâq, qui avait de longues mains, est parti chez lui pour lui dire : « Ô Messager d’Allah, tu as prié 3 rak’at. » Et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) est sorti énervé, laissant traîner son « ridâ », vers les gens. Il a dit : « Est-ce que c’est vrai ? » Ils ont répondu : « Oui. » Il a alors prié une rak’at, puis a fait le taslim, puis 2 prosternations, et enfin le taslim. » (rapporté par Ibn Majah, Abou Dawoud et Mouslim)

« qui avait de longues mains » : autrement dit il s’agit de Dhou-l Yadayn, le même Compagnon (رضي الله عنه) qui était très courageux, car n’avait pas peur d’aller voir le Prophète pour lui dire qu’il s’était trompé.

« le Prophète (صلى الله عليه و سلم) est sorti énervé » : car il se sentait coupable ou gêné de ne pas avoir terminé une adoration.

« ridâ » : Vêtement qui se porte sur la partie supérieure du corps. Contrairement au « izar » qui est le vêtement qui se porte sur le partir inférieure du corps.


4- Lorsque la personne doute
Selon Ibrahim, selon ‘Alqama qui dit que ‘Abdoullah Ibn Mas’oud (رضي الله عنه) a dit : « Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a prié (Et Ibrahim a dit : « il a ajouté ou diminué ») et lorsqu’il a fait le taslim, il lui a été dit : « Ô Envoyer d’Allah, est-ce qu’il y a eu quelque chose vis-à-vis de la prière ? » Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Pourquoi, que se passe-t-il ? » Ils lui ont dit : « Tu as prié tant et tant. » Et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a plié ses pieds, les a joint et les a dirigé vers la Qibla, a fait 2 prosternations puis a fait le taslim. Ensuite, il s’est retourné vers ses compagnons et leur a dit : « Si quelque chose ou un nouveau jugement arrive concernant la prière, je vous en informerais. Mais je suis un être humain, j’oublie comme vous oubliez, et lorsque j’oublie, rappelez-moi. Et lorsque l’un d’entre vous doute dans sa prière, qu’il recherche la vérité, et qu’il complète sa prière à partir de cette vérité, puis qu’il fasse 2 prosternations. » » (rapporté par Al Boukhari et Mouslim)

« Ibrahim a dit : « il a ajouté ou diminué » » : c’est-à-dire que le rapporteur du hadith ne sait plus si le Prophète (صلى الله عليه و سلم) avait ajouté ou diminué dans sa prière.

Ainsi on voit de ce hadith qu’il est légiféré de faire 2 prosternations lorsque la personne doute.
Cheykh Al Islam Ibn Taymiyya (rahimahoullah) a dit concernant la parole du prophète (صلى الله عليه و سلم) « qu’il recherche la vérité » : « La recherche de la vérité se fait en se rappelant de ce qu’on a lu pendant la prière. Et la personne peut également se rappeler en se souvenant qu’elle a fait le 1er tachahoud, dans ce cas elle saura qu’elle a prié 2 rak’at et non une. De même la personne peut se souvenir qu’elle a lu la Fatiha toute seule dans une rak’at et de même dans une autre, ce qui signifie qu’elle aura prié 4 rak’at. Et il n’y a pas de différence que la personne soit imam ou pas. Et si après avoir recherché la vérité, mais qu’aucune des 2 suppositions n’est plus forte, il doit se baser sur la certitude, autrement dit sur le minimum. »

La preuve est le hadith d’Abou Sa’id Al Khoudri (رضي الله عنه) qui dit que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Lorsque l’un d’entre vous doute dans sa prière et qu’il ne sais combien il a prié, 3 ou 4, alors qu’il enlève le doute et qu’il se base sur la certitude, puis qu’il fasse 2 prosternations avant de faire le taslim. S’il avait prié 5 alors ces 2 prosternations seront pour lui une intercession et une compensation de sa prière. Et si il avait prié la totalité de sa prière sans faire d’erreur, alors ces 2 prosternations seront une humiliation pour Shaytan. » (rapporté par Mouslim, Abou Dawoud et An-Nassa-i)



Le jugement de la prosternation de la distraction :

La prosternation de distraction est une obligation, car le Prophète (صلى الله عليه و سلم) l’a ordonné. Or l’ordre du Prophète (صلى الله عليه و سلم) est une obligation jusqu’à preuve du contraire. En effet, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a toujours fait les prosternations de la distraction et ne les a jamais délaissé ne serait-ce qu’une seule fois.

Cependant, il est utile de noter que ce jugement varie selon la distraction. En effet si la personne délaisse un pilier ou une obligation ces prosternations de la distraction sont obligatoires, alors que si elle a délaissé une sounnah, elles sont seulement préférables et non obligatoires.



A quels moments doit-on faire les prosternations de distraction ?

L’auteur cite la parole du Cheykh Al Islam Ibn Taymiyya (rahimahoullah) qui explique à quel moment il faut faire ces prosternations. Il dit : « L’avis qui semble être le plus judicieux, c’est la différence entre la diminution, l’augmentation et le doute avec ou sans présomption. Dans cela il y a l’application de tous les hadiths, ainsi que preuve venant de la raison… »

Le cheykh Al Islam Ibn Taymiyya cite donc 4 situations :
1- la diminution, le fait d’enlever quelque chose dans sa prière
2- l’augmentation, le fait d’ajouter quelque chose
3- le doute avec présomption, lorsque la personne pense qu’un avis est plus fort que l’autre
4- le doute sans présomption, lorsque la personne, après avoir recherchée, ne trouve pas d’avis dominant et se base sur la certitude.

Puis le cheykh explique les situations une à une :
1- La diminution
Lorsqu’il y a une diminution dans la prière, comme par exemple le délaissement du 1er tachahoud, la prière a alors besoin d’être réparée, compensée. Et sa compensation doit être faite avant le taslim, afin de compléter et parfaire la prière.

2- L’augmentation
En cas d’ajout dans la prière, comme l’ajout d’une rak’at par exemple, les prosternations doivent être faites après le taslim afin d’éviter un 2ème ajout dans la prière. Et ces 2 prosternations sont une humiliation pour Shaytan.

3- Le doute avec présomption
Lorsque la personne a douté mais a privilégié un avis sur un autre, il fini sa prière. Il n’y a alors plus de doute. Mais malgré cela le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit de faire 2 prosternations après le taslim, ceci pour rabaisser le diable.

4- Le doute sans présomption
Dans ce cas, il faut faire les 2 prosternations avant le taslim.

Et cheykh Al Islam dit : « Cet avis que nous crions fort et l’avis qui utilise l’ensemble des hadiths, et utilise une vraie analogie. »


A noté également, que cette façon de procéder, en divisant les distractions au cours de la prière en 4 situations, est l’avis de cheykh Al Islam Ibn Taymiyya. Il considère donc les moments cités précédemment comme obligatoires. Mais la majorité des savants sont d’avis que cette façon de choisir le moment où faire les prosternations, est seulement préférable.

Il a été posé la question au Cheykh Ibn Al ‘Outhaymin (rahimahollah) : « Quel est le jugement concernant une personne qui a fait les prosternations de la distraction avant le taslim alors qu’il devait les faire après ? »
Il a répondu : « L’avis de la plupart des savants est que ces règles sont préférables, mais il lui est autorisé de faire les prosternations avant ou après le taslim. » Puis il a cité l’avis du cheykh Ibn Taymiyya.



Différentes situations possibles et cas particuliers :

Lors de l’oublie du 1er tachahoud :
Dans le hadith d’Abou Hourayra (رضي الله عنه) cité plus haut, où il est dit que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a prié 2 rak’at pour le Dohr. Quand le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a entendu son erreur, il a prié les 2 rak’at manquantes puis à fait les 2 prosternations après le taslim. Pourquoi ? Avait-il diminué ou ajouté dans sa prière ?
Les savants disent, qu’en complétant sa prière, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a fait un ajout, qui est celui du taslim. En effet, il a fait un 1er taslim après les 2 premières rak’at, puis un 2ème taslim après les 2 rak’at complétées.

Pendant la prière en groupe :
Lorsque l’Imam s’est trompé au cours de la prière, mais qu’un fidèle est arrivé en retard à cette prière. Le fidèle doit-il faire les prosternations de la distraction avec l’imam ou non ?
Les savants disent que si l’Imam fait les 2 prosternations de la distraction avant le taslim, le fidèle en retard doit suivre l’imam. Car le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « L’imam est là pour être suivi, ne divergez pas avec lui. »
Par contre si l’Imam fait les prosternations de la distraction après le taslim, il se pose deux situation :
1- le fidèle a vu et a participé à la distraction de l’Imam, dans ce cas il doit faire les prosternations
2- Sinon le fidèle n’est pas obligé de se prosterner avec l’Imam

La personne qui oublie de faire les 2 prosternations :
Si une personne a été distraite pendant sa prière, elle doit faire les prosternations de la distraction. Cependant si elle oublie de les faire, les savants disent que selon la durée, si celle-ci est courte, elle doit accomplir ses prosternations, mais si celle-ci est longue, elle en est dispensée et sa prière est valide.
De même si la personne, n’accompli pas les prosternations de la distraction volontairement, sa prière est également valide à condition qu’elle est compensée sa prière (c-à-d que si elle a oublié un des piliers de la prière ou une rak’at, elle l’a ajouté). Cependant les savants disent que la personne a commis un péché car les prosternations de la distraction sont obligatoires.

Celui qui s’est trompé dans la lecture du Coran :
Cheykh al Outhaymin a dit qu’il ne fallait pas faire les prosternations de la distraction en cas d’erreur dans la récitation du Coran, car cela ne fait pas partie de la façon de faire la prière Et ce qui a été rapporté dans la sounnah sur l’Imam qui se trompe dans sa lecture est de lui souffler, et non pas de faire les prosternations.

Concernant l’oublie d’un pilier dans la prière :
Par exemple prenant le cas d’une personne qui a oublié une inclinaison. Si elle se souviens de cet oublie pendant le soujoud de cette même rak’at, dans ce cas elle se lève accomplir l’inclinaison oublié puis refait les 2 soujoud qui suivent. Par contre si elle se souviens de cet oublie lors du soujoud de la 2ème rak’at, alors dans ce cas elle considère cette rak’at comme étant la 1ère, puis complète une autre rak’at.
Et il y a des savants, comme cheykh Al Outhaymin (rahimahoullah) qui disent que si la personne a oublié un pilier et n’a pas atteint le même pilier de la rak’at suivante, elle doit s’acquitter de ce pilier, mais si elle s’en est rappelé après avoir accompli ce même pilier de la rak’at suivante, alors dans ce cas elle considère cette rak’at comme étant la 1ère.

Lorsque la personne a fait un ajout et un oubli :
Dans ce cas les savants ont dit que les 2 prosternations avant le taslim prévalent sur les prosternations après le taslim, car le manque doit être compensé.
Quant à cheykh Al Albani, il est d’avis que le musulman a le choix de les faire avant ou après.

Concernant l’oublie d’une sounnah dans la prière :
Celui qui délaisse une sounnah dans la prière, il lui est autorisé de faire les 2 prosternations de la distraction. La preuve de cela est le hadith du Prophète (صلى الله عليه و سلم) qui dit : « Pour toute distraction, 2 prosternations. » (rapporté par Abou Dawoud et Ibn Majah).
Mais dans ce cas elles ne sont plus obligatoires, puisque la chose oubliée n’est pas obligatoire.

Celui qui s’est distrait pendant les prosternations de la distraction :
Par exemple, la personne se prosterne et en se relevant, elle ne sait plus si c’était la 1ère ou la 2ème proternation. Dans ce cas les savants, la l’unanimité, ont dit qu’il n’y a pas de prosternation de la distraction pour une distraction dans les prosternations de la distraction.




Source : EL-WADJÎZ FI FIQHI AS-SOUNNATI WA AL-KITÂBI EL 'AZÎZ DU CHEIKH 'ABDEL-'ADHDIM EL-BADAWI - Le livre de la prière -
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