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 La prière du voyageur

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Oum Mouqbil
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MessageSujet: La prière du voyageur   Ven 18 Jan 2008 - 15:54

La prière du voyageur


Shaykh Al-Albânî




Les questions touchant à la définition du voyage sont celles sur lesquelles les savants ont émis le plus d’avis différents. C’est une question importante car elle concerne la plupart des gens à un moment de leur vie. Nous avons choisi d’aborder cette question en sélectionnant des extraits de propos de shaykh Al-Albânî (à défaut d’avoir pu trouver l’ensemble des points réunis dans une seule réponse) car l’avis de shaykh se situe à la croisée de nombreux avis et est quasi conforme aux avis d’autres savants passés et contemporains (notamment shaykh Al-‘Uthaymin, sauf sur quelques détails). Mais aussi, comme bien souvent, on prête à shaykh Al-Albânî des propos qui ne sont pas les siens. Nous nous excusons de la longueur de l’article, mais il est impossible de faire très court si on veut bien expliquer les tenants et aboutissants de cette question, et nous demandons au lecteur un effort d’attention tout particulier tant la question est subtile.

La divergence entre les savants naît principalement d’une divergence sur ce qui est considéré comme un voyage, le shaykh nous en donne ici la définition :



Définition du voyage



Écouter le shaykh

Question : Quelle est la définition langagière et religieuse du voyage ?

Réponse : « Dans la langue, le terme voyage désigne le fait de quitter les habitations de la ville dans laquelle on réside. Entendu ? Quitter les habitations de la ville dans laquelle on réside.
Du point de vue religieux, cela désigne toute sortie [de la ville] accompagnée de l’intention de voyager, ce qui implique une préparation qui n’est pas celle du résident. Nul doute que le voyageur se prépare d’une manière particulière pour son voyage. La première chose est l’intention. Pour ce qui est de votre cas à vous, je ne pense pas qu’un seul d’entre vous ait eu l’intention de voyager dans ce trajet que vous avez effectué, et qu’un seul d’entre vous n’ait fait ses adieux à ses enfants ou son épouse, comme le fait le voyageur. Et aucun d’entre vous ne s’est préparé comme un voyageur, et rien d’autre parmi les choses qu’implique le véritable voyage. Voilà ce que l’on peut dire concernant le voyage d’un point de vue religieux, sachant qu’il y a de grands débats sur cette question depuis le passé jusqu’à nos jours en raison de la grande subtilité de cette question et l’absence d’une définition claire coupant court aux débats dans le Coran et la Sunna. Mais c’est là l’avis qui nous semble le plus juste dans la définition du voyage d’un point de vue religieux. »

On voit donc l’importance de l’intention, et le simple fait de parcourir une distance quelle qu’elle soit ne suffit pas à qualifier un trajet de voyage du point de vue religieux. Cela apparaît plus clairement dans l’extrait suivant où shaykh Al-Albânî a apparemment parcouru une longue distance mais à la surprise des frères présents, le shaykh a accompli la prière normalement sans raccourcir sa prière à deux raka’at comme il aurait pu le faire s’il était en voyage.

Écouter le shaykh

Question : Pourquoi as-tu accompli une prière de quatre raka’at ?

Réponse : Je n’ai pas eu l’intention de voyager.

Question : Nous voudrions plus de détails.

Réponse : Et pourquoi as-tu prié deux raka’at ?

Question : J’ai accompli deux raka’at en me basant sur ce que j’ai entendu de vous.

Réponse : Et qui est ?

Question : Que nous étions voyageurs.

Réponse : Où as-tu entendu cela de moi ?

Question : J’ai interrogé à ce sujet Abû Sâlih.

Réponse : Et tu as entendu cela de moi maintenant ? Ce que j’ai dit est que celui qui se déplace d’un endroit à un autre en cherchant les pâturages ou l’herbe est voyageur. Ce qui n’est pas notre cas, car nous avons quitté notre ville pour y revenir en soirée. Donc pour moi la question n’est pas de parcourir une distance donnée, mais plutôt de

considérer deux choses : la première qui en est le fondement est l’intention, et la deuxième est de sortir de la ville. Si on a l’intention de voyager et que l’on sort de la ville, les règles du voyage s’appliquent, sans prendre en considération la distance parcourue par la suite, qu’elle soit longue ou courte. Si l’intention n’est pas présente, on peut parcourir une longue distance, on n’est pas pour autant considéré comme étant voyageur, car le voyage fait partie des choses liées à ce hadith à propos duquel certains savants ont dit qu’il représentait le tiers de la religion : « Les actes ne valent que par leurs intentions, et chaque individu n’est récompensé qu’en fonction de son intention. » En vérité, cela fait partie des questions très subtiles sur lesquelles ont divergé les savants sans pouvoir se mettre d’accord sur une position totalement claire, si bien qu’aucun ne peut dire ceci est la vérité et rien d’autre. Personne ne peut dire cela. La seule chose que l’on puisse dire est : mon avis est celui-ci.

Pour ma part, j’ai pour avis ce que j’ai compris de l’épître de Shaykh Al-Islâm ibn Taymiyyah sur ce sujet. Il a en effet consacré une épître aux règles du voyage. Il y a donné un exemple remarquable permettant au chercheur et à l’étudiant en science de comprendre que le voyage n’est pas lié au parcours d’une longue ou courte distance. Pour ce qui est des courtes distances, je pense que cela ne donne lieu à aucun débat, car il est authentifié que le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) sortait parfois de la ville de Médine pour se rendre au cimetière de Al-Baqi’ (à cette époque le cimetière n’était pas encore dans la ville) pour saluer les morts puis revenir, de même qu’il rendait parfois visite aux martyrs au mont Uhud pour les saluer puis revenir, sans pour autant se considérer voyageur, bien qu’il soit sorti de la ville. A l’opposé, parcourir une longue distance n’implique pas nécessairement d’être voyageur.


L’exemple donné par Shaykh Al-Islâm ibn Taymiyyah est le suivant : il évoqua les environs de Damas et une ville connue jusqu’à nos jours sous le nom de Dûmah. Il parla d’un homme quittant Damas pour chasser à Dûmah, parcourant ainsi 15km. Nul doute que pour nous, si la condition de base qu’est l’intention est présente, alors c’est un voyage. Mais il dit que cet homme n’est pas voyageur car il a quitté la ville pour chasser et revenir. Mais il ne trouva pas le gibier escompté si bien qu’il poursuivit son chemin jusqu’à parvenir à la ville de Halab située à une distance d’environ 400km de Damas de nos jours par la route. Il dit donc que cet homme n’est pas voyageur bien qu’il ait parcouru plusieurs fois la distance lui permettant d’être considéré comme voyageur. Ceci car la première condition qui est l’intention de voyager n’était pas présente chez cet homme. Ainsi, nous pouvons dire que le chauffeur de taxi quittant ‘Ammân le matin pour se rendre à Al-‘Aqabah et revenir le soir n’est pas voyageur, car son intention n’est pas de voyager mais d’accomplir son travail. Nous devons donc souligner cette condition de base qu’est l’intention pour montrer que la règle peut être différente pour deux hommes parcourant la même distance : le premier étant considéré comme voyageur et pas le second, et ce en raison de leurs différentes intentions.

De même que découlent de ce point les règles de la résidence (l’établissement) temporaire en un lieu. Deux hommes quittent la ville en tant que voyageurs et s’installent [pour un temps] dans une autre ville. Le premier s’installe en tant que voyageur alors que le deuxième est considéré comme résident. Pourquoi ? Car il a une deuxième épouse dans cette ville, donc il a quitté une épouse pour se rendre chez une autre. Donc le fait qu’il trouve une épouse qui l’accueille et facilite son installation conduit à ce que sa situation diffère de celle de son compagnon. Nous pouvons donc en tirer un profit très important qui est que les règles du voyageur, malgré leur subtilité, diffèrent d’un individu à l’autre, et ainsi nous ne pouvons imposer à un individu une règle s’appliquant à un autre, et inversement. Chaque serviteur doit donc prendre l’avis qu’il pense être le plus conforme à la vérité… Nul doute que l’usage est essentiel pour celui qui a l’intention de voyager (afin de déterminer ce qui est considéré comme un voyage ou non), quant à celui qui n’a pas l’intention de voyager, cela ne limite en rien… »
.



On peut donc voir dans les propos de shaykh Albânî (et c’est également l’avis de la majorité des savants) que le voyage commence lorsqu’on quitte les limites de la ville dans laquelle on réside et qu’il se termine lorsqu’on revient à ces mêmes limites, comme le dit Anas : « J’ai accompli le Dhuhr avec le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) en quatre raka’at à Médine, et en deux raka’at à Dhul-Hulayfah (à la sortie de la ville). » Ainsi, comme l’explique shaykh Al-‘Uthaymin dans Sharh Al-Mumti’ : si on sort de sa ville et qu’on se rend à l’aéroport, on peut déjà y regrouper les prières, comme cela est permis pendant le voyage. Il n’y a pas non plus de distance minimale à accomplir en dessous de laquelle on ne peut appliquer les règles du voyage ainsi que le démontre entre autres shaykh Siddîq Hasan Khân dans At-Ta’liqât Ar-Radiyyah et shaykh Al-‘Uthaymin dans Sharh Al-Mumti’ qui dit que les hadiths utilisés pour fixer une distance sont divers et ne visent pas à délimiter ce qu’est un voyage. Parmi ces distances, une unité de mesure particulièrement répandue, le Barîd qui représente la distance parcourue à vitesse moyenne par une monture en une demi journée. L’avis répandu est qu’on ne peut appliquer les règles du voyage en deçà de quatre Burud (pluriel de Barîd), ce qui représente 77 km, alors qu’il est rapporté dans le Sahîh Muslim par Anas : « Lorsque le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) parcourait trois miles ou Farâsikh (unité de mesure de distance), il accomplissait deux raka’at. » On voit ici que la distance évoquée par Anas n’est plus que d’environ 15 km, donc très loin des 77 km. Shaykh Al-‘Uthaymin conclut ce point en rappelant que les Textes restent généraux et ne précisent aucune distance, c’est pourquoi il est nécessaire de se référer à l’usage (connu chez les gens et dans la langue) pour définir ce qui est un voyage ou non. Notons tout de même que bon nombre de savants ne sont pas de l’avis de shaykh Al-Albânî concernant le chauffeur de taxi parcourant tous les jours de longues distances, et ils disent qu’il ne cesse d’être en voyage dès qu’il quitte sa ville et que c’est là sa fonction : voyager pour transporter les gens.

Une fois qu’on a eu l’intention de voyager et que l’on quitte les limites de sa ville, les règles du voyage s’appliquent et elles sont les suivantes :


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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: La prière du voyageur   Ven 18 Jan 2008 - 15:54

.
Les règles du voyage


Le raccourcissement est obligatoire et le regroupement est recommandé.

Écouter le shaykh

« S’ils sont voyageurs et s’arrêtent en un endroit et qu’on entre dans le temps de la première prière, celle de Dhuhr, la sunna consiste à ce qu’ils regroupent les prières du Dhuhr et ‘Asr, en avançant l’accomplissement du ‘Asr à l’heure du Dhuhr. Et si au contraire ils continuent à se déplacer lorsqu’arrive le Dhuhr et poursuivent leur chemin jusqu’à entrer dans le temps du ‘Asr, ils doivent alors s’arrêter et accomplir [dans cet ordre] les prières du Dhuhr et ‘Asr en ayant repoussé l’accomplissement du Dhuhr au temps du ‘Asr. En résumé,
s’ils sont arrêtés à l’heure du Dhuhr, ils regroupent les deux prières en avançant l’accomplissement du ‘Asr, sinon, ils regroupent à l’heure du ‘Asr en repoussant l’accomplissement du Dhuhr. De même, il leur est obligatoire d’accomplir ces prières en deux raka’at et non en quatre raka’at, car cela est une obligation et non une permission, et c’est là l’avis des savants le plus authentique […]

Ceci au contraire du regroupement des prières qui est une permission, en ce sens qu’il leur est permis d’accomplir en voyage chaque prière à son heure. Mais le plus aimé auprès d’Allah est qu’on accepte Ses permissions, comme le dit le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) :
« Allah aime qu’on prenne Ses permissions, comme Il aime qu’on accomplisse Ses obligations. » et dans un autre hadith : « Allah aime qu’on prenne Ses permissions, comme Il déteste qu’on Lui désobéisse. » Il est donc meilleur de regrouper les deux prières, surtout s’il y a une quelconque forme de difficulté (à accomplir chaque prière à son heure). Le musulman ne doit pas se détourner des permissions d’Allah, car cela cache une forme secrète de fierté et d’orgueil face à la permission d’Allah comme l’a montré le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) lorsqu’un homme l’interrogea en lui rappelant la Parole d’Allah : « Ce n’est pas un péché pour vous de raccourcir la prière, si vous craignez que les mécréants ne vous causent du tort » et il lui dit : « Ô Messager d’Allah ! Pourquoi raccourcissons-nous la prière alors que nous sommes en sécurité ? Alors que notre Seigneur dit : « si vous craignez que les mécréants ne vous causent du tort » Le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) dit : « C’est une aumône qu’Allah vous fait, acceptez donc l’aumône d’Allah. » Est-il permis à l’esclave de refuser l’aumône de son maître, alors qu’Allah est le Maître des maîtres comme l’a montré le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) lorsqu’un homme lui dit : « Tu es notre maître. » Il répondit : « Le vrai Maître est Allah. » Si l’esclave ne peut refuser le don de son maître alors qu’il est une créature comme lui, alors comment refuser le don du Créateur. Ainsi, puisque nous connaissons maintenant la différence entre l’obligation de raccourcir les prières et la permission de les regrouper, il ne faut pas négliger cette permission et l’accepter en remerciant Allah pour Sa bonté envers nous. En résumé : le raccourcissement est obligatoire et le regroupement est recommandé.

Un seul adhan et deux iqamah

De même, on accomplit pour les deux prières regroupées un seul adhân et deux iqâmah. On n’accomplit pas l’adhân pour chaque prière mais un seul [avant la première prière], et avant chaque prière un iqâmah, c’est là la chose la plus authentique qui ait été rapporté du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam), comme dans la description du pèlerinage d’adieu qu’a fait Jâbir Ibn ‘Abdillah Al-Ansârî. Je dis cela car il y a d’autres versions, y compris dans les recueils de hadiths authentiques (Al-Bukhârî et Muslim) disant que lorsque le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) regroupa les prières à Minâ, il y eut deux adhân et deux iqâmah, mais dans le lexique des spécialistes du hadith, on dit que la mention des deux adhân n’est pas ce qui est transmis par la majorité des rapporteurs qui est un seul adhân pour les deux prières et un iqâmah pour chaque prière.

Pas de prières surrérogatoire sauf celle du Fajr et du Witr

Dès que l’on a accomplit la première prière, on se lève pour accomplir l’iqâmah de la deuxième prière, sans espacement par la récitation de formules d’évocation et encore moins par l’accomplissement de prières surérogatoires car celles-ci cessent lors du voyage. Les prières qu’il est légiféré d’accomplir avant et après la prière, comme pour la prière du Dhuhr par exemple, toutes ces prières surérogatoires cessent, sauf pour deux d’entre elles : la prière surérogatoire du Fajr et celle du Witr, comme le dit ‘Âishah : « Le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) ne délaissait jamais ces deux raka’at (surérogatoires du Fajr) qu’il soit voyageur ou résident. », ce qui montre l’importance de ces deux raka’at. Cela est appuyé par la parole du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) : « Les deux raka’at [surérogatoires] de l’aube sont meilleures que ce monde et tout ce qu’il contient. » c’est pourquoi le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) les accomplissait même en voyage. De même pour les deux raka’at du Witr que le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) accomplissait également en voyage, même en chevauchant sa monture lorsqu’il ne pouvait s’arrêter pour les accomplir au sol. Ainsi, lorsqu’ils ont terminé la première prière et qu’on prononce l’iqamah de la deuxième, il n’y a pas d’espacement ni par des formules d’évocation ni par des prières surérogatoires. Ensuite, lorsqu’ils ont accompli la deuxième prière, on ne trouve rien dans la Sunna nous empêchant de prononcer les formules d’évocation connues après les prières à toute heure, mais il n’y a pas d’espacement dans l’accomplissement des deux prières obligatoires. »


Nous savons donc maintenant que le voyage n’a pas de distance fixe et qu’à partir du moment où on quitte sa ville avec l’intention de voyager, les règles du voyage s’appliquent, mais pas avant. Nous avons également vu comment devait s’accomplir la prière du voyageur et qu’il lui était obligatoire de raccourcir et permis de regrouper les prières du Dhuhr et ‘Asr (en deux raka’at chacune, à l’heure d’une des deux prières), du Maghrib et ‘Ishâ (en trois et deux raka’at, à l’heure d’une des deux prières), la prière du Fajr, elle, ne changeant pas. Nous reviendrons plus tard sur quelques règles complémentaires de la prière du voyageur, mais reste à présent à évoquer la question sur laquelle ont le plus divergé les savants : combien de temps reste-t-on voyageur ? Il va de soi que tant qu’on continue à se déplacer de jour en jour, cela ne suscite pas de divergence. Mais les avis des savants ont divergé sur le cas du « voyageur » qui s’installe un moment donné à un endroit. Reste-t-il voyageur ? Si oui, combien de temps ? Devient-il résident ? Si oui, au bout de combien de temps ?

...


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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: La prière du voyageur   Ven 18 Jan 2008 - 15:55

La limite (de temps) permettant le raccourcissement de la prière



Écouter le shaykh

Question : Quelle est la limite (de temps) permettant le raccourcissement de la prière ?

Réponse : « Tu veux dire pendant le voyage ? On ne trouve ni dans le Coran ni dans la Sunna de limites de distances ou de temps. Nous pouvons tous lire dans le Coran la manière dont Allah expose une question liée aux jeûneurs
« Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage devra jeûner plus tard un nombre égal de jours. » (Al-Baqarah, 184) Ce qui nous intéresse ici dans ce verset est qu’Allah dit : «Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage ». Ainsi, de la même manière qu’Il n’a pas donné de limites à la maladie, Il n’a pas fixé non plus de limites au voyage. C’est pourquoi toute personne quittant la ville où elle réside devient voyageuse, car le voyage est lié au fait de sortir de la ville. Si quelqu’un quitte sa ville avec l’intention de voyager, il devient voyageur, qu’il parcourt une courte ou longue distance. Ce qui va déterminer ce qu’est un voyage est l’usage et la langue, et non la distance que la plupart des gens ignorent. C’est cet avis qu’il faut prendre en compte et ne pas troubler les esprits en fixant des distances pour délimiter le voyage, car on ne trouve rien de cela dans le Coran ou la Sunna […]

[Arriver à destination, tout dépend de son intention] soit cet individu veut s’installer [temporairement ou définitivement] à cet endroit, soit il ne veut pas s’y fixer. S’il veut s’y installer il n’est plus voyageur et doit appliquer les règles du résident, mais s’il ne veut pas s’installer en ce lieu il reste voyageur et les règles du voyage s’appliquent comme la permission de rompre le jeûne pendant Ramadan, de regrouper les prières connues, l’obligation de raccourcir les prières, et d’autres choses encore. Mais il faut prêter attention à un point que nos pieux prédécesseurs ont pris en considération. Ils ne disaient pas d’un homme qui s’installait (pour un temps) en un lieu qu’il n’était plus pour autant voyageur, mais ils utilisaient des termes plus précis que le fait de dire : « il a l’intention de s’installer. » Ainsi, ils disaient : « Il s’est décidé (Ajma’a) à s’installer. », c’est pourquoi je dis en suivant leur exemple : le voyageur qui arrive dans une ville et se décide à s’y installer (temporairement), devient résident, mais s’il ne se décide pas à s’y installer, il reste voyageur.

Il peut donc se décider à s’installer (ce que l’on peut facilement concevoir) ou au contraire « ne pas se décider à s’installer », mais comment cela se manifeste-t-il concrètement ? Nous disons : celui qui arrive dans une ville pour y réaliser une affaire (ou accomplir une tâche, etc) et se décide à s’installer et ainsi se repose et se met au calme, devient résident. Mais s’il se dit : demain je repars, après-demain je repars, en raison des incertitudes qui pèsent sur le chemin qu’il doit emprunter, alors il ne s’est pas décider à s’installer, il est hésite dans son intention, si bien qu’il reste voyageur dans cette situation, même si elle dure plusieurs mois. Ainsi, on rapporte authentiquement que lorsque Ibn ‘Umar est parti livrer une bataille, après la mort du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam), aux environs de Khurâsân (aujourd’hui au Nord-Est de l’Iran), ils furent pris dans la neige et ils établirent un campement où ils raccourcirent la prière pendant six mois, jusqu’à ce que le chemin se libère et qu’ils puissent retourner chez eux. Voilà ce que l’on peut dire sur le voyage et ses limites, et en résumé il n’y a aucune preuve ni dans le Coran ni dans la Sunna venant délimiter le temps du voyage ou de l’installation, et tout ce qui a pu être rapporté en ce sens doit être interprété en fonction de l’intention qu’ont eu [le Prophète ou les compagnons de s’installer ou non]. »


Shaykh Al-Albânî reprend là aussi l’avis de Shaykh Al-Islâm ibn Taymiyyah, tout comme shaykh Al-‘Uthaymin qui rapporte ses propos en disant : « Le voyageur reste voyageur tant qu’il n’a pas une des deux intentions suivantes : 1_ s’installer définitivement. 2_ s’installer temporairement. » Shaykh Al-‘Uthaymin dit : « La différence est que dans le premier cas, le voyageur s’installe définitivement et fait de cette ville sa résidence principale. Alors que dans le deuxième cas, il arrive dans une ville et constate qu’il y a beaucoup à faire ou que c’est un bon endroit pour rechercher la science. Il a donc l’intention d’y rester sans pour autant délimiter cela par un temps ou une tâche. Mais son intention est de s’installer (pour un temps) car la ville lui plait, soit par la science qu’on y trouve, soit pour la vivacité de son commerce, ou encore parce qu’il est fonctionnaire d’état comme le sont les ambassadeurs. La base dans ce cas est que cet individu n’est plus voyageur, car il a eu l’intention de s’installer, ainsi les règles du voyageur ne s’appliquent plus à lui. » (Sharh Al-Mumti’, 2/255).

Prenons un exemple peut être plus parlant pour le lecteur. Je voyage et visite l’Arabie Saoudite en allant de ville en ville. Depuis que j’ai quitté mon domicile en France, je suis voyageur. J’arrive à Jeddah, une ville que je ne connais pas et je me dis : je vais visiter pour voir. Je suis toujours voyageur car je reste sur cet état premier tant que je ne prends pas la décision de m’installer. Au lendemain, après quelques visites, je m’aperçois que la ville ne me plaît pas et que je vais me rendre à Riyad. Arrivé sur place, alors que je suis toujours voyageur, je m’aperçois que la ville me plaît, qu’il y a de nombreuses activités qui m’intéressent et que je m’y établirai bien un moment pour en découvrir les multiples facettes, sans pour autant me fixer une limite de temps, à ce moment je devient « résident », c'est-à-dire que les règles du voyage ne s’appliquent plus à moi, bien que dans l’absolu, comme le dit shaykh Al-Albânî, je suis toujours voyageur, puisque cette ville n’est pas la mienne et que je vais revenir chez moi à un moment ou un autre.

Maintenant qu’en est-il si l’on sait combien de temps on va séjourner dans une ville, ou si l’on sait que ce séjour va durer ? Pour certains savants, les règles du voyage ne s’appliquent plus après quatre jours, pour d’autres après vingt jours, et au contraire d’autres sont d’avis que malgré tout les règles du voyage demeurent même si on reste au même endroit pendant des années. Alors qu’en est-il ? On interrogea shaykh Al-Albânî à propos d’un groupe d’étudiants venus passer leurs examens à Amman pour une durée de dix jours, devaient-ils être considérés comme voyageurs ou résidents ?



Écouter le shaykh

« Ce que nous voulons montrer est que cette limite (de quatre jours fixés par certains savants) n’a aucune valeur. Un homme arrive dans une ville et veut y passer cinq jours, cela n’en fait pas pour autant un résident, il est toujours en voyage. Tant qu’il est comme Allah dit :
« Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage » alors il ne cesse d’être voyageur et les règles du voyage s’appliquent à lui. Si ce groupe (d’étudiants) vient jusqu’ici et que de nos jours l’usage répandu chez les gens fait de ce trajet un voyage, et qu’ils vont retourner chez eux, alors ils sont voyageurs, sauf s’ils veulent s’installer ici sans vouloir repartir d’où ils sont venus. En résumé, il n’y a aucune preuve pour montrer que celui qui a l’intention de rester plus de quatre jours devient résident, même s’il est toujours en voyage. »

Il dit également dans une autre cassette en évoquant ceux qui partent étudier plusieurs années à l’étranger, et pour lesquels certains savants appliquent une analogie avec le récit de Ibn ‘Umar qui raccourcit la prière pendant six mois, lorsqu’il fut pris dans la neige :

Écouter le shaykh

« Peut on comparer cela (le récit de Ibn ‘Umar) avec ce que nous entendons de certains savants de nos jours qui disent à propos de certains étudiants qui voyagent d’un pays à un autre, qu’il s’agisse d’un pays d’islam ou de mécréance, pour leurs études ? Un étudiant quitte par exemple un pays arabe pour se rendre aux USA ou en Europe afin d’y demeurer plusieurs longues années, quatre voire plus. Ces savants disent qu’il est voyageur. Comment serait-il voyageur. Nous disons : la parole d’Allah
« Quiconque d’entre vous est [..] en voyage » s’applique-t-elle à lui ? Non, jamais ! C’est un résident, même en considérant que lorsqu’il est arrivé dans ce pays, il n’avait pas l’intention de s’installer. Mais en vérité, il voulait s’installer, ne serait-ce que le temps des études. Puis lorsque vient le temps de visiter son pays pendant les vacances, il le fait, sinon il n’y revient pas. La question est donc très subtile, mais si l’étudiant en science médite sur ce point, il verra si Allah le veut qu’en fait elle est très claire. »

Effectivement, la question est très subtile et tout dépend de l’intention profonde de chacun. Veut-on s’installer réellement, même pour une courte période, ou ne sommes-nous que de passage ? Celui qui est installé dans une ville et mène une vie similaire aux habitants de cette ville, peut-il réellement se dire qu’il est encore voyageur dans le sens où les règles du voyage s’appliquent encore pour lui ? Bien sûr que dans l’absolu il reste « voyageur » puisqu’il retournera un jour chez lui, même après quatre années d’étude, mais shaykh Al-Albânî explique bien en d’autres endroits qu’Allah a légiféré les règles du voyage d’une manière très précise, Il dit : « Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage » et Il n’a pas dit : « Quiconque d’entre vous est malade ou voyageur », il y a là une grande nuance dans l’emploi des termes et cela change tout dans l’application des règles. Ainsi, on peut être « voyageur » tout en s’établissant un temps (court ou long) quelque part. Pour que les règles du voyage s’appliquent, il ne suffit pas d’être « voyageur », mais il faut être en voyage, donc « sur le départ », et ne pas avoir l’intention de s’installer et de rester. Les deux exemples que donne shaykh Al-Albânî sont très clairs : le premier groupe d’étudiants est venu un court moment à Amman pour passer des examens, sans avoir l’intention de s’y établir mais uniquement pour accomplir le but de leur voyage. Dans le deuxième cas, ces autres étudiants partent aussi pour accomplir un objectif, mais cela implique nécessairement qu’ils s’installent et s’établissent à un endroit, vivants ainsi à la manière des résidents.
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Dernière édition par Oum Mouqbil le Mer 26 Mar 2008 - 12:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La prière du voyageur   Ven 18 Jan 2008 - 15:55

Revenons maintenant pour conclure à quelques règles spécifiques à la prière du voyageur.

Quelques règles spécifiques à la prière du voyageur



Le voyageur doit-il prier en groupe ?

Écouter le shaykh

Question : Quelle est la règle concernant le voyageur qui entend l’appel à la prière ?

Réponse : Si nous croyons avec conviction que le voyageur n’est pas obligé d’accomplir la prière du Jumu’ah (et c’est l’avis de la majorité des savants), et que l’obligation d’assister à la prière du Jumu’ah est plus forte encore que la simple prière en commun, et que malgré tout le voyageur n’est pas obligé d‘y assister. Alors, a fortiori, l’obligation d’assister à la prière en commun cesse. Mais une autre obligation pèse sur ce voyageur et qui est : s’il se trouve avec un groupe de voyageurs ou un groupe de résidents et qu’on appelle à la prière, dans ce cas il lui est obligatoire de prier en commun. Ceci car il est rapporté dans Al-Bukhârî, ces propos du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) adressés à Mâlik Ibn Al-Huwayrith :
« Si vous êtes en voyage, que l’un de vous appelle à la prière, et que le plus âgé d’entre vous dirige la prière. » Donc il leur a ordonné d’accomplir la prière en groupe, un groupe spécifique de voyageurs. C’est là la réponse. »

Nous rappelons également que shaykh Al-Albânî insiste sur le fait que le prieur doit faire tout ce qu’il peut pour prier en direction de la Qiblah et que s’il ne sait trouver sans instrument la direction de La Mecque, il lui est obligatoire d’utiliser une boussole. Dans le même sens, shaykh Ibn Bâz dit que celui qui prie dans la mauvaise direction en terre d’islam, alors qu’il avait la possibilité de demander, sa prière est invalide (voir Fatâwâ As-Salât).



Que doit faire le voyageur qui prie derrière un imam résident ?

Écouter le shaykh

Question : Tu es voyageur et te joins à un groupe de résidents accomplissant la prière du ‘Asr ou une autre prière de quatre raka’at. Tu n’arrives que pour les deux dernières raka’at, alors que fais-tu, tu salues avec l’imam ou tu complètes à quatre raka’at ? Et quelles sont les preuves à ce sujet ?

Réponse : Lorsque le voyageur prie derrière un imam résident, la prière du voyageur se transforme en la prière de ce résident. Donc, même si le voyageur rejoint l’imam juste avant le salut final et que l’imam quitte la prière, le voyageur doit compléter totalement la prière. Ceci car il est rapporté dans le Sahih Muslim et le Musnad de l’imam Ahmad, qu’on interrogea ‘Abdallah Ibn ‘Abbas à propos du nomade qui raccourcit la prière lorsqu’il est en voyage, donc comment devait-il prier ici à La Mecque, derrière l’imam ? Il répondit :
« Il accomplit une prière normale (de quatre raka’at), et c’est là la sunna de Abû Al-Qâsim (le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam)). » C’est une preuve claire sur cette question, et cela est appuyé par la globalité de la parole du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) rapportée par Al-Bukhârî et Muslim : « L’imam n’est là que pour être suivi. » Donc, lorsque le voyageur prie derrière un imam résident, la prière du voyageur se transforme en prière de résident, et il doit prier normalement, et ce même s’il manque toutes les raka’at (avec l’imam) comme nous l’avons rappelé. »


Comment le voyageur doit-il accomplir la prière en tant qu’imam s’il y a derrière lui des résidents ?

Écouter le shaykh

« L’imam voyageur n’a pas le droit d’accomplir une prière de quatre raka’at, mais il doit suivre le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) en toute situation et se conformer à sa parole lorsqu’on lui dit :
« Ô Messager d’Allah ! Pourquoi raccourcissons-nous la prière alors que nous sommes en sécurité ? Le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) dit : « C’est une aumône qu’Allah vous fait, acceptez donc l’aumône d’Allah. » Le voyageur qui dirige les gens dans la prière doit raccourcir la prière. Par exemple, si je vous dirige dans la prière, j’accomplirai la prière du I’sha en deux raka’at, par contre vous devrez vous l’accomplir en quatre raka’at. Car l’obligation pour moi est de l’accomplir en deux raka’at, alors que pour vous c’est de l’accomplir en quatre raka’at. Il ne m’est pas permis de prêter attention à vous, ou en des termes plus précis : il ne m’est pas permis de vous suivre dans la prière. Votre prière est celle du résident, alors que ma prière est celle du voyageur. L’imam ne doit pas devenir un fidèle, et inversement le fidèle ne devient pas imam, de sorte que le fidèle suive l’imam qui, lui-même suit le fidèle, non. Ainsi, si une personne résidente prie derrière un imam voyageur, elle doit compléter sa prière lorsque l’imam prononce le salut final. A l’inverse, lorsqu’un voyageur prie derrière un imam résident, la prière du voyageur devient une prière de résident, et il doit accomplir quatre raka’at. C’est ce qu’indiquent clairement les Textes, mais vous pouvez entendre le contraire de certaines personnes, alors prenez garde ! Il est rapporté dans le Sahih Muslim qu’un nomade demanda à ‘Abdallah Ibn ‘Abbâs qui était lui de La Mecque : « Ô Abû Al-‘Abbâs – qui est le surnom de ‘Abdallah Ibn ‘Abbâs – Pourquoi lorsque nous sommes en voyage raccourcissons-nous la prière et lorsque nous sommes ici dans la Mosquée Sacrée, complétons-nous la prière ? » Il répondit : « C’est là la Sunna de Abû Al-Qâsim. » Ce qui signifie que lorsque le voyageur prie seul, il lui est obligatoire de raccourcir la prière, mais s’il prie derrière un imam résident, il doit le suivre. Et cette deuxième règle qui apparaît dans le hadith du Sahih Muslim complète la parole du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) : « L’imam n’est là que pour être suivi, ne divergez donc pas de lui. » Si tu pries derrière un imam résident et qu’après s’être assis pour le premier Tashahhud, l’imam se lève et que toi tu prononces le salut final, tu as divergé de lui en t’opposant à la Sunna authentique que nous venons de rappeler dans le hadith de Ibn ‘Abbâs. »


Mais si l’imam est voyageur, il doit signifier aux gens derrière lui son état afin qu’ils comprennent pourquoi il n’accomplit que deux raka’at, mais comment doit-il s’y prendre ?

Écouter le shaykh

Question : Lorsqu’un imam voyageur accomplit la prière et qu’il la raccourcit, il se peut qu’il dirige des gens qui sont eux résidents et on l’entend parfois dire après avoir salué : « votre imam est voyageur, complétez votre prière. » Est-ce là la Sunna authentique ?

Réponse : Oui, il lui est obligatoire, lorsqu’il dirige des résidents dans la prière, de dire : complétez votre prière, car nous sommes voyageurs. C’est ce qu’on rapporte du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) par une chaîne de transmission faible, mais authentiquement du Commandeur des croyants ‘Umar Ibn Al-Khattâb qui dit :
« complétez votre prière, car nous sommes voyageurs. » Mais on ne peut dire cela qu’après le salut final. Mon avis concernant ce salut, et c’est là un avis que je donne sans pouvoir m’appuyer sur un Texte clair, mais uniquement par compréhension et déduction des Textes. Je suis d’avis que ce salut doit se faire à voix basse, et ce afin d’appliquer la parole du Prophète : « La fin de la prière est marquée par le salut final. » S’il prononce cette parole pendant la prière, c’est une parole (humaine, alors que la prière n’est composée que de louanges et de récitations, et toute parole n’est adressée qu’à Allah) et la prière est invalidée. Par contre s’il sort de la prière, celle-ci est valide, même s’il salue à voix basse, de même que la prière serait valide s’il entrait dans la prière en prononçant le Takbir à voix basse. S’il dirige des résidents dans la prière, je suis d’avis qu’il prononce le salut final à voix basse afin de ne pas mettre en difficulté les fidèles qui sont malheureusement le plus souvent inattentifs, si bien qu’ils saluent directement avec l’imam sans se rendre compte qu’ils doivent compléter la prière. Mais s’il leur dit « complétez votre prière car nous sommes voyageurs », il est plus probable qu’ils complètent, et je n’en suis pas certain pour l’avoir vécu plusieurs fois et avoir indiqué que j’étais voyageur, des gens saluaient malgré tout, en raison de leur grande inattention.

Question : Il vaut mieux qu’il les informe avant la prière.

Réponse : Oui cela est meilleur. Gloire à Allah, tu m’as rappelé un évènement qui s’est déroulé alors que j’étais à Tabûk chez un ami à qui je rendais visite, et il y avait une mosquée proche de sa maison. Pour la prière du ‘Ishâ, nous nous sommes rendus à la mosquée et il m’a demandé de diriger la prière. Je lui ai dit discrètement : « Ces gens ne sont pas prêts à voir ce qu’ils considèrent être une innovation : que l’imam accomplisse deux raka’at, et qu’il leur dise : complétez votre prière, c’est là une chose étrange. Il me dit : pourquoi ne pas leur apprendre la Sunna ? Je dis : j’aimerais le faire mais j’ai peur qu’ils nous fassent des problèmes. Il me dit : ne t’en occupe pas. J’ai donc fait une conférence sur ce thème, mais malgré tout il y eut des problèmes après la prière. Ils dirent : pourquoi laisses-tu cet homme nous diriger dans la prière, il vient nous perturber, etc. Mais comme nous disions auparavant mon frère,
c’est la Sunna du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) qui lorsqu’il dirigeait dans la prière des résidents, ne se souciait pas d’eux et raccourcissait la prière. On a rapporté ces propos de lui comme nous l’avons rappelé précédemment, ainsi que de manière authentique de ‘Umar Ibn Al-Khattâb qui était à La Mecque et priait devant des résidents, alors que lui était voyageur. Mais il était le Commandeur des croyants, donc il dirigeait la prière et la raccourcissait. Et il leur disait : « complétez votre prière car nous sommes voyageurs » »


Voilà ce que nous pouvions brièvement exposer à nos frères et sœurs concernant la prière du voyageur, en espérant avoir été aussi fidèle que possible à la traduction des propos de shaykh Al-Albânî – qu’Allah lui fasse miséricorde, illumine sa tombe et lui accorde la meilleure des récompenses. Nous voudrions rappeler que nous avons choisi d’exposer son avis car il nous semblait le plus fidèle aux Textes et qu’il englobait bon nombre de savants. Mais cela reste un avis, et le shaykh lui-même dit : « En vérité, cela fait partie des questions très subtiles sur lesquelles ont divergé les savants sans pouvoir se mettre d’accord sur une position totalement claire, si bien qu’aucun ne peut dire ceci est la vérité et rien d’autre. Personne ne peut dire cela. La seule chose que l’on puisse dire est : mon avis est celui-ci. » Donc si un frère ou une sœur choisi d’adopter un avis autre qui lui semble plus conforme aux Textes, ou si ce frère ou cette sœur n’a pas le niveau nécessaire pour étudier les avis des savants et qu’ils ont interrogé sur ce point un savant qu’ils estimaient digne de confiance et qui leur a donné un autre avis, il convient à tous de respecter ce choix.

Wallahu ‘alam

Traduit et publié par les Salafis de l’Est

http://www.salafs.com/modules/news/article.php?storyid=10163
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MessageSujet: Re: La prière du voyageur   Ven 14 Nov 2008 - 11:48

Quand et comment le voyageur doit-il effectuer la prière ? Qu’est ce qui est le meilleur pour le voyage ?

SHeikh Muhammad Ibn Sâlih al-’Uthaymîn (qu’Allah le préserve)






Question :

Quand et comment le voyageur doit-il effectuer la prière ?

Réponse :

La prière du voyageur se fait en deux Raka’ah, dès qu’il sort de sa ville et jusqu’à ce qu’il en revienne, sur la base du dire de ‘Aisha (radhiallâhu ‘anha) qui dit :
« Au début, la prière obligatoire était de deux Raka’ah, ensuite elle fût maintenue en tant que prière du voyageur, et complétée en tant que prière de résidence. » Et dans une autre version : « Et ajoutée pour la prière du résident. » [1]

Et Anas (radhiallâhu ‘anhu) a dit :
« Nous sortîmes avec le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) de Médine et nous nous dirigeâmes vers la Mecque. Et nous avons prié deux Raka’ah à la fois jusqu’à notre retour. » [2]

Mais si un voyageur prie avec un imâm, il doit compléter ses prières [avec l’imâm] et faire quatre Raka’ah, [et cela même] s’il rattrape le début de la prière ou s’il manque une partie de celle-ci, et cela, basé sur la signification générale des dires du Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) :
« Lorsque vous entendez l’Iqâma allez à la prière en marchant et soyez calmes et décents. Ne vous précipitez pas...Priez [avec les autres] la partie que vous rattraperiez et complétez [seuls] ce que vous auriez manqué. » [3] Et la signification générale du dire : « Priez [avec les autres] la partie que vous rattraperiez et complétez [seuls] ce que vous auriez manqué. » inclut les voyageurs qui prient derrière un imâm qui fait quatre Raka’ah ou autres. Ibn ‘Abbâs (radhiallâhu ‘anhumâ) fût interrogé sur la raison pour laquelle un voyageur doit prier deux Rak’ah quand il est seul et quatre [Raka’ah] quand il prie derrière un résident ? Il répondit : « Telle est la Sounnah. » [4]

L’obligation de la prière en groupe n’est pas levée pour le voyageur, car certes Allâh - Ta’âla - l’a enjoint même en situation de combat. Il - Ta’âla - dit :


« Et lorsque tu (Muhammad) te trouves parmi eux, et que tu les diriges dans la Salat, qu’un groupe d’entre eux se mette debout en ta compagnie, en gardant leurs armes. Puis lorsqu’ils ont terminé la prosternation, qu’ils passent derrière vous et que vienne l’autre groupe, ceux qui n’ont pas encore célébré la prière. A ceux-ci alors d’accomplir la Salat avec toi, prenant leurs précautions et leurs armes. » [5]

Sur cette base, si le voyageur se trouve dans une ville autre que sa ville, il doit assister à la prière en groupe à la mosquée s’il entend l’appel à prière, à moins qu’il ne soit loin ou qu’il ne craigne de perdre ses compagnons [de voyage]. la signification générale des preuves indique l’obligation de la prière en groupe pour celui qui entend le Adhân ou l’Iqâmah.

Quant à ce qui est des prières surérogatoires [en voyage] : Le voyageur prie l’ensemble de ses prières surérogatoires en dehors de celles liées à la prière du « Dhohr » et du « Maghreb », [il peut prier] celle du « Fajr » et autres que celle-ci par les prières surérogatoires, en dehors de celles habituellement faites [pour Dhohr et Maghreb] [...] [6]

Question :

Qu’est ce qui est le meilleur pour le voyage : le fait de combiner les prières au plus tôt [de leurs temps où il est permis de prier] ou bien de combiner les prières au plus tard ?

Réponse :

Ce qui est le meilleur pour le voyage dans le fait de combiner [les prières], c’est le fait de faire ce qui est le plus facile pour vous. Donc, s’il est plus facile pour vous de combiner les prières au plus tôt [de leurs temps où il est permis de prier], alors faites ceci. Et s’il est plus facile pour vous de combiner les prières au plus tard [de leurs temps où il est permis de prier], alors faites cela.

Le meilleur dans cela, c’est ce que qui est le plus facile à faire pour vous. Au plus tôt ou au plus tard, tous deux sont légiférés par la Sounnah. [7]



Notes
[1] Rapporté par al-Bukhârî et Muslim
[2] Rapporté par al-Bukhârî
[3] Rapporté par al-Bukhârî
[4] Rapporté par Muslim
[5] Coran, 4/102
[6] Madjmu ’ Fatâwa du SHeikh Ibn ’Uthaymîn, 15/252-253
[7] Kitâb « Liqâ-at ul-Bâb il-Maftoûh » du SHeikh Ibn ’Uthaymîn, 1/54

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MessageSujet: Re: La prière du voyageur   Ven 14 Nov 2008 - 11:51

Raccourcir et rassembler ses prières pendant tout le voyage ?

Conditions et règles de la prière du voyageur…





D’après `Aicha, l’épouse du Prophète (radhiallâhu ’), les prières furent d’abord fixées à deux Raka`ah chacune ; en cas de séjour aussi bien que pendant le voyage. La prière faite en voyage fut maintenue telle quelle ; alors que celle faite dans le premier cas, fut augmentée. [1]



SHeikh Muhammad Ibn ‘Uthaymîn (rahimahullâh) a expliqué que la distance, dont le parcours autorise le raccourcissement de la prière, est fixée par certains savants à près de 80 klm. D’autres savants renvoient à ce que la coutume considère comme un voyage, même s’il s’agit de parcourir une distance inférieure à 80 klm. Ce que les gens n’appellent pas « voyage » n’en est pas un, même s’il consiste à parcourir 100 klm. Ce dernier avis correspond à l’option de SHeikh al-Islâm Ibn Taymiyyah (rahimahullâh). En effet, Allâh – Ta’âla - n’a pas précisé une distance déterminée justifiant le raccourcissement de la prière. Et le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) n’en a pas précisée.

Anas Ibn Mâlik (radhiallâhu ‘anhu) a dit :
« Le Messager d’Allâh (sallallahu ‘alayhi wa sallam) ne priait plus que deux Raka’ah, dès qu’il avait parcouru 3 miles ou 3 farâsakh. » [2] La parole de SHeikh al-Islâm Ibn Taymiyyah (rahimahullâh) est plus proche de la vérité.

En présence de différentes coutumes, il n’y a aucun mal à adopter l’avis allant dans le sens de la fixation d’une limite. Car certains savants et imâms confirmés se sont prononcés dans ce sens. Il n’y a aucun mal à l’accepter, s’il plaît à Allâh – Ta’âla. Cependant quand la coutume est claire, on peut s’y référer, ce qui est le plus juste [3].

SHeikh al-Islâm a donc précisé :
« L’argument valable est du côté de celui qui juge légaux le raccourcissement de la prière et la non observance du jeûne au cours de n’importe quel voyage sans distinction. Cet avis est à lui seul juste. » [4]

Ibn ‘Oumar, les partisans de l’Imâm Abû Hanîfa ainsi que ath-Thawrî disent que si la personne a l’intention de résider (en voyage) en un endroit 15 jours ou moins que cela, elle raccourcit ses prières. Sa’îd Ibn Moussayb, Mâlik, al-Layth et ach-Châfi’î sont d’avis que quand la personne a l’intention de résider 4 jours, elle doit compléter ses prières normalement. L’Imâm al-Awzâ’î est d’avis que celui qui a l’intention de résider 13 jours complète ses prières, et si c’est moins que cela, il les raccourcit. [5]




Notes
[1] Rapporté par Muslim
[2] Rapporté par Muslim
[3] Madjmu’ Fatâwa de Ibn ’Uthaymîn, 15/265-266
[4] Madjmu’ al-Fatâwa de Ibn Taymiyyah, 24/63
[5] Kitâb « Moukhtasar Ikhtilâf al-‘Oulémâ » de l’Imâm Abû Bakr ar-Râzî, 1/359-360


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MessageSujet: Re: La prière du voyageur   Ven 14 Nov 2008 - 11:54

Raccourcir ses prières quand il réside à un endroit pendant plus de 4 jours ?

SHeikh al-Imâm Ibn BâZ & al-Lajnah ad-Dâ-ima







Question :

Un débat entre un de mes collègues arabes et moi a eu lieu concernant le raccourcissement des prières lorsqu’on était en Amérique, et que nous devions y rester au moins deux ans. Je complétais mes prières comme si j’étais dans mon pays, alors que mon collègue lui raccourcissait ses prières parce qu’il se considérait voyageur, et si la durée dépassait deux ans ? Nous souhaiterions une clarification des règles du raccourcissement de la prière dans notre cas avec des preuves.

Réponse :

La règle est que le voyageur est celui qui a le droit de raccourcir les prières de quatre Rak’ah, d’après les paroles d’Allâh -Ta’âla :


« Et quand vous parcourez la terre, ce n’est pas un péché, pour vous de raccourcir la Salâ » [1]

Et d’après les paroles de Ya’la Ibn Umayyah qui a dit : « J’ai dit à ’Oumar Ibn Al-Khattâb (radhiallâhu ’anhu) :


« Ce n’est pas un péché pour vous de raccourcir la Salâ, si vous craignez que les mécréants ne vous mettent à l’épreuve » [2]

Il a dit :
« J’ai été étonné comme toi, alors j’ai demandé au Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) et il a dit : « C’est une bienfaisance qu’Allâh vous a accordé, alors acceptez la bienfaisance » Rapporté par Muslim

Et l’avis pour celui qui reste dans un lieu pendant quatre jours et nuits au moins, est qu’il est considéré comme voyageur, d’après ce qui a été authentifié de Djâbir et de Ibn ’Abbâs (radhiallâhu ’anhum) qui déclarent que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) est arrivé à la Mecque le matin du quatre de « Dhul-Hijjah » pour le pèlerinage d’adieu et il (sallallahu ’alayhi wa sallam) y est resté le quatre, le cinq, le six et sept, puis il a accompli la prière du Fajr à « Al-Abtah » le huitième jour ; et il a raccourci ses prières pendant ces jours en ayant fait l’intention de rester pour cette période, comme cela est bien connu. Ainsi, toute personne qui voyage avec l’intention de rester pour une période semblable à celle pendant laquelle le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) est resté ou moins, peut raccourcir ses prières ; et toute personne qui a l’intention de rester plus longtemps que cela doit compléter ses prières car il ne tombe pas sous la règle du voyageur.

Quant à celui qui voyage plus de quatre jours sans avoir l’intention de résider [à un endroit fixe], mais plutôt il prévoit [de ne voyager] que le temps de régler ses affaires, est considéré comme celui qui prend résidence au cours du « Djihâd » contre l’ennemi, ou qui est détenu par les autorités ou pour cause de maladie par exemple, et dont l’intention et de reprendre son voyage si le « Djihâd » s’achève par la victoire ou la paix, ou s’il est guéri de sa maladie ou libéré par l’ennemi ou l’autorité qui le détenait, ou qu’il retrouve son esclave en fuite ou qu’il achève ses affaires. Dans ce cas, il est considéré comme étant voyageur et il peut raccourcir ses prières de quatre Raka’ah, même si la période de résidence est prolongée, car il a été authentiquement rapporté que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) est resté à la Mecque lors de la prise de celle-ci pendant 19 jours, en raccourcissant ses prières, et il est resté à « Tabûk » pendant 20 jours quand il combattait en Djihâd contre les chrétiens, et lui et ses compagnons (radhiallâhu ’anhum) raccourcissaient leurs prières, car ils n’avaient pas fait l’intention de rester ; ils avaient plutôt eu l’intention de ne voyager que le temps de régler leurs affaires. [3]



Notes
[1] Coran, 4/101
[2] Coran, 4/101
[3] Fatâwa Al-Lajnah Ad-Dâ-ima lil-Bouhouth Al-’Ilmiyyah wal-Iftâ, 8/109-111
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MessageSujet: Re: La prière du voyageur   Ven 14 Nov 2008 - 11:55

Voyager le jour du vendredi ?

Al-Lajnah Ad-Dâ-ima lil-Bouhouth Al-’Ilmiyyah wal-Iftâ







Question :

Quelle est la règle concernant certaines personnes qui sortent dans le désert ou en mer le vendredi, dans la mesure où ils n’ont le temps de faire ce genre de voyage que le jour du vendredi ?

Réponse :

S’il leur est facile de faire la prière du vendredi pendant leur voyage, et qu’ils y participent et font la prière, alors il n’y a pas de mal à cela pour eux. Mais si leur voyage leur fait manquer la prière du vendredi, alors cela ne leur est pas permis car cela leur ferait manquer un acte d’adoration obligatoire. [1]



Notes
[1] Fatâwa Islâmiyyah - Lajnah ad-Dâ-ima, 1/417


http://www.manhajulhaqq.com/spip.php?article299
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MessageSujet: Re: La prière du voyageur   Ven 14 Nov 2008 - 11:57

Rassembler ses prières quand son travail est à une distance de 130 kilomètres ?

Al-Lajnah Ad-Dâ-ima lil-Bouhouth Al-’Ilmiyyah wal-Iftâ






Question :

Est-il permis à des soldats résidant dans des pays autres que les leurs et qui servent dans les forces armées de réunir et de raccourcir leurs prières ? Est-il permis aussi à celui qui voyage chaque jour de la capitale de ce pays vers son lieu de travail, dont la distance est de 130 kilomètres, de rassembler et de raccourcir ses prières pendant ce voyage, à l’aller comme au retour ?

Réponse :

Si ils ont l’intention de résider plus de quatre jours, alors le « Madhhab » [de l’Imâm Ahmad] soutient qu’ils doivent compléter leurs prières et qu’ils ne peuvent pas les raccourcir, parce que la permission de raccourcir et de rassembler les prières est sous la condition que la période de résidence ne soit pas plus de quatre jours. Néanmoins, s’ils ne sont pas résidents, ou s’ils ne sont résidents que pour quatre jours où moins, ils doivent réunir et raccourcir leurs prières, selon l’avis le plus large du « Madhhab ».

Quant à la réponse qui touche la seconde partie de la question, puisque leur lieu de résidence est dans la capitale de ce pays, il ne leur est pas permis de rassembler et de raccourcir leur prière. Néanmoins, s’ils quittent [la ville] pour se rendre sur leur lieu de travail ou ailleurs, et dont la distance est de plus de 80 kilomètres, alors ils peuvent prendre les dispositions liées aux règles du voyage qui consistent à rassembler et à raccourcir les prières, jusqu’à ce qu’ils reviennent à leur lieu de résidence, tant qu’ils n’ont pas l’intention de rester plus de quatre jours [sur place], car dans ce cas, il ne leur est ni permis de rassembler ni permis de raccourcir les prières. [1]

Question :

Est-il permis au voyageur de réunir [les prières] sans les raccourcir, ou de les raccourcir sans les réunir ?

Réponse :

Il lui est permis de réunir sans les raccourcir et de raccourcir sans les réunir, mais raccourcir est meilleur que de les compléter, parce qu’Allâh - Ta’âla - aime que nous acceptions les permissions qu’il nous donne, tout comme Il aime que l’on agisse en fonction de Son décret. Ainsi donc, réunir les prières pendant un voyage est meilleur [Afdhal] pour le voyageur comme nous l’avons rappelé, et ceci est comme ce que le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) a fait. [2]



Notes
[1] Fatâwa Islâmiyyah - Lajnah ad-Dâ-ima, 1/398-399
[2] Fatâwa Al-Lajnah Ad-Dâ-ima lil-Bouhouth Al-’Ilmiyyah wal-Iftâ, 8/97
http://www.manhajulhaqq.com/spip.php?article302
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MessageSujet: Re: La prière du voyageur   Ven 14 Nov 2008 - 11:58

Je voyage et je suis dans une ville dans laquelle il y a de nombreuses mosquées et j’entends le « Adhân » ?

SHeikh ’Abdel-’Azîz Ibn ’Abd-Allâh Ibn BâZ (rahimahullâh)






Question :

Si je voyage et réside dans le pays où je me rends pendant trois ou quatre jours, ou moins ou plus, et que j’entre dans la mosquée à l’heure du « Dhuhr » et que je prie quatre Raka’ah avec le groupe, ensuite je me lève seul et je prie le « ’Asr » raccourci, est-ce que cela m’est permis ? Et m’est-il permis de part mon statut de voyageur, de raccourcir et de rassembler les prières à la maison quand je suis au milieu d’une ville dans laquelle il y a de nombreuses mosquées et que j’entends l’appel à la prière ?

Réponse :

Quand le voyageur à l’intention de rester dans un pays pendant plus de quatre jours, il doit compléter sa prière d’après la majorité des gens de science. Néanmoins, si la durée du séjour est moindre que ces jours-là, alors le fait de raccourcir la prière est meilleur, mais s’il la complète, il n’y a pas de mal à cela. S’il est seul, il ne peut pas seul raccourcir ses prières, mais il lui est plutôt obligatoire de prier en groupe et de les compléter, d’après les traditions qui démontrent l’obligation de prier en groupe, et il a été authentifié du Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) dans le Musnad de l’Imâm Ahmad et dans « Sahîh Muslim » selon Ibn ’Abbâs (radhiallâhu ’anhu), que la Sounnah pour le voyageur quand il prie avec un Imâm résident est qu’il prie quatre Raka’ah ; et tel que le sens général des paroles du Prophète qui dit :
« L’Imâm n’est là que pour être suivi, alors ne le contredisez pas. » Unanimement reconnus authentique. [1]


Notes
[1] Fatâwa Islâmiyyah - SHeikh Ibn BâZ, 1/399
http://www.manhajulhaqq.com/spip.php?article303
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MessageSujet: Re: La prière du voyageur   Ven 14 Nov 2008 - 11:59

Rassembler ses prières dans le desert ou à la fin de la journée ?

SHeikh ’Abdel-’Azîz Ibn ’Abdullâh Ibn BâZ (rahimahullâh)




Question :

Nous sommes allés en groupe dans le désert ; nous était-il permis de raccourcir nos prières et de les rassembler ou pas ?

Réponse :

Si l’endroit du désert où vous êtes allés est assez loin de votre lieu de résidence pour être considéré comme un voyage, il n’y a pas d’interdiction à rassembler et raccourcir les prières, et les raccourcir est meilleur que de les compléter. Quant à les rassembler, cela implique de prier le « Dhuhr » en deux Raka’ah, le « ’Asr » en deux Raka’ah, et « al-’Ishâ » en deux Raka’ah, ainsi quiconque souhaite le faire, il le peut, et quiconque ne le souhaite pas, il le peut. Et de prier « al-Dhuhr » et « al-’Asr » ensemble, ainsi que « al-Maghreb » et « al-’Ishâ » ensemble, mais ne pas les faire [ensemble] est meilleur quand le voyageur est un résident et qu’il est apaisé, parce que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) pendant son séjour à Mina lors du pèlerinage d’adieu raccourcissait ses prières mais il ne les réunissait pas ; il ne les réunissait qu’à « ’Arafat » et « Muzdalifah » par nécessité. Et quand le voyageur a l’intention de rester en un lieu pendant plus quatre jours, il est meilleur de ne pas raccourcir les prières, mais de les compléter de quatre Raka’ah. Et c’est le dire de beaucoup de gens de science. Mais si la période de résidence est de quatre jours ou moins, alors les raccourcir est meilleur...Et c’est Allâh qui accorde le succès. [1]

Question :

Est-il permis pour le musulman lorsqu’il fait un long voyage de rassembler ses prières à la fin de la journée ?

Réponse :

Cela est grandement blâmable, et [cela] n’a été dit par aucun des gens de science. Mais plutôt, il est permis pour le voyageur de rassembler le « Dhuhr » et « ‘Asr » seulement, à l’heure de l’une des deux [prières], avant que le soleil commence ne jaunisse, et de rassembler le « Maghreb » et « ‘Ishâ » à l’heure de l’une des deux [prières], avant le milieu de la nuit. En ce qui concerne la prière du « Fajr » elle ne peut être joint à aucune autre prière, mais elle doit être toujours prié à l’heure, que l’on soit en voyage ou résident, et cela avant que le soleil ne se lève. [2]



Notes
[1] Fatâwa Islamiyyah - SHeikh Ibn BâZ, 1/401-402
[2] Madjmu’ Fatâwa de SHeikh Ibn BâZ, 12/295-296
http://www.manhajulhaqq.com/spip.php?article304
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MessageSujet: Re: La prière du voyageur   Ven 13 Fév 2009 - 8:59

Concernant le racourcissement des prières

Comité Permanent





Q : Une discussion a eu lieu entre moi et un des mes camarades arabes au sujet du raccourcissement de la prière alors que nous résidons en Amérique, et que nous risquons d’y rester deux ans. En ce qui me concerne, j’accomplis complètement mes prières, comme si je me trouvais dans mon pays. Quant à mon camarade, il raccourcit ses prières, car il considère être voyageur, même si la durée de son voyage dure deux ans. Nous espérons donc que vous nous éclaircissiez au sujet du raccourcissement de la prière dans notre situation en citant la preuve de votre argumentation.


R : La règle est que seul le voyageur est autorisé à raccourcir sa prière de quatre unités, en raison de la parole d’Allah :

« Et quand vous parcourez la terre, ce n’est pas un péché pour vous de raccourcir la prière... »1


et de la parole de Ya’lâ ibn Umayya : « Je dis à ‘Umar ibn Al-Khattâb, qu’Allah l’agrée :

« Et quand vous parcourez la terre, ce n’est pas un péché pour vous de raccourcir la prière, si vous craignez que les mécréants ne vous mettent à l’épreuve. »


Il me dit : « Je me suis étonné de ce qui t’a étonné, c’est pourquoi j’ai questionné le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, qui m’a dit :

« C’est une aumône qu’Allah vous donne. Acceptez donc son aumône. »2



Doit être considéré comme voyageur quiconque reste dans une région pendant une durée égale ou moindre à quatre jours et quatre nuits, en raison de ce qui a été authentiquement rapporté dans le hadith de Jâbir et d’Ibn ‘Abbâs, qu’Allah les agrée, selon lequel le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, arriva à la Mecque le matin du quatrième jour du mois de Dhul-Hijja lors du pèlerinage d’Adieu.3

Le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, resta tout le quatrième, le cinquième, le sixième et le septième jour, et accomplit la prière du Fajr le huitième jour à Al-Abtah, et durant ces quatre jours, il raccourcissait les prières.

Or, il avait l’intention d’y rester, cela est connu. Ainsi, tout voyageur qui a l’intention de rester dans un lieu pendant une durée égale ou moindre que celle du Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, raccourcit sa prière. Et quiconque à l’intention d’y rester plus que ce laps de temps complète sa prière, car il n’est plus considéré comme voyageur.


Quant à celui qui reste dans une région plus de quatre jours sans avoir l’intention réelle d’y rester, mais qui a plutôt décidé de retourner chez les siens dès que ses affaires sont finies, il est considéré comme voyageur : comme celui qui reste dans une région pour combattre l’ennemi, ou qui est arrêté par les autorités ou par une maladie par exemple, mais qui a l’intention - si le combat se termine par la victoire ou un traité de paix, ou qu’il se libère de ce qui l’immobilisait comme la maladie, la force de l’ennemi, les autorités ou le fait d’avoir retrouvé son esclave fuyard, ou la vente d’une marchandise, etc… dans ce cas, il est considéré comme voyageur et il raccourcit alors les prières de quatre unités, même si la durée s’allonge, car il a authentiquement été rapporté que le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, est resté dix-neuf jours à la Mecque, l’année de la victoire (Al-Fath), en raccourcissant la prière4.



Il est aussi resté vingt jours à Tâbûk pour combattre les chrétiens, en dirigeant et en raccourcissant la prière des Compagnons5, car il n’avait pas l’intention d’y

rester mais avait plutôt l’intention de s’en aller lorsque l’affaire serait terminée.




Fatwa du Comité Permanent
Tome 1, page 274.

_______________________

1 Les Femmes, v. 101.
2 Rapporté par Muslim, chapitre des voyageurs, n°686.
3 Rapporté par Al-Bukhârî, chapitre du raccourcissement de la prière, n°1085.
4 Rapporté par Al-Bukhârî, chapitre du raccourcissement de la prière, n°1080.
5 Rapporté par Ahmad (3/295), Abû Dâwûd, chapitre de la prière, n°1235 et ‘Abdin ibn Humayd, n°1129.
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MessageSujet: Re: La prière du voyageur   Ven 5 Nov 2010 - 15:01

La prière du voyageur

Cheykh 'Abdel 'Adhdim El Badawi

Chapitre de la prière du voyageur :

1- Le raccourcissement de la prière :

Le raccourcissement est obligatoire pour les prières du Dohr, du ‘Asr, et du ‘Icha. Cela signifie qu’on raccourci les prière de 4 rak’at à 2 rak’at. Autrement dit il y a des prières qui ne sont pas raccourcies, comme le Fajr et celle du Maghreb.
L’auteur considère que le raccourcissement est une obligation pour le voyeur. Et ce qu’il faut savoir c’est que les savants ont dit que le raccourcissement est autorisé pour le voyageur qui ne voyage pas pour commettre un péché. Quant à celui qui voyage pour désobéir à Allah, il n’a pas le droit de raccourcir ses prières, car cela est une aumône qu’Allah (soubhanna wa ta’ala) a fait pour ses serviteur afin qu’ils l’utilisent dans le bien.

La preuve de cela est la parole d’Allah : « Et lorsque vous parcourez la terre, il n’y a pas de mal pour vous à raccourcir la prière si vous craignez que les mécréants ne vous mettent à l’épreuve. » (sourate An-Nissa, v. 101)

« si vous craignez que les mécréants ne vous mettent à l’épreuve » : Allah a restreint le raccourcissement à la crainte des mécréants. On comprend de ce verset que lorsqu’on ne craint rien, le raccourcissement n’est pas permis.

Concernant cette restriction, Ya’la Ibnou Oumayya (رضي الله عنه) a demandé à ‘Oumar Ibnou-l Khattab (رضي الله عنه) : « Allah a dit : « si vous craignez que les mécréants ne vous mettent à l’épreuve », cependant maintenant les gens sont en sécurité. » ‘Oumar Ibnou-l Khattab (رضي الله عنه) lui a répondu : « Je me suis moi aussi posé la question et j’ai demandé au Prophète (صلى الله عليه و سلم) sur cela et il m’a répondu : « C’est une aumône qu’Allah vous fait, acceptez donc l’aumône d’Allah. » » (rapporté par Mouslim, At-Tirmidhi, Ibnou Majah et An-Nassa-i)


Like a Star @ heaven Ibnou ‘Abbas (رضي الله عنه) a dit : « Allah a prescrit la prière par la bouche de votre Prophète (صلى الله عليه و سلم) lorsque vous être résident de 4 (raka’t), lorsque vous êtes en voyage de 2 (rak’at) et lorsque vous êtes en état de peur de 1 (rak’at) » (rapporté par Mouslim, Ibnou Majah, An-Nassa-i et Abous Dawoud)

« Allah a prescrit » : Autrement il a rendu obligatoire

Like a Star @ heaven Et selon ‘Oumar (رضي الله عنه) : « La prière du voyageur est de 2 rak’at, la prière du vendredi est de 2 rak’at, la prière des 2 fêtes est de 2 rak’at, elles sont complètes et non réduites, par la bouche du Prophète (صلى الله عليه و سلم). »

Cheykh Al Albani, après avoir cité ce hadith, dit : « Et ce qui prouve que la prière du voyageur est une obligation c’est que la prière du voyageur n’est pas réduite, elle est à la base de 2 raka’at. Comme la prière du vendredi n’est pas une prière réduite, elle est à la base de 2 rak’at, comme les 2 prières des fêtes. »

Like a Star @ heaven Aïcha (رضي الله عنها) dit : « Au début, la prière obligatoire était de 2 rak’at. Elle est restée ainsi pour la prière du voyageur, mais a été complété pour le résident (à 4 rak’at). » (rapporté par Al Boukhari et Mouslim)

Like a Star @ heaven Selon Ibnou ‘Oumar (رضي الله عنه) : « j’ai accompagné le Prophète (صلى الله عليه و سلم) pendant son voyage, il n’a pas prié plus de 2 rak’at jusqu ‘à ce qu’Allah (soubhanna wa ta’ala) l’ai repris. Puis j’ai côtoyé Abou Bakr, il n’a pas prié plus de 2 rak’at jusqu ‘à ce qu’Allah l’ai repris. Puis j’ai côtoyé ‘Oumar, il n’a pas prié plus de 2 rak’at jusqu ‘à ce qu’Allah l’ai repris. Puis j’ai côtoyé ‘Othman, il n’a pas prié plus de 2 rak’at jusqu ‘à ce qu’Allah l’ai repris. Et Allah a dit : « Il y a dans le Prophète (صلى الله عليه و سلم) le meilleur exemple. » » (rapporté par Al Boukhari et Mouslim)

« jusqu‘à ce qu’Allah l’ai repris » : c’est-à-dire « jusqu ‘à ce que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) ait quitté ce monde.


La distance qui permet le raccourcissement de la prière :

L’auteur rapporte une parole de l’Imam Ibnou Hazm dans son livre « El Mouhala » : « Les savants ont beaucoup divergé sur la délimitation de la distance pour laquelle il est permis de raccourcir la prière, au point que l’Imam Ibnou Moundhar et autre que lui, ont rapporté plus que 20 avis différents. Et l’avis le plus sûr est qu’il n’y a pas de distance limite, sauf pour ce qui est appelé en langue arabe comme étant un voyage. Car s’il y avait une délimitation connue, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) n’aurait pas manqué de nous la définir, et les compagnons n’auraient pas manqué de demander au Prophète (صلى الله عليه و سلم) quelle est cette distance. »

Ainsi cette distance est ce qui est connu des gens, selon le lieu où ils vivent, car ce qui est connu des gens peut diverger d’un pays à un autre.

Beaucoup disent que l’avis de cheykh Al Outhaymin est que cette distance doit être de 80 kilomètres, mais ils omettent de dire que le cheykh mentionne l’avis de Cheykh Ibn Taymiyya comme étant « la vérité » (c-àd l’avis qui dit qu’il faut suivre ce qui est connu des gens). Il ne mentionne la distance de 80 kilomètre seulement dans le cas où les gens n’ont pas de position connue sur cette distance.

Cas particulier : Pour les gens de Mecca qui font le Hajj, lorsqu’ils se rendent à Mina, ils doivent raccourcir et rassembler les prières bien qu’ils vivent à Mecca. Les savants disent que c’est uniquement pendant la période du Hajj, lorsqu’ils se rendent à Mina.


Le moment à partir duquel il est autorisé de réduire la prière :

Il est rapporté dans Fiqh as-sounna de Sa’id Sabiq : « La plupart des savants considèrent que le fait de diminuer sa prière est légiféré à partir du moment où la personne quitte sa ville, et que cela est une condition. Et elle complète ses prières, à son retour, une fois qu’elle est entrée dans sa ville. »

Ibnou Moudhir a dit : « Je ne connaît du Prophète (صلى الله عليه و سلم), qu’il n’a réduit ses prières qu’une fois qu’il avait quitté Médine. »
Anas a dit : « J’ai prié avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم) la prière de Dohr à Médine en 4 rak’at, et à Dhoul Houlayfa (c’est un endroit qui est proche de Médine, à environ 5 km) en 2 rak’at (autrement dit la prière du ‘Asr). »



Lorsque le voyageur stationne dans un endroit sans intention d’y résider, il doit raccourcir sa prière jusqu’à ce qu’il en reparte :

Jabir (رضي الله عنه) a dit : « Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a stationné à Tabouk 20 jours, et il raccourcissait sa prière. » (rapporté par Abou Dawoud)

Ibnou-l Qayyim (رضي الله عنه) a dit : « Et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) n’a pas dit à sa communauté de ne pas réduire sa prière si elle reste plus que cela. Mais le Prophète (صلى الله عليه و سلم) est resté pendant cette durée car c’est le temps qui lui était nécessaire. »

Puis l’auteur dit : « Si la personne reste plus que 19 jours, elle doit compléter sa prière, car comme le dit Ibnou ‘Abbas (رضي الله عنه) : « Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) est resté 19 jours en réduisant sa prière, et lorsque nous voyagions, nous réduisions nos prières pendant 19 jours. Et si nous voyagions plus que 19 jours, alors nous complétions notre prière. » » (rapporté par Al Boukhari et At-Tirmidhi)

Sur ce sujet, il y a une divergence des savants :
1- Lorsque la personne voyage pour une affaire : Les savants sont d’accord pour dire que cette personne réduit ses prières jusqu’à ce que son affaire soit terminée, même si elle est amenée à rester des années.

2- Lorsque la personne voyage en savant combien de temps elle va rester : Là il y a une divergence des savants. Certains ont dit que si elle reste plus de 4 jours, elle doit compléter sa prière. D’autres ont parlé de 15 jours, d’autre de 19 et d’autre de 20 jours. Et l’avis le plus sûr (Allahou a’lem) c’est qu’il n’y a pas de délimitation, comme le dit Cheykh al Albani (rahimahoullah). Et sa preuve, c’est que lorsque Ibnou ‘Oumar (رضي الله عنه) était à « Adribijen » (54 : 28), il était bloqué par la neige pendant 6 mois au cours desquels il a réduit ses prières.
Et Cheykh al Albani (rahimahoullah) dit : « Lorsque la personne voyage vers un endroit et qu’elle connaît la durée de son stationnement dans cet endroit, il lui est autorisé de réduire ses prières, car elle n’a pas l’intention d’y habiter. »

Sauf dans un cas ou, lorsque tu voyages d’un endroit à un autre, et que dans cet endroit tu n’es pas considéré comme étant voyageur, comme par exemple lorsque tu possèdes une autre maison dans un autre pays. De même, lorsqu’il était questionné à ce sujet le Cheykh al Albani (rahimahoullah) disait que lorsqu’il se rendait chez sa fille à La Mecque, il ne raccourcissait pas ses prières, car ne se considérait pas comme voyageur.



2- Le rassemblement des prières :

Les causes permettant de rassembler les prières :

1- Le voyage :
La preuve est le hadith de Anas (رضي الله عنه) qui dit : « Lorsque le Prophète (صلى الله عليه و سلم) partait en voyage avant que le soleil ne dépasse le Zénith, il retardait la prière du Dohr jusqu’à la prière du ‘Asr. Lorsqu’il s’arrêtait, il rassemblait les 2 prières. Et lorsque le soleil avait dépassé son zénith, il priait d’abord Dohr puis il voyageait. »

Et selon Mou’adh Ibnou Jabal (رضي الله عنه) : « Pendant la batail de Tabouk, lorsque le Prophète (صلى الله عليه و سلم) voyageait avant le zénith, il retardait la prière de Dohr jusqu’à la prière de ‘Asr, puis il les priait ensemble. Et lorsqu’il partait après le zénith, il priait Dohr et ‘Asr ensemble avant de partir. Et lorsqu’il partait avant le Maghreb, il reculait la prière jusqu’à la prière du ‘Icha, et lorsqu’il partait, et lorsqu’il partait après l’heure de la prière du Maghreb, il avançait el ‘Icha et la priait avec le Maghreb. » (rapporté par Abou Dawoud et At-Tirmidhi)

Le rassemblement des prières est préférable et non obligatoire

2- La pluie :
Selon Nâfi’ (رضي الله عنه) : « Lorsque les Emirs rassemblaient la prière de Maghreb et de l’Icha par temps de pluie, Abdallah Ibnou ‘Oumar rassemblait la prière avec eux. »

Selon Moussa Ibnou ‘Ouqba (رضي الله عنه) : « ‘Oumar Ibnou ‘Abdel ‘Aziz rassemblait le Maghreb et l’Icha lorsqu’il pleuvait. Et Sa’id Ibnou-l Moussayab, ‘Ourwah Ibnou Zzoubayr, Abou Bakr Ibnou ‘Abdarrahman et les chouyoukh de cet époque, lorsqu’ils priaient avec lui, il ne condamnaient pas cela. »

Selon ‘Abdallah Ibnou ‘Abbas (رضي الله عنه) : « Le prophète (صلى الله عليه و سلم) a prié Ad-Dohr et el ‘Asr ensemble, et el Maghreb et el ‘Icha ensemble, sans peur ni voyage. »
On peut déduire 2 choses de ce hadith :
1- La première, c’est qu’on peut rassembler les prières sans raison.
2- La deuxième, c’est que la peur est une des causes qui permettent le rassemblement des prières.

Puis ‘Abdallah Ibnou ‘Abbas (رضي الله عنه) dit dans un autre hadith : « Le prophète (صلى الله عليه و سلم) a rassemblé Ad-Dohr et el ‘Asr ensemble, et el Maghreb et el ‘Icha ensemble, à Médine, sans peur ni pluie. »
On en déduit aussi que la peur et la pluie sont des causes qui permettent le rassemblement des prières. Cheykh Al Albani a dit : « On comprend de cela, que de rassembler les prières en temps de pluie, était connu au temps du Prophète (صلى الله عليه و سلم). »

Certains savants, et parmi eux Cheykh Ibn Taymiyya, ont dit qu’il est permis de rassembler les prières même lorsqu’il y a des vents violent et un froid glacial.

Le rassemblement des prières pour cause de pluie n'est valable que pour celui qui se rend à la mosquée et qui prie avec l'imam. Car celui qui est chez lui, il est excusé de ne pas aller à la mosquée à cause de la pluie (comme nous l'avions vu précédemment), mais il ne lui est pas légiféré de rassembler les prières.

3- La peur :
D'après le hadith précédent

4- Le besoin occasionnel :
Dans le hadith précédemment cité de ‘Abdallah Ibnou ‘Abbas (رضي الله عنه) : « Le prophète (صلى الله عليه و سلم) a rassemblé Ad-Dohr et el ‘Asr ensemble, et el Maghreb et el ‘Icha ensemble, à Médine, sans peur ni pluie. » Puis ‘Abdallah Ibnou ‘Abbas a été questionné sur le fait que le prophète (صلى الله عليه و سلم) a rassemblé les prières sans raison, et il a dit : « Il (صلى الله عليه و سلم) ne veut pas causer de gène à qui que ce soit de sa communauté. »

L’Imam An-Nawawi a dit dans son livre « Charh Sahih El Mouslim » : « L’avis d’une partie des imams est l’autorisation de rassembler les prières en étant résident pour celui qui en a le besoin, à condition qu’il ne prenne pas cela comme une habitude. »

Et il ne faut pas en prendre l’habitude en effet car Allah (soubhanna wa ta’ala) a dit : « Et la prière est prescrite pour les croyants à des heures bien définies. »



Source : EL-WADJÎZ FI FIQHI AS-SOUNNATI WA AL-KITÂBI EL 'AZÎZ DU CHEIKH 'ABDEL-'ADHDIM EL-BADAWI - Le livre de la prière -
Cours audio du frère Abou Anas http://www.lavoiedroite.com/index.php?option=com_content&view=article&id=109&Itemid=43
retranscrit par Sevamel, Oum Sulaym & Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: La prière du voyageur   Ven 10 Déc 2010 - 12:31

La prière du vendredi pour le voyageur

Sheikh Mohamed Ali Ferkous




La question :

Une personne a fait un voyage de la wilaya d'Alger vers la wilaya de Chlef où elle était restée trois jours. Le deuxième jour était un vendredi. Pouvait-elle, alors, accomplir la prière du vendredi dans la mosquée ou non ?


La réponse :

Louange à Allah, Maître des Mondes; et paix et salut sur celui qu'Allah عزّ وجلّ a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection. Ceci dit :

Cette personne peut accomplir la prière du vendredi comme elle peut faire la prière du Dhohr en la raccourcissant. Cependant, il y a une divergence d'opinion entre les Ulémas à propos de ce qui est le plus préférable des deux actes.

Personnellement, je vois que le fait d'assister à la prière du vendredi et les prières en groupe est préférable, tant que la personne ne soit pas en voyage constant; car dans ce cas, il est préférable pour lui d'accomplir la prière du Dhohr en groupe en la raccourcissant, vu qu'il n'y a aucun texte rapporté prouvant que le Prophète صلّى الله عليه وسلّم ou l'un des Califes bien guidés qui lui ont succédé ont accompli la prière du vendredi lors d'un voyage. D'autre part, il n'est aussi pas rapporté qu'ils ont laissé la prière en groupe que ce soit en cas de résidence; de voyage ou en cas de Djihad.

Le savoir parfait appartient à Allah عزّ وجلّ, et notre dernière invocation est qu'Allah, Seigneur des Mondes, soit Loué et que paix et salut soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.


Source :
http://www.ferkous.com/fra/Bd13.php
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La prière du voyageur
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