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 Le mauvais œil

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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Le mauvais œil   Mar 28 Oct 2008 - 21:14

Les causes et les effets réels du mauvais œil

Al-Imâm Chams id-Dîn Abî ‘Abdullâh Muhammad Ibn Abî Bakr az-Zar’î al-Ma’roûf Ibn Qayyîm al-Djawziyyah [691 - 751 H]





Le mauvais oeil se présente sous deux formes :

1] Le mauvais œil d’un humain

2] Le mauvais œil des Djinns


Oum Salamah a rapporté que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) a vu dans sa maison une jeune servante atteinte d’une tâche brune sur le visage. Il dit : « Exorcisez-là, car elle est frappée d’un mauvais œil. » [1]

Al-Hussain Ibn Mass’oûd al-Farrâ a expliqué sur la « tâche brune » [de cette servante] que ce qui est entendu par cela, c’est que cela provient des Djinns. Il dit :
« Elle est atteinte d’un mauvais œil provenant des Djinns, qui est plus pénétrant que les pointes des lances. » [2]

Il a été cité par Djâbir [un hadîth] remontant jusqu’au Prophète qui dit :
« Le mauvais œil fait entrer l’homme dans la tombe et fait pénétrer le chameau dans la marmite. » [3]

Et d’après Abî Sa’îd, le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) se réfugiait auprès d’Allâh contre les Djinns et contre le mauvais œil des humains. [4]

Une catégorie de personnes, celles qui souffrent de lacune d’audition et de raison, ont réfuté la question du mauvais œil en déclarant : il ne s’agit que d’illusions qui n’ont aucun trait de vérité. Ces gens sont touchés d’ignorance quant à ce qui est lié à l’audition et la raison. La véracité [du mauvais œil] leur est voilée, elles, dotées d’un caractère primitif, alors que des distances les séparent de la connaissance des âmes et des esprits, de leurs caractéristiques, de leurs actes et de leurs influences. Les gens raisonnables, malgré leurs divergences religieuses et dogmatiques, ne repoussent pas l’affaire du mauvais œil et ils ne blâment pas cela, bien que des divergences pourraient se déclarer quant à ses causes et effets. Il est une catégorie de personnes qui ont dit : l’âme de celui qui a un mauvais œil s’adapte à la mauvaise condition. Emanera de son œil une force venimeuse qui se joint à l’homme atteint de ce [mauvais] œil, lui causant ainsi du tort.

Une autre catégorie ont dit : ce fait n’est pas renié, de même que n’est pas reniée l’émanation de la force venimeuse du serpent qui atteint l’homme et le laisse périr. Ce phénomène est connu chez un genre de serpent qui, en enveloppant un homme de son regard, lui cause la mort inévitable. Cette situation est analogue à celle de l’être au mauvais œil.

Une autre catégorie a dit : certes Allâh a pris l’habitude de créer le dégât qu’Il désire lors de la rencontre entre le mauvais œil et la personne qui en est atteinte, et cela sans que de son œil n’émane ni une force, ni une cause, ni une influence. Telle est le dogme de ceux qui renient les causes et effets dans le monde. Ceux-là ont bloqué sur eux la porte des calamités, des effets et des causes. Et ils contredisent ainsi l’ensemble des gens de raison. Il n’y a pas de doute qu’Allâh - Subhânahu - a crée dans les corps et les âmes des forces et des caractères différents [...] Il n’est pas possible à la personne douée de raison de rejeter l’influence de âmes dans les corps. Et tu vois sûrement comment le visage se teint de rouge par pudeur ou timidité, et pâlir de peur. On a souvent observé des personnes tomber malades et s’affaiblir suite à un regard. Tout cela se produit grâce à l’influence des esprits qui sont étroitement liés à l’œil. A partir de là, on attribue l’acte à cet œil alors que ce n’est pas [l’acte] qui agit, mais ce qui est influent [dans cela], c’est l’esprit. Les esprits sont munis de caractéristiques, de forces, de conditions et de spécificités différentes. Et l’esprit de l’envieux est assurément nuisible. Et c’est la raison pour laquelle, Allâh - Subhânahu - a ordonné à Son Prophète de se réfugier auprès de Lui contre le mal de l’envieux [...] [5]



Notes
[1] Rapporté par Muslim
[2] Rapporté dans « Charh as-Sounnah vol-13 p.123 » avec vérification de SHeikh ’Abdel-Qâdir al-Arna’oût
[3] Hadîth qualifié de bon par SHeikh al-Albânî dans « Silsilat as-Sahîha » n°1249 et considéré comme faible par SHeikh ’Abdel-Qâdir al-Arna’oût dans la vérification de cet ouvrage de Ibn al-Qayyîm - voir : « vol-4 p.151-152 »
[4] Hadîth condidéré comme authentique [Sahîh] par SHeikh al-Albânî dans « Sahîh at-Tirmidhî »
[5] Kitâb « Zâd ul-Ma’âd fî hadî kheyr al-’Ibâd » de Ibn al-Qayyîm, 4/151-153


http://www.manhajulhaqq.com/spip.php?article291
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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Le mauvais œil   Mer 24 Mar 2010 - 10:42

Le mauvais œil



Question : Certaines personnes divergent au sujet du mauvais œil. Certains disent : « Il n’a pas d’effet puisqu’il est en contradiction avec le Coran. » Quelle est la vérité à ce sujet ?

Réponse : La parole véridique est celle du Prophète (salallahu ‘layahi wasalam) « Certes, le mauvais œil est une vérité. » (Al-Bukhârî et Muslim) Cela est confirmé par la réalité, et je ne connais pas de versets qui contredisent ce hadith de telle sorte que des gens disent que le mauvais œil contredit le Coran. Allah a certes lié chaque effet à sa cause, et les exégètes du Coran disent à propos de la parole du Très-Haut : « Peu s’en faut que ceux qui mécroient ne te transpercent par leurs regards, quand ils entendent le Coran. » [Al-Qalam : 51] qu’il s’agit du mauvais œil. Que le verset concerne le mauvais œil ou non, il est certain que c’est une vérité, il n’y a pas de doute sur ce sujet-là, et la réalité confirme cela depuis l’époque du Messager d’Allah (salallahu ‘layahi wasalam) jusqu’à nos jours.

Mais que doit faire celui qui est atteint du mauvais œil ? On doit lire du Coran. Si on connaît l’auteur de ce mauvais œil, on lui demande de faire ses ablutions, on prend ce qui reste de l’eau utilisée, puis on le verse sur la tête et le dos de celui qui est atteint, et on lui en donne à boire. Ainsi, il sera guéri avec la permission d’Allah. Une habitude qui existe chez nous est de prendre un vêtement qui touche au corps de celui qui a lancé le mauvais œil, comme le bonnet ou autre, et de le tremper dans l’eau, que l’on fait boire à celui qui est atteint. Ceci est bénéfique, selon les dires de beaucoup de gens. Cette méthode se base sur un moyen légitime et il n’y a donc pas de mal à l’utiliser.

Par contre, ce qui ne se base pas sur des moyens légiférés, comme par exemple le port d’amulette ou autre, afin de repousser le mauvais œil, que leur contenu soit du Coran ou non, n’a aucune preuve dans la Loi islamique. Cependant, certains Pieux Prédécesseurs ont autorisé le port d’amulette, en cas de nécessité, à condition que leur contenu soit du Coran.

Fatâwâ al-cAqîdah, Ibn cUthaymîn, p. 319-320.

Question : Est-ce que le mauvais œil atteint l’homme ? Comment se guérit-il ? Est-ce que le fait de s’en prémunir contredit le fait de s’en remettre à Allah ?

Réponse : On a vu que le mauvais œil est une vérité attestée par la Loi islamique et par la réalité. Allah dit : « Peu s’en faut que ceux qui mécroient ne te transpercent par leurs regards. » Ibn cAbbâs et d’autres ont donné le commentaire suivant de ce verset : « Il vous transperce de son regard (le mauvais œil) ». Le Prophète (salallahu ‘layahi wasalam) a dit : « Le mauvais œil est une vérité, et s’il y avait quelque chose qui dépassait la prédestination (al-Qadr), ce serait le mauvais œil ; et si on vous demande de vous laver, faites-le. » (Muslim) Il y a aussi ce qui a été rapporté par An-Nasâ’î et Ibn Mâjah : « cÂmir ibn Rabicah, passant à côté de Sahl ibn Hanîf qui se lavait dit : « Je n’ai jamais vu une telle peau ! » Sahl s’évanouit aussitôt. On le ramena au Messager d’Allah (salallahu ‘layahi wasalam) en lui demandant : « Qu’arrive-t-il à Sahl ? ». Il leur demanda alors : « Qui accusez-vous ? » et ils répondirent : « cÂmir ibn Rabicah ». Le Prophète (salallahu ‘layahi wasalam) dit alors : « Pour quelle raison quelqu’un voudrait-il tuer son frère ? Quiconque voit dans son frère quelque chose qui lui plaît, qu’il invoque pour lui la bénédiction (Barakah). ». (mâlik, Ibn Mâjah, Ahmad) Puis il demanda de l’eau, commanda à cÂmir ibn Rabicah de faire ses ablutions en se lavant le visage, les mains jusqu’aux coudes, les genoux et les parties cachées par les vêtements, et ordonna que l’on verse cette eau sur Sahl. » Dans une autre version : « Versez l’eau sur le dos. » La réalité le confirme et personne ne peut le nier.

Les remèdes légiférés sont :
1 – La lecture du Coran : le Prophète (salallahu ‘layahi wasalam) a dit : « Point de Ruqiyah, sauf pour le mauvais œil ou la piqure (de scorpion ou de serpent). » (Abû Dâwûd) Jibrîl lisait sur le Prophète (salallahu ‘layahi wasalam) les paroles suivantes : « Au nom d’Allah, je t’exorcise ; contre toute chose qui te fait mal, contre le mal de toute âme ou le mauvais œil d’un envieux, qu’Allah te guérisse, au nom d’Allah, je t’exorcise. » (Muslim)
2 – Le fait de se laver, comme le Prophète (salallahu ‘layahi wasalam) a ordonné de le faire à cÂmir ibn Rabicah, dans le hadith cité précédemment, puis de verser cette eau sur la personne atteinte.
Par contre, il n’y a aucune preuve sur le fait de prendre l’urine, les excréments ou les restes (Âthâr) de la personne, mais plutôt ce qui est confirmé par les preuves est ce qui a été cité dans le hadith précédent, c’est-à-dire : laver les membres et les parties cachées par les vêtements. Peut-être peut-on ajouter à cela sa toque et son vêtement. Et Allah est plus savant.

Il n’y a pas de mal à se prémunir à l’avance contre le mauvais œil, et cela ne contredit pas le fait de s’en remettre à Allah. Mais plutôt cette manière de faire confirme le Tawakkul, puisque at-Tawakkul en Allah, qu’Il soit exalté, est le fait d’utiliser des moyens permis. Le Prophète (salallahu ‘layahi wasalam) lui-même, recherchait la protection d’Allah sur Hasan et Husayn en disant : « Je cherche protection pour vous auprès des paroles parfaites d’Allah contre tout démon, contre toute chose nuisible et contre tout mauvais œil. » et il disait : « Ainsi faisait Ibrahim pour Ishâq et Ismâcîl. » (Al-Bukhârî).

Fatâwâ al-cAqîdah, Ibn cUthaymîn, p. 320-322.

Nous attirons l’attention de nos frères et sœurs sur deux points très importants. Il est nécessaire d’utiliser une formule nommant la bénédiction d’Allah lorsqu’on craint d’envoyer le mauvais œil, et pas simplement de prononcer le nom d’Allah. Donc on va dire « Allahummah Bârik » ou une formule dans ce genre.

Deuxièmement, nous constatons avec dépit que la plupart des gens délaissent les invocations pour les enfants, on les voit leur sourire, leur faire des grimaces mais jamais invoquer pour eux. Cela revient en premier lieu au parent de dire au moins une fois par jour cette invocation pour protéger leurs enfants, mais aussi à tout un chacun d’invoquer pour les enfants que l’on peut rencontrer, et c’est là un des plus grands actes de bonté que l’on peut avoir vis-à-vis d’eux et de leurs parents. Certains disent : « je sais, mais j’oublie de le faire » Il existe des moyens simples de s’en souvenir, on peut se dire que tous les matins avant de jouer avec son enfant, ou à chaque fois que l’on rencontre l’enfant d’un frère ou d’une sœur on fait deux choses : on lui passe le salâm et on invoque pour lui, et après seulement on peut plaisanter et discuter. Wallahu ‘alam.

Traduit et publié par les salafis de l’Est
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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Le mauvais œil   Mer 24 Mar 2010 - 10:44

Traitement du mauvais œil


Ibn Al-Qayyim



Ibn ‘Abbâs rapporte que le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit: « Le mauvais œil est une vérité, et si une chose pouvait devancer la prédestination, ce serait le mauvais œil. » [Muslim (2188)]



Anas rapporte : « Le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a autorisé Ar-Ruqyah [1] pour la piqûre venimeuse, le mauvais œil et l’eczéma. » [Muslim (2196)]



Abû Hurayrah rapporte que le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit : « Le mauvais œil est une vérité. »


‘Â’ishah rapporte : « On ordonnait à celui qui était à l’origine du mauvais œil de faire ses ablutions, et à celui qui en était atteint de s’en laver. » [Sahîh Abû Dâwud (3880)]



‘Â’ishah rapporte : « Le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) m’a ordonné, ou a ordonné, de pratiquer Ar-Ruqyah contre le mauvais œil. » [Al-Bukhârî (5738) et Muslim (2195)]


‘Ubayd Ibn Rifâ’ah Az-Zurqî rapporte que Asmâ’ Bint cUmays a dit : « Ô Messager d’Allah ! Banû Ja’far sont atteints du mauvais œil. Dois-je pratiquer Ar-Ruqyah sur eux ? » Il dit : « Oui, si une chose pouvait devancer la prédestination, ce serait le mauvais œil. » [As-Sahîhah (1252)]



Abû Umâmah Sahl Ibn Hunayf rapporte : « ‘Âmir Ibn Rabî’ah vit Sahl Ibn Hunayf se laver, et il dit : « Par Allah ! Je n’ai vu jamais un jour, ni une peau de jeune fille pareils. » Sahl s’effondra et le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) vint trouver ‘Âmir et lui dit sur le ton de la colère : « Pourquoi l’un de vous tue-t-il son frère? Pourquoi n’as-tu pas demandé la bénédiction d’Allah ? Lave-toi pour lui. » ‘Âmir lava alors son visage, ses mains, ses coudes, ses genoux, les extrémités de ses jambes et l’intérieur de son pagne dans un récipient puis on versa l’eau sur Sahl qui repartit avec les gens. » [Sahîh Ibn Mâjah (2844)]


Mâlik rapporta également ce hadith avec cet ajout : « le mauvais œil est une vérité, accomplis tes ablutions pour lui. » et il accomplit ses ablutions. [Al-Muwatta’ (2/938) qualifié d’authentique par Al-Arnâ’ût.]


Ibn Tâwûs rapporte de son père que le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit : « Le mauvais œil est une vérité, et si une chose pouvait devancer la prédestination, ce serait le mauvais œil. Et si on demande à l’un de vous de se laver qu’il le fasse. » [‘Abd Ar-Razzâq dans Al-Musannaf, qualifié d’authentique par Al-Arnâ’ût]  


Az-Zuhrî a dit : On ordonne à celui qui est à l’origine du mauvais œil d’apporter un récipient, d’y plonger la main, se rincer la bouche, et de rejeter l’eau dans le récipient, puis de laver son visage dans le récipient, puis avec sa main gauche de puiser de l’eau dans le récipient et la verser sur son genou gauche [afin qu’elle tombe] dans le récipient, puis avec sa main droite de puiser de l’eau dans le récipient et la verser sur son genou droit [afin qu’elle tombe] dans le récipient, et enfin de laver l’intérieur de son pagne, sans poser le récipient à terre, puis par derrière on verse en une fois cette eau sur la tête de celui qui est atteint du mauvais œil.


Le mauvais œil est de deux types : l’un provenant des hommes et l’autre des démons.


Umm Salamah rapporte que le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) vit chez elle une servante qui avait une noirceur (Saf’ah) dans le visage et il dit : « Pratiquez-lui Ar-Ruqyah car elle a une couleur anormale (An-Nadhrah). » [Al-Bukhârî (5739) et Muslim (2197)]


Al-Husayn Ibn Mas’ûd Al-Farâ’ a dit : Saf’ah désigne une couleur anormale venant des djinns (Nadhrah) [dérivé de Nadhar, le regard]. Ainsi il dit : elle est touchée par un regard [Nadhar] des djinns, on dit aussi que les yeux des démons sont plus perçant que  la pointe des lances. »


Jâbir rapporte que le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit : « Le mauvais œil amène l’homme à la tombe et le chameau à la marmite. » [As-Sahîhah (1249)]


Abû Sa’îd rapporte : « Le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) cherchait protection auprès d’Allah contre les djinns et le mauvais œil des hommes. » [Sahîh At-Tirmidhî (2058)]

Un groupe de ceux qui n’ont que peu connaissance des Textes et de la raison, a rejeté l’existence du mauvais œil et dit : « Ce ne sont que des illusions qui n’ont aucune réalité. » Ils comptent parmi ceux qui sont les plus ignorants des Textes et de la raison, ont les voiles les plus épais, les natures les plus  opaques, et sont les plus éloignés de la connaissance des âmes, des esprits, de leurs natures, leurs actes et de leurs effets.


Les hommes sensés dans les communautés – quels que soient leur religion et leur credo – ne rejettent et ne renient pas le mauvais œil, même s’ils divergent sur ses causes et ses effets.


Un groupe a dit : si l’âme de celui qui est à l’origine du mauvais œil s’adapte à cette nature mauvaise, une force venimeuse jaillit de son œil, vers celui qui est atteint du mauvais œil, et ainsi il est touché par le mal. Ils disent : cela n’est pas rejetable, tout comme le jaillissement d’une force venimeuse du serpent qui frappe l’homme, et le fait périr. C’est une chose connue d’une espèce de vipères : si elles fixent leur regard sur une personne, elle périt, et il en est de même pour celui qui est à  l’origine du mauvais œil.


Un autre groupe a dit : il n’est pas improbable qu’une fine substance invisible jaillisse de l’œil, atteigne une personne, pénètre par les pores de son corps, et que cela lui nuise.


Un autre groupe a dit : c’est Allah qui crée ce qu’il veut comme maux, lorsque le regard de celui qui est à l’origine du mauvais œil croise celui qu’il vise, sans aucune force émanant de lui, sans cause ou effet préexistant.


C’est la croyance de ceux qui renient les causes, les forces, et les effets dans le monde. Ils ont refermé sur eux la porte des motifs, des effets, et des causes, et ils se sont opposés à toutes les personnes sensées.


Nul doute qu’Allah a créé dans les corps et les âmes, des forces et des natures différentes, et a mis dans nombre d’entre eux des caractéristiques et qualités efficientes. L’homme sensé ne peut nier l’effet des esprits sur les corps, puisque c’est une chose visible et palpable. Tu vois le visage rougir fortement, s’il est regardé par une personne qui inspire honte et timidité. Il jaunit également fortement s’il est regardé par celui qui inspire la peur. Les gens ont vu des gens tomber malades et des forces faiblir en raison d’un regard. Tout ceci à travers l’influence des âmes ; et en raison  de leur lien fort avec l’œil, on lui attribue l’acte, et ce dernier ne fait rien, mais c’est l’âme qui agit. Les âmes diffèrent dans leur nature, forces, propriétés et spécificités. Ainsi, l’âme de l’envieux nuit de manière claire à celui qui est envié, et c’est pourquoi Allah a ordonné à son Messager de chercher protection auprès de Lui contre son mal.


L’influence de l’envieux sur le malheur de l’envié, est une chose qui n’est reniée que par celui qui est hors de la réalité humaine. C’est là le fondement de la nuisance par le mauvais œil, car l’âme mauvaise et envieuse adopte cette nature mauvaise qui rencontre la personne enviée, et elle a un impact sur elle en raison de cette propriété. La chose la plus comparable est le serpent, car le venin est contenu en lui avec force, et lorsqu’il rencontre son ennemi, une force furieuse en jaillit et adopte une nature mauvaise et nuisible. Certains ont une nature si forte et si grande qu’ils peuvent provoquer une fausse couche, ou la perte de la vue, comme l’a dit le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) au sujet du serpent à la queue coupée et celui aux deux raies : « Ils font perdre la vue et provoquent des fausses couches. » [Al-Bukhârî (3297) et Muslim (2233)] Certains influent sur l’homme par le seul regard, sans lien direct, en raison de force du mal de cette âme et de sa nature mauvaise efficiente.


L’effet ne dépend pas du contact corporel comme le pensent ceux qui n’ont que peu de science et peu de connaissance de la nature et de la Législation. Mais cela peut survenir par le contact, la rencontre, la vision, l’orientation de l’âme vers celui sur qui elle peut agir, les formules de rappel, Ar-Ruqyah, les formules de recherche de protection, l’illusion ou l’imagination.


L’influence de l’âme de celui qui est à l’origine du mauvais œil n’est pas limitée au regard, car cela peut être un aveugle auquel on décrit une chose sur laquelle son âme influe, même sans la voir, et  beaucoup de ceux qui sont à l’origine du mauvais œil influent sur ceux qu’elles visent sans pour autant les voir. Allah dit à Son Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) : « Lorsqu’ils entendent le Coran, les mécréants font tout pour te jeter un mauvais œil et ils disent : « Il est complètement fou ! » » [Al-Qalam, v.51]


« Dis : Je cherche protection auprès du Seigneur de l’aube naissante, contre le mal de ce qu’Il a créé, contre le mal de la nuit quand elle s’approfondit, contre le mal de celles qui soufflent sur les noeuds, et contre le mal de l’envieux quand il envie. » [Al-Falaq, v.1-5.]


Toute personne à l’origine du mauvais œil est envieuse, mais tout envieux n’est pas nécessairement à l’origine d’un mauvais œil. Et puisque l’envieux est une dénomination plus large que celui qui est à l’origine du mauvais œil, la recherche de protection auprès d’Allah contre le premier englobe a fortiori le deuxième. Ce sont des flèches sortant de l’âme de l’envieux ou de celui qui est à l’origine du mauvais œil en direction de la personne enviée ou visée par le mauvais œil. Elles l’atteignent parfois et la manquent parfois, et s’ils elles l’atteignent alors qu’elle est exposée, sans protection, elles influent nécessairement sur lui ; et si elles l’atteignent alors qu’elle est prête et armée, sans aucune entrée ouverte aux flèches, elles ne peuvent influer sur elle et peuvent même être retournées vers celui qui les a décochées, tout comme le tir réel de flèches. L’un provient des esprits et âmes, et l’autre des corps et non seulement ceci provient des âmes et des esprits mais des corps et silhouettes.


Le mauvais œil naît de l’étonnement de celui qui en est à l’origine, qui est suivi par la nature mauvaise de son âme mauvaise, puis elle s’appuie sur le regard dirigé vers la victime pour envoyer ses flèches. L’homme peut être victime de son propre mauvais œil, ou être à l’origine du mauvais œil sans le vouloir, mais par nature, et c’est la forme la plus vile du mauvais œil humain. Nos compagnons et d’autres jurisconsultes ont dit : « Celui qui est connu pour cela doit être arrêté par l’imam et il doit lui assurer sa subsistance jusqu’à la mort. » Et c’est ce qui est correct, de manière catégorique.


Le traitement prophétique de ce mal est de plusieurs formes :


Sahl Ibn Hunayf rapporte : « Nous sommes passés près d’un cours d’eau et je m’y suis lavé, mais j’en suis sorti fiévreux. On rapporta ce qui m’était arrivé au Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) qui dit : « Ordonnez à Abû Thâbit de chercher protection auprès d’Allah. » Je dis : « Ô maître ! La Ruqyah est utile ? » Il dit : « Pas de Ruqyah si ce n’est pour le mauvais œil, et la piqûre de la bête venimeuse. » [Abû Dâwud (3888), la chaîne de transmission de ce hadith est faible]


Parmi les formules de recherche de protection et de Ruqyah figure la multiplication de la récitation des deux sourates « de protection » (Al-Falaq et An-Nâs), de Al-Fâtihah, du verset Al-Kursiyy, et les formules de recherche de protection rapportées du Prophète (r), parmi lesquelles :  


« Je me mets sous la protection des paroles parfaites d’Allah contre le mal qu’Il a créé. »




« Je me mets sous la protection des paroles parfaites d’Allah contre tout démon et bête venimeuse, et contre tout mauvais œil. »  


« Je cherche protection auprès des décrets parfaits d’Allah – auxquels nul ne peut se soustraire, qu’il soit pieux ou pervers – contre le mal de ce qu’Il a créé, conçu et réalisé, contre le mal de ce qui descend du ciel, contre le mal de ce qui y monte, contre le mal de ce qui est semé dans la terre, contre le mal de ce qui en sort, contre le mal des troubles nocturnes et diurnes, et contre le mal de toute personne qui frappe à la porte, exceptée celle qui vient pour une bonne chose, ô Tout Miséricordieux.   »  




« Je me mets sous la protection des paroles parfaites d’Allah contre Sa colère, [Son châtiment], le mal de Ses créatures, les incitations des démons et leur présence à mes côtés. »  




« Ô Allah ! Je me mets sous la protection de Ton Noble Visage et Tes paroles parfaites contre le mal de ce que Tu saisis par son toupet. Ô Allah ! C’est Toi qui dissipes le péché et l’endettement. Ô Allah ! On ne peut dominer Tes armées et empêcher Ta promesse, gloire, pureté et louange à Toi. »




« Je cherche protection auprès d’Allah l’Immense, devant qui rien n’est plus grand, Ses paroles parfaites, que ni le pieux ni le pervers ne peuvent outrepasser, et Ses Noms magnifiques – ceux que je connais et ceux que j’ignore – contre le mal de ce qu’Il a créé, conçu et réalisé, et contre le mal de toute personne dont je ne peux supporter le mal, et contre le mal de toute personne mauvaise que Tu tiens par son toupet. Mon Seigneur est certes sur une voie droite. »




« Ô Allah ! Tu es mon Seigneur, il n’y a de divinité digne d’adoration que Toi, c’est en Toi que je place ma confiance, Tu es le Seigneur du Trône immense, ce qu’Allah veut est, et ce qu’Il ne veut pas n’est pas, il n’y a de force et de puissance qu’en Allah. Je sais qu’Allah est capable de toute chose, et qu’Il cerne toute chose de Sa science, Il dénombre toute chose. Ô Allah ! Je cherche protection auprès de Toi contre le mal de mon âme, le mal de Satan et son polythéisme, et le mal de toute monture que Tu tiens par son toupet. Mon Seigneur est certes sur une voie droite. »


On peut aussi dire : « Je me protège par Allah en dehors duquel il n’y a pas de divinité digne d’adoration. Je cherche refuge auprès de mon Seigneur et le Seigneur de toute chose, je place ma confiance en le Vivant qui ne meurt pas, et je repousse le mal sans force et puissance si ce n’est en Allah, Allah me suffit et quel bon protecteur. Mon Seigneur me suffit face aux serviteurs, mon Créateur me suffit face aux créatures, Celui qui pourvoit à la subsistance me suffit face à ceux à qui on l’accorde, Celui qui me suffit me suffit, Celui qui détient la Royauté sur toute chose, Il accorde refuge et personne ne peut accorder refuge face à Lui, Allah me suffit et cela suffit, Allah entend celui qui L’invoque et il n’y a au-delà d’Allah aucun objectif, Allah me suffit, il n’y a de divinité digne d’adoration que Lui, je place ma confiance en Lui et Il est le Seigneur du Trône immense. »


Celui qui essaie ces invocations et recherches de protection, constatera leur utilité, et leur impérative nécessité, car elles empêchent à l’effet du mauvais œil de parvenir, et s’il est parvenu, elles le repoussent en fonction de la foi de celui qui les prononce, de la force de son âme, de sa disposition, de sa confiance en Allah et de la fermeté de son cœur ; elles sont une arme, et l’arme dépend de celui qui la porte.


Si celui qui est à l’origine du mauvais œil craint de nuire à la personne visée, qu’il repousse son mal en disant : « Ô Allah, couvre-le de bénédiction. » comme le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) dit à ‘Âmir Ibn Rabî’ah lorsqu’il lança un mauvais œil à Sahl Ibn Hunayf : «Pourquoi n’as-tu pas demandé la bénédiction d’Allah ? » c’est-à-dire pourquoi n’as-tu pas dit : « Ô Allah ! Couvre-le de bénédiction. »


Parmi les choses qui repoussent les effets du mauvais œil, est de dire : « Ce qu’Allah a voulu, il n’y a de force et de puissance qu’en Allah. » Hishâm Ibn ‘Urwah rapporte d’après son père, que lorsqu’il voyait une chose qui lui plaisait, ou lorsqu’il entrait dans un de ses jardins, il disait : « Ce qu’Allah a voulu, il n’y a de force et de puissance qu’en Allah. »


Parmi ceci, la Ruqyah pratiquée par Jibrîl au Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) et qui est rapportée par Muslim : « Au nom d’Allah je conjure tout ce qui peut te nuire, tous les maux issus des mauvaises âmes et du mauvais œil des jaloux. Qu’Allah te guérisse. Au nom d’Allah, je conjure [tout mal qui t’atteint.] » [Muslim (2185)]

Un groupe de pieux prédécesseurs a été d’avis que l’on pouvait écrire des versets du Coran, puis les faire boire [après avoir plongé la feuille dans de l’eau] à celui qui est atteint par le mauvais œil. Mujâhid dit : « Il n’y a aucun mal à écrire le Coran, laver l’écriture, et faire boire au malade de son eau. » et on rapporte la même chose de Abû Qilâbah. On rapporte que Ibn ‘Abbâs ordonna qu’on écrive pour une femme dont l’accouchement était difficile, des versets du Coran, qu’on les rince et qu’on la lave et lui fasse boire de cette eau. Ayyûb rapporte : « J’ai vu Abû Qilâbah écrire du Coran, puis le rincer avec de l’eau et la faire boire à un homme souffrant. »


Aussi, on ordonne à celui qui est à l’origine du mauvais œil, de se laver les plis du corps, les membres, et l’intérieur de son pagne, et sur ce point, on trouve deux avis :

Le premier est qu’il s’agit de ses parties génitales.


Le deuxième est que cela désigne la partie intérieure de son pagne qui touche son corps du côté droit.


Puis on verse par derrière l’eau d’un seul trait sur la tête de l’homme atteint. C’est là une chose que ne peuvent atteindre les remèdes des médecins, et dont ne peut bénéficier celui qui le renie, s’en moque, en doute, ou essaie sans croire que cela lui sera bénéfique.


S’il y a dans la nature des propriétés dont les médecins ne connaissent aucunement les causes, et qui plus encore sortent de l’entendement, alors que renient les athées et ignorants parmi eux des propriétés de la Législation, bien que le traitement par ce lavage soit reconnu par la raison saine qui admet son bien-fondé. Sache que l’antidote du poison du serpent repose dans sa chair, et que le remède à l’influence de l’âme enragée repose dans l’apaisement de sa  colère et l’extinction de son feu en mettant et passant ta main sur lui, et en apaisant sa colère. À l’exemple d’un homme qui veut lancer sur toi une torche, mais sur laquelle tu verses de l’eau, alors qu’elle est toujours dans sa main, jusqu’à ce qu’elle se soit éteinte. C’est pourquoi on ordonne à celui qui est à l’origine du mauvais œil de dire : « Ô Allah, couvre-le de bénédiction. » afin qu’il repousse cette nature mauvaise par l’invocation qui est une bienfaisance pour celui qui est visé par le mauvais œil, car le remède d’une chose repose en son contraire.

Puisque cette nature mauvaise apparaît sur les endroits fins du corps, car elle cherche à y pénétrer, elle ne trouve rien de plus fin que les plis du corps et à l’intérieur du pagne, notamment si cela désigne les parties intimes. Quand on lave ces endroits, leur influence et leurs effets disparaissent. De plus, ces endroits sont propres aux esprits diaboliques. L’essentiel est que si on les lave par l’eau, on éteint ce feu, et ce venin disparaît.


D’autre part, le lavage aura également un effet sur le cœur à travers le plus fin et le plus perméable des endroits, et cela éteindra ce feu et ce venin par l’eau. Ainsi, l’homme touché par le mauvais œil guérira, de la même manière que lorsqu’on tue une bête venimeuse après sa morsure, ses effets diminuent sur la victime et elle s’apaise, car l’âme de la bête augmente l’effet du poison et son arrivée chez la victime, et lorsqu’elle est tuée, la douleur diminue. Cela est avéré, même si cela est également dû à la joie de la victime et sa réjouissance de voir mourir son ennemi, ce qui renforce la nature contre la douleur et la repousse.


En résumé, le lavage de la personne à l’origine du mauvais œil dissipe cette nature qui émane de lui, mais cela n’est utile que si son âme s’accommode de cette manière de procéder. Si on demande : le bien-fondé du lavage est apparu, mais quel est celui du fait de verser cette eau sur la personne atteinte ? Nous répondons : cela est des plus adéquat, car l’eau a éteint cette nature de feu et dissipé cet état mauvais chez l’auteur, et de la même manière que cette eau l’a éteint chez son auteur, elle l’éteint à l’endroit frappé, après avoir touché l’auteur. L’eau avec laquelle on éteint le fer chauffé est incluse dans plusieurs remèdes naturels mentionnés par des médecins. Il n’est donc pas étrange qu’on utilise ce par quoi on a éteint la nature de feu chez celui qui est à l’origine du mauvais œil, dans un remède qui convient à ce mal.


De manière générale, la médecine des naturalistes et leur traitement par rapport au traitement prophétique est comparable à leur médecine face aux remèdes coutumiers, voire moindre, car la différence entre eux et les prophètes est beaucoup plus grande que celle entre eux et les adeptes des remèdes coutumiers, d’une manière inconcevable. Le pacte de fraternité entre la sagesse et la loi t’est ainsi clairement apparu, de même que le fait que l’un ne s’oppose jamais à l’autre. C’est Allah qui guide qui Il veut vers ce qui est juste, et ouvre toutes les portes à celui qui lui frappe continuellement à la porte du succès. Il possède les bienfaits abondants et les arguments éloquents.



Parmi les remèdes et les moyens de s’en prémunir figurent le fait de cacher la beauté de celui pour qui on craint le mauvais œil, par tout ce qui l’en éloigne, comme l’a mentionné Al-Baghawî dans Sharh As- Sunnah : « ‘Uthman vit un beau garçon et dit : Noircissez ses fossettes afin qu’il ne soit pas atteint du mauvais œil. »

Al-Khattâbî a dit dans Gharîb Al-Hadîth : « ‘Uthman vit un garçon atteint par le mauvais œil et dit : « Noircissez ses fossettes. » À ce sujet on trouve également le hadith de ‘Â’ishah qui rapporte qu’un jour le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) adressa un sermon en portant sur la tête un turban noir. » [2] Et c’est pourquoi le poète dit :

Combien l’homme parfait a besoin

D’un défaut qui le protège du mauvais œil

Parmi les choses qui repoussent le mauvais œil, ce que mentionne Abû ‘Abd Allah As-Sâjî qui rapporte qu’il était en voyage pour le pèlerinage ou une expédition, sur une chamelle agile, et parmi les compagnons de route figurait un homme à l’origine de mauvais œil, et qui très souvent regardait une chose et la détériorait. On  conseilla à Abû ‘Abd Allah de garder sa chamelle éloignée de cet homme, et il répondit : « Il ne peut rien contre ma chamelle » On informa cet homme de ses paroles, alors il attendit un moment d’absence de Abû ‘Abd Allah, s’approcha de sa monture, regarda la chamelle qui s’agita et tomba. ‘Abd Allah revint et on l’informa que cet homme l’avait atteint de son mauvais œil et qu’elle était comme il la voyait maintenant. Il dit : « Qu’on me le montre ! » On le lui montra, il s’arrêta devant lui et dit : « Au nom d’Allah, une prison imprenable, une pierre dure, une étoile filante embrasée. Je renvoie sur celui qui en est à l’origine son mauvais œil, ainsi que sur ceux qui lui sont le plus cher.



« Regarde à nouveau, y vois-tu la moindre fissure ? Regarde encore plusieurs fois : ton regard se détournera humilié de ne trouver aucun défaut, même en insistant. » [Al-Mulk, v.3-4]


À ce moment, les deux pupilles de l’auteur du mauvais œil jaillirent et la chamelle se redressa sans souffrir d’aucun mal.


[1] Par soucis de clarté nous garderons le terme Ar-Ruqyah qui désigne le traitement par la lecture du Coran, des formules de rappel et invocations rapportées à ce sujet.


[2] Al-Arnâ’ût dit que le hadith ne figure pas dans le Musnad de cÂ’ishah comme l’a prétendu l’auteur, mais qu’on trouve de nombreux autres hadiths authentiques mentionnant que le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) porta un turban noir.


Source : L’authentique de la médecine prophétique

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MessageSujet: Re: Le mauvais œil   Mer 24 Mar 2010 - 10:46

La contagion

Ibn Al-Qayyim



Jâbir Ibn ‘Abd Allah rapporte : « Il y avait un lépreux dans la délégation de Thaqîf, et le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) lui fit parvenir : « Repars, nous avons pris ton serment d’allégeance. » [Muslim (2231)]


Abû Hurayrah rapporte que le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit : « Fuis le lépreux comme tu fuis le lion. » [As-Sahîhah (783)]


‘Abd Allah Ibn ‘Abbâs rapporte que le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit : «Ne regardez pas longuement les lépreux. » [As-Sahîhah (1063)]


Abû Hurayrah rapporte que le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit : «Celui qui possède des chameaux malades ne doit pas les abreuver avec celui qui possède des chameaux en bonne santé. » [Al-Bukhârî (5771) et Muslim (2221)]

On rapporte aussi qu’il dit : « Parle au lépreux, en gardant entre toi et lui la distance d’une ou deux lances. » [Al-Haythamî (5/101) qualifié de faible par Al-Arnâ’ût] La lèpre est une mauvaise maladie provenant de la propagation de la bile noire dans tout le corps, ce qui corrompt l’humeur, l’état et la forme des membres. À la fin, leurs liaisons peuvent même être corrompues au point que les membres s’effritent et tombent. Cette maladie est appelée la maladie du lion.


Les médecins ont trois avis sur cette dénomination :


Le premier est qu’elle touche souvent le lion.


Le deuxième est qu’elle déforme le visage du malade en le faisant ressembler à un lion.


Le troisième est qu’elle dévore celui qui s’en approche à la manière du lion.



Cette maladie est considérée par les médecins comme une maladie contagieuse et héréditaire. Celui qui s’approche du lépreux ou du tuberculeux sera contaminé par voie aérienne, et c’est pourquoi le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) – par la perfection de sa compassion et de son conseil envers sa Communauté – leur a interdit ce qui les expose à être atteint par un mal en leur corps et leur cœur. Nul doute qu’il peut y avoir dans le corps une prédisposition à recevoir cette maladie, et la nature du corps peut être aussi rapidement contaminée par la proximité des corps alentours, car elle se transmet. L’appréhension et l’imagination peuvent être parmi les plus grandes causes de contamination par cette maladie, car l’imagination agit et domine les forces et natures. L’air contaminé du malade peut parvenir à l’homme en bonne santé et le rendre malade, comme cela est observable dans certaines maladies. Et l’air est une des causes de la contamination, cependant il faut qu’il y ait une prédisposition du corps à accepter cette maladie. Le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) épousa une femme, et lorsqu’il voulut consommer le mariage, il vit sur son flanc une blancheur et lui dit : « Rejoins ta famille. » [Ahmad (3/493) qualifié de faible par Al-Arnâ’ût] Certains pensent que ces hadiths s’opposent à d’autres hadiths qui les annulent, parmi lesquels ce que rapporte Jâbir : « Le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) prit la main d’un lépreux, l’introduit avec la sienne dans le plat et lui dit : « Mange au Nom d’Allah, en toute confiance en Allah. » » [Dacîf At-Tirmidhî (1818)] Ou encore le hadith dans lequel Abû Hurayrah rapporte que le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit : « Il n’y a ni contagion, ni augure. » [Al-Bukhârî (5773) et Muslim (2220)]


Nous disons : louange à Allah, il n’y a aucune contradiction entre ses hadiths authentiques, et si une contradiction apparaît :


– Soit un des deux hadiths n’est pas la parole du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam), et l’un des transmetteurs a fait une erreur bien qu’il soit digne de confiance et sûr, car même l’homme de confiance peut commettre une erreur.


– Soit un des deux hadiths abroge l’autre, si cela compte parmi les choses qui acceptent l’abrogation.


– Soit la contradiction ne figure que dans la compréhension de celui qui l’entend et non dans la parole du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam).

Il est nécessaire que ce soit une de ces trois choses. Que deux hadiths authentiques se contredisent clairement de tout point de vue, et qu’aucun n’abroge l’autre, cela n’existe pas. À Allah ne plaise qu’on trouve cela dans les paroles du véridique et digne de confiance, de la bouche duquel n’émane que la vérité. L’erreur ne provient que du manque de connaissance de ce qu’on rapporte, de la distinction entre ce qui est authentique et ce qui ne l’est pas, du manque de compréhension de ce qu’il signifie et de l’interprétation de ses paroles d’une manière qu’il n’a pas visée, voire des deux. C’est de là que sont nées divergence et corruption. Et c’est Allah qui accorde le succès.


Ibn Qutaybah mentionne dans Ikhtilâf Al-Hadîth en parlant des ennemis du hadith et de ses adeptes : Ils disent qu’il y a deux hadiths contradictoires. Vous rapportez que le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit: « Il n’y a ni contagion, ni augure. », mais on lui a également dit : « Si un chameau a une croûte sur sa lèvre, les autres chameaux, seront contaminés. » Il leur répondit dit : « Et qui a contaminé le premier ? » [Al-Bukhârî (5770) et Muslim (2220)] Puis vous rapportez : « Celui qui possède des chameaux infirmes ne doit pas les abreuver avec celui qui possède des chameaux en bonne santé. » ; « Fuis le lépreux comme tu fuis le lion. » ; un lépreux vint le voir pour lui prêter serment d’allégeance et il lui fit parvenir qu’il acceptait son serment d’allégeance et lui ordonnait de repartir sans lui permettre d’approcher. Il dit également : « La malchance est en trois choses : la femme, la demeure et la monture. » [Al-Bukhârî (5772) et Muslim (2225)] Et ils ont dit que tout cela se contredisait et ne possédait aucune ressemblance.



Abû Muhammad dit : Nous disons, nous, qu’il n’y a aucune contradiction en cela, mais que chacun de ces sens a un temps et un lieu déterminé, et si chaque chose est mise à sa place, il n’y a pas de contradiction.


La contagion est de deux types :


Le premier est la contamination de la lèpre, car l’odeur du lépreux est si forte que la maladie atteint celui qui s’assoit ou parle longuement avec lui ; de même la femme mariée à un lépreux et couchant avec lui sera touchée par des nuisances, voire même la lèpre ; et il en est de même pour leur enfant. La même chose s’applique à celui qui est atteint de tuberculose (Sill), de tuberculose pulmonaire (Diqq), de gale (Nuqab). Les médecins ordonnent de ne  pas s’asseoir avec le tuberculeux et le lépreux, non par crainte de contamination, mais en raison du changement de l’odeur qui rend malade celui qui la sent trop longuement. Et les médecins sont les gens les plus éloignés de la foi en la chance et la malchance. De même pour la croûte du chameau – qui est une gale humide – si le chameau fréquente les autres, les touche et se met là où ils s’assoient, la maladie les touche par l’eau qui coule du chameau par gouttes. C’est là le sens visé par le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) lorsqu’il dit : « Celui qui possède des chameaux infirmes ne doit pas les abreuver avec celui qui possède des chameaux en bonne santé. » Il a réprouvé que la bête malade se mélange à celles en bonne santé, afin qu’elles ne soient pas touchées par les gouttes et démangeaison dont elle souffre.


Quant à l’autre forme de contagion, elle désigne l’épidémie qui s’abat sur un pays que l’on quitte par crainte de la contagion. Le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit : « Si elle se déclare dans le pays où vous êtes, n’en sortez pas pour la fuir, et si vous entendez qu’elle s’est déclarée dans un pays, ne vous y rendez pas. » [Al-Bukhârî (5729) et Muslim (2219)] Sa parole signifie : ne sortez pas du pays frappé par la peste, en pensant que le fait de fuir la prédestination d’Allah vous sauvera d’Allah. Et en disant : « si vous entendez qu’elle s’est déclarée dans un pays, ne vous y rendez pas » il veut signifier que le lieu où vous vous trouvez est plus serein pour vos cœurs et meilleur pour votre vie que le lieu où s’est déclarée la peste. De même pour la femme ou la demeure connue pour le mauvais présage, lorsque l’homme est touchée par une chose détestable ou un malheur, il dit : « Elle m’a contaminé par sa malchance. » Et c’est là la contamination visée par le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) lorsqu’il dit : « Pas de contagion »



Un groupe a dit : éviter le lépreux et le fuir, est une recommandation, une préférence et une orientation. Quant au fait de manger avec lui, son acte montre que cela est permis et n’est pas illicite.



Un autre groupe a dit : ces deux paroles sont partielles et non globales, et le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit à chacun ce qui convenait à sa situation. Certaines personnes ont une foi et une confiance en Allah fermes, et la force de leur confiance en Allah repousse la force de la contagion, de la même manière que la force de la nature repousse et annihile la force de la maladie. Mais d’autres personnes n’en sont pas capables, donc il leur a ordonné d’être prudents et de se protéger. Et le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a agi des deux manières afin que la Communauté le prenne pour exemple en cela et que le fort de sa Communauté emprunte la voie de la confiance et certitude en Allah, et que le faible parmi eux emprunte la voie de la protection et de la prudence, et ce sont deux voies correctes. La première pour le croyant fort, et l’autre pour le croyant faible. Ainsi, chacun des deux groupes possède un argument et un modèle en fonction de leur état et de ce qui leur convient. De la même manière que le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a pratiqué la cautérisation mais qu’il a loué celui qui la délaissait en liant son délaissement à la confiance en Allah et à l’abandon de l’augure. Les exemples similaires sont nombreux, et c’est une voie subtile et très bonne. Celui qui l’applique comme il se doit et la comprend, cela dissipera de nombreuses contradictions qui lui apparaissaient concernant la Sunna authentique.


Un autre groupe a dit que le fait de le fuir et de l’éviter était dû à une chose naturelle qui est la transmission de la maladie par le contact, la fréquentation et l’odeur, par la multiplication des contacts et de la fréquentation. Quant au fait de manger avec lui, un petit laps de temps et pour un intérêt prédominant, cela ne pose pas de problème, car la contamination n’arrive pas en une seule fois et en un seul instant. Mais il l’a interdit, par précaution et pour préserver la santé. Il ne l’a fréquenté que pour un besoin, et un intérêt, donc il n’y a pas de contradictions entre les deux cas.

Un autre groupe a dit  qu’il était possible que le lépreux avec qui il a mangé n’ait été touché que d’une légère lèpre non contagieuse, car tous les lépreux ne sont pas semblables, tous ne sont pas contagieux, et pour certains leur fréquentation n’est ni nuisible, ni contagieuse. C’est le cas de ceux qui ne sont que légèrement touchés par une lèpre qui ensuite s’arrête, et qui restent ensuite dans cet état sans toucher le reste du corps, et a fortiori sans contaminer les autres.


Un autre groupe a dit que les gens de l’époque antéislamique croyaient que les maladies contagieuses l’étaient de nature, sans lier cela à Allah, et le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) invalida leur croyance et mangea avec le lépreux pour leur montrer qu’Allah est Celui qui donne la maladie et la guérison. Mais il a interdit de s’approcher du malade afin qu’ils voient que c’est une des causes qu’Allah a établies pour mener à ces conséquences. Son interdiction est donc une confirmation des causes, et son acte montre qu’elles ne sont pas indépendantes, mais que si le Seigneur le veut, Il les dépouille de leurs forces, et elles n’auront aucun effet ; et s’Il le veut, Il maintient leurs forces intactes et elles auront un effet.


Un autre groupe a dit : ces hadiths comportent des éléments abrogeant et d’autres abrogés, il faut donc considérer le moment où ils ont été prononcés, et si on parvient à distinguer le plus récent, on dira qu’il est l’abrogeant ; et si cela n’est pas possible, nous devons nous abstenir sur cela.


Un autre groupe a dit : certains de ces hadiths sont authentiques et d’autres non, et ils ont discuté le hadith : « Pas de contagion » en disant que Abû Hurayrah le rapportait au départ, puis douta à ce sujet et le délaissa. Les gens l’interrogèrent à ce sujet et lui dirent : « Nous t’avons entendu rapporté ce hadith » et il refusa de le rapporter de nouveau. Abû Salamah dit : « Je ne sais pas si Abû Hurayrah a oublié ou si l’un des deux hadiths abroge l’autre ? » Quant au hadith de Jâbir : « Le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) prit la main d’un lépreux, l’introduit avec la sienne dans le plat » il n’est pas confirmé et pas authentique, et tout ce qu’a dit At-Tirmidhî à son sujet est qu’il était étrange, sans le déclarer authentique (Sahîh) ou bon (Hasan). Shu’bah et d’autres ont dit : « Gardez-vous de ces hadiths étranges. » At-Tirmidhî dit : « On rapporte également cela de ‘Umar, et cela est plus authentique. »  Voilà donc ce qu’il en est de ces deux hadiths qu’ils ont opposé aux hadiths d’interdiction : concernant le premier Abû Hurayrah a cessé de le rapporter et l’a réprouvé, et le deuxième n’est pas authentiquement rapporté du Messager d’Allah. Et Allah est plus savant.


Nous avons traité plus longuement de cette question Miftâh Dâr As-Sa'âdah. Et c’est Allah qui accorde le succès.


Source : L’authentique de la médecine prophétique


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MessageSujet: Re: Le mauvais œil   Mer 24 Mar 2010 - 10:46

L’importance de la croyance dans la guérison



Ibn Al-Qayyim








Sa’d rapporte : « Je suis tombé malade, et le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) est venu me rendre visite. Il mit sa main entre mes deux tétons au point que je sente sa froideur sur mon cœur, et il me dit: « Tu souffres de problèmes cardiaques, vas chez Al-Hârith Ibn Kaladah de Thaqîf, car il s’adonne à la médecine, et dis-lui de prendre sept dattes de Médine, de les briser avec leur noyau, et de te les administrer en coin de bouche (Al-Ladûd) [1]. » [Dacîf Abû Dâwud (3875)]







Al-Maf’ûd (l’homme cardiaque) est celui qui se plaint du cœur, de la même manière que Al-Mabtûn désigne celui qui se plaint du ventre. » Et Al-Ladûd désigne ce qui est administré en coin de bouche.







Les dattes possèdent des propriété étonnantes pour ce mal, et tout particulièrement les dattes de Médine, notamment [celles qu’on nomme] Al-‘Ajwah. Le fait qu’elles doivent être au nombre de sept est une chose qui doit être abordée par la Révélation.







Sa’d Ibn Abî Waqqâs rapporte que le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit : « Celui qui mange au matin sept dattes [du village] Al-‘Âliyah ne sera touché en ce jour ni par le poison ni par la sorcellerie. » et sous une autre formulation : « Celui qui mange au matin sept dattes cueillies entre ces deux terres volcaniques [2] ne sera touché par aucun poison jusqu’au soir. » [Al-Bukhârî (5768) et Muslim (2047)] Les dattes sont chaudes du deuxième degré, et sèches du premier degré. On dit aussi qu’elles sont humides, et aussi modérées [3]. Elles constituent une bonne nourriture, préservant la santé, surtout pour ceux qui ont l’habitude d’en consommer, comme les habitants de Médine et autres. Elles comptent parmi les meilleurs aliments dans les pays froids et chauds dont la température est du deuxième degré, et elles sont meilleures pour eux que pour les habitants des pays froids, en raison de la fraîcheur de l’organisme de leurs habitants, et de la chaleur de l’organisme des gens des pays froids. C’est pourquoi les habitants du Hijâz, du Yémen et de At-Tâ’if et leurs alentours ont l’habitude de se nourrir beaucoup d’aliments [d’humeur] chaude, plus que d’autres, comme les dattes et le miel. Nous les avons vus ajouter à leurs mets dix fois de plus de poivre et de gingembre que les autres, voire plus encore. Ils consomment du gingembre comme les autres mangent des sucreries. J’ai vu certains d’eux en manger comme d’autres grignotent en buvant. Cela leur convient et ne leur cause aucun préjudice en raison de la fraîcheur de leur organisme, et de l’évacuation de la chaleur vers la surface du corps, de la même manière que l’eau des puits est fraîche en été et chaude en hiver. Ainsi, l’estomac consume les aliments lourds en hiver, mais pas en été.







Quant aux gens de Médine, les dattes sont pour eux presque comme le blé pour les autres. Elles sont leur subsistance et leur matière, et les dattes de Al-‘Âliyah comptent parmi les meilleures de leurs dattes, car elles renforcent le corps, sont d’un goût exquis, et d’une véritable douceur. Les dattes sont à la fois un aliment, un remède et un fruit, elles conviennent à la plupart des corps, renforcent la chaleur interne, et ne produisent pas d’excédents mauvais comme d’autres aliments ou fruits. Plus encore, elles protègent celui qui prend l’habitude d’en consommer de la puanteur et la corruption des humeurs.







Ce hadith est un propos spécifique adressé aux gens de Médine et ses alentours, et nul doute que les lieux ont des spécificités, et de nombreux remèdes sont bénéfiques à un endroit et pas ailleurs. Un remède poussant à cet endroit peut être bon pour une maladie, mais ne pas avoir cette propriété s’il pousse ailleurs en raison de l’influence de la terre ou de l’air ou des deux. La terre a des propriétés et natures dont la diversité est proche de celles de l’homme. De nombreuses plantes peuvent être un aliment dans un pays et un poison mortel dans un autre ; un remède pour les uns et un aliment pour les autres ; un remède pour des maladies chez certains, et un remède pour d’autres maladies chez d’autres ; un remède convenant aux gens d’une région mais pas à d’autres.







Quant au nombre sept, il trouve son explication dans la création et la Législation. Allah a créé les cieux, les terres, et les jours au nombre de sept. De même, l’homme fut créé en sept phases. Allah a légiféré à Ses serviteurs de tourner sept fois autour de la Ka’bah, les allers-retours entre As-Safâ et Al-Marwah sont également au nombre de sept, les lapidations des stèles se fait par série de sept, et les premiers Takbîr de la prière du ‘Îd sont également au nombre de sept. Le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) a dit : « Commandez à vos enfants de célébrer la prière à l’âge de sept ans. » [Sahîh Abû Dâwud (494)] Lorsqu’il était malade, le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) ordonna qu’on verse sur lui sept outres. [Al-Bukhârî (4442)] Allah envoya le vent contre le peuple de ‘Âd pendant sept nuits, et le Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) demanda à Allah qu’Il l’aide contre son peuple par « sept » comme les sept de Yûsuf. [Al-Bukhârî (1006)] Allah a comparé ce qui multiplie l’aumône à un grain qui fait pousser sept épis, chaque épi contenant cent grains ; les épis vus par le compagnon de Yûsuf étaient au nombre de sept, et ils les ont semés pendant sept ans, et l’aumône est multipliée jusqu’à sept cent fois, voire plus encore, et ceux qui entreront au Paradis sans jugement dans cette communauté seront soixante-dix mille.







Nul doute que ce chiffre possède des spécificités que d’autres n’ont pas. Le sept rassemble la signification des nombres, dans leur ensemble et leurs spécificités. Le nombre est soit pair, soit impair. Les nombres pairs sont premiers et seconds, de même pour les nombres impairs. Ce sont quatre degrés : pair premier et second, impair premier et second. Ces degrés ne sauraient être moindre que sept qui est un nombre complet qui rassemble les quatre degrés des nombres, c’est-à-dire : pair, impair, premiers et seconds, ce qui signifie pour l’impair : le premier est le nombre trois, et le second est le nombre cinq. Le premier pair est le nombre deux, et le second est le nombre quatre.







Les médecins ont accordé une grande importance au nombre sept, surtout dans les maladies de grande fièvre. Hippocrate a dit : Tout en ce monde est composé de sept parties. Les astres sont au nombre de sept, les jours sont au nombre de sept, et l’âge des gens est composé de sept [périodes] : enfant jusqu’à sept ans, puis garçon jusqu’à quatorze ans, puis adolescent, puis jeune homme, puis homme mûr, puis vieillard, puis sénile jusqu’à la fin de l’existence. Et Allah connaît mieux Sa sagesse, Sa législation, et Sa prédestination dans la spécification de ce nombre. Est-ce ce sens qui est visé ou un autre ?







L’utilité de ce nombre de dattes venant de ce pays, et de cette contrée en particulier contre le poison et la sorcellerie, en empêchant d’en être atteint, est une propriété qui, si elle avait été énoncée par Hippocrate ou Galien, les médecins l’auraient accueillie avec consentement, et soumission, alors que celui qui dit cela n’a pour lui que l’intuition, la conjecture et la supposition. Et les propos de celui dont les paroles ne sont que certitude, affirmation, preuve et révélation sont plus dignes d’êtres accueillis avec acceptation, soumission, et sans aucune objection.







Les remèdes contre les poisons tiennent parfois de leur nature et parfois de leurs propriétés, comme les propriétés de nombreuses pierres, gemmes et corindons [4]. Et Allah est plus savant.







Les dattes mentionnées sont utiles contre certains poisons, donc le hadith appartient à la catégorie du général spécifié. Elles peuvent aussi être bénéfiques, en raison de propriétés de ce lieu ou de ce sol, contre tout poison. Mais il y a ici un point qu’il faut exposer et qui est que la condition pour le remède soit bénéfique est que le malade doit l’accepter, croire à son utilité, et ainsi la nature l’acceptera et s’en aidera pour repousser la maladie. Ceci au point que beaucoup de traitements se suffisent de la croyance, du bon consentement, et de l’acceptation totale. Les gens ont vu en cela des choses étonnantes, car la nature l’accepte avec force, l’âme s’en réjouit, donc les forces se ravivent, le pouvoir de la nature se renforce, la chaleur interne rejaillit, et cela aide à repousser ce qui est nuisible. Au contraire, de nombreux remèdes sont utiles contre des maladies, mais leur effet est annihilé par le manque de croyance du malade en eux, et du fait que la nature ne les accepte pas, ainsi ils n’ont aucun effet.







Considère cela par rapport au plus grand des remèdes, et le plus utile au cœur et au corps, à l’existence et la résurrection, à la vie d’ici-bas et de l’au-delà, qui est le Coran qui est une guérison de toute maladie. Regarde comment il est inutile aux cœurs qui ne croient pas qu’il contient une guérison et une utilité, et plus encore comment il augmente leur maladie. Les maladies du cœur n’ont pas de remède plus efficace que le Coran qui constitue leur guérison parfaite et totale, ne laissant aucune maladie sans la guérir, préservant totalement sa santé, et la protégeant parfaitement contre tout ce qui lui est nuisible. Cependant, l’éloignement de beaucoup de cœurs vis-à-vis du Coran, l’absence de croyance ferme qu’il soit une guérison, l’absence de mise en pratique, et leur détournement vers des remèdes composés par leurs semblables a fait obstacle entre eux et la guérison à travers lui. Les habitudes se sont imposées, le détournement s’est accentué, et les maux et maladies chroniques ont dominé les coeurs. Les gens et les médecins ont été éduqués à soigner leurs semblables par ce que leurs enseignants et ceux qu’ils tiennent en haute estime leur ont établi. , Ainsi, le malheur a pris de l’ampleur, la maladie s’est installée, sont apparues des maux et maladies qu’ils ont été incapables de soigner, et chaque fois qu’ils tentaient de les soigner avec ces nouveaux remèdes, ils empiraient et se renforçaient, ils sont comme le dit [le poète] :







Il est étonnant, et les choses étonnantes sont légion
De voir la proximité de la guérison mais de ne pouvoir y parvenir
Tels des chameaux le désert, mourant de soif
Alors qu’ils portent de l’eau sur leurs dos.








[1] En arabe, les remèdes portent des noms différents selon leur mode d’utilisation. Ainsi, As-Sa’ût désigne ce qui est pris par le nez, et Al-Ladûd ce qui est pris du coin de la bouche.







[2] C’est-à-dire Médine qui est située entre deux terres volcaniques, à l’Est et l’Ouest.







[3] Pour bien comprendre cet ouvrage, il est nécessaire de savoir que Ibn Al-Qayyim l’écrit alors qu’à son époque la médecine est dominée par la théorie des humeurs qui fut l’une des bases de la médecine antique. En médecine, l’humeur désignait les liquides circulant dans l’organisme tels que le sang, la lymphe et la bile. Selon cette théorie, le corps est constitué des quatre éléments fondamentaux, air, feu, eau et terre possédant quatre qualités : chaud ou froid, sec ou humide. Ces éléments, mutuellement antagoniques (l’eau, la terre éteignent le feu, le feu fait s’évaporer l’eau), doivent coexister en équilibre pour que la personne soit en bonne santé. Tout déséquilibre mineur entraîne des « sautes d’humeur », tout déséquilibre majeur menace la santé du sujet. La santé (de l’esprit ou du corps) varie en fonction de l’équilibre des humeurs dans le corps. Lors d’un déséquilibre, quand une humeur l’emporte sur toutes les autres, ou que son influence est excessive, les maladies physiques et psychiques surviennent. Les traitements sont donc calculés pour rétablir l’équilibre et les régimes pour le maintenir. Si l’humeur ne peut s’évacuer naturellement (par vomissement, expectoration, saignement de nez, urine ou défécation), on peut avoir recours à des remèdes qui vont la provoquer (purgatifs, saignées).Dans le cas contraire, lorsqu’une humeur fait défaut, on peut y remédier par une nourriture appropriée, ou des exercices. Il faut également bien distinguer ce qui, dans les propos de l’auteur, est basé sur un Texte du Coran et de la Sunna, et ce qui fait référence à l’expérience et aux remèdes connus de l’époque.







[4] Gemme désigne une pierre précieuse, et corindon le minéral le plus pur après le diamant.







Source : l’authentique de la médecine prophétique



Traduit et publié par les salafis de l’Est
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Layina Umm Adam
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MessageSujet: Le remède contre le mauvais œil    Lun 4 Mai 2015 - 18:15

Le remède contre le mauvais œil 


Cheikh utheymine







Question : Est-ce que le mauvais œil atteint l’homme ? Comment se guérit-il ? Est-ce que le fait de s’en prémunir contredit le fait de s’en remettre à Allah ?
 
 
Réponse : On a vu que le mauvais œil est une vérité attestée par la Loi islamique et par la réalité. Allah le Très-Haut dit :
 


« Peu s’en faut que ceux qui mécroient ne te transpercent par leurs regards. »[1]

Ibn Abbâs et d’autres ont donné le commentaire suivant de ce verset : « Il vous transperce de son regard (le mauvais œil) ». Le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, a dit :
« Le mauvais œil est une vérité, et s’il y avait quelque chose qui dépassait la prédestination (al-Qadr), ce serait le mauvais œil ; et si on vous demande de vous laver, faites-le. »[2]
Il y a aussi ce qui a été rapporté par An-Nassâ’î et Ibn Mâjah :  « Âmir ibn Rabica, passant à côté de Sahl ibn Hanîf qui se lavait dit : « Je n’ai jamais vu avant aujourd’hui une peau cachée [du soleil aussi blanche] ! » Sahl s’évanouit aussitôt. On le ramena au Messager, prière et salut d’Allah sur lui, en lui demandant : « Qu’arrive-t-il à Sahl ? ». Il leur demanda alors :« Qui accusez-vous ? » et ils répondirent : « Âmir ibn Rabica ». Le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, dit alors :

« Pour quelle raison quelqu’un voudrait-il tuer son frère ? Quiconque voit chez son frère quelque chose qui lui plaît, qu’il invoque pour lui la bénédiction (Baraka). »[3]
Puis il demanda de l’eau, demanda à Âmir ibn Rabica de faire ses ablutions en se lavant le visage, les mains jusqu’aux coudes, les genoux et en s’aspergeant à l’intérieur de ses habits ; et il ordonna que l’on verse cette eau sur Sahl. » Dans une autre version :
« Versez l’eau sur le dos. »

La réalité le confirme et personne ne peut le nier.
 
Les remèdes légitimes sont :
 
 
1-        La lecture : le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, a dit :
 
« Point de Ruqiya, sauf pour le mauvais œil ou la fièvre. »[4]
Jibrîl, salut d’Allah sur lui, lisait sur le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, les paroles suivantes :
« Au nom d’Allah, je t’exorcise ; contre toute chose qui te fait mal, contre le mal de toute âme ou le mauvais œil d’un envieux, qu’Allah te guérisse, au nom d’Allah, je t’exorcise. »[5]
 
2-        Le fait de se laver, 
comme le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, a ordonné de le faire Âmir ibn Rabica, dans le hadith cité précédemment, puis de verser cette eau sur la personne atteinte.
 
 
Par contre, il n’y a aucune preuve sur le fait de prendre l’urine, les excréments ou les restes (Âthâr) de la personne, mais plutôt ce qui est confirmé par les preuves est ce qui a été cité dans le hadith précédent, c’est-à-dire : laver les membres et s’asperger à l’intérieur de ses vêtements. Peut-être peut-on ajouter à cela, l’intérieur de son bonnet, son foulard et son vêtement. Et Allah est le Plus Savant.
 
 
Il n’y a pas de mal à se prémunir à l’avance contre le mauvais œil, et cela ne contredit pas le fait de s’en remettre à Allah. Mais plutôt cette manière de faire confirme le Tawakkul, puisque at-Tawakkul en Allah, qu’Il soit exalté, est le fait d’utiliser des moyens permis. Le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, lui-même, recherchait la protection d’Allah sur Hassan et Hussayn en disant :
 
 
« Je cherche protection pour vous auprès des paroles parfaites d’Allah contre tout démon, contre tout animal (ou chose nuisible) et contre tout mauvais œil. »
et il disait :
« Ainsi faisait Ibrahim pour Ishâq et Ismâîl (Prières et salut d’Allah sur eux). »[6]



[1] La Plume, v. 51.
[2] Muslim dans le chapitre de la paix (2188).
[3] Mâlik dans Al-Muwatta’ dans le chapitre du mauvais œil (1), Ibn Mâjah (2509), Ahmad (3/486).
[4] Abû Dâwûd dans le chapitre de la médecine (3889).
[5] Muslim dans le chapitre de la paix (2186).
[6] Al-Bukhârî dans le chapitre des histoires des prophètes (3371).



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MessageSujet: Les dix causes qui repoussent de l'envié le mal de l'envieux    Lun 6 Mar 2017 - 21:58

Les dix causes qui repoussent de l'envié le mal de l'envieux


Cheikh AbdurRahman Ibn Nassir As-Si'di
tariqou-l-woussoul ila al ‘ilmi-l-ma°moul | N°839, page 210



Voici la traduction approximative et rapprochée de dix causes mentionnées par l’Imam Ibn Al Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, qui repoussent de l’envié le mal de l’envieux :


1. La recherche de refuge auprès d’Allah pour se prémunir contre son mal et se fortifier.

2. La crainte d’Allah et l’observation de Ses recommandations et Ses ordres.

3. La patience face à son ennemi en ne lui causant aucun préjudice.

4. Une forte confiance en Allah.

5. Que son cœur ne soit pas préoccupé par celui-ci et vide de toute pensée à lui.

6. L’empressement vers Allah.

7. Le repentir des péchés qui sont la cause de domination de ses ennemis sur lui.

8. Donner des aumônes et faire preuve de bienfaisance autant que possible.

9. Faire spécifiquement preuve de bienfaisance envers l’injuste envieux.

10. La cause réunissant tout cela qui est : la concrétisation du tawhid et ne plus penser aux causes mais à leur Créateur, le Tout-Puissant, le Sage.


[Fin de la citation de Cheikh AbdurRahman Ibn Nassir As-Si'di, qu'Allah lui fasse miséricorde]

 source: http://an-nassiha.com/index.php/autres/maux-occultes/112-les-dix-causes-qui-repoussent-de-l-envie-le-mal-de-l-envieux.html
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