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 Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)

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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Lun 25 Avr 2011 - 16:35

Charh Nawâqid al Islam de Cheykh Mohammed Ibn Abdel Wahhab

Explication du Cheykh Al Fawzan


Cours audio du frère Abou Hamaad Sulaiman Al-Hayiti

Retranscrit par Oum Mouqbil





Sommaire



Cours 1 : Introduction sur le danger de l’exagération au sujet du Takfir en 13 points.

Cours 2 : Suite de l’introduction.

Cours 3 : Fin de l’introduction.

Cours 4 : Explication de Al-Wala Wa Al-Bara – Les cinq principes que l’Islam est venu préserver (la religion, la vie, la raison, les biens, l’honneur).

Cours 5 : La mécréance peut se manifester par la parole, par les actions, par la croyance ou par le doute.

Cours 6 : L’égarement des Khawarij et des Mourji’as au sujet de la foi.

Cours 7 : L’importance de la connaissance de ce qui annule l’Islam et de la science pour ne pas s’égarer comme les Khawarij – Questions/Réponses au sujet de ce qui annule l’Islam.

Cours 8 : Explication du premier point qui annule l’Islam : Le Shirk.

Cours 9 : Quelques erreurs dans la compréhension de ce qu’est le Shirk.

Cours 10 : La division du Shirk en deux : le Shirk Majeur et le Shirk Mineur.

Cours 11 : Réfutation des Shoubouhates des Moushrikines qui adorent les tombes et invoquent les Awliyas.

Cours 12 : L’explication du deuxième point qui annule l’Islam : Prendre des intermédiaires entre nous et Allah en les invoquant, leurs demandant l’intercession et en mettant notre confiance en eux.

Cours 13 : Réfutation de Shoubouhaates répandues par les Soufiyyah au sujet des intermédiaires.

Cours 14 : Clarification au sujet du Tawassoul permis et du Tawassoul interdit.

Cours 15 : L’explication du troisième point qui annule l’Islam : Ne pas déclarer Kouffars les Moushirkines ou douter de leur Koufr ou valider leurs croyances.

Cours 16 : Suite de l’explication du troisième point – Quelques règles dans nos relations avec les Kouffars.

Cours 17 : Suite des règles dans nos relations avec les Kouffars.

Cours 18 : Les choses permises entre le musulman et le Kafir – Explication du quatrième point qui annule l’Islam : Croire qu’il y a une voie meilleure ou un jugement meilleur que ceux du prophète.

Cours 19 : Suite de l’explication du quatrième point – Les différentes catégories de personnes qui jugent par autre que la loi d’Allah.

Cours 20 : Détails au sujet de l’obligation de juger par la loi d’Allah dans toute chose : cela ne se limite pas aux dirigeants et aux juges mais à tout individu musulman.

Cours 21 : Explication du cinquième point qui annule l’Islam : Détester une chose apporter par le prophète même si on la met en application.

Cours 22 : Mise en garde contre le fait de rejeter une chose de la révélation – Questions/Réponses concernant le fait de rejeter ou ne pas aimer une chose de la révélation ou des obligations.

Cours 23 : Explication du sixième point qui annule l’Islam :  Celui qui se moque d’une chose faisant partie de la religion, ou de la récompense d’Allah ou du châtiment .

Cours 24 : Le blâme de ceux qui insultent et se moquent des Sahabahs, en particulier les Shi’as Rafidas et l’interdiction de s’allier à eux.

Cours 25 : Explication du septième point qui annule l’Islam : La sorcellerie.

Cours 26 : Explication du huitième point qui annule l’Islam : Supporter les Moushrikines contre les musulmans.

Cours 27 : Suite de l’explication du huitième point – Questions/Réponses à ce sujet.

Cours 28 : Explication du neuvième point qui annule l’Islam : Croire que certains ont le droit de sortir de la Shari’ah comme l’a fait Al-Khidr de la révélation de Moussa.

Cours 29 : Suite de l’explication du neuvième point – Explication du dixième point qui annule l’Islam : Se détourner complètement de la religion d’Allah.

Cours 30 : Les dix annulatifs ont la même gravité exceptés pour celui qui est sous la contrainte.



Source des dourous : http://www.salafidemontreal.com/index.php/cours-sur-la-aqidah/sharh-nawaaqid-al-islam.html


Dernière édition par Oum Mouqbil le Jeu 17 Jan 2013 - 11:09, édité 23 fois
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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Lun 25 Avr 2011 - 16:36

Cours n°1



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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Lun 25 Avr 2011 - 16:36

Cours n°2



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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Lun 25 Avr 2011 - 16:37

Cours n°3



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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Lun 25 Avr 2011 - 16:37

Cours n°4



« Dourousoun Fi Charhi Nawâqid el Islam »

Introduction du Cheykh Salih Al Fawzan



Le but d’apprendre les annulations de l’Islam n’est pas de pouvoir takfir les gens, car seuls les savants ont cette capacité. Mais c’est plutot, pour se protéger soi-même et éviter de tomber dedans.

« An-Nawâqid » : C’est le pluriel de « Nâqid », qui signifie en arabe détruire, corrompre, ou annuler.
Allah (تعالى) a employé ce terme dans le verset suivant : « Ne violez (نَقَضَتۡ) pas vos serments après les avoir solennellement prêtés. » (Sourate An-Nahl, verset 91)



Définition de l’Islam :

C’est de se soumettre à Allah en L’unifiant, en Lui obéissant et se désavouer du shirk et de ses adeptes.


1 - Appliquer le Tawhid :

El Istislam, signifie en arabe la soumission, c’est-à-dire la soumission à Allah par le Tawhid et par la sincérité. Cela signifie qu’on purifie toutes nos adorations pour Allah, sans n’en rien donner à qui que ce soit. Donc :
- Quiconque refuse de se soumettre à Allah est Moustakbir (orgueilleux), comme par exemple Iblis qui a refuser d’obéir.
- Celui qui se soumet à Allah et à un autre, est Moushrik (associateur)
- Et celui qui ne se soumet qu’à Allah uniquement est Mouwahid (monothéiste)

Allah (عز وجل) a dit : « Alors qu’on ne leur a commandé que d’adorer un Dieu unique. Pas de divinité à part Lui ! Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu’ils [Lui] associent. » (Sourate At-Tawba, verset 31)

Et Allah a dit aussi : « Il ne leur a été commandé, cependant, que d’adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif, d’accomplir la Ṣalāt et d’acquitter la Zakāt. Et voilà la religion de droiture. » (Sourate Al Bayyina, verset 5)


2 - L’obéissance à Allah :

En plus d’applique le Tawhid, il faut se soumettre à Allah par l’obéissance, en accomplissant ce qu’Allah nous demande et en s’éloignant de ce qu’Il nous interdit. Croire en l’unicité n’est donc pas suffisant.


3 - Se désavouer du shirk et de ses adeptes :

Aimer et se joindre aux moushrikin sur le plan religieux est en contradiction avec le fait d’unifier Allah et de Lui obéir. Il est bien évidemment possible de faire des transactions commerciales ou autre chose de ce genre avec eux, car ceci ne concerne pas le plan religieux.
Le vrai musulman doit donc se désavouer des idoles, et de toute chose adorée en dehors d’Allah. Il doit croire dans son cœur que tout ce qui est adoré en dehors d’Allah est faux et à rejeter, et que tous les moushrikin sont des kouffar. En effet, si on pense qu’un moushrik est croyant, cela signifie que l’on a un doute sur le fait qu’Allah est Le seul qui mérite l’adoration.

De plus, il faut les détester pour Allah. (Et ici le frère fait une longue explication de Al Wala wal Bara qu’il est intéressant d’écouter, vers la 20ème minute)
Parmi les preuve, il y a la parole d’Allah qui dit : « Certes, vous avez eu un bel exemple [à suivre] en Abraham et en ceux qui étaient avec lui, quand ils dirent à leur peuple : « Nous vous désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors d’Allah. Nous vous renions. Entre vous et nous, l’inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu’à ce que vous croyiez en Allah, seul. ». » (Sourate Al Moumtahana, verset 4)
Ce verset prouve que la haine et l’amour que l’on doit avoir pour les gens sont uniquement basés sur la foi, et non pas sur les intérêts personnels de la douniya.

Allah a dit également : « Tu n’en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui prennent pour amis ceux qui s’opposent à Allah et à Son Messager, fussent-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu. Il a prescrit la foi dans leurs cœurs et Il les a aidés de Son secours. Il les fera entrer dans des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Allah les agrée et ils L’agréent. Ceux-là sont le parti d’Allah. Le parti d’Allah est celui de ceux qui réussissent. » (Sourate Al Moujadalah, verset 22)
Et lorsqu’Allah dit : « Tu n’en trouveras pas », ceci est pire qu’une interdiction, car cette négation implique l’impossibilité de réunir la croyance en Allah avec l’alliance de ses ennemis. […]



L’importance d’apprendre les choses qui annulent l’Islam :

Dans l’exemple d’Ibrahim (عليه السلم) qui s’est totalement désavoué du shirk, nous voyons cette importance. C’est lui qui a cassé les idoles de son peuple avec sa main, et il a subit beaucoup de difficulté à cause de son appel vers le Tawhid. Et malgré cela, il avait peur de tomber dans le shirk et il a dit : « Ô Mon Seigneur, écarte-moi ainsi que ma descendance de l’adoration des idoles. »

C’est pourquoi ce sujet mérite toute notre attention et également la raison pour laquelle les savants ont écrit de nombreux ouvrages sur cela. On peut trouver une multitude de livres évoquant les choses qui annulent l’Islam, et certains savants en ont compté jusqu’à 400. Or, le Cheykh Mohammed Ibn AbdelWahhad n'en a rassemblé que 10, qui sont les annulations les plus courantes et les plus répandues, qu’il a énumérées afin que les gens ne tombent pas dedans.



L’Islam est venu pour protéger 5 principes fondamentaux :

Ces 5 principes sont : la religion, la vie, la raison, les biens, l’honneur. Pour chacune de ces choses, l’Islam a apporté des lois et des règles pour éviter que les hommes ne s’égarent. En effet, ces 5 choses sont essentielles pour que les êtres humains vivent en harmonie.


1 – Préserver la religion :

Ceci, car la religion (la ‘aquida) est la chose la plus importante dans la vie d’un musulman et c’est la raison pour laquelle l’Islam a établi des règles en ce qui concerne l’apostasie.
La peine (punition) de l’apostasie est donc une protection pour la religion, pour éviter que n’importe quelle personne ne se permette de jouer avec la religion, en niant des choses faisant partie de l’Islam, ou en en ajoutant ce qui n’en fait pas partie, etc.
Il y a des textes clairs qui montrent que celui qui quitte l’Islam ou qui fait des choses annulant son Islam, il quitte la religion. Selon ‘Abdoullah Ibnou ‘Abbas (رضي الله عنه) rapporte que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Celui qui quitte sa religion alors tuez-le. » (Hadith authentique rapporté par Al Boukhari, An-Nassa-i, At-Tirmidhi et l’Imam Ahamed)

Il y a également un autre hadith du Prophète (صلى الله عليه و سلم), rapporté par ‘Abdallah Ibn Mas’oud (رضي الله عنه) qui soutient le hadith précédent, qui est : « Il n’est pas permis de verser le sang d’un musulman, sauf dans 3 cas : celui de l’homme marié qui commet l’adultère, celui de l’assassin qui légalement mérite la mort, et celui de l’homme qui renie sa religion et se sépare de la communauté. » (rapporté par Al Boukhari et Mouslim)


2 – Préserver la vie :

C’est pour cette raison qu’Allah (تعالى) a donné comme peine pour la personne qui a tué, l’exécution. C’est la loi du Talion qui s’applique : œil pour œil, dent pour dent, et vie pour vie. Cette loi fait d’ailleurs partie des lois reçues par tous les Prophètes avant l’Islam, et elle constitue la loi de la justice absolue.
Allah (تعالى) a dit : « Ô les croyants ! On vous a prescrit le talion au sujet des tués : homme libre pour homme libre, esclave pour esclave, femme pour femme. » (Sourate Al Baqara, verset 178)

Et Il (تعالى) dit également : « C’est dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, ô vous doués d’intelligence, ainsi atteindrez-vous la piété. » (Sourate Al Baqara, verset 179)

Allah a donc ordonné cela afin de préserver la vie des croyants contre les agressions. En effet, la peine de mort empêche le coupable de récidiver et empêche les autres personnes malintentionnées d’agir ainsi.


3 – Préserver la raison :

Allah (عز وجل) a créé l’homme et l’a distingué de toutes les autres créatures en lui donnant la raison. Ceci, afin qu’il soit capable de différencier entre ce qui est bénéfique de ce qui est nuisible, entre ce qui est bon et ce qui mauvais, et entre la foi et la mécréance. Et Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Certes, Nous avons honoré les fils d’Adam. Nous les avons transportés sur terre et sur mer, leur avons attribué de bonnes choses comme nourriture, et Nous les avons nettement préférés à plusieurs de Nos créatures. » (Sourate Al Isra, verset 70)
Et Il (تعالى) a dit : « Nous avons certes créé l’homme dans la forme la plus parfaite. » (Sourate At-Tin, verset 3)

Ainsi, celui qui consomme des drogues ou boit de l’alcool au point d’en perdre la raison, il aura commis un crime contre lui-même et mérite la peine qu’Allah a établi pour ces choses. Cette peine est donc faite pour protéger la raison de l’homme.


4 – Préserver les biens :

Les gens ont toujours besoin de leurs biens et de leurs richesses, ainsi que de tout ce qui peut leur être bénéfique dans leur vie. Allah (سبحانه وتعالى) dit : « Et ne confiez pas aux incapables vos biens dont Allah a fait votre subsistance. » (Sourate An-Nissa, verset 5) C’est-à-dire qu’il ne faut pas laisser les biens à ceux qui ne savent pas gérer l’argent, car ils pourraient le gaspiller.

Et celui qui transgresse en volant les biens des autres, une punition a été établie en Islam dans le but de préserver les biens des personnes. En effet Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu’ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d’Allah. » (Sourate Al Ma-idah, verset 38)


5 – Préserver l’honneur et les liens de parenté :

Allah (سبحانه وتعالى) a préservé l’honneur des personnes en interdisant la fornication et l’adultère. Le terme « zina » en arabe s’applique aussi bien à la fornication qu’à l’adultère, mais on distingue celui qui est marié de celui qui ne l’est pas, et chacun des 2 aura une peine différente. La peine de celui qui n’est pas marié est de 100 coups de fouet. Quant à celui qui est marié, il doit être lapidé avec des pierres jusqu’à la mort.

L’application de ces peines permet donc également de préserver également les liens de parenté. En effet, en l’absence de peine et d’interdiction, certaines personnes ne savent même pas qui est leur père ou d’autre ne savent pas qui est leur fils, etc.

De même, en ce qui concerne la préservation de l’honneur, il y a l’application des peines en cas d’accusation non fondée. Celui qui accuse une personne de zina ou d’homosexualité doit apporter 4 témoins, et s’il ne le fait pas il sera puni et son témoignage ne sera plus accepté. En effet, Allah (تعالى) a dit : « Et ceux qui lancent des accusations contre des femmes chastes sans produire par la suite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups de fouet, et n’acceptez plus jamais leur témoignage. Et ceux-là sont les pervers, à l’exception de ceux qui, après cela, se repentent et se réforment, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Sourate An-Nour, verset 4 et 5)



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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Lun 25 Avr 2011 - 16:38

Cours n°5





Les fondements de l’apostasie :

Si le Cheykh Al Fawzan a mentionné les 5 points que l’Islam est venu pour protéger, c’est parce que la première de ces choses à protéger est la religion. Autrement dit, il faut se protéger de sortir de la religion = l’apostasie.

L’apostasie : Cela signifie revenir.
L’apostat : C’est celui qui revient sur sa religion, soit par une parole, soit par une croyance, soit par une action et soit par un doute. Ces 4 sortes d’apostasie constituent donc ses fondements.


1 - L’apostasie par la parole :

Cette forme d’apostasie est que la personne prononce une parole de koufr ou de shirk, sans être contrainte, que ce soit dit en étant sérieux ou en plaisantant. Allah a dit : « Alors qu’en vérité ils ont dit la parole de la mécréance et ils ont rejeté la foi après avoir été musulmans. » (Sourate At-Tawba, verset 74)

Au temps du Prophète (صلى الله عليه و سلم), au retour de la bataille de Tabouk, certains ont dit : « Nous n’avons pas vu quelqu’un de plus menteur, de plus gourmand, et de plus peureux lors de la bataille que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) et ses sahabas (رضي الله عنهم). » Puis Allah (تعالى) révéla le verset : « Et si tu les interrogeais, ils diraient très certainement : «Vraiment, nous ne faisions que bavarder et jouer.» Dis : « Est-ce d’Allah, de Ses versets (le Coran) et de Son messager que vous vous moquiez ?» * Ne vous excusez pas, vous avez bel et bien rejeté la foi après avoir cru. » (Sourate At-tawba, verset 65 et 66)

« vous avez bel et bien rejeté la foi après avoir cru » : ceci à cause du fait qu’ils se sont moqués du Prophète (صلى الله عليه و سلم) et ses sahabas (رضي الله عنهم).

Ces versets prouvent que de prononcer des paroles de koufr sans avoir été contraint, cela amène la personne au koufr, même si elle pensait juste plaisanter ou s’amuser. C’est une réfutation aux Mourji’a qui disent que la personne ne peut pas apostasier avec une parole, mais qu’elle doit obligatoirement croire avec son cœur ce qu’elle dit avec sa langue.

Celui qui a prononcé une parole de mécréance sans être contraint, a mécru. Allah a dit : « Quiconque a renié Allah après avoir cru - sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi - mais ceux qui ouvrent délibérément leur cœur à la mécréance, ceux-là ont sur eux une colère d’Allah et ils ont un châtiment terrible. » (Sourate An-Nahl, verset 106)
La personne qui est contrainte de prononcer une parole de koufr, que ce soit pour sauver sa vie ou pour éviter la torture, nul grief contre elle. Allah a permis cela dans ce cas, mais il faut que cette parole soit prononcée par la langue uniquement, tout en gardant la foi dans le cœur. Et le verset de la sourate An-Nahl a été révélé à propos de ‘Ammar Ibn Yassar (رضي الله عنه) qui était torturé par les moushrikin et contraint d’insulter le Prophète (صلى الله عليه و سلم). Après cela, il avait honte de retourner voir le Prophète (صلى الله عليه و سلم) à cause de ce qu’il avait dit. Puis une fois qu’il en eut informé le Prophète (صلى الله عليه و سلم), celui-ci lui demanda : « Comment trouves-tu ton cœur ? » Il répondit : « Je trouve mon cœur en paix avec la foi. » Puis le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Dans ce cas, s’ils reviennent encore, fais-le encore. »


2 – L’apostasie par la croyance :

C’est celui qui croit dans son cœur à ce qui est en opposition avec l’islam, comme par exemple celui qui croit que la prière n’est pas obligatoire.
Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent : « Nous attestons que tu es certes le Messager d’Allah. » Allah sait que tu es vraiment Son messager ; et Allah atteste que les hypocrites sont assurément des menteurs. * Ils prennent leurs serments pour bouclier et obstruent le chemin d’Allah. Quelles mauvaises choses que ce qu’ils faisaient ! » (Sourate Al Mounafiqoun, verset 1 et 2)

« Ils prennent leurs serments pour bouclier » : c’est-à-dire qu’ils cherchent à se protéger qu’on leur fasse un mal quelconque ou bien pour profiter de quelques intérêts dans la douniya.
Ils disent avec leur langue ce qui n’est pas dans leur cœur. Ainsi, si une personne croit à la mécréance dans son cœur, il devient kâfir même s’il n’a pas appliqué ce koufr dans ses actions ou dans ses paroles. Et même si cette personne applique l’Islam en apparence, en accomplissant la salat, en donnant la sadaqa, en disant de bonne parole comme la shahada, etc. mais qu’elle n’y croit pas dans son cœur, elle est mécréante et pratique la religion des mounafiqin (les hypocrites). Et Allah a dit à leur sujet qu’ils seront au plus bas niveau de l’Enfer : « Les hypocrites seront, certes, au plus bas fond du Feu, et tu ne leur trouveras jamais de secoureur. » (Sourate An-Nissa, verset 45)


3 – L’apostasie par les actes :

Il y a également un koufr qui est dû à l’action, comme par exemple le fait de sacrifier pour autre qu’Allah. En effet, le sacrifice fait partie des actes d’adoration et il ne doit être voué qu’à Allah seul. Et tout sacrifice pour autre qu’Allah revient à adorer cette chose-là (une idole, une statue, une tombe, etc.)


4 – L’apostasie par le doute :

Comme celui qui doute dans son cœur, comme le fait de se demander si ce qu’a apporté le Prophète (صلى الله عليه و سلم) est vrai, si la résurrection arrivera, si le paradis existe, etc. Tant que la personne n’a pas cru avec certitude en tout ce qui a été révélé, elle n’est pas considérée comme croyante. Cependant, il nous est impossible de savoir si elle a un doute ou non, sauf si elle l’exprime par la parole, alors nous devons nous contenter de juger selon l’apparence.



Concernant ces différentes formes d’apostasie, il y a 3 catégories de personnes d’avis différents :

Parmi ces 3 avis, il y a 2 avis extrêmes et un du juste milieu.


1 – Les Khawarij

Ce sont ceux qui ont exagéré dans le Takfir. C’est-à-dire que ce groupe de personnes jugent les gens mécréants de façon exagérée. Les khawarij sont sortis à l’époque du Prophète (صلى الله عليه و سلم) et celle des 4 successeurs du Prophète (صلى الله عليه و سلم), puis par la suite. Ils exagéraient dans le takfir en rendant mécréant toute personne s’opposant à eux.

Leur croyance est basée sur 3 fondements :
1- Déclarer mécréant les gens à cause des grands péchés qu’ils commettent (dont le niveau est inférieur au shirk).
2- Sortir contre les gouverneurs et rejeter leur autorité et leur obéissance.
3- Rendre Halal le sang des musulmans.

Comment les khawarij sont-ils tombés dans l’erreur ?
Ces égarements sont dus au fait qu’ils ont pris certains textes dans leur sens apparent, sans les comparer aux autres textes (versets ou hadith) qui évoquent le même sujet afin de clarifier leur signification. Ils ont donc pris ces textes individuellement sans comprendre leur sens global.



Dernière édition par Oum Mouqbil le Mer 27 Avr 2011 - 21:29, édité 1 fois
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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Lun 25 Avr 2011 - 16:38

Cours n°6




Pour expliquer l’égarement des khawarij, il faut distinguer les différentes formes de shirk (association) et de koufr (mécréance), en majeur et mineur. Seuls le shirk majeur et le koufr majeur peuvent faire sortir la personne de l’Islam. Quant au shirk mineur et au koufr mineur, ils ne font pas sortir de la religion, mais diminuent la foi. Cette distinction est très importante, car ceux qui n’ont pas compris cela sont tombés dans l’égarement. Et c’est le cas des Khawarij pour qui le shirk mineur et le koufr mineur n’existent pas.
[…]



2 – Les Mourji’as :

Ce sont ceux qui prétendent que la foi se situe uniquement dans le cœur, peu importe les actes de piété commis ou non. Pour eux, celui qui ne prie pas, ne jeûne pas, et pratique le Haram, peut être meilleur croyant que celui qui prie, qui jeûne, etc. Ces gens ont donc exclu les actions de la définition de la foi. De même pour la parole, ils pensent qu’il n’est pas nécessaire de prononcer la shahada, car la foi est dans le cœur.
Ils pensent que la personne musulmane ne peut pas sortir de la religion et que celle-ci est acquise quels que soient ses actes. Ils pensent également que la foi n’augmente pas et ne diminue pas, mais qu’elle garde toujours la même intensité.

Pour justifier leur égarement, ils utilisent les textes qui évoquent la promesse d’Allah, Sa Miséricorde et Son Pardon. Ainsi, ils n’essaient pas de réunir les textes de la menace et du châtiment avec les textes de la miséricorde et du pardon.


Ils sont donc à l’opposé des Khawarijs qui, eux, ne prennent que les textes de la menace. On a donc les 2 extrêmes.



3 – Ahloul Sounnah wal Jama’a :

C’est le groupe du juste milieu, entre les Khawarijs et les Mourji’as. Ce sont ceux qui ont réuni tous les textes ensemble, et qui disent que le koufr se divisent en 2 catégories : le koufr mineur et le koufr majeur. De même que pour le shirk.
Seuls les péchés qui entrent dans le koufr majeur et le shirk majeur font sortir de l’Islam. Et concernant les autres péchés, qui sont moindres, c’est là qu’on voit bien la place du juste milieu :
- Pour les khawarijs, la personne sort de l’Islam, donc sa foi disparaît.
- Pour les Mourji’as, la foi de la personne reste intacte.
- Pour Ahloul Sounnah wal Jama’a, la personne ne sort pas de l’Islam mais sa foi en est diminuée.

Ainsi, concernant l’adoration d’Allah, quiconque a adoré Allah par la crainte seulement, est un khariji. Celui qui a adoré Allah par l’espoir seulement, est un mourji. Celui qui a adoré Allah par l’amour seulement, est un Soufi. Quant à celui qui a adoré Allah par espoir, amour et crainte, c’est celui qui est sounni.

Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d’autres versets qui peuvent prêter à diverses interprétations . Les gens, donc, qui ont au cœur une inclination vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets à équivoque, cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n’en connaît l’interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent : « Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur ! » Mais, seuls les doués d’intelligence s’en rappellent. » (Sourate Ali ‘Imran, verset 7)

« Les gens, donc, qui ont au cœur une inclination vers l’égarement » : Ce sont les gens de bida’a en général, mais en particulier les Khawarijs et le Mourji’as.

« ceux qui sont bien enracinés dans la science » : Ce sont ceux qui savent comment comprendre le Coran. En effet, lorsqu’ils tombent sur un verset n’est pas clair (à équivoque), ils le ramènent soit à un verset clair, soit à un hadith du Prophète (صلى الله عليه و سلم) clair. Et il s’agit des savants de Ahloul Sounnah wal Jama’a.


A propos de ces 2 extrêmes, les gens doivent craindre pour leur religion selon 2 points de vue :
1- L’ignorance des annulations de l’Islam et en plus le fait de ne pas les apprendre, car on ne peut distinguer le vrai du faux, et on peut facilement tomber dans l’égarement des khawarij ou des mourji’as.


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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Lun 25 Avr 2011 - 16:39

Cours n°7





(A propos de ces 2 extrêmes, les gens doivent craindre pour leur religion selon 2 points de vue :
1- L’ignorance des annulations de l’Islam et en plus le fait de ne pas les apprendre, car on ne peut distinguer le vrai du faux, et on peut facilement tomber dans l’égarement des khawarij ou des mourji’as.)
2- Parler des annulations de l’Islam sans connaissance, car c’est également un point qui amène à l’égarement des gens.


Il est donc obligatoire pour le musulman de suivre la voie des gens de la vérité. Or, ceci n’est possible qu’après avoir étudié et cherché la compréhension de la religion. Il ne suffit pas de mémoriser les textes sans compréhension de ceux-ci, car cela constitue un grand danger. En effet, la mémorisation des textes sans compréhension, amène les gens à les interpréter selon leur propre compréhension ou celle des groupes de bida’a. Il arrive que des gens ordinaires, qui n’ont pas connaissance de l’Islam, aient la même croyance que les Mourji’as en disant que la foi se situe dans le cœur, mais ils disent cela par ignorance. Cependant, il existe des gens considérés comme des ‘oulamas de l’Islam qui appellent à cette voie et cette croyance. D’où l’importance d’étudier auprès des savants de l’Islam, afin qu’ils apportent la bonne compréhension.

Les gens de bida’a parmi les khawarijs mémorisent les textes, récitent le Coran jour et nuit, prient toute la nuit, et jeûnent tous les jours parfois. Déjà à l’époque des sahabas, ils étaient des gens extrémistes dans l’adoration. Cependant ce qu’ils récitent ne dépasse même pas leur gorge car ils n’ont aucune compréhension de ce qu’ils récitent. « El Fiqh » (fi ddin), c’est le fait de comprendre les textes.
Le cheykh fait une analogie avec la médecine. Par exemple, lorsque le médecin veut donner un remède au malade, il doit tout d’abord savoir de quoi est composé ce remède. Ensuite il doit connaître la cause de la maladie pour pouvoir choisir le remède qui convient. Ainsi, si le remède correspond il sera bénéfique au malade par la permission d’Allah. Cependant, si ce remède ne convient pas, au lieu d’être bénéfique, il nuira au malade.
Le savant est comme le médecin avec les malades



Questions/réponses au sujet de ce qui annule l’Islam :

Question 1 : Y a-t-il une différence entre ce qui annule l’Islam et ce qui annule le foi ?

Réponse : Il n’y a pas de différence entre les 2. Les choses qui annulent l’Islam sont les mêmes que celles qui annulent la foi. Toutefois, il se peut qu’une personne soit musulmane uniquement avec sa langue, comme l’hypocrite. Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Ils ont dit la parole de la mécréance et ils ont rejeté la foi après avoir été musulmans. » (Sourate At-Tawba, verset 74)
« après avoir été musulmans » : Cela signifie qu’ils n’étaient pas croyants avant, sinon Allah n’aurait pas dit « ba’da islamihim » (بَعۡدَ إِسۡلَـٰمِهِمۡ) mais Il aurait dit « ba’da imânihim » (après leur foi)



Question 2 : Est-ce que les gens sont excusés sur le fait d’ignorer les annulations de l’Islam ?

Réponse : Cela dépend de la catégorie d’ignorance de la personne. La personne qui n’a pas eu accès à la science, car personne ne peut lui enseigner, elle est excusée jusqu’à ce qu’elle puisse apprendre. Par exemple, font partie de cette catégorie les gens qui vivent très éloignés des pays musulmans, ou ceux qui sont isolés. Par contre, ceux qui vivent parmi les musulmans, dans les pays musulmans, qui entendent le Coran et les hadiths, ils ne sont pas excusés pour leur ignorance, car ils ont reçu la preuve que leur acte est faux dans la révélation. Cependant, ils n’ont pas donné d’importance à cela, ou ont considéré ces preuves comme venant de la religion Wahabiya, qui serait, pour eux, une nouvelle religion. Or le Cheykh Ibn Abdel Wahhab n’a rien amené de nouveau.



Question 3 : Celui qui fait une chose qui annule l’Islam, puis se repent par la suite. Est-ce que son repentir est valable ?

Réponse : Oui, s’il se repend de son péché ou de sa mécréance, Allah va accepter son repentir. Allah (سبحانه وتعالى) accepte le repentir de tous les mécréants, de tous les apostats, tous les égarés, etc. Allah (سبحانه وتعالى) dit : « Et je suis Grand Pardonneur à celui qui se repent, croit, fait bonne œuvre, puis se met sur le bon chemin. » (Sourate Ta-Ha, verset 82) Puis Il (تعالى) dit : « Dis : « Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux. » » (Sourate Az-Zoumar, verset 53)
Mais Il (عز وجل) dit aussi : « En vérité, ceux qui ne croient plus après avoir eu la foi, et laissent augmenter encore leur mécréance, leur repentir ne sera jamais accepté. Ceux-là sont vraiment les égarés. » (Sourate Ali ‘Imran, verset 90) Et Il dit également : « Et ceux qui parmi vous abjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie immédiate et la vie future. Voilà les gens du Feu : ils y demeureront éternellement. » (Sourate Al Baqara, verset 217)
Ainsi celui qui meure en état d’Islam, alors Allah acceptera son repentir.



Question 4 : Est-ce qu’il y a une différence entre le doute et el I3tiqade (la conviction) ?

Réponse : Il y a certes une différence entre le doute et la conviction. Dans la conviction il n’y a aucune hésitation, tandis que dans le doute est une hésitation.



Question 5 : Les ‘oulamas ont mentionné plus de 10 annulations de l’Islam, alors pourquoi le Cheykh Mohammed Ibn Abdel Wahhab n’en a-t-il mentionné que 10 ?

Réponse : Le cheykh Mohammed Ibn Abdel Wahhab a mentionné uniquement les annulations les plus importantes, mais cela ne signifie pas qu’il ait limité ces choses qui annulent l’Islam à 10.



Question 6 : Quelle est la différence entre le koufr et le shirk ?

Réponse : Le koufr est plus général que le shirk, car le kâfir (mécréant) peut être quelqu’un qui nie l’existence d’Allah, ou qui nie Ses attributs, ou qui ne croient qu’en la matière (ceux qui disent que les choses ne font que de se transformer et qu’il n’y a ni début, ni fin, etc). Mais en ce qui concerne le moushrik (associateur), il se peut qu’il croit en l’existence d’Allah, mais il associe dans la foi et dans l’adoration d’autres avec Allah (عز وجل).



Question 7 : Les ‘oulamas disent qu’il n’est pas permis de dire d’un individu, qui a fait un acte de koufr ou de shirk, qu’il est kâfir ou moushrik, excepté lorsqu’on trouve en lui toutes les conditions permettant d’appliquer sur lui ce jugement, que tous les empêchements ont été éliminés à son sujet, et qu’on ait établi la preuve contre lui. Est-ce exact ?

Réponse : Ceci est exact. En ce qui concerne l’établissement de la preuve, celle-ci est établie lorsque la personne a reçu le message du Coran et qu’elle est capable de le comprendre.



Question 8 : On entend aujourd’hui beaucoup de gens qui appellent à la laïcité, à différencier entre la religion et la politique, et d’autres choses de ce genre. Est-ce que ces gens sont des apostats ?

Réponse : Il n’y a pas de doute que ces gens, qui suivent ces voies modernes d’athéisme et de déviation, sont des apostats, comme la laïcité, el Haddathiya *, le nationalisme, le communisme, etc.

* el Haddathiya : Courant littéraire qui pensent qu’il ne doit pas y a voir de limite ou d’interdiction.



Question 9 : Est-ce que celui qui a insulté Allah ou commis un acte de koufr lors d’une grande colère, est-il considéré comme kâfir ?

Répondre : Si la colère d’une personne atteint le degré où elle perd la conscience, ou qu’elle ne sait plus ce qu’elle dit, alors cette personne a le statut du fou. Or le Prophète (صلى الله عليه و سلم) nous a informé que la personne folle n’est pas responsable de ses actes. Par contre, si la colère est une colère ordinaire qui n’atteint pas ce niveau, et que la personne reste consciente de ce qu’elle dit, alors tout ce qu’elle dit sera pris en compte. Si l’homme divorce sa femme, il sera pris pour compte, etc.



Question 10 : Est-ce que celui qui a dit une parole de koufr ou a commis un acte de koufr, mais qui s’est repenti tout de suite, doit faire le ghousl ?

Réponse : Non, il n’a pas à faire le ghousl s’il s’est repenti correctement. Mais pour le kâfir qui entre dans l’Islam (donc qui était à la base chrétien, juif, athée, etc.), certains savants pensent qu’il doit se laver. Cependant, la majorité disent que lorsqu’une personne se convertit à l’Islam, il n’est pas obligatoire de faire le ghousl, car beaucoup de personnes au temps du Prophète (صلى الله عليه و سلم) ne l’ont pas fait à leur conversion. Toutefois cela est préférable.
Certains savants ont dit que l’apostasie annule les ablutions, car les actes de l’apostat sont annulés même s’il se repentit. D’autres savants disent que les bonnes oeuvres de la personne reviennent après son repentir, et qu’elles ne sont donc pas complètement annulées.




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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Mar 26 Avr 2011 - 11:29

Cours n°8



Première annulation



Le sheikh Mouhammad ibnou 'Abdil Wahhâb a dit :

"Sache que les [œuvres] qui annulent l'islam sont au nombre de 10. La première est le polythéisme [ash-shirk] dans l'adoration d'Allah. Allah dit : "Certes Allah ne pardonne pas qu'on lui donne des associés. A part cela, Il pardonne à qui Il veut." [Sourate An-Nisa ; v.48]. Il dit également : "Quiconque associe à Allah (d'autres divinités), Allah lui interdit le paradis et son refuge sera le feu. Et pour les injustes, pas de secoureurs" [Sourate Al Ma'ida ; v.72]. Fait partie du polythéisme [dans l'adoration d'Allah] le fait de sacrifier un animal pour autre qu'Allah, comme le fait de sacrifier [une bête] pour un djinn ou pour une tombe"




Explication de Sheikh Al Fawzan :

Louange à Allah Seigneur des Monde, paix et salut sur Son Messager Mouhammad , ses compagnons et sur ceux qui l'ont suivi. Il est obligatoire pour le musulman de craindre pour sa religion plus que de craindre pour ses biens [de ce bas monde]. Il doit craindre pour sa religion les épreuves, les tentations, les doutes, les ambigüités et l'égarement. Le prophète a dit dans un hadith rapporté par l'imam Mouslim et At-Tirmidhi, selon Abou Hourayra :anhou: : "Il y aura toutes sortes d'épreuves et de tentations dans la oummah qui vont être comme des tranches d'obscurité de la nuit. L'homme se réveillera en étant croyant puis s'endormira mécréant ou se couchera croyant et se réveillera mécréant. Et il vendra sa religion pour une portion de cette dounia". Tant que le musulman est en vie, il est toujours sujet à toutes sortes d'épreuves et de tentations dans sa religion.

"L'homme se réveillera en étant croyant puis s'endormira mécréant ou se couchera croyant et se réveillera mécréant" : Cela montre à quel point les gens sont proches de la mécréance et qu'ils peuvent sortir de l'islam très facilement à cause des épreuves et des difficultés dans la religion.

"Tant que le musulman est en vie" : il y a toujours une possibilité d'égarement, de déviation ou d'apostasie. Il ne faut donc pas se croire protégé de l'égarement, de faire un acte de shirk ou un acte qui fasse sortir de l'islam.


Ceux qui adorent autres en dehors d'Allah (que cela soit des idoles, des prophètes, des saints, des hommes pieux, des tombes, des animaux, des pierres, des arbres, des anges, des djinn) sont des êtres humains qui ont une raison, des moyens de réfléchir et de comprendre. Malgré cela, ils tombent tout de même dans le shirk. Ils n'ont donc pas bien utilisé leur bon sens et leur raison. Ils n'ont pas compris l'égarement qu'est d'adorer autre qu'Allah .

Même le prophète Ibrahim , avait peur de commettre le shirk et invoquait Allah afin qu'Il le protège, lui ainsi que sa descendance, de l'adoration des idoles. Lorsqu'il a vu le grand nombre de ceux qui se sont égarés, qui ont été tentés et éprouvés par l'adoration d'autres qu'Allah, il eu peur pour lui-même et invoqua Allah de le raffermir sur la religion du tawhid pour qu'il ne s'égare pas car il est un être humain comme eux (ceux qui se sont égarés) et les êtres humains ne sont pas à l'abri de l'égarement. Et même le prophète Mouhammed :swas qui est l'homme le plus parfait et qui à le mieux complété son tawhid craignait pour lui-même et demandait à Allah, en disant : "Ô Toi qui fais tourner les cœurs raffermis mon cœur sur ta religion". 'Aisha dit au prophète : "Ô messager d'Allah, as-tu peur pour toi même ?" Il lui répondit : "Ô 'Aisha, qui va me protéger alors que les cœurs des serviteurs sont entre deux de Ses doigts et Il les tourne comme Il veut ?" [Rapporté par l'imam Ahmed et An-Nasâ'î, authentifié par sheikh el Albani]. C'est pour cela que les 2 khalil ont eut peur pour leur religion et ils se sont tournés vers Allah en demandant la guidance et de ne pas tomber dans l'égarement comme c'est le cas pour la majorité de la création. Et si tel est le cas pour les grands prophètes d'Allah, tous ceux qui sont à un niveau plus bas qu'eux doivent avoir encore plus peur de s'égarer et de tomber dans le shirk.

Le musulman doit avoir peur pour sa religion, il doit avoir peur des gens qui appellent au mal et à l'égarement et qui n'amènent que doute, ambigüité et fitna (dans les désirs, les passions ou dans la croyance). Lorsque le musulman a peur de tomber dans ces choses là, il prend toutes les précautions pour être épargné de l'égarement, et il fait tout ce qu'il peut pour s'écarter des causes qui mènent à la perdition. Il ne suffit pas de dire "j'ai peur", "je crains de m'égarer", il faut qu'il y ait avec cette parole une action qui protègera l'individu de la fitna. Pour connaitre toutes ces choses qui amènent au doute ou à la déviation, il faut avoir une bonne connaissance de l'islam. L'ignorant, tombe dans les choses qui annulent l'islam d'une personne alors qu'il ne sait même pas que ces choses font sortir de l'islam. Parfois, il va faire cela en suivant aveuglement des gens dont il a confiance sans retourner aux références et aux preuves. Concernant la personne qui a une bonne compréhension de la religion, sa connaissance lui sera bénéfique par la permission d'Allah et il va s'écarter de toute chose qui peut nuire ou annuler sa foi.

Il est donc très important de connaitre et d'apprendre les fondements de la religion et ce qui l'annule. L'être humain doit apprendre ce qui est bénéfique pour sa religion et en particulier ce qui est en rapport avec la croyance et ce qui s'oppose à cette croyance. Et plus la personne a de connaissance et plus sa crainte envers Allah sera grande. Houdhayfa ibnoul Yamen disait : "Tandis que tout le monde interrogeait l’Envoyé d’Allâh sur le bien, moi, je l’interrogeais sur le mal par crainte d’en être atteint". Il posait ces questions au prophète pour connaitre le mal et s'en écarter car il avait peur de tomber dans l'égarement, et cela fait partie de la bonne compréhension dans la religion.

Et il n'est pas possible de s'écarter d'une chose sans la connaitre, on ne peut s'écarter du koufr et du shirk que si on sait ce que sont le koufr et le shirk. Et on ne peut pas s'accrocher à la vérité si on ne sait pas ce qu'est la vérité. Ainsi par manque de connaissance, on va penser que ce qui est vrai est faux et inversement. Et on déclare seulement kafir celui dont Allah et Son messager ont déclaré kafir. En réalité, c'est parce que l'on craint pour les gens et pour nous-même. On prend les moyens nécessaires pour être sauvé et on avertit les gens en leur donnant le bon conseil. On apprend ces choses-là dans le but de clarifier aux gens ce qui est en rapport avec leur religion et on appelle les gens à Allah avec connaissance et compréhension pour nous sauver nous-même de l'égarement et pour qu'Allah ,par notre intermédiaire, épargne également [de l'égarement] d'autres de Ses serviteurs.

An-Nawaqid el islam sont les choses qui annulent l'islam. Il est possible que toute personne qui est entré en islam l'annule sans même qu'il ne le sache. Les choses qui annulent l'islam d'une personne sont très nombreuses, certains savants en ont dénombré jusqu'à 400. Parmi les plus importantes et les plus dangereuses, il y a 10 actes que le sheikh al islam Mouhammad ibnou 'Abdil Wahhab à mentionné [dans son livre] dans le but de donner le bon conseil à la oummah et par crainte qu'elle ne tombe dans ces choses-là et non pour déclarer les musulmans de kouffar comme les ennemis de cette da'wa le prétendent.


Première annulation : Ash-Shirk

Pour comprendre ce qu'est le shirk, il faut d'abord savoir ce que signifie l'adoration.

Définition générale :
Le terme 'ibada (adoration) en arabe vient de atta'aboud qui signifie s'humilier, se rabaisser volontairement pour se rapprochant d'Allah par ce qu'Il nous a révélé.
D’autres savants la définissent comme étant l'extrême de l'amour d'Allah avec l'extrême de l'humilité pour Allah.


Définition détaillé :
Sheikh Al Islam ibnou Taymiyya :rahimahoullah: l'a définie en disant que l'adoration est un mot qui comprend tout ce qu'Allah aime et agrée que ce soit des actions ou des paroles extérieures ou intérieures.

Actions : le hajj, la prière, le jeûne, la zakat
Paroles : le fait de dire "laa ilaha illa Llah", lire le Coran, faire du dhikr
Extérieure : action physique
Intérieure : la peur, la crainte en Allah

L'adoration est donc des actes du corps et du cœur qui nous rapproche d'Allah. Les adorations sont très nombreuses et sont toutes mentionnées dans le Coran et la sunnah.


Deux sortes d'adoration :

1- El 'ibada al qawliya :
Toutes les créatures sont des serviteurs d'Allah dans le sens où, que l'on soit un croyant ou un mécréant, nous sommes soumis à Allah. En effet Allah à créé notre corps et l'a soumis aux lois qu'Il a établies dans l'univers. On ne peut pas sortir du pouvoir et de la prédestination d'Allah. Dans cette forme d'adoration il n'y a aucun mérite car même le kâfir est soumis de manière involontaire à Allah dans son corps par les lois qu'Allah a établies. Allah dit : "Tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre se rendront auprès du Tout Miséricordieux, [sans exception], en serviteurs. ". (sourate Meriam, verset 93) Et Il a dit : "Désirent-ils une autre religion que celle d'Allah, alors que se soumet à Lui, bon gré, mal gré, tout ce qui existe dans les cieux et sur terre, et que c'est vers Lui qu'ils seront ramenés ? "(Sourate Ali 'Imran, verset 83)

2- El 'ibada sha'riya :
Adoration volontaire, la personne à choisi de se soumettre aux lois qu'Allah a révélées par l'intermédiaire de Ses messagers. Cette soumission est louable et glorifiable.
Celui qui adore Allah par autre que ce qu'Il a légiféré à ses serviteurs par la langue de Son messager , fait une innovation, cela ne fait pas parti de l'adoration et cet acte sera rejeté. Le prophète a dit : "Celui qui fait un acte qui ne fait pas partie de notre religion, sera rejeté." Il dit également : "Et prenez garde aux inventions dans la religion car toute invention dans la religion est une innovation. Tout innovation est égarement et tout égarement mène au feu."


Qu'est ce que le shirk dans l'adoration ?
Maintenant que l'on a compris ce qu'est l'adoration, on peut savoir ce qu'est le shirk dans l'adoration.

Le shirk dans l'adoration c'est d'accorder à autre qu'Allah une forme quelconque d'adoration.

Quiconque donc voue une adoration à autre qu'Allah devient un moushrik et son shirk est une forme de shirk majeur qui fait sortir de la religion.
Exemple : invoquer autre qu'Allah, sacrifier une bête pour autre qu'Allah, se prosterner pour autre qu'Allah, faire un vœu pour autre qu'Allah ...

Toutes les catégories d'adoration ne doivent être vouées qu’à Allah. Allah dit dans le Coran : "Je n'ai créé les djinn et les hommes que pour qu'ils M'adorent". (Sourate Adh-Dhariayat, verset 56) C’est-à-dire : "pour qu'ils M'unifient dans leur adoration". Ibnou 'Abbas :anhou: dit dans le tafsir d'Ibnou Kathir : "Lorsque vous lisez dans le Coran le mot 'ibada ou ya'boudoun, cela signifie : unifier Allah". Allah dit également : "Et adorez Allah et ne lui donnez aucun associé". (Sourate An-Nissa, verset 36)


Les conditions pour qu'une adoration soit acceptée :
Les actes d'adoration ne sont acceptés par Allah que s'ils remplissent 2 conditions :

1- El Ikhlass : La sincérité. Elle doit être accomplie uniquement pour Allah, elle doit être exempte de toute forme de shirk. Allah dit : « En effet, il t'a été révélé, ainsi qu'à ceux qui t'ont précédé : "Si tu donnes des associés à Allah, ton oeuvre sera certes vaine; et tu seras très certainement du nombre des perdants. » (sourate Az-Zoumar, verset 65) Et Il dit également : « Telle est la direction par laquelle Allah guide qui Il veut parmi Ses serviteurs. Mais s'ils avaient donné à Allah des associés, alors, tout ce qu'ils auraient fait eût certainement été vain. » (sourate Al An'am, verset 88)

2- El Moutaba'a : Le suivi du Prophète . Il doit être en accord avec la sunnah du prophète et n'avoir aucune forme d'innovation, car le prophète a dit : "Celui qui fait un acte qui ne fait pas partie de notre religion sera rejeté." Allah dit : « Dis : "Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : ne Lui associez rien ; et soyez bienfaisants envers vos père et mère. »(sourate Al An’am, verset 151) Ainsi que : « N'assigne point à Allah d'autre divinité ; sinon tu te trouveras méprisé et abandonné. » « N'assigne donc pas à Allah d'autre divinité, sinon tu seras jeté dans l'Enfer, blâmé et repoussé. »(sourate Al Isra, verset 22 et 39) Et encore : « Mais s'ils te désobéissent, dis-leur : "Moi, je désavoue ce que vous faites". » (sourate ashou’ara, verset 216)

il n'est donc pas permis de prendre un autre avec Allah dans l'adoration parce que l'adoration est un droit qui appartient à Allah seul et personne d'autre qu'Allah ne mérite ce droit.



Dernière édition par Oum Mouqbil le Jeu 26 Mai 2011 - 17:01, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Mar 26 Avr 2011 - 16:42

Cours n°9





Quelques erreurs dans la compréhension de ce qu’est le Shirk :

Limiter le shirk à l’adoration des idoles :

Il y a des gens qui interprètent le shirk comme étant l’adoration des idoles seulement. Ainsi, ils adorent des prophètes, des hommes pieux, ou des tombes (après leur mort) sur lesquelles on a construit des mausolées, etc. Et ces gens pensent que cela ne fait partie du shirk car cela n’a pas la forme d’une statue ou d’une idole, et ils appellent cela « at-tawassoul ».

En réalité, cette appellation n’est qu’une tromperie pour les gens. L’adoration des idoles n’est qu’une catégorie parmi les différentes formes de shirk qui sont très nombreuses. Invoquer autre qu’Allah (عز وجل) lorsqu’on a besoin de quelque chose, est une autre forme de shirk, peu importe que la chose invoquée soit une idole ou autre. A l’époque du Prophète (صلى الله عليه و سلم), les moushrikoun avaient toute sorte de chose, d’objet ou de personne qu’ils adoraient en dehors d’Allah. Ils ne se sont pas limités à l’adoration des idoles. Parmi eux et même avant eux, il y en avait qui adoraient les idoles, d’autres qui adoraient le soleil, d’autres qui adoraient les diables, d’autres qui adoraient les anges, d’autres qui adoraient les arbres et les pierres, d’autres qui adoraient le Messi ‘Issa (عليه السلم), etc…


Limiter le shirk au shirk ar-rouboubiyah :

Certains disent que le shirk c’est de croire que quelqu’un peut créer avec Allah (سبحانه وتعالى) ou que quelqu’un peut donner la subsistance ou contrôler l’univers avec Allah (سبحانه وتعالى). Ainsi, selon eux, la personne qui croit que seul Allah peut créer, donner la subsistance, etc., est protégée du shirk et qu’elle a appliqué le Tawhid.
Or ceci est ce que disaient les moushrikin à l’époque du Prophète (صلى الله عليه و سلم). En effet, ils reconnaissaient parfaitement le Tawhid ar-rouboubiya, Allah a dit : « Si jamais tu leur demandes qui a créé les Cieux et la Terre, ils répondront sûrement : « C’est Allah !» » (Sourate Luqman, verset 25) Mais malgré cela, ils adoraient des idoles pour qu’elles soient leurs intermédiaires auprès d’Allah.
Parmi les gens qui ont cette croyance, il y a les acha’ira. Lorsqu’ils interprètent le sens de « Lâ ilaha illa-Llah » ils disent : « Il n’y a de dieu qu’Allah. » ou bien « Il n’y a de créateur qu’Allah. » Or le véritable sens de « Lâ ilaha illa-Llah » est : « Il n’y a de divinité digne d’être adorée qu’Allah. » Car ‘el Ilah’, c’est ce qui est adoré (divinité) et la réalité c’est qu’il y a beaucoup de choses qui sont adorées en dehors d’Allah, mais seul Lui mérite cette adoration. C’est pourquoi Allah (تعالى) dit : « Ils adorent en dehors d’Allah ce qui ne peut ni leur nuire ni leur profiter et disent : « Ceux-ci sont nos intercesseurs auprès d’Allah. » » (Sourate Younous, verset 18)


Limiter le shirk au shirk Al hakimiya :

Al Hakimiya c’est de croire que le jugement et la législation n’appartiennent qu’à Allah (سبحانه وتعالى). C’est-à-dire que c’est uniquement Allah qui a décidé de ce qui était halal ou haram, que tout ce qui est dans le Coran et la sounnah est la législation divine et nous devons juger selon ces lois.
Certains ont donc parlé de Tawhid al Hakimiya et de shirk al Hakimiya, en se limitant pratiquement qu’à cela. Encore une fois, ceci n’est qu’une des catégories du shirk, et le fait de limiter le shirk à une seule de ses catégories, c’est une forme d’égarement et une grande erreur.
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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Mer 25 Mai 2011 - 20:16

Cours n°10




Toutes ces mauvaises compréhensions du shirk nous permettent de réaliser l'importance de connaître ce qu'est le shirk. Lorsqu'on observe la façon dont Allah (عز وجل) décrit ce qu'est le shirk, on comprend bien que c'est d'adorer autre qu'Allah.

Allah (تعالى) dit : « Et ils adorent en dehors d'Allah ce qui ne peut ni leur nuire ni leur profiter et ils disent : « Ceux-là sont nos intercesseurs auprès d'Allah. » » (Sourate Younous, verset 18) Il (تعالى) dit également : « Dis : « Invoquez ceux qu'en dehors d'Allah vous prétendez [être des divinités]. Ils ne possèdent même pas le poids d'un atome, ni dans les cieux ni sur la terre. Ils n'ont jamais été associés à leur création et Il n'a personne parmi eux pour Le soutenir ». » (Sourate Sabah, verset 22) Ces versets correspondent au shirk dans l’invocation.
Et concernant le shirk dans le sacrifice pour autre qu'Allah, Allah (تعالى) dit : « Accomplis la Salat pour ton Seigneur et sacrifie. » (Sourate Kawthar, verset 2) Et Il (تعالى) dit également : « Dis : « En vérité, ma Ṣalāt, mon sacrifice, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l’Univers. * A Lui nul associé ! Et voilà ce qu’il m’a été ordonné, et je suis le premier à me soumettre. » (Sourate Al An’am, verset 162 – 163)

Ainsi, le fait de sacrifier ou de faire la prière pour autre qu’Allah représente une des catégories du shirk. Or il faut savoir que le shirk est de plusieurs catégories.


Le shirk se divise en 2 catégories :

1- Le shirk majeur :

C'est de vouer à autre qu'Allah une forme d'adoration. Le shirk est une chose vile, et ceux pour plusieurs raisons :

1- Il fait sortir son auteur de la religion.

2- Le paradis est interdit pour celui qui le commet et sa destination finale est l'Enfer et point de secours pour les injustes.

3- C'est le seul péché qu'Allah (سبحانه وتعالى) ne pardonne pas et ne pardonnera jamais pour celui qui meurt moushrik. Allah (تعالى) dit : « Certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne quelqu’associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. » (Sourate An-Nissa, verset 48)
C’est-à-dire que le musulman qui commet toute sorte de péchés qui sont moins graves que le shirk, comme le vol, az-zina, la consommation d’alcool, etc., celui-là sera sous la volonté d’Allah. Soit Il lui pardonne, soit Il ne lui pardonne pas. Quant au shirk, si son auteur meurt ainsi, Allah ne lui pardonnera jamais.

4- Celui qui le commet, toutes ces actions sont vaines. En effet, le shirk annule les bonnes actions et le tawhid d'une personne de la même manière que l’impureté annule l'état de pureté. Allah (سبحانه وتعالى) dit : « En effet, il t’a été révélé, ainsi qu’à ceux qui t’ont précédé : « Si tu donnes des associés à Allah, ton œuvre sera certes vaine ; et tu seras très certainement du nombre des perdants. * Tout au contraire, adore Allah seul et sois du nombre des reconnaissants ». » (Sourate Az Zoumar, verset 65-66).
Les actions d'une personne qui commet le shirk n'ont aucune valeur tant qu'il ne se repent pas. Et s'il meurt sur le shirk, il sera éternellement en Enfer. Selon 'Abdoullah Ibnou Mas'oud (رضي الله عنه), le prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Celui qui meurt alors qu'il invoque des égaux avec Allah, il entrera en enfer. » (rapporté par Al Boukhari et Mouslim)
Et 'Abdoullah Ibnou Mas'oud (رضي الله عنه) dit : « Et moi je dis, celui qui meurt alors qu'il n'associait rien avec Allah, entrera au paradis. »

5- Le sang et les biens du moushrik sont hallal, cela signifie que l'on doit lutter et faire le djihad contre lui. Le prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit dans un hadith authentique, selon Abou Hourayra (رضي الله عنه) : « Il m'a été ordonné de combattre les hommes jusqu'à ce qu'ils témoignent qu'il n'est d'autre divinité qu'Allah, et que Mohammed est Son Envoyé, qu'ils accomplissent la prière rituelle, qu'ils acquittent la Zakâa. S'ils exécutent ces choses, ils seront, à mon égard, garantis quant à leurs personnes et à leurs biens, à moins qu'ils ne transgressent (ouvertement) la loi de l'Islam, et Allah les jugera en dernier ressort. » (rapporté par Al Boukhari et Mouslim)


Parmi les plus grandes formes de shirk, il y a par exemple :
- faire des dou’as pour autre qu’Allah
- sacrifier pour autre qu’Allah
- se prosterner pour autre qu’Allah
- s’incliner pour autre qu’Allah
- faire des serments par autre qu’Allah



2- Le shirk mineur :

C’est tout acte qui a été mentionné dans le Coran et dans la sounnah comme étant appelé shirk, mais dont on trouve d’autres textes de la chari’a indiquant qu’il ne fait pas sortir de la religion. C’est pour cela que les ‘oulamas disent qu’il faut ramener tous les textes d’un même sujet pour pouvoir juger de la catégorie de shirk, et ne pas se contenter de texte individuellement.
Il y a également une autre définition du shirk mineur qui est : Tout acte haram qui peut amener son auteur au shirk majeur.

Le shirk mineur se divise en 2 parties :

a- Le shirk dans les paroles :

Par exemple :
- Le fait de jurer par autre qu’Allah (سبحانه وتعالى). ‘Abdallahou Ibnou ‘Oumar (رضي الله عنه) rapporte que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Celui qui jure par autre qu’Allah a fait un koufr (ou un shirk) » (rapporté par Ahmed, At-Tirmidhi, Abou Dawoud et Al Hakim)

- Le fait de dire des paroles telles que : « Si ce n’était Allah et toi. » ou « Si Allah le veut et si tu le veut. » Ce sont des formes de shirk mineur car le personne est mise au même degré qu’Allah (سبحانه وتعالى). Donc il faut dit : « Si Allah le veut puis toi. »
An-Nassâ’î a rapporté aussi d’après Ibn ‘Abbas (رضي الله عنه) qu’un homme a dit au Prophète (صلى الله عليه و سلم) : « C’est selon la volonté d’Allah et ta volonté. » Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) dit alors : « Me considérerais-tu égal à Allah ? ! C’est selon la volonté d’Allah Seul. »


b- Le shirk caché (dans le cœur) :

Par exemple :
- L’ostentation, et elle est de 2 catégories :
1 - L’ostentation de l’hypocrite : Elle consiste à manifester son appartenance à l’Islam, tout en intériorisant sa mécréance, en raison du regard des gens. C’est donc une forme de mécréance majeur.
2 - L’ostentation du musulman : Elle consiste à accomplir des actes d’adoration pour Allah (تعالى) mais d’une façon ostentatoire. Ceci est une forme de shirk caché qui annule les actes.
Abû Sa’îd (رضي الله عنه) rapporte que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Voulez-vous que je vous informe d’une chose que je crains plus pour vous que le faux messie ? » Les compagnons répondirent : « Bien sûr, Ô Prophète d’Allah ! » Il dit : « Il s’agit du polythéisme caché. C’est quand l’homme se lève pour prier, puis embellit sa prière car il sait qu’on l’observe. » (Rapporté par Ahmad)
Donc lorsque le musulman ressent cette ostentation, car cela peut arriver à n’importe qui, il doit faire son possible pour la repousser et revenir à la sincérité. En effet, les œuvres ostentatoires d’une personne sont rejetées. Ainsi, si l’ostentation apparaît dès le début de l’adoration, alors celle-ci est annulée, et l’individu est coupable de péché et de polythéisme caché ou mineur. En revanche, si l’adoration était à l’origine destinée à Allah, mais que l’ostentation s’y est introduite par la suite, engendrant des ajouts (comme l’allongement de la durée de l’inclinaison dans la prière), alors cette quantité ajoutée est nulle, et la personne a commis un péché pour cela.

- Le fait que l’homme fasse une bonne action dans le but d’obtenir un profit ici-bas, non pas pour la récompense dans l’au-delà.
Allah a dit : « Ceux qui veulent la vie présente avec sa parure, Nous les rétribuerons exactement selon leurs actions sur terre, sans que rien leur en soit diminué. * Ceux-là qui n’ont rien, dans l’au-delà, que le Feu. Ce qu’ils auront fait ici-bas sera un échec, et sera vain ce qu’ils auront œuvré. » (Sourate Houd, verset 15 et 16)
Entre dans ce cas de figure celui qui étudie l’Islam dans le but de devenir Imam et d’avoir un salaire en conséquence, etc. Par contre, celui qui étudie des choses de la douniya dans le but de gagner sa vie, cela est permis.
Abû Hurayrah (رضي الله عنه) rapporte que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Que soit damné, l’esclave de l’or ! Que soit damné, l’esclave de l’argent ! Que soit damné, l’esclave de la Khamîsha (il s’agit d’un habit somptueux) ! Que soit damné, l’esclave de la Khamîlah (il s’agit d’un divan confortable) ! Si on lui donne, il est satisfait. Sinon, il s’indigne.. » (Rapporté par Al-Bukhârî)



Les différences entre le shirk mineur et majeur :

- Le shirk majeur fait sortir de l’Islam, tandis que le shirk mineur ne fait pas sortir de l’Islam.
- Le shirk majeur annule toutes les bonnes œuvres. Alors que le shirk mineur détruit uniquement les actions commises contenant de l’ostentation et non toute.
- Le shirk majeur rend le sang et les biens hallals, contrairement au shirk mineur, car ce dernier ne fait pas sortir de l’Islam.
- Le shirk majeur n’est pas pardonné par Allah. Or dans le verset, Allah n’a pas précisé s’il s’agissait du shirk mineur ou majeur. Et les savants ont divergé sur cette question. Certains ont dit que le verset est général et donc comprend les 2 catégories de shirk. Et d’autres disent qu’il y a tout de même une différence entre les deux car le shirk mineur ne fait pas rester son auteur éternellement en Enfer.

Toutefois, les 2 catégories de shirk sont un danger. Les péchés qu’Allah a nommé comme étant shirk sont plus dangereux que tout autre péché. ‘Abdoullah Ibnou Mas’oud (رضي الله عنه) a dit : « Je préfère jurer par Allah en mentant, plutôt que de jurer par autre qu’Allah en étant véridique. » ceci pour montrer que le shirk, même mineur, est pire que le péché du mensonge.
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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Mer 25 Mai 2011 - 20:17

Cours n°11





Réfutation des Shoubouhates des Moushrikines qui adorent les tombes et invoquent les Awliyas

Il y a beaucoup de shoubouhates que les gens essaient de lancer sur ceux qui pratiquent le Tawhid afin de justifier l’adoration des tombes et des hommes pieux.


1 – Dire que le shirk c’est uniquement l’adoration des idoles :

Parmi ces shoubouhates, il y a ce que nous avons vu au cours n°9, qui est de dire que le shirk c’est uniquement l’adoration des idoles, que l’adoration des hommes pieux ou autre ne fait pas partie du shirk mais du tawassoul. Pour se justifier, ils mentionnent le verset suivant : « Ô les croyants ! Craignez Allah, cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui et luttez pour Sa cause. » (Sourate Al Ma-idah, verset 35)
En réalité, « cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui » signifie : chercher le moyen d’acquérir ou d’arriver à Son agrément en faisant des actes d’adoration pour Allah (سبحانه وتعالى). Et cela ne signifie pas : chercher le moyen en passant par un saint ou un waly pour se rapprocher d’Allah, ceci est une fausse interprétation.

La réponse à cette choubouha, c’est que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a combattu tous les moushrikines, et il (صلى الله عليه و سلم) n’a pas fait de distinction entre eux. Allah (تعالى) a dit : « Ils adorent en dehors d’Allah ce qui ne peut ni leur nuire ni leur profiter et disent : « Ceux-ci sont nos intercesseurs auprès d’Allah. » » (Sourate Younous, verset 18)

Dans ses livres « kachf ach-choubouhat » et « qawa’id el arba’a » le cheykh Mouhammed Ibn ‘Abdel Wahhab dit que lorsque le Prophète (صلى الله عليه و سلم) est venu, il a trouvé les gens pratiquant différentes formes d’adoration, certains d’entre eux adoraient une idole, d’autres adoraient une tombe, d’autres encore adoraient des arbres, des pierres, des hommes vertueux, des djinns, des anges, des prophètes… Et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) les a tous combattus.


2 – Dire que l’adoration des awliya n’est en fait qu’une demande d’intercession :

Parmi les shoubouhates des gens qui adorent les tombes (soufiya, chi’ya et d’autres), il y a aussi le fait de dire : « Nous n’adorons pas les awliyas et les salihin pour qu’ils puissent nous profiter ou nous nuire. Mais nous les adorons pour qu’ils puissent intercéder pour nous auprès d’Allah. » Ainsi, ils essaient de se rapprocher des awliya en sacrifiant, en faisant des vœux et en cherchant secours auprès d’eux dans le seul but qu’ils intercèdent en leur faveur. Et ils se distinguent des moushrikines à l’époque du Prophète (صلى الله عليه و سلم) qui, eux, pensaient réellement que ce qu’ils adoraient pouvait leur profiter ou leur nuire.

La réponse à cette choubouha c’est que même les premiers moushrikines ne croyaient pas cela, et Allah (سبحانه وتعالى) le dit clairement dans le verset 18 de la Sourate Younous (déjà cité précédemment). Il n’y a donc aucune différence entre ceux qui adoraient les idoles, et ceux qui adorent les tombes aujourd’hui, chacun des deux cherchent l’intercession. Or, il existe bien une intercession en Islam, mais ce n’est pas de cette façon qu’on peut l’acquérir.


3 – Le fait de dire « Lâ ilaha illa-Llah » justifie l’adoration des tombes :

Parmi leur shoubouhates encore, ils disent que les 1er moushrikines à l’époque du Prophète (صلى الله عليه و سلم) ne disaient pas « Lâ ilaha illa-Llah », alors qu’eux le disent, et cela les rend différents.

La réponse à cela est que celui qui dit « Lâ ilaha illa-Llah », mais qui fait le contraire de ce que cela signifie, cette parole ne lui profite en rien. En effet, la signification de « Lâ ilaha illa-Llah » c’est : « lâ ma’bouda bihaqqin illa Allah (لا مَعْبُودَ بِحَقٍّ إلا اللهُ) ». « Rien ne mérite d’être adoré, excepté Allah. »
Ainsi, les moushrikines parmi les Qouraych connaissaient mieux la signification de « Lâ ilaha illa-Llah » que ceux d’aujourd’hui, qui se disent musulmans et qui adorent les tombes. Car lorsque le Prophète (صلى الله عليه و سلم) est venu à eux pour qu’ils disent « Lâ ilaha illa-Llah », ils refusèrent en disant : « A-t-il fait de toutes nos divinités, une seule divinité ? » Ils avaient donc compris que celui qui prononce cette parole se doit d’arrêter d’adorer autre qu’Allah. Quant aux adorateurs des tombes, ils n’ont pas compris ce que signifie « Lâ ilaha illa-Llah », ceci à cause de l’ignorance et des passions.


4 – L’invocation des hommes pieux n’est pas comparable à l’adoration des choses inertes :

Parmi leur shoubouhates, ils disent que les premiers moushrikines adoraient les arbres, les pierres, les statues, et autres choses inertes. Tandis qu’eux invoquent les hommes pieux et font « at-tawassoul ». Pour eux, on ne peut comparer l’adoration d’hommes pieux, qui ont un haut degré auprès d’Allah, avec l’adoration de choses inertes. Cette choubouha est proche de la première car ils ont également utilisé le verset 35 de Sourate Al Ma-idah. Ils ont interprété faussement le terme « el wassila » en disant que c’est de prendre un intermédiaire, parmi les hommes pieux, entre soi et Allah.

La réponse à cette shoubouha est que dans le Coran, le terme « wassila » signifie l’obéissance et l’adoration. Car le seul moyen (wassila) qui existe pour se rapprocher d’Allah est de faire ce qu’Il nous ordonne et de L’adorer. Et il n’y a rien dans le Coran et la sounnah qui supporte l’interprétation qu’el wassila désigne l’intermédiaire, cette interprétation est fausse.


5 – L’excuse de l’ignorance :

Il y a toute sorte de shoubouhates mais elles sont toutes nulles et sans valeur. Toutefois, il y a des gens qui essaient de se baser et de supporter ces shoubouhates, et d’autres qui essaient de donner des excuses à ceux qui pratiquent ce genre de shirk. Certains prétendent, que ces gens sont excusés par leur ignorance.

Or comment peut-on prétendre qu’ils sont ignorants alors qu’ils lisent le Coran où est écrit l’interdiction du shirk et l’interdiction de prendre des intermédiaires dans l’adoration ? Le cheykh Al Fawzan est d’avis que quiconque lit ou entend le Coran, et comprend sa signification (c-à-d qu’il comprend la langue arabe), la preuve a été établie contre lui. La preuve de cela est la parole d’Allah qui dit : « Et ce Coran m’a été révélé pour que je vous avertisse, par sa voie, vous et tous ceux qu’il atteindra. » (Sourate Al An’am, verset 19) Quant à celui qui n’est pas arabe et ne comprend pas cette langue, on doit lui traduire la signification.

La plupart des gens qui adorent les tombes dans les pays arabes, parlent la langue dans laquelle le Coran a été révélé. Comment peut-on dire qu’ils sont ignorants ? Et jusqu’à quand va-t-on dire qu’ils sont ignorants ? En effet après la venue du Prophète (صلى الله عليه و سلم) et après la révélation du Coran, il n’y a plus de Jahiliya générale.

[…]



Qu’est-ce que la da’wa (appel à l’Islam) ?

C’est d’appeler les gens à l’Islam en commençant par la base, qui est de corriger les croyances des gens, car c’est par quoi tous les messagers d’Allah (تعالى) ont commencé. En effet, c’est totalement illogique d’appeler les gens en premier lieu à recommander le bien et interdire le mal, alors que ces gens pratiquent le shirk. Si une personne abandonne az-zina, abandonne l’alcool, abandonne le riba ou tout autre interdiction d’Allah, excepté le fait qu’il soit moushrik, cela n’a aucun intérêt pour elle-même si elle prie et donne en sadaqa toute sa richesse. Par opposition, celui qui a une bonne ‘aquida en ne commettant aucun shirk, même s’il a fait des actes faisant partie des grands péchés, il a toujours l’espoir d’être pardonné par Allah (تعالى).
Aujourd’hui on peut observer tous les efforts fournis pour la da’wa, et le nombre de personne qui y sont investies. Cependant, malgré cela, les tombes n’ont pas été modifiées et elles sont toujours adorées, voire pire ce phénomène a même augmenté. Il est donc important de commencer par la croyance des gens puis de bâtir dessus. Car la croyance c’est la fondation, et sans fondation le bâtiment s’effondre. Allah (عز وجل) a dit : « Lequel est plus méritant ? Est-ce celui qui a fondé son édifice sur la piété et l’agrément d’Allah, ou bien celui qui a placé les assises de sa construction sur le bord d’une falaise croulante et qui croula avec lui dans le feu de l’Enfer ? Et Allah ne guide pas les gens injustes. » (Sourate At-Tawba, verset 109)



Questions/réponses au sujet de ce qui annule l’Islam :

Question 1 : Lorsqu’on recherche la baraka (bénédiction) d’une chose, quand cela est-il du shirk et quand n’en est-il pas ?

Réponse : Si la personne croit que la baraka vient d’autre qu’Allah (سبحانه وتعالى), comme celui qui cherche la baraka auprès d’un arbre ou d’une pierre en pensant que c’est ce dernier qui donne la baraka, dans ce cas c’est une forme de shirk majeur. Par contre si cette personne ne croit pas que cette chose donne la baraka, mais croit que c’est une cause pour l’obtenir, alors dans ce cas il s’agit de shirk mineur. En effet, pour affirmer qu’une chose est la source d’une baraka il faut avoir une preuve du Coran et de la sounnah.


Question 2 : Si quelqu’un sacrifie une bête près de la tombe d’un homme en espérant recevoir la baraka sur l’animal sacrifié, est-ce une forme de shirk majeur ou mineur ?

Réponse : Si cet homme a sacrifié l’animal pour le mort ou pour la tombe, c’est une forme de shirk majeur. Par contre, s’il l’a fait pour Allah, mais qu’il pense que le sacrifice en cet endroit précis lui donne un mérite spécifique, alors c’est une forme de shirk mineur. Et ce shirk mineur est un des moyens qui peut amené une personne à tomber dans le shirk majeur. En effet, si une personne voit cet homme agir ainsi, elle ne sait pas s’il fait cela pour Allah ou pour le mort, puis il se peut qu’elle agisse pareillement.


Question 3 : Quelqu’un a invoqué autre qu’Allah, et je lui ai informé que cette action est du shirk. Mais il n’a pas répondu à mon appel. Dois-je dire qu’il est sur le shirk ou faut-il absolument que ce soit un savant qui le déclare moushrik ?

Réponse : On ne peut pas le juger, sauf si on a entendu sa parole ou qu’on ait vérifié comme il le faut son état (c-à-d sa raison, etc). Il faut absolument retourner aux savants et les informer afin qu’ils prennent les mesures nécessaires.


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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Mer 25 Mai 2011 - 20:17

Cours n°12



Deuxième annulation



Le sheikh Mouhammad ibnou 'Abdil Wahhâb a dit :

"La deuxième [annulation] : Celui qui met des intermédiaires entre lui et Allah qu’il invoque, leur demande l’intercession, et en qui il place sa confiance, devient par cela mécréant selon l’unanimité."





Explication de Sheikh Al Fawzan :



Deuxième annulation : Prendre des intermédiaires entre nous et Allah

Les intermédiaires :

Il est utile d’entrer dans les détails au sujet des intermédiaires pris parmi les créatures. Et cheykh Al Islam Ibn Taymiyya a mentionné ces détails dans son ouvrage « Majmou’ el fatawa », volume 1 p. 121 à 123, il dit :

Celui qui dit qu’il doit y avoir un intermédiaire entre Allah et sa création, il faut lui demander : « Que veux-tu dire par intermédiaire ? » Ceci, car il existe un type d’intermédiaire, celui qui l’affirme est un kâfir, et un autre type d’intermédiaire, celui qui le nie est un kâfir.

1- L’intermédiaire qu’il faut obligatoirement affirmer :
C’est l’intermédiaire dans la transmission et la révélation du message. Celui qui nie cet intermédiaire a rejeté la foi, car il faut qu’il y ait des anges, des prophètes et messagers pour recevoir et transmettre la révélation. Parmi ceux qui ont mécru en cela il y a les soufis qui prétendent recevoir la révélation d’Allah directement sur eux.

2- L’intermédiaire qu’il faut obligatoirement nier :
C’est le fait de prendre un intermédiaire entre soi et Allah dans l’adoration. En Islam, tout acte d’adoration doit être demandé directement à Allah, il n’y a pas besoin d’intermédiaire. Par exemple chez les chrétiens, lorsqu’ils souhaitent se faire pardonner un péché, ils doivent se confesser auprès d’un prêtre qui accepte leur pardon. Celui qui affirme cet intermédiaire a rejeté la foi.



Les différentes façons de prendre un intermédiaire :

1 – Prendre des intermédiaires en les adorant :

Certaines personnes vouent toutes sortes d’acte d’adoration à autre qu’Allah, comme le faite d’invoquer, de demander la protection ou le secoure, ou même en égorgeant un animal. Ils pensent se rapprocher d’Allah par ces actes.
Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Invoquez-Moi, Je vous répondrai. » (Sourate Ghâfir, verset 60)
Allah (تعالى) ne dit pas : « Invoquez-Moi par l’intermédiaire d’untel », et ne dit pas non plus : « Prenez untel comme intermédiaire. », mais Il dit plutôt : « Invoquez-Moi. »
Ainsi, celui qui accorde une forme quelconque d’adoration à un intermédiaire pour se rapprocher d’Allah, il agit comme les moushrikines à l’époque du Prophète (صلى الله عليه و سلم), au sujet desquels Allah (تعالى) a dit : « Ils adorent en dehors d’Allah ce qui ne peut ni leur nuire ni leur profiter et disent : « Ceux-ci sont nos intercesseurs auprès d’Allah. » » (Sourate Younous, verset 18) Et Allah a appelé ce qu’ils font ‘ibada (adoration), car Il (سبحانه وتعالى) a commencé le verset par « wa ya’boudou » (ils adorent)
Puis Allah complète le verset en disant : « Dis : « Informerez-vous Allah de ce qu’Il ne connaît pas dans les cieux et sur la terre ? » Pureté à Lui, Il est Très élevé au-dessus de ce qu’ils Lui associent ! »

Et Allah (عز وجل) a dit : « Tandis que ceux qui prennent des protecteurs en dehors de Lui (disent) : « Nous ne les adorons que pour qu’ils nous rapprochent davantage d’Allah ». En vérité, Allah jugera parmi eux sur ce en quoi ils divergent. Allah ne guide pas celui qui est menteur et grand mécréant. » (Sourate Az-Zoumar, verset 3)
Encore une fois, Allah a appelé ce qu’ils font un mensonge et un koufr, ce qui montre que ces formes de shirk et de koufr existaient déjà au temps du Prophète (صلى الله عليه و سلم).


Dernière édition par Oum Mouqbil le Jeu 26 Mai 2011 - 17:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Mer 25 Mai 2011 - 20:18

Cours n°13





2 – Prendre des intermédiaires sans les adorer :

Il existe des gens qui mettent entre eux et Allah des intermédiaires sans pour autant les adorer, c’est-à-dire qu’ils ne leur offrent pas d’actes d’adoration. Ils pensent donc que ces intermédiaires ne sont que des causes qui les aident à se rapprocher d’Allah (تعالى) en raison de leur statut et de leur niveau auprès d’Allah. Ils font leur demande à Allah par le degré de telle ou telle personne, comme exemple, ils disent : « Ô Allah, je te demande par Ton prophète… ». Ceci n’est pas du shirk et ne fait pas sortir la personne de l’Islam, mais il s’agit tout de même d’un acte contraire à la sounnah, donc une bida’a. Cela peut mener la personne, à long terme, à commettre le shirk.
Allah ne nous a pas ordonné de prendre ce genre d’intermédiaire entre nous et Lui, mais Il nous a ordonné de l’invoquer directement.


Il faut donc distinguer ces 2 façons de prendre les intermédiaires, car l’une est shirk et l’autre est bida’a. Cependant, la plupart du temps les gens ne se limitent pas qu’à invoquer par l’intermédiaire de quelqu’un, mais ils font toutes sortes d’adoration, et ceci depuis la construction des mosquées sur les tombes. Or le Prophète (صلى الله عليه و سلم) avait prévenu les musulmans que de construire sur les tombes est interdit.
Selon Joundoub Ibnou ‘Abdillah (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Parmi ceux qui étaient là avant vous (les juifs et les chrétiens), il y en a qui ont pris les tombes de leur prophète et de leurs hommes pieux comme lieu de prière et lieu d’adoration. Je vous avertis de ne pas prendre les tombes comme des lieux d’adoration car je vous l’interdis. » (rapporté par Mouslim)
Malgré cette interdiction claire du Prophète (صلى الله عليه و سلم), il y a des groupes de musulmans qui ont fait le contraire de ce qu’il a interdit. Les premiers à avoir fait cela sont des Chi3a (chiites) d’une secte appelée Al Batiniya. Puis parmi les musulmans sounnites, les soufiyyah ont pris cette forme de shirk et l’ont répandu dans tous les pays musulmans. Et ces gens ont de faux arguments, des ambiguïtés, pour faire croire que ce qu’ils font est juste.


Réfutation de quelques Shoubouhaates répandues par les Soufiyyah au sujet des intermédiaires :

1ère shoubouha :

Nous avions déjà vu (cf cours n°11) comment ils interprétaient faussement le terme « Wassila » en disant que c’est le fait de prendre un intermédiaire, alors qu’il s’agit de tous les moyens permettant de se rapprocher d’Allah.
Ils utilisent le verset 57 de la sourate Al Isra pour justifier leurs actes, alors que ce verset est, au contraire, une réfutation à leur shoubouha. Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Ceux qu’ils invoquent, cherchent eux-mêmes, à qui mieux, le moyen de se rapprocher le plus de leur Seigneur. Ils espèrent Sa miséricorde et craignent Son châtiment. » (Sourate Al Isra, verset 57) Ce verset signifie donc qu’il n’y a aucun bénéfice à invoquer des anges, des prophètes ou hommes pieux, puisque ce sont des serviteurs comme nous. En effet, ils cherchent eux-mêmes le moyen de se rapprocher de leur Seigneur et donc ils ne possèdent aucun pouvoir dans la création. Comment pourraient-ils donc nous aider alors qu’eux-mêmes ont besoin d’aide ? […] Il y a une autre explication à ce verset. A l’époque, des gens adoraient les djinns et leur vouaient beaucoup d’adoration. Puis, par la suite ces djinns se sont convertis à l’Islam, mais les humains ne l’ont pas su et ont continué à les adorer. C’est pourquoi ce verset dit que ceux qu’ils invoquent, c’est-à-dire les djinns, cherchent eux-mêmes, le moyen de se rapprocher le plus de leur Seigneur, étant donné qu’ils sont devenus musulmans.
Ce sont les deux tafsir (explications) acceptés concernant el wassila.


2ème shoubouha :

Ils disent qu’ils prennent des intercesseurs entre eux et Allah (سبحانه وتعالى) pour glorifier ou honorer Allah. C’est-à-dire, qu’ils disent qu’Allah est grand, qu’on lui doit un respect, c’est pourquoi on ne peut pas aller vers lui directement, de même qu’on ne peut s’adresser directement au roi ou gouverneur d’un pays. Cette shoubouha est réfutable en 5 points :
1 – Ces gens ont fait une analogie entre Allah et Sa création (entre Allah et les rois de ce monde). Or, c’est une erreur et cela ne fait pas partie de l’honneur et du respect que l’on doit à Allah (سبحانه وتعالى). C’est plutôt l’inverse, cette façon d’agir est un rabaissement et une insulte pour Allah, car on le compare à Sa créature.
2 – Faire l’analogie entre Allah (عز وجل) et Sa création, c’est une insulte envers Lui. En effet, Allah est Celui qui connaît tout et qui n’a besoin de personne.
3 – Les rois dans ce monde ont besoin d’accepter l’intercession des intercesseurs, car ils ont besoin d’aide de la part de leurs ministres, de leurs députés, de leurs conseillers, etc. Il se peut qu’ils soient obligés d’accepter leur intercession même si au fond d’eux ils ne le souhaitent pas. Ceci montre l’erreur de cet argument car Allah (تعالى) n’a besoin de personne.
4 – Pour montrer de nouveau la fausseté de cette analogie, c’est que la plupart du temps, les dirigeants de ce monde ne souhaitent pas le bien pour les gens et lorsqu’ils donnent quelque chose, c’est uniquement par obligation. Par contre, Allah, Lui, est généreux, rien ne peut Le forcer à faire ce qu’Il ne veut pas, et Il aime faire le bien pour ses serviteurs. Si on Lui demande une chose, Il (سبحانه وتعالى) donne, Il est proche de Ses serviteurs, et exauce les invocations. Il n’a pas besoin d’intermédiaire.
5 – Les rois de ce monde sont pauvres, alors qu’Allah est le Possesseur de toute chose. Tous les besoins de Sa création, c’est Lui qui les possède. Abou Dharr Al Ghifari (رضي الله عنه) rapporte le hadith d’entre ceux que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) transmet directement d’Allah : « Ô Mes serviteurs, si du premier au dernier d’entre les hommes et les djinns, tous se trouvaient assemblés en en seul endroit et M’invoquaient, J’accorderai à chacun sa demande sans que cela ne diminue en rien ce que Je possède, telle l’aiguille plongée dans la mer ne diminue rien de celle-ci quand on la retire. » (rapporté par Mouslim) Ceci montre à quel point Allah est riche, de même que le verset : « Tout ce que vous possédez s’épuisera, tandis que ce qui est auprès d’Allah durera. » (Sourate An-Nahl, verset 96)


3ème shoubouha :

Ils disent qu’ils prennent des intermédiaires en raison de leur haut degré auprès d’Allah (سبحانه وتعالى) et parce qu’ils sont pieux et loin des péchés. Ainsi ils leur demandent d’intercéder pour eux auprès d’Allah. Cependant, la piété et les bonnes actions des autres, nous n’en avons aucun droit. Si une personne fait le bien, c’est uniquement pour elle-même et cela ne va pas nous profiter. Donc si on ne fait pas le bien, les autres ne pourront rien pour nous. En effet, Allah (عز وجل) a dit : « Le jour où aucune âme ne pourra rien en faveur d’une autre âme. Et ce jour-là, le commandement sera à Allah. » (Sourate Al Infitâr, verset 19) Et Il (تعالى) dit aussi : « Le jour où l’homme s’enfuira de son frère,* de sa mère, de son père,* de sa compagne et de ses enfants,* car chacun d’eux, ce jour-là, aura son propre cas pour l’occuper. » (Sourate Al 34 à 37)
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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Mer 25 Mai 2011 - 20:19

Cours n°14




4ème shoubouha :

Ils disent, qu’après la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم), ‘Oumar (رضي الله عنه) a fait at-tawassoul par Al ‘Abbas (l’oncle du Prophète) pour la prière de l’istisqâ (demande de la pluie) et que ceci est un argument permettant de prendre des intermédiaires dans l’adoration d’Allah.
Au temps du Prophète (صلى الله عليه و سلم), lorsque les musulmans étaient touchés par la sécheresse, ils venaient voir le Prophète (صلى الله عليه و سلم) pour qu’il demande à Allah (سبحانه وتعالى) la pluie pour eux. Après sa mort, il y eut une sècheresse pendant le khalifa d’Oumar Ibnou-l Khattab, et les gens sont venus pour faire la prière de la demande de la pluie. Oumar Ibnou-l Khattab a donc demandé à l’oncle du Prophète de faire el istisqâ (c’est-à-dire l’invocation) pour demander la pluie. Et ‘Oumar (رضي الله عنه) a dit cela : « Ô Allah, nous avions l’habitude de faire le tawassoul auprès de Toi par Ton Prophète et Tu nous donnais de la pluie. Aujourd’hui, nous faisons le tawassoul par l’oncle du Prophète, alors donne-nous la pluie. » Puis il a ajouté : « Lève-toi ô ‘Abbas, et fais la dou’a. » Al ‘Abbas a fait l’invocation qui fut exaucée. Ce récit est rapporté selon Anas Ibnou Malik dans le sahih d’Al Boukhari.

Le Cheykh répond à cette shoubouha en disant : « Soubhannallah ! » ‘Oumar (رضي الله عنه) a fait le tawassoul par l’invocation de Al ‘Abbas et non par sa personne. En effet, il n’a pas dit : « Ô Allah, donne-nous la pluie par l’oncle du prophète, Al ‘Abbas. » Mais il a dit à Al ‘Abbas : « Ô Al ‘Abbas, demande la pluie à Allah pour nous. » Et c’est cela le tawassoul permis : c’est le fait de demander à une personne pieuse de faire des invocations en notre faveur. Parmi les preuves de cette permission, il y a la parole du Prophète (صلى الله عليه و سلم) à Oumar Ibnou-l Khattab lorsque celui-ci est parti pour faire la ‘oumra : « Ô mon frère, ne nous oublie pas dans tes bonnes invocations. » (rapporté par Ahmed, At-Tirmidhi, Abou Dawoud et Ibnou Majah) Cela signifie que le Prophète (صلى الله عليه و سلم), qui est le plus pieux des hommes, a demandé à ‘Oumar d’invoquer pour lui. Ce genre de demande est donc permis à condition que cette personne pieuse soit vivante. Cependant, si elle est morte, il n’est pas permis de lui demander de faire des invocations.

Si le tawassoul par les hommes pieux signifiait de demander à Allah par leur personne, ou par leur mérite, ou par leur statut élevé, alors pourquoi les sahabas n’ont-ils pas demandé par le statut du Prophète (صلى الله عليه و سلم) ? Et pourquoi se sont-ils tournés vers Al ‘Abbas ? Est-ce que Al ‘Abbas a un statut plus élevé auprès d’Allah que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) ? Certes non. Ceci est donc une preuve que le tawassoul permis est de demander à l’homme pieux de faire des dou’as pour nous.
Ainsi, lorsqu’on a besoin d’argent, de quelque chose ou de dou’as, il est permis de se tourner vers quelqu’un qui est capable, qui est présent, qui est vivant. Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. » (Sourate Al Ma-idah, verset 2)

Il est donc important de distinguer les 2 types de tawassoul : celui qui est permis et celui qui est interdit.

1 – Le tawassoul permis :

Il se divise en 3 catégories.
a- Demander à Allah par Ses Noms et Attributs.
Allah a dit : « C’est à Allah qu’appartiennent les noms les plus beaux. Invoquez-Le par ces noms et laissez ceux qui profanent Ses noms : ils seront rétribués pour ce qu’ils ont fait. » (Sourate Al A’raf, verset 180)
Comme par exemple en disant : « Ô Toi le Miséricordieux, fais-moi miséricorde. » ou « Ô Toi Le Pardonneur, pardonne-moi. », etc. […]

b- Demander à Allah par ses bonnes actions.
Comme l’exemple des trois hommes qui étaient coincés dans la grotte. Chacun d’eux a invoqué sincèrement Allah par une des ses bonnes actions, les libérant petit à petit du rocher qui obstruait la sortie.

c- Demander à Allah par l’invocation d’une personne pieuse qui est vivante.
Comme l’exemple de ‘Oumar (رضي الله عنه) qui a fait at-tawassoul par la dou’a d’Al ‘Abbas, ou bien l’exemple de Mou’awiyya qui a fait at-tawassoul par la dou’a de Yazid Al Qoraychi.


2/ Le tawassoul interdit :

C’est de faire le tawassoul auprès d’Allah par le statut ou le droit d’un individu. C’est un moyen qui mène vers le Shirk.
Ibn Taymiyya a dit qu’à cause de toutes les tromperies faites par les gens de bida’a, il y a eu un grand mélange à propos des catégories de tawassoul. En effet, ces gens n’ont pas fait la distinction entre le tawassoul permis et le tawassoul interdit.
Et le Cheykh Mouhammed Ibn Abdel Wahab a dit : « Et quiconque prend entre lui et Allah des intercesseurs, et qui les invoque en disant : « Ô Ahmed Al Badawi », « Ô Abdel Qader Al Jihani », « Ô Houssayn », « Ô ‘Ali », « Ô untel » … celui-là commet le shirk akbar. »

Cheykh Al Islam Ibn Taymiyya a dit aussi, que parfois les diables prennent l’apparence de ces personnes décédées pour apparaître devant ceux qui les invoquent. Ce genre de phénomène arrive même chez les mécréants, mais tout ceci est faux et mensonge.


L’intercession fait partie du tawassoul :
Les gens qui voient ces types d’invocations, vont auprès des tombes et demandent l’intercession. L’intercession existe véritablement, cependant il n’est pas permis de la demander aux morts, mais il faut la demander à Allah directement. Par exemple il est permis de dire : « Ô Allah accepte l’intercession de ton Prophète pour moi. »
L’intercession appartient à Allah seul, c’est pourquoi on ne peut la demander à personne d’autre que Lui. En effet, Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Dis : « L’intercession toute entière appartient à Allah ». » (Sourate Az-Zoumar, verset 44)

Il y a 2 conditions pour qui nous permettent de profiter de l’intercession :
1- Qu’Allah permette à l’intercesseur d’intercéder pour nous.
Allah (تعالى) a dit : « Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ? » (Sourate Al Baqara, verset 255)

2- Que la personne pour qui on intercède soit parmi les gens du Tawhid.
Allah (تعالى) a dit : « Et ils n’intercèdent qu’en faveur de ceux qu’Il a agréés [tout en étant] pénétrés de Sa crainte. » (sourate Al Anbiya, verset 28) Et Il dit : « Et que d’Anges dans les cieux dont l’intercession ne sert à rien, sinon qu’après qu’Allah l’aura permis, en faveur de qui Il veut et qu’Il agrée. » (Sourate An-Najm, verset 26)
C’est-à-dire qu’il s’agit des gens du Tawhid.
Allah (تعالى) a dit à propos des moushrikin : « Ne leur profitera point donc, l’intercession des intercesseurs. » (Sourate Al Mouddathir, verset 48) Et : « Les injustes n’auront ni ami zélé, ni intercesseur écouté. » (Sourate Ghâfir, verset 18)

Et Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Et ceux qu’ils invoquent en dehors de Lui n’ont aucun pouvoir d’intercession, à l’exception de ceux qui auront témoigné de la vérité en pleine connaissance de cause. » (Sourate Az-Zoukhrouf, verset 86)



5ème shoubouha :

Ils disent que les premiers moushrikin adoraient les idoles, le diable ou les djinns, alors qu’eux, ils prient des hommes pieux. Le cheykh a déjà répondu à cette shoubouha dans les erreurs concernant la compréhension du shirk (voir cours n°9)
Or ce qu’ils disent est faux, car les moushrikin de l’époque adoraient toute sorte de chose, les prophètes, les hommes pieux, les anges, en plus des idoles (comme les soleil, les étoiles…) et des djinns, comme cela est prouvé par la parole d’Allah (تعالى) qui dit : « Tandis que ceux qui prennent des protecteurs en dehors de Lui (disent) : « Nous ne les adorons que pour qu’ils nous rapprochent davantage d’Allah ». En vérité, Allah jugera parmi eux sur ce en quoi ils divergent. Allah ne guide pas celui qui est menteur et grand ingrat. » (Sourate Az-zoumar, verset 3) Et aussi Sa parole : « Ceux qu’ils invoquent, cherchent [eux-mêmes], à qui mieux, le moyen de se rapprocher le plus de leur Seigneur. Ils espèrent Sa miséricorde et craignent Son châtiment. » (Sourate Al Isra, verset 57)
Il n’y a donc pas de différence entre ceux qui adoraient les idoles avant et ceux qui adorent les tombes aujourd’hui.

Puis le cheykh fait un rappel et une explication concernant la confiance en Allah, car beaucoup de ces moushrikines donne leur confiance aux habitants des tombes, aux arbres, aux pierres, donc aux créatures. Or ceci est du shirk.


En conclusion de cette 2ème annulation, le cheykh dit que nous aimons les hommes pieux en obéissant à Allah et en suivant leur exemple. Et nous demandons à Allah qu’Il leur pardonne en faisant des dou’as pour eux. Mais nous ne les prenons pas comme des égaux à Allah et nous ne cherchons pas à nous rapprocher d’eux par l’adoration.

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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Mer 25 Mai 2011 - 20:20

Cours n°15



Troisième annulation



Le sheikh Mouhammad ibnou 'Abdil Wahhâb a dit :

"La troisième [annulation] : Celui qui ne considère pas les polythéistes mécréants ou doute de leur mécréance ou authentifie leur doctrine, devient mécréant."






Explication de Sheikh Al Fawzan :



Troisième annulation : Ne pas déclarer kouffars les moushrikines ou douter de leur koufr ou valider leurs croyances.

Ne pas déclarer kouffars les moushrikines :

Celui qui ne déclare pas les moushrikines comme étant des kouffar a mécru, car il est obligatoire pour un musulman de déclarer kouffar ceux qu’Allah et son Messager ont déclarés kouffar. Or nous avons expliqué dans les 2 premiers nawaqid que toute forme quelconque d’adoration pour autre qu’Allah est du Shirk. Et Allah (سبحانه وتعالى) et Son Messager (صلى الله عليه و سلم) ont déclaré kouffar tout ceux qui font le shirk, de même que ceux qui n’ont pas cru aux Messagers ou à certains d’entre eux, ainsi que tous les moushrikines parmi les juifs, les chrétiens et les idolâtres. En effet, Allah a dit : « Certes sont mécréants ceux qui disent : « Allah, c’est le Messie, fils de Marie ! » » (Sourate Al Ma-idah, verset 17) Et Il (تعالى) a dit à propos des Juifs : « Et les Juifs disent : « La main d’Allah est fermée ! » Que leurs propres mains soient fermées, et maudits soient-ils pour l’avoir dit. » (Sourate Al Ma-idah, verset 64) Par « La main d’Allah est fermée ! » ils ont voulu dire qu’Allah était avare et ne donne pas. Allah les a maudit pour cela.
Et Allah (تعالى) a dit : « Allah a certainement entendu la parole de ceux qui ont dit : « Allah est pauvre et nous sommes riches.» Nous enregistrons leur parole, ainsi que leur meurtre, sans droit, des prophètes. Et Nous leur dirons : « Goûtez au châtiment de la fournaise. » » (Sourate Ali ‘Imran, verset 181)
Et il y a beaucoup de versets qui nous montrent que ces gens sont des kouffars.

Et concernant les gens du Livre, le simple fait qu’ils n’aient pas cru en Mohammed (صلى الله عليه و سلم) suffit pour les déclarer kouffars. Or la venue du Prophète (صلى الله عليه و سلم) est mentionnée dans la Torah et l’Evangile. Allah (تعالى) a dit : « Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu’ils trouvent écrit (mentionné) chez eux dans la Thora et l’Evangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui ceux-là seront les gagnants. * Dis : « Ô hommes ! Je suis pour vous tous le Messager d’Allah, à Qui appartient la royauté des cieux et de la terre. Il donne la vie et Il donne la mort. Croyez donc en Allah, en Son messager, le Prophète illettré qui croit en Allah et en Ses paroles. Et suivez-le afin que vous soyez bien guidés ». » (Sourate Al A’raf, verset 157 et 158)
Ainsi, le Messager a été envoyé à tous les hommes, comme l’a dit Allah : « Et Nous ne t’avons envoyé qu’en tant qu’annonciateur et avertisseur pour toute l’humanité. » (Sourate Sabah, verset 28) Donc celui qui ne croit pas que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a été envoyé à tous les hommes, est un kaffir. Et il n’est pas suffisant de croire qu’il est un messager pour une partie des gens (les arabes).

Il est donc obligatoire de croire que les moushrikines, qui adorent autre qu’Allah (عز وجل), sont des kouffars, peu importe qu’ils soient parmi les arabes ou autres, et peu importe qu’ils soient parmi les juifs, les chrétiens ou ceux qui se disent musulmans.


Douter de leur koufr :

Celui qui doute que les moushrikines soient des kouffars, c’est comme s’il hésitait dans sa religion entre la mécréance et la foi, il ne sait pas faire la distinction entre les deux.


Valider leurs croyances :

Celui qui dit que la religion des kouffar est correcte, a mécru également. Et cela est encore pire que de ne pas les déclarer kouffar ou de douter de leur koufr. Souvent les gens qui pensent cela, ne pratiquent pas le shirk eux-mêmes, mais défendent ceux qui le font. En particulier, les gens d’aujourd’hui qui défendent les juifs et les chrétiens. Ils ont établi une da’wa qui prétend vouloir réunir les trois grandes religions.

Nous leur répondons que les juifs ne suivent pas Moussa (عليه السلم), et les chrétiens ne suivent pas ‘Issa (عليه السلم), comme ils le prétendent. Ils ont changé et déformé les messages de ces deux prophètes. Et même si leur message était resté intact, nous n’aurions pas le droit de les suivre, car Allah (تعالى) a averti de la venue de Mohammed (صلى الله عليه و سلم) dans la Torah et l’Evangile, comme nous l’avons vu dans la Sourate Al A’raf, verset 157.
Et Allah dit également : « Et quand ‘Issa fils de Marie dit : « Ô Enfants d’Israël, je suis vraiment le Messager d’Allah [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Thora, est antérieur à moi, et annonciateur d’un Messager à venir après moi, dont le nom sera ‘Aḥmad’.». » (Sourate As-Saff, verset 6) Et le Messager qui est venue après Issa (عليه السلم) est Mohammed (صلى الله عليه و سلم), et il a plusieurs noms.
Et Allah dit aussi : « Ceux à qui Nous avons donné le Livre, le reconnaissent comme ils reconnaissent leurs enfants. Or une partie d’entre eux cache la vérité, alors qu’ils la savent ! » (Sourate Al Baqara, verset 146) En effet, dans la Torah et l’Evangile on ne trouve pas obligatoirement le nom du Prophète (صلى الله عليه و سلم), mais on trouve de nombreuses descriptions claires de lui. Or ceux qui lisent ces descriptions savent pertinemment que ça ne peut être que lui.
Donc le judaïsme et le christianisme sont deux religions qui ont été abrogées par la venue de l’Islam. Allah n’accepte pas d’autre religion que l’Islam.

[…]

Ainsi, ces soit disant rassemblements interreligieux, n’ont pas pour but de démontrer la vérité, mais plutôt de faire des accords pour se satisfaire les uns les autres. Mais Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Ni les Juifs, ni les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi, jusqu’à ce que tu suives leur religion. » (Sourate Al Baqara, verset 120)
Cependant il est permis de faire certains accords dans les limites de la chari’a, comme l’a fait le Prophète (صلى الله عليه و سلم) avec les Qouraych. Et ces accords concernent des choses de la douniya, il n’est pas permis de dire aux kouffars que ce qu’ils font est correct, que leur croyance est correcte ou d’autres choses de ce genre.

Il est important également de préciser que tous les juifs et les chrétiens ne sont pas tous jugés kouffars en tout temps. En effet, les juifs du temps de Moussa (عليه السلم) qui ont cru en lui, n’ont pas fait de shirk, sont sur la vérité et sont donc musulmans. De même pour les chrétiens qui ont suivi ‘Issa (عليه السلم) sans faire de shirk avant la venue du Prophète (صلى الله عليه و سلم). Quant à ceux qui sont arrivés après l’Islam, qui ont entendu parlé du Prophète (صلى الله عليه و سلم) mais ont refusé d’accepter l’Islam et qui sont morts dans leur religion, ceux-là sont des mécréants.
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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Ven 27 Mai 2011 - 14:45

Cours n°16




Après avoir compris l’obligation de déclarer les moushrikines comme étant des kouffars, peu importe qui ils sont, il faut absolument que le musulman fasse une distinction entre les musulmans et les kouffars. Lorsque le musulman s’adresse à d’autres musulmans, il peut très bien employer le terme kaffir, tout simplement car c’est par ce terme qu’Allah (سبحانه وتعالى) a qualifié les non musulmans. Cependant si le musulman s’adresse à des kouffars afin de les appeler à l’islam ou autre il ne va pas les interpeller en disant : « Ô vous les kouffars. ». Donc il y a des règles qui s’appliquent sur le fait de déclarer les kouffars comme kouffars, que nous allons voir.


Quelques règles dans nos relations avec les kouffars :

1- Il est obligatoire de détester les kouffars, et de ne pas les prendre comme alliés :

Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Ô vous qui avez cru ! Ne prenez pas pour alliés Mon ennemi et le vôtre, leur offrant l’amitié, alors qu’ils ont nié ce qui vous est parvenu de la vérité. Ils expulsent le Messager et vous-mêmes parce que vous croyez en Allah, votre Seigneur. Si vous êtes sortis pour lutter dans Mon chemin et pour rechercher Mon agrément, leur témoignerez-vous secrètement de l’amitié, alors que Je connais parfaitement ce que vous cachez et ce que vous divulguez ? Et quiconque d’entre vous le fait s’égare de la droiture du sentier. * S’ils vous dominent, ils seront des ennemis pour vous et étendront en mal leurs mains et leurs langues vers vous; et ils aimeraient que vous deveniez mécréants. * Ni vos proches parents ni vos enfants ne vous seront d’aucune utilité le Jour de la Résurrection, Il [Allah] décidera entre vous, et Allah est Clairvoyant sur ce que vous faites. * Certes, vous avez eu un bel exemple [à suivre] en Ibrahim et en ceux qui étaient avec lui, quand ils dirent à leur peuple : « Nous vous désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors d’Allah. Nous vous renions. Entre vous et nous, l’inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu’à ce que vous croyiez en Allah, seul ». Exception faite de la parole d’Abraham [adressée] à son père : « J’implorerai certes, le pardon [d’Allah] en ta faveur bien que je ne puisse rien pour toi auprès d’Allah ». « Seigneur, c’est en Toi que nous mettons notre confiance et à Toi nous revenons [repentants]. Et vers Toi est le Devenir. » » (Sourate Al Moumtahana, verset 1 à 4)

Il faut détester les kouffars par rapport au fait qu’ils aiment le shirk, qu’ils défendent le koufr et qu’ils adorent d’autres en dehors d’Allah, et non parce qu’ils nous font du mal ou des injustices. Cela signifie donc qu’on déteste pour Allah et non pour leur personne. Et à partir du moment où ils disent « lâ ilaha illa-Llah, mohammed rasoulou-Llah », et qu’ils entrent en Islam, alors on les aime pour Allah.

Et Allah (تعالى) dit également : « Tu n’en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui prennent pour amis ceux qui s’opposent à Allah et à Son Messager, fussent-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu. Il a prescrit la foi dans leurs cœurs et Il les a aidés de Son secours. Il les fera entrer dans des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Allah les agrée et ils L’agréent. Ceux-là sont le parti d’Allah. Le parti d’Allah est celui de ceux qui réussissent. » (Sourate Al Moujadalah, verset 22)
« Tu n’en trouveras pas » : Cela signifie que cela est impossible. En effet, il est impossible d’être croyant, « parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier » et en même temps de prendre « pour amis ceux qui s’opposent à Allah et à Son Messager ».

Et Allah (تعالى) a dit : « Donc, quiconque mécroit au Taghout tandis qu’il croit en Allah saisit l’anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Allah est Audient et Omniscient. » (Sourate Al Baqara, verset 256)
Cela signifie que pour qu’une personne soit véritablement croyante, il faut qu’elle ait rejeté le Taghout, c’est-à-dire tout ce qui est adoré ou obéi en dehors d’Allah (عز وجل). Et elle doit s’opposer à tous ceux qui adorent et défendent le Taghout, et donc les détester.

Allah dit aussi : « Il n’appartient pas au Prophète et aux croyants d’implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent-ils des parents alors qu’il leur est apparu clairement que ce sont les gens de l’Enfer. * Ibrahim ne demanda pardon en faveur de son père qu’à cause d’une promesse qu’il lui avait faite. Mais, dès qu’il lui apparut clairement qu’il était un ennemi d’Allah, il le désavoua. Ibrahim était certes plein de sollicitude et indulgent. » (Sourate At-Tawba, verset 113, 114)
Lorsque ce verset fut révélé, les musulmans étaient tristes car beaucoup d’entre eux avaient demandé pour leur père mort dans le shirk. Ils avaient donc peur d’entrer dans le blâme qu’Allah a fait. Mais Allah dit juste après dans le verset 115 : « Allah n’est point tel à égarer un peuple après qu’Il les a guidés, jusqu’à ce qu’Il leur ait montré clairement ce qu’ils doivent éviter. Certes, Allah est Omniscient. » Cela signifie que ce qu’ils ont pu faire avant la révélation du verset ne leur sera pas tenu pour compte.



2- Le musulman ne doit pas s’occuper des funérailles du kaffir, excepté s’il ne trouve personne pour l’enterrer :

Le kaffir ne doit pas être lavé, ni entouré dans un linceul, ni être enterré dans le cimetière des musulmans. Allah (عز وجل) dit : « Et ne fais jamais la Ṣalāt sur l’un d’entre eux qui meurt, et ne te tiens pas debout auprès de sa tombe, parce qu’ils n’ont pas cru en Allah et en Son messager, et ils sont morts tout en étant pervers. » (Sourate At-Tawba, verset 84)
Par contre si le kaffir est malade, il est permis de le visiter mais uniquement dans le but de l’appeler à l’Islam. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) est allé visiter des malades dans ce but, comme un jeune juif qui s’est converti juste avant de mourir. Il a également visité son oncle Abou Talib durant la maladie qui a précédé sa mort et lui a dit : « Ô mon oncle, dis « lâ ilaha illa-Llah, mohammed rasoulou-Llah » » Mais il est mort mécréant, et le prophète (صلى الله عليه و سلم) ne s’est pas occupé de ses funérailles. Il a simplement ordonné à son fils ‘Ali Ibn Abi Talib (رضي الله عنه) d’aller l’enterrer.

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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Ven 27 Mai 2011 - 14:49

Cours n°17




3- Le musulman n’hérite pas d’un kaffir et le kaffir n’hérite pas d’un musulman :

Allah (عز وجل) a coupé les liens qui existent entre les musulmans et les kouffars. Selon Oussama Ibnou Zaïd (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Le musulman n’hérite pas du kaffir et le kaffir n’hérite pas du musulman. » (rapporté par Al Boukhari et Mouslim)
Selon les ‘oulama, le kouffr est donc une chose qui empêche l’héritage.



4- Il n’est pas permis pour un musulman de donner sa fille musulmane à un kaffir :

Ceci car on doit craindre pour la religion de cette femme, et pour ne pas qu’un kaffir ait une autorité sur une femme musulmane. Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Et ne donnez pas d’épouses aux associateurs tant qu’ils n’auront pas la foi, et certes, un esclave croyant vaut mieux qu’un associateur même s’il vous enchante. » (Sourate Al Baqara, verset 221) Et Il (تعالى) dit aussi : « Si vous constatez qu’elles sont croyantes, ne les renvoyez pas aux mécréants. Elles ne sont pas licites [en tant qu’épouses] pour eux, et eux non plus ne sont pas licites [en tant qu’époux] pour elles. » (Sourate Al Moumtahanah, verset 10)

Donc, il n’est pas permis à une musulmane d’épouser un kaffir, que ce soit un juif, un chrétien, ou n’importe quelle autre religion. Quant à l’homme musulman, il n’a pas le droit d’épouser une kafira si c’est une wathaniya, c’est-à-dire une idolâtre, athée, ou toutes celles qui ne font pas partie des gens du Livre. Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Et n’épousez pas les femmes associatrices tant qu’elles n’auront pas la foi, et certes, une esclave croyante vaut mieux qu’une associatrice même si elle vous enchante. » (Sourate Al Baqara, verset 221) Cependant, il est permis au musulman d’épouser une femme parmi les juifs ou les chrétiens, à condition que ce soit une femme chaste, ou honorable. La preuve de cela est la parole d’Allah (سبحانه وتعالى) : « Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise. (Vous sont permises) les femmes vertueuses d’entre les croyantes, et les femmes vertueuses d’entre les gens qui ont reçu le Livre avant vous. » (Sourate Al Ma-idah, verset 5)

Quant à cette différence qui existe entre le musulman et la musulmane, cela s’explique par le fait que le chef de famille est toujours l’homme. Ainsi si l’homme est musulman son autorité est valable sur une non croyante. Tandis que si l’homme n’est pas croyant, alors il n’est pas permis en Islam qu’un non croyant ait l’autorité sur un croyant, comme le dit Allah : « Et jamais Allah ne donnera une voie aux mécréants contre les croyants. » (Sourate An-Nissa, verset 141)



5- Il est obligatoire pour le musulman de faire la hijra vers un pays musulman :

Si le musulman vit dans un pays dans lequel il ne peut pratiquer ouvertement et librement sa religion, il est obligatoire pour lui de quitter ce pays pour un pays musulman, comme l’ont fait le Prophète (صلى الله عليه و سلم) et ses sahabas. Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Ceux qui ont fait du tort à eux-mêmes, les Anges enlèveront leurs âmes en disant : « Où en étiez-vous ? » (à propos de votre religion) - « Nous étions impuissants sur terre », dirent-ils. Alors les Anges diront : « La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer ? » Voilà bien ceux dont le refuge est l’Enfer. Et quelle mauvaise destination ! * A l’exception des impuissants : hommes, femmes et enfants, incapables de se débrouiller, et qui ne trouvent aucune voie : * A ceux-là, il se peut qu’Allah donne le pardon. Allah est Clément et Pardonneur. » (Sourate An-Nissa, verset 97 à 99)

Les savants ont classé la question de la hijra en différentes catégories par rapport aux moyens que la personne possède. Si le musulman est capable de pratiquer ouvertement et librement sa religion et qu’il est capable de faire la hijra, dans son cas celle-ci n’est pas une obligation pour lui, mais elle lui est préférable. Quant au musulman qui n’a pas la liberté et la capacité de pratiquer ouvertement sa religion, et qui est capable de faire la hijra, il doit obligatoirement faire la hijra et rester dans un pays de koufr est un péché pour lui. Par contre s’il n’est pas capable de faire la hijra, car il n’en a pas les moyens ou autre, alors il est excusé.

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Je me désavoue de toute personne qui s’installe au milieu des moushrikines. » (rapporté par Abou Dawoud, An-Nassa-i, et At-Tirmidhi) Et dans certains versets, Allah (سبحانه وتعالى) a relié la hijra avec le jihad fissabilillah, comme dans ce verset : « Certes, ceux qui ont cru, émigré et lutté dans le sentier d’Allah, ceux-là espèrent la miséricorde d’Allah. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Sourate Al Baqara, verset 218)



6- Il n’est pas permis au musulman de précéder le kaffir dans le salam :

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Ne soyez pas les premiers à saluer les juifs et les chrétiens par le salam. Et s’ils vous saluent, répondez : « Wa ‘alaykoum (et sur vous) ». » (rapporté par Al Boukhari, Mouslim, Abou Dawoud, At-Tirmidhi et Ahmed)



7- On ne laisse pas les 1ères places au kaffir dans une assemblée et on ne leur ouvre pas le chemin en premier :

Selon Abou Houreyra (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Lorsque vous les rencontrez sur le chemin, laissez leur prendre le côté le plus étroit de la route. » (rapporté par Al Boukhari, Mouslim, Abou Dawoud, At-Tirmidhi et Ahmed)



8- Les kouffars ne doivent pas entrer à Mekka :

Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Ô vous qui croyez ! Les associateurs ne sont qu’impureté : qu’ils ne s’approchent plus de la Mosquée sacrée, après cette année-ci. Et si vous redoutez une pénurie, Allah vous enrichira, s’Il veut, de par Sa grâce. Car Allah est Omniscient et Sage. » (Sourate At-Tawba, verset 28)
Lorsqu’Allah révéla ce verset, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) envoya ‘Ali Ibn Abi Talib (رضي الله عنه) pour dire aux moushrikines, qu’après cette année, aucun d’entre eux ne pourra faire le hajj et personne ne pourra faire le tawaf sans vêtement. A partir de ce moment, il a été interdit aux moushrikines de pénétrer sur la terre al Haram (sacrée), et ceci jusqu’au jour Dernier.



9- Le dirigeant musulman doit faire sortir les kouffars de la péninsule arabe :

Le fait de faire sortir les moushrikines de la péninsule arabe fait partie des responsabilités du dirigeant musulman, et il n’est pas permis à un individu de prendre cette responsabilité de faire sortir ces gens par lui-même. Aujourd’hui certains jeunes, influencés par les opinions des khawarijs, font exploser les maisons où vivent les kouffars qui sont entrés en paix dans le pays musulman et qui ont une entente avec les musulmans. En faisant cela, ils ont trahi le pacte des musulmans d’accorder leur protection à ces kouffars. Et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit dans un hadith authentique : « Celui qui tue un non musulman qui a une entente de paix avec les musulmans, il ne sentira jamais l’odeur du Paradis. »

La péninsule arabe, c’est la source de la révélation. Donc il n’est pas permis pour une religion autre que l’Islam de demeurer dans cet endroit. C’est pourquoi, on ne doit leur permettre de rester de façon permanente dans la péninsule arabe. Toutefois, s’ils viennent en voyage, pour faire du commerce, pour les relations internationales (comme les ambassadeurs etc.), ou pour faire un travail qu’eux seuls connaissent, alors ceci est permis.
Selon ‘Abdoullah Ibn ‘Abbas (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Faites sortir les moushrikines de la péninsule arabe. » (rapporté par Al Boukhari, Mouslim et Abou Dawoud)
Et selon ‘Omar Ibnou-l Khattab (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Je vais faire sortir les juifs et les chrétiens de la péninsule arabe et je ne laisserai que le musulman. » (rapporté par Mouslim et Abou Dawoud)

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a laissé cette consigne peu avant sa mort, et elle a été accomplie par le khalif ‘Oumar ibnou-l Khattab (رضي الله عنه) qui a expulsé les juifs et les chrétiens. Aujourd’hui si des juifs ou des chrétiens vivent dans les pays musulmans, ils n’ont pas le droit d’exposer leur religion, ni de construire des églises ou autre. Et ceci est valable pour tous les moushrikines, même les adorateurs des tombes, ils ne doivent pas construire de mosquée ou de dôme sur les tombes.



10- Il n’est pas permis de glorifier les kouffars :

Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Allah est l’ennemi des kafirines. » Il y a certains, parmi les musulmans qui disent : « Les kouffars sont des gens honnêtes, ils sont de confiance… Alors que les musulmans sont des traîtres et font beaucoup d’injustice… » Nous devons répondre à cela en disant que les musulmans, même s’ils font des péchés, des tricheries ou des trahisons, ce sont les meilleurs êtres sur la terre. Quant aux mécréants, peu importe les bonnes qualités qu’ils peuvent avoir, le koufr qu’ils ont et le shirk qu’ils font sont tellement graves en soit que cela efface tout le bien qu’ils peuvent avoir. Lorsqu’Allah (تعالى) mentionne certains kouffars en particulier dans le Coran, comme pharaon, Abou Jahal, ou Abou Lahab, Il (تعالى) ne commence jamais par évoquer leurs bonnes qualités. Au contraire, Il (تعالى) n’évoque que le mal qu’ils avaient par rapport à sa mécréance, car le but c’est toujours de ramener les gens aux bases de l’Islam : c’est-à-dire au Tawhid et l’Iman.



11- Il est interdit aux musulmans d’imiter les kouffars dans leur tradition et habillement :

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Quiconque ressemble à (ou imite) un peuple devient un des leurs. » (rapporté par Ahmed et Abou Dawoud, et authentifié par Cheykh AL Albani)
En réalité lorsque quelqu’un essaie de ressembler à un peuple dans son apparence extérieure, c’est qu’au fond de lui, il les aime. En effet, personne n’essaiera de ressembler à quelqu’un qu’il déteste. Il faut donc avoir de la fierté pour sa religion et ne pas ressembler aux kouffars.
Et le fait de leur ressembler dans leur religion est encore pire que de leur ressembler dans leur vêtement et leur tradition, car cela amène toute sorte de bida’a dans l’Islam. Comme par exemple le fait de célébrer la naissance du Prophète Mouhammed (صلى الله عليه و سلم).


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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Sam 28 Mai 2011 - 18:49

Cours n°18





Les choses permises entre le musulman et le kafir :

1- Faire du commerce avec les kouffars :

Peu importe leur religion, il est permis de faire du commerce avec les moushrikines, du moment que ce qui est acheté ou vendu est Halal.


2- Profiter de leur expérience ou leur science :

Si les musulmans ont besoin des kouffars dans certains domaines de la douniya, il est permis d’avoir recours à eux, en achetant leur service. Par exemple que ce soit pour la construction d’un barrage ou d’autres choses de ce genre. Cependant, il n’est pas permis de leur accorder des positions dans lesquelles ils pourraient connaître des secrets concernant les musulmans, telles que la place de ministre ou de conseiller.
La preuve de cette permission est que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a employé un moushrik pour lui montrer le chemin lors de la Hijra.


3- Faire des ententes de paix avec les kouffars :

S’il y a un bienfait pour les musulmans cela est permis. La preuve de cela est que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a fait des traités avec les juifs de Médine, de même que le traité d’Al Houdaybiya avec les moushrikines. Mais il y a une différence entre faire ce genre de traité et les accords concernant l’acceptation de clause en rapport avec la foi. Comme par exemple l’acceptation du principe de laïcité.


4- Rendre aux kouffars le bien qu’ils nous font, et être bon envers eux :

Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables. » (Sourate Al Moumtahana, verset 8)
Le musulman doit donc bien se comporter envers les kouffars, même s’il ne les aime pas pour leur koufr (comme nous l’avons vu au cours précédent) Ainsi, si un musulman a des parents qui ne sont pas musulmans il doit tout de même être bon envers eux. Allah a dit : « Nous avons commandé à l’homme [la bienfaisance envers] ses père et mère; sa mère l’a porté [subissant pour lui] peine sur peine: son sevrage a lieu à deux ans. « Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents. Vers Moi est la destination. * Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable. Et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi. Vers Moi, ensuite, est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez. » (Sourate Louqman, verset 14 et 15)
L’amour est une chose et de bien agir envers les gens en est une autre. Il faut bien distinguer entre les deux et ne pas tomber dans un extrême ou dans un autre. La mère de Asma Bint Abi Bakr (رضي الله عنهما), qui n’est pas musulmane, est venue voir sa fille pour lui demander une aide financière. Asma en a informé le prophète (صلى الله عليه و سلم) et lui a demandé : « Est-ce que je dois lui venir en aide ? Et est-ce que je dois garder le lien de parenté ? » Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) lui a répondu : « Oui, donne-lui de l’aide et garde le lien de parenté avec elle, même si c’est une moushrika. »






Quatrième annulation




Le sheikh Mouhammad ibnou 'Abdil Wahhâb a dit :

"La quatrième [annulation] : Celui qui a la conviction qu’une guidée, autre que celle du Prophète (صلى الله عليه و سلم) est plus parfaite que la sienne, ou qu’un jugement autre que le sien est meilleur, comme ceux qui préfèrent le jugement des tawâghît à son jugement, est un mécréant."




Explication de Sheikh Al Fawzan :


Quatrième annulation : Croire qu’il y a une voie meilleure ou un jugement meilleur que celui du Prophète.


Ce sujet comprend deux questions :

1- Première question : La guidance.

Tout d’abord il est utile de préciser que la guidance dont il est question ici est la guidance vers l’Islam tel que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) nous l’a enseigné à travers sa façon d’agir dans l’adoration, dans son comportement, dans son caractère et dans sa façon d’appeler les gens à la religion, etc.
Selon Jâbir Ibn ‘Abdallah (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) disait : « La meilleure parole est la parole d’Allah (تعالى), et la meilleure guidance est la guidance de Mouhammed (صلى الله عليه و سلم). » (rapporté par Mouslim)

Allah (تعالى) dit au sujet du Prophète (صلى الله عليه و سلم) : « Et tu es certes, d’une moralité éminente. » (Sourate Al Qalam, verset 4) Et Il (تعالى) dit aussi : « C’est par quelque miséricorde de la part d’Allah que tu (Muḥammad) as été si doux envers eux! Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage. Pardonne-leur donc, et implore pour eux le pardon (d’Allah). Et consulte-les à propos des affaires. » (Sourate Ali ‘Imran, verset 159) Cela signifie que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) avait de la miséricorde envers les gens, cela fait partie de son comportement.

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) n’utilisait pas la dureté et la colère dans sa façon d’enseigner. Un exemple qui illustre cela est le récit rapporté selon Anas (رضي الله عنه) : « Un jour, un bédouin est venu et a uriné dans la mosquée. Des compagnons se sont levés vers lui, et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) leur a dit : « Laissez-le. Ne lui coupez pas son urine. » Et lorsqu'il eut fini, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a demandé qu'on amène un seau d’eau et qu'on le verse sur son urine. » (rapporté par Al Bukhari, Muslim) Le bédouin était étonné par la réaction du Prophète (صلى الله عليه و سلم), de sa gentillesse et de sa douceur.

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) endurait beaucoup de mauvais comportements de la part des gens, mais il ne se mettait pas en colère. Toutefois, lorsqu’on dépassait les limites d’Allah (سبحانه وتعالى), alors là il se mettait en colère, non pas pour lui-même, mais pour Allah. Selon Abou Hourayra (رضي الله عنه), un homme est venu voir le Prophète (صلى الله عليه و سلم) afin qu’il juge à son sujet concernant une dette qu’on lui devait. Cet homme a mal parlé au Prophète et a été dur envers lui, ce qui énerva les Compagnons. Mais le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Laissez-le, il a le droit de parole. » Puis il (صلى الله عليه و سلم) a ordonné qu’on lui donne ce qu’il demandait et même plus, et a dit : « Le meilleur d’entre vous est celui qui juge de la meilleure façon. » (rapporté par Al Boukhari et Mouslim)

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) était également celui qui avait le meilleur comportement avec sa famille. Et selon ‘Aïcha (رضي الله عنها), il (صلى الله عليه و سلم) disait : « Le meilleur d’entre vous est celui qui agit de la meilleur façon avec sa famille. Et moi, je suis le meilleur envers ma famille. » (rapporté par At-Tirmidhi, Ahmed, et authentifié par Cheykh Al Albani)

Qui pourrait donc être meilleur que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) ? Quiconque croit qu’il est meilleur que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) dans son comportement est un kâfir, coupable d’une mécréance majeur qui le fait sortir de l’Islam.



2- Deuxième question : Le jugement.

Quiconque croit que son jugement est meilleur que le jugement du Prophète (صلى الله عليه و سلم), est un kafir. Le Messager d’Allah (صلى الله عليه و سلم), c’est celui qui transmet le message d’Allah, donc en réalité, le jugement du Prophète (صلى الله عليه و سلم) n’est autre que le jugement d’Allah (عز وجل).
En effet, Allah (تعالى) a dit : « Nous avons fait descendre vers toi le Livre avec la vérité, pour que tu juges entre les gens, selon ce qu’Allah t’a appris. » (Sourate An-Nissa, verset 105) Et Allah (سبحانه وتعالى) n’a pas dit : « selon ce que tu as appris. » mais Il a dit : « selon ce qu’Allah t’a appris. »

Il est donc obligatoire pour quelqu’un d’accepter le jugement du Prophète (صلى الله عليه و سلم) et de s’y soumettre. Allah (تعالى) a dit : « Non !... Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence]. » (Sourate An-Nissa, verset 65)

Le jugement du Prophète (صلى الله عليه و سلم) c’est le jugement qui vient d’Allah (عز وجل). Et s’il est arrivé que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a fait certaines fois des efforts par son jugement afin d’arriver à la vérité et qu’il se soit trompé, Allah (سبحانه وتعالى) ne lui permet pas de demeurer dans l’erreur. Il (تعالى) le corrige et Il lui montre la bonne direction. Et il n’est pas permis, par la suite, de s’opposer au jugement du Prophète (صلى الله عليه و سلم), car Allah (تعالى) a dit : « Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. » (Sourate Al AHzab, verset 36)

Allah (تعالى) dit également : « Prenez ce que le Messager vous donne; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en ; et craignez Allah car Allah est dur en punition. » (Sourate Al Hashr, verset 7) Et Il (تعالى) dit également : « Et il ne prononce rien sous l’effet de la passion ; * ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée. » (Sourate An-Najm, verset 3 et 4) Donc la sounna du Prophète (صلى الله عليه و سلم) est considérée en Islam comme une révélation, au même stade que le Coran. Elle est de plus une explication du Coran.

Allah (تعالى) dit encore : « Ô vous qui avez cru ! Ne devancez pas Allah et Son messager. Et craignez Allah. Allah est Audient et Omniscient. » (Sourate Al Houjrat, verset 1) Cela signifie qu’il ne faut placer aucune opinion ou idée personnelle avant celles d’Allah et du Messager (صلى الله عليه و سلم). Il n’est pas permis de juger une chose avec notre propre raison, sans se référer aux règles du Coran et de la Sounnah. Et il n’est pas permis non plus de mettre la parole de n’importe quel être humain avant celles d’Allah et du Prophète (صلى الله عليه و سلم).

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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Lun 30 Mai 2011 - 23:02

Cours n°19





Les différentes catégories de personnes qui jugent par autre que la loi d’Allah :

Il y a de nombreux versets qui disent que celui qui ne juge pas selon les lois d’Allah est mécréant. Certains utilisent ces versets à tort et à travers, et se permettent de déclarer les gouverneurs musulmans kouffar, comme l’ont fait les khawarijs en déclarant les sahabi kouffar. Il faut donc bien comprendre comment les salafs ont eux-mêmes compris ces versets.


1 - Celui qui croit que la loi d’Allah n’est plus applicable aujourd’hui et Celui qui pense que la loi d’autre qu’Allah est meilleure :

Quiconque croit que les temps ont changé, que le jugement du Coran et de la sounnah s’appliquait uniquement dans le passé, et que les temps actuels obligent à apporter de nouvelles lois qui y correspondent, est kâfir. La loi d’Allah (سبحانه وتعالى) n’est pas comparable aux lois créées par les hommes, qui eux sont limités dans leurs connaissances par l’espace et le temps. Allah (سبحانه وتعالى), quant à Lui, n’est limité par rien, et Il (تعالى) connaît le passé, Il connaît l’avenir, Il connaît tout. C’est pourquoi les lois qu’Il (تعالى) a révélées dans le Coran et à Son Prophète (صلى الله عليه و سلم), à son époque, sont des lois qui sont applicables jusqu’à la fin des temps. Et c’est une obligation de croire en cela, même si on a du mal à l’accepter, car cela est dû à notre faible compréhension.
Parmi les choses qui sont mal acceptées par les gens en général, il y a les peines comme la lapidation pour celui qui pratique l’adultère, le fait de couper la main au voleur, ou encore l’exécution de celui qui tue. Beaucoup prétendent que ces peines sont dures et qu’elles ne correspondent plus à notre civilisation actuelle soi-disant évoluée. Or celui qui dit cela, il a apostasié de la religion musulman car c’est comme s’il s’oppose au jugement d’Allah et le considère déficient.


2 - Celui qui pense qu’il a le choix entre la loi d’Allah et la loi des hommes :

Celui qui pense qu’il a le choix entre les deux, il a rejeté la foi en la religion de l’Islam. Or il n’a pas le choix et il doit se soumettre et appliquer le jugement d’Allah. Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Juge alors parmi eux d’après ce qu’Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions. » (Sourate Al Ma-idah, verset 49) Et Il (سبحانه وتعالى) a dit également : « Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s’est égaré certes, d’un égarement évident. » (Sourate Al Ahzab, verset 36) Selon Abou Hourayra (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Ce que je vous ai interdit évitez-le, et ce que je vous ai enjoint de faire accomplissez-le selon votre capacité. » (rapporté par Al Boukhari et Mouslim)
Le fait de juger selon la loi d’Allah est une adoration, il est donc obligatoire à tous les serviteurs d’Allah de l’appliquer, de s’y soumettre et de croire qu’il n’y a rien d’égal ou de meilleur. C’est pour cette raison que lorsqu’on appelle les kouffar à l’Islam on ne leur demande pas d’accepter les règles de l’Islam par la raison mais plutôt par la foi en premier.


3 - Celui qui reconnaît que le jugement d’Allah est meilleur, mais qui pense avoir le droit de choisir :

C’est une forme de mécréance, car il permet de juger par autre que les lois d’Allah (تعالى), alors que cela n’est pas permis. En effet, il rend halal ce qui est haram, et il met à égalité le jugement d’Allah avec le jugement d’autre que Lui.
Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Nous avons certes fait descendre des versets explicites. Et Allah guide qui Il veut vers un droit chemin. (46) Et ils disent : « Nous croyons en Allah et au messager et nous obéissons ». Puis après cela, une partie d’entre eux fait volte-face. Ce ne sont point ceux-là les croyants. (47) Et quand on les appelle vers Allah et Son messager pour que celui-ci juge parmi eux, voilà que quelques-uns d’entre eux s’éloignent. (48) Mais s’ils ont le droit en leur faveur, ils viennent à lui, soumis. (49) Y a-t-il une maladie dans leurs cœurs ? Ou doutent-ils ? Ou craignent-ils qu’Allah les opprime, ainsi que Son messager ? Non !... mais ce sont eux les injustes. (50) La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est : « Nous avons entendu et nous avons obéi ». Et voilà ceux qui réussissent. (51). Quiconque obéit à Allah et à Son messager, et craint Allah et Le redoute... alors, voilà ceux qui récoltent le succès. (52) » (Sourate An-Nour, verset 46 à 52)


4 - Celui qui croit qu’il n’est pas permis de juger par autre que la loi d’Allah, mais à cause d’une passion qu’il a en lui, il juge par autre que cela :

C’est-à-dire qu’il juge par autre que la loi d’Allah, tout en sachant que ce qu’il fait est interdit. Cela peut être dû à ses passions, ou à un bien d’ici-bas auquel il est attaché. Par exemple, on lui propose une grosse somme d’argent afin de protéger une personne coupable, et ce juge se laisse corrompre, non pas parce qu’il croit que cela est permis, mais parce qu’il a une foi faible. Dans ce cas-là, il a commis un grand péché, mais il n’est pas sorti de l’Islam.
Car que veut dire « juger selon les lois d’Allah » ? Cela signifie « juger par la vérité ». Ainsi celui qui juge par autre que la vérité consciemment, sans croire que c’est permis de le faire, sans rejeter le verdict d’Allah (سبحانه وتعالى), et sans croire que c’est égal ou meilleur au jugement d’Allah, alors on ne peut pas dire de cette personne qu’elle est en dehors de l’Islam.

Il y a aussi l’exemple de celui qui ne juge pas par la loi d’Allah car il aime son poste. Dans ce cas il a commis un koufr, mais qui ne fait pas sortir de l’Islam. Ce cas a été mentionné par ‘Abdoullah Ibnou ‘Abbas (رضي الله عنه) et beaucoup d’autres parmi les ‘oulama.

Et il y a un autre exemple de personne qui juge par autre que la loi d’Allah, c’est le ‘alim (le savant qui a la connaissance nécessaire) qui a commis une erreur dans son ijtihad (effort de réflexion), et qui n’avait pas l’intention de contredire la vérité. Selon ‘Amr Ibn Al ‘Ass (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit au sujet de ce ‘alim : « Si le juge fait une ijtihad et qu’il atteint la vérité, il aura deux récompenses. Cependant, s’il fait une ijtihad mais qu’il se trompe, il n’aura qu’une récompense. » (rapporté par Al Boukhari et Mouslim) Son erreur sera pardonnée car il ne l’a pas fait exprès. Et il sera tout de même récompensé pour son intention d’avoir recherché la vérité.



Donc, c’est pourquoi on n’a pas le droit de juger la personne qui juge par autre que les lois d’Allah en disant qu’elle a quitté l’Islam, excepté après avoir clarifié auprès de cette personne les raisons qui l’ont poussées à agir ainsi.


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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Mer 1 Juin 2011 - 22:44

Cours n°20




L’obligation de juger par la loi d’Allah dans toute chose ne se limite pas aux dirigeants et aux juges mais à tout individu musulman :

1- Dans la ‘aquida :

Effectivement, l’obligation de juger par la loi d’Allah est une obligation dans les tribunaux pour l’application des peines et au niveau des dirigeants pour l’application de ces lois, mais cela n’est qu’une partie de cette obligation. Il faut également juger selon la loi d’Allah dans ce qu’il y a de plus important en Islam, c’est-à-dire la ‘aquida. Car les gens ont beaucoup de divergences dans leur ‘aquida et il est obligatoire de juger entre eux pour savoir quelle ‘aquida est bonne ou quelle ‘aquida est fausse. Or il y en a parmi les gens qui disent : « Laissons les gens croire comme ils le veulent. » Celui qui permet, ou qui pense que chacun peut choisir la croyance qu’il désire, est sorti de l’Islam.
Il est obligatoire que notre ‘aquida soit en accord avec le Coran et la sounnah en ce qui concerne le tawhid ar-rouboubiya, le tawhid al ‘oulouhiya et le tawhid asma wa siffat.

Concernant le tawhid al ‘oulouhiya (unicité dans l’adoration), il est obligatoire de juger selon la loi d’Allah, car l’adoration ne peut être offerte qu’à Allah (سبحانه وتعالى). En effet, celui qui offre une quelconque forme d’adoration à autre qu’Allah, a commis une forme de shirk majeur qui le fait sortir de l’Islam.
Le fait de juger dans la ‘aquida c’est la base en réalité, car le Prophète (صلى الله عليه و سلم) lorsqu’il a envoyé Mou’adh Ibnou Jabal (رضي الله عنه) au Yémen, il lui a dit : « Que la première chose à laquelle tu appelles ces gens soit de leur faire témoigner qu’il n’y a pas de divinité digne d’adoration si ce n’est Allah, et que Mouhammed est le messager d’Allah. » Ainsi, Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) n’a pas envoyé Mou’adh Ibnou Jabal (رضي الله عنه) uniquement pour qu’il juge les disputes entre les gens, mais il l’a envoyé en premier pour appeler les gens à la bonne ‘aquida.

Concernant le tawhid asma wa siffat (unicité dans les Noms et Attributs), il est également obligatoire de juger selon la loi d’Allah. Donc on doit juger les Jahmiyas, les mou’tazilas, les Acha’iras, les Matouridiyas, et toutes ces sectes qui ont dévié dans les noms et attributs d’Allah. Les Jahmiyas ont nié tous les Noms et Attributs d’Allah, les mou’tazilas ont affirmé les Noms mais nié tous les Attributs, les Acha’iras ont affirmé les Noms et ont affirmé certains Attributs et nié les autres, ainsi que les Matouridiyas. Il faut donc les juger pour savoir qui est sur la vérité et qui est sur l’erreur.


2- Dans les adorations :

Il est de même obligatoire de juger selon la loi d’Allah dans les questions d’adoration, car il y a des adorations qui sont en accord avec le Coran et la sounnah et d’autres qui ont été inventées. Il est donc obligatoire de clarifier leur fausseté et de montrer que ce sont des bida’as, comme le Prophète (صلى الله عليه و سلم) l’a expliqué dans la sounnah. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit, selon ‘Aïcha (رضي الله عنها) : « Tout acte non conforme à notre religion sera rejeté. » (rapporté par Mouslim) Et selon Abou Najih Al ‘Irbad Ibn Sariya (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Prenez garde aux choses inventées, car toute chose inventée est bida’a, et toute bida’a est égarement, et tout égarement conduit au feu. » (rapporté par Abou Dawoud et At-Tirmidhi)

Donc, si on laisse les gens faire tout ce qu’ils veulent, faire des bida’a, faire du shirk, nier les attributs d’Allah, etc., c’est qu’on a trahi la oumma. Or le Prophète (صلى الله عليه و سلم) nous a dit qu’il faut être sincère. D’après Abou Rouqaya Tamim Ibn Aws (رضي الله عنه), il (صلى الله عليه و سلم) a dit : « La religion, c’est la sincérité. » Les sahabas ont dit : « Envers qui ? Ô Messager d’Allah. » Il a répondu : « Envers Allah, Son livre, Son Envoyé, les dirigeants et toute la communauté musulmane. » (rapporté par Mouslim)


3- Dans le fait d’ordonner le bien et interdire le mal :

De même que dans la façon dont on ordonne le bien et on interdit le mal, il faut revenir au jugement d’Allah concernant ce sujet. Si on ne fait pas cela, c’est comme si on avait délaissé la chari’a. Et bien entendu, il faut suivre les règles de l’Islam et ne pas transgresser. Selon Abou Sa’id Al Khoudri (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Celui d’entre vous qui aperçoit une chose répréhensible qu’il la redresse par sa main. S’il n’en est pas capable, qu’il la redresse par sa langue. S’il n’en est pas capable, qu’il la redresse par son cœur, ceci étant le degré le plus faible de la foi. » (rapporté par Mouslim)
Donc, celui qui a une autorité, comme le policier par exemple, il est capable de changer le mal par la main et cela ne causera pas plus de désordre car il possède cette permission. Quant à celui qui veut changer le mal par sa main mais que cela causera plus de mal encore, il doit s’abstenir. De même que de changer le mal par la langue, c’est en donnant le bon conseil et en expliquant le verdict d’Allah. Et si on en n’est pas capable, alors par le cœur uniquement, en détestant ce mal, en espérant le changer, et ceci tout le monde est capable de le faire.


4- Dans les péchés :

Il faut aussi juger selon les lois d’Allah sur tout ce qui concerne les péchés qui sont moins graves que le koufr et le shirk. Il faut clarifier aux gens ce qui est halal de ce qui est haram, et ceci est une miséricorde pour nous. En effet, si on ne sait pas ce qui est haram, on va tomber dans ce qui est mauvais pour nous. Car Allah (تعالى) ne nous a pas interdit des choses dans le but de nous punir, mais Il (تعالى) nous a interdit des choses pour nous protéger.




C’est obligatoire pour les dirigeants de juger selon ce qu’Allah a révélé, et cela fait partie de leur travail. Et ils doivent imposer aux gens le jugement d’Allah. Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Certes, Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants-droit, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité. Quelle bonne exhortation qu’Allah vous fait ! Allah est, en vérité, Celui qui entend et qui voit tout. » (Sourate An-Nissa, verset 58) Ce verset concerne les dirigeants.
Mais dans le verset qui suit, l’obligation s’applique à tous les musulmans : « Ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement. Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation (et aboutissement). » (Sourate An-Nissa, verset 59)

Et il n’est pas permis de juger par le Taghout. Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « N’as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qu’on a fait descendre vers toi [prophète] et à ce qu’on a fait descendre avant toi ? Ils veulent prendre pour juge le Ṭaghout, alors que c’est en lui qu’on leur a commandé de ne pas croire. Mais le Diable veut les égarer très loin, dans l’égarement. * Et lorsqu’on leur dit : «Venez vers ce qu’Allah a fait descendre et vers le Messager », tu vois les hypocrites s’écarter loin de toi. » (Sourate An-Nissa, verset 60 et 61)

Cas particulier :
Il arrive parfois que dans des conflits entre les gens, le seul moyen d’avoir justice, est de faire appel aux kouffar. Par exemple, dans un pays non musulman, une personne souhaite récupérer son bien qui lui a été pris injustement par une autre personne, qui refuse toute discussion et toute conciliation. Dans ce cas, s’il n’y a pas d’autre moyen, il est permis à la personne lésée d’envoyer celui qui est coupable d’injustice devant la cour, et cela ne fait pas partie du fait de juger par le taghout. Car l’intention est uniquement de récupérer le bien.
Autre exemple, une femme est maltraitée et battue par son mari qui refuse de la divorcer. Si elle n’a pas d’autre moyen, il est permis à cette femme d’avoir recours à la justice de ce pays non musulman pour demander le divorce, et celui-ci sera valable même si l’époux n’a pas prononcé la formule de divorce.
Donc, dans les pays où la loi d’Allah n’est pas appliquée, il est permis en cas de nécessité d’avoir recours à ces lois.


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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Jeu 2 Juin 2011 - 11:47

Cours n°21




Cinquième annulation



Le sheikh Mouhammad ibnou 'Abdil Wahhâb a dit :

"La cinquième [annulation] : Celui qui déteste une chose venue du messager d’Allah est un mécréant, et même s’il la met en application."





Explication de Sheikh Al Fawzan :


Cinquième annulation : Détester une chose apportée par le prophète même si on la met en application.

La preuve de cette annulation est la parole d’Allah (عز وجل) : « Et quant à ceux qui ont mécru, il y aura un malheur pour eux, et Il rendra leurs œuvres vaines. (8) C’est parce qu’ils ont de la répulsion pour ce qu’Allah a fait descendre. Il a rendu donc vaines leurs œuvres. » (Sourate Mouhammed, verset 8 et 9) Cela prouve que celui qui déteste ce que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a amené, a rejeté l’Islam et ses œuvres sont détruites, car la foi est basée sur 6 piliers : Croire en Allah, en Ses Anges, en Ses Livres, en Ses Prophètes, au Jour Dernier et au Destin.
Et Allah (سبحانه وتعالى) dit également : « Cela parce qu’ils ont suivi ce qui courrouce Allah, et qu’ils ont de la répulsion pour [ce qui attire] Son agrément. Il a donc rendu vaines leurs œuvres. » (Sourate Mouhammed, verset 28)


Une chose apportée par le Prophète (صلى الله عليه و سلم) :

Cela comprend le Coran et la Sounnah du Prophète (صلى الله عليه و سلم). En effet, la révélation se divise en 2 parties :
1- Le Coran : C’est la première source et référence de l’islam.
2- La sounnah : Car la sounnah du Prophète (صلى الله عليه و سلم) est également une révélation, Allah (سبحانه وتعالى) dit au sujet de Son Prophète (صلى الله عليه و سلم) : « Et il ne prononce rien sous l’effet de la passion ; * ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée. » (Sourate An-Najm, verset 3 et 4) Et Il (تعالى) dit également : « Prenez ce que le Messager vous donne; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en. » (Sourate Al Hashr, verset 7)

Parmi les grandes formes d’adoration il y a l’amour d’Allah (سبحانه وتعالى), puis l’amour du Messager (صلى الله عليه و سلم). Et cet amour implique que l’on doit aimer tout ce qui vient d’Allah et de Son Messager (صلى الله عليه و سلم) et cela implique également que quiconque déteste quoi que ce soit qui vient d’Allah et de Son Messager (صلى الله عليه و سلم), c’est qu’il déteste Allah et Son Messager. Or cela est une forme de mécréance. Il est donc obligatoire pour le musulman d’aimer tout ce qui vient d’Allah : le Coran, la sounnah et Son Messager (صلى الله عليه و سلم).


Même s’il la met en application :

Cela signifie qu’il n’est pas croyant tant qu’il n’a pas aimé tout ce qui vient d’Allah, même s’il pratique tout. Car en fait c’est un mounafiq (hypocrite), et il correspond tout à fait à la description des mounafiqin à l’époque du Prophète (صلى الله عليه و سلم) au sujet desquels Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Et lorsqu’on leur dit : « Venez vers ce qu’Allah a fait descendre et vers le Messager », tu vois les hypocrites s’écarter loin de toi. » (Sourate An-Nissa, verset 61) En effet, ces gens prétendaient être des musulmans, mais ils détestaient la révélation.
Donc le fait d’appliquer la religion en apparence, alors qu’au fond de soit on la déteste, cela n’a aucun intérêt pour l’au-delà. La raison pour laquelle les mounafiqin appliquaient la religion alors qu’ils ne l’aimaient pas, c’est qu’ils voulaient se protéger en prenant la religion comme un bouclier. Ou bien pour obtenir quelque intérêt dans la douniya, comme par exemple avoir les mêmes privilèges que les musulmans. Ils n’ont pas agi par foi et c’est pour cela qu’Allah (تعالى) les a jugé comme étant des kouffar et qu’ils seront au plus bas fond de l’Enfer.


Concernant ce qui vient d’Allah, il y a 3 catégories de personnes :

1 - Les kouffar el asliyoun :

Ce sont ceux qui sont kouffar à la base, comme les juifs et les chrétiens par exemple. Ils sont nés dans des familles mécréantes et ont grandi dans la mécréance et n’ont jamais cru en l’Islam. Ceux-là, à la base, ils détestent les messages et la révélation d’Allah (سبحانه وتعالى). Et lorsqu’on les appelle à l’Islam, ils disent ce qui est mentionné dans le Coran : « Et quand on leur dit : « Venez vers ce qu’Allah a fait descendre (la Révélation), et vers le Messager », ils disent : « Il nous suffit de ce sur quoi nous avons trouvé nos ancêtres ». » (Sourate Al Ma-idah, verset 104) Même si leurs parents étaient des ignorants et qu’ils étaient dans l’égarement, ils les suivent.
Cependant, il est permis d’épouser les femmes des gens du livre, de manger leur viande si elle a été égorgée, d’accepter le paiement de la Jeziya en temps de Jihad ou d’autres règles en rapport avec les kouffar.


2 - Les kouffar el Mourtadoun :

Ce sont ceux qui étaient ou qui se disent musulmans mais qui ont quitté la foi. Leur degré de kouffr est plus grand que les kouffar el asliyoun, et donc les règles en rapport avec les kouffar ne s’appliquent pas pour eux.


3 - Les mou°min :

Ce sont ceux qui aiment tout ce qui vient d’Allah, et c’est pour cela qu’Allah (سبحانه وتعالى) dit à leur sujet : « La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est : « Nous avons entendu et nous avons obéi ». Et voilà ceux qui réussissent. » (Sourate An-Nour, verset 51)
Et Allah (عز وجل) dit également : « Non ! ... Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence]. » (Sourate An-Nissa, verset 65) Donc lorsque le vrai croyant fait face au verdict qui vient d’Allah et de Son Messager, son attitude est qu’il doit s’y soumettre, l’accepter et en être satisfait. Il ne s’oppose pas à ce verdict car il sait au fond de son cœur que tout ce qui vient d’Allah et de Son Messager, est la vérité et la justice.


Il n’y a pas de distinction à faire entre le Coran et la Sounnah, puisque tous les 2 viennent d’Allah. Mais les gens de l’égarement n’acceptent que le Coran, comme par exemple la secte des Qor-âniyoun qui prétendent que seul le Coran est sûr et que dans la sounnah il peut y avoir des doutes dans les chaînes de transmission. Pour les gens de la sounnah, il n’y a aucun doute au sujet des hadiths rapportés par des gens fiables. Pour eux, tout ce qui est authentique de la part du prophète (صلى الله عليه و سلم) apporte la science, la connaissance et la certitude. Donc on peut et on doit l’utiliser comme preuve dans toutes les questions qui sont en rapport avec l’Islam, que ce soit dans la croyance, dans la pratique ou dans les interactions de la vie courante.


Et lorsque le sheikh Mouhammad ibnou 'Abdil Wahhâb a dit « celui qui déteste une chose », c’est-à-dire une chose indéfinie, cela peut être une seule chose parmi tant d’autres. Donc celui qui déteste une seule de ces choses qui ont été amenées par le Prophète (صلى الله عليه و سلم), cela est suffisant pour qu’il sorte de l’Islam. Selon ‘Abdoullah Ibn ‘Amr Ibn Al ‘Ass (رضي الله عنهما), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Aucun d’entre vous ne sera véritablement croyant tant qu’il ne met pas toute sa passion en accord avec les enseignements que j’ai apportés. » C’est un hadith dont l’authenticité n’est pas sûre, mais dont la signification est vraie car elle est supportée par des versets du Coran, tel que le verset 28 de Sourate Mouhammed (mentionné plus haut).


(Le cours se finit par des exemples de choses qui sont souvent détestées pour les gens de l’égarement, comme El Riba, la position de la femme en Islam par rapport à l’homme, le port du hijab, etc.)

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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Dim 5 Juin 2011 - 22:59

Cours n°22




Parmi les autres exemples de choses qui sont souvent détestées, il y a le fait de ne pas vouloir dire des juifs et des chrétiens qu’ils sont des kouffars. Ainsi, sous prétexte que certains musulmans vivent dans des pays de koufr, ils font des compromis dans leur religion afin de faire plaisir au kouffars et pour que ces derniers les aiment. Et ceci est interdit en Islam, Allah (عز وجل) dit : « Ils aimeraient bien que tu transiges avec eux afin qu’ils transigent avec toi. » (Sourate Al Qalam, verset 9)
Beaucoup de versets montrent qu’il n’y a pas d’égalité entre le musulman et le non musulman, Allah (سبحانه وتعالى) dit : « Ne seront pas égaux les gens du Feu et les gens du Paradis. Les gens du Paradis sont eux les gagnants. » (Sourate Hashr, verset 20) Et Il (عز وجل) dit aussi : « Ceux qui commettent des mauvaises actions comptent-ils que Nous allons les traiter comme ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, dans leur vie et dans leur mort ? Comme ils jugent mal ! » (Sourate Jâthiya, verset 21)


Mise en garde contre le fait de rejeter une chose de la révélation :

Au temps du Prophète (صلى الله عليه و سلم), il y avait un homme qui récitait toujours la sourate « Qoul houwa-Llahou ahad » (sourate Al Ikhlass) lorsqu’il dirigeait la prière de ses Compagnons. Ces derniers sont venus en informer le Prophète (صلى الله عليه و سلم) qui lui a demandé : « Pourquoi récites-tu toujours cette sourate ? » L’homme a répondu : « Je la récite parce que je l’aime. » Et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Ton amour pour cette sourate te fait entrer au Paradis. »
Et dans une autre version, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit aux compagnons : « Dites-lui qu’Allah l’aime. »
Donc aimer le Coran est une preuve de la foi et cela fait entrer au Paradis. Toutefois, détester le Coran ou la sounnah annule la foi.

Il en est de même pour celui qui déteste le Coran ou la sounnah car cela est en contradiction avec l’avis de son imam ou professeur en Islam. S'il a une haine dans son cœur à cause cela, alors cela prouve qu’il n’a pas de foi et ses œuvres sont annulées, car le vrai croyant ne place rien devant le Livre d’Allah et la sounnah du Prophète (صلى الله عليه و سلم).
L’Imam Ash-Shafi3i (رحمه الله) a dit : « Les musulmans sont tous d’accord sur le fait que si la sounnah du Messager (صلى الله عليه و سلم) a été clarifiée à quelqu’un, il ne lui est pas permis de la délaisser pour la parole de quiconque. » (rapporté et authentifié par Ahmed Ibn Hanbal)
Une fois, ‘Abdoullah Ibnou ‘Abbas (رضي الله عنهما) expliquait aux gens une parole que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) avait dite. Et les gens lui ont dit : « Oui, mais Abou Bakr et ‘Oumar ont dit autrement. » ‘Abdoullah Ibnou ‘Abbas (رضي الله عنهما) a alors dit : « J’ai peur que des pierres tombent du ciel sur vos têtes. Je vous dis le Messager (صلى الله عليه و سلم) a dit, et vous me dites Abou Bakr et ‘Oumar ont dit. Voulez-vous mettre Abou Bakr et ‘Oumar au même niveau que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) ? »

Donc, si on craint que des pierres ne tombent du ciel pour avoir placé la parole de deux sahabas avant celle du Prophète (صلى الله عليه و سلم), que dire de placer la parole de son Cheykh avant celle du Prophète (صلى الله عليه و سلم) ? Et on craint également pour la personne qui possède ces caractéristiques qu’il soit parmi ceux dont Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Et quand on leur récite Nos versets bien clairs, tu discerneras la réprobation sur les visages de ceux qui ont mécru. » (Sourate Al Hajj, verset 72)

Allah (سبحانه وتعالى) dit : « Le combat vous a été prescrit alors que vous le détestez. Or, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est mauvaise. C’est Allah qui sait, alors que vous ne savez pas. » (Sourate Al Baqara, verset 216) Ce qu’ils détestent en réalité dans le combat, c’est le fait qu’il y ait des difficultés, des blessures, la mort et le danger. Or l’être humain déteste cela car ça fait partie de sa nature. C’est comme la personne qui souffre d’un mal de dent et qui doit se faire arracher une dent. Il déteste cela mais il sait que c’est finalement un bien pour lui. Donc le musulman doit savoir que le verdict d’Allah (عز وجل) ou du Prophète (صلى الله عليه و سلم) est quelque chose de bien.

Allah (تعالى) dit également : « Ô vous qui avez cru ! Ne devancez pas Allah et Son messager. Et craignez Allah. Allah est Audient et Omniscient. » (Sourate Al Houjrat, verset 1) Et ‘Omar Ibn Al Khattab (رضي الله عنهما) a dit : « Accusez votre opinion par rapport à la religion. » C’est-à-dire lorsque vous avez un conflit intérieur accusez votre opinion et pas la religion.



Questions / Réponses concernant le fait de rejeter ou de ne pas aimer une chose de la révélation ou des obligations :

Question 1 :

Est-ce obligatoire de déclarer quelqu’un qui déteste une chose du Coran et de la Sounnah comme kafir, si cette haine est apparente ?

Réponse :

Si la personne montre cette haine en disant : « je déteste ce qui vient d’Allah. » ou « je déteste ce qui vient du Prophète (صلى الله عليه و سلم) », alors il n’y a pas de doute. Mais si la personne ne le dit pas, alors on ne peut pas savoir ce qu’il y a dans son cœur.


Question 2 :

Certaines personnes trouvent difficile de faire certaines actions et ils les font avec beaucoup de difficulté Et parfois, ils détestent même faire certaines choses qu’Allah a révélées, comme par exemple se lever pour salat al Fajr. Peut-on considérer ces gens-là parmi ceux qui détestent ce qu’Allah a révélé à son Messager (صلى الله عليه و سلم) ?

Réponse :

Il faut distinguer la personne qui déteste ce qu’Allah a révélé et la personne qui a une certaine paresse lorsque vient le temps de prier la nuit, ou de prier le Fajr. Cela ne fait pas sortir de l’Islam, mais cela est blâmable. Par exemple, lorsqu’Allah (تعالى) a révélé : « Le combat vous a été prescrit alors que vous le détestez. » (Sourate Al Baqara, verset 216) Cela ne veut pas dire qu’ils détestent qu’Allah leur ait ordonné le combat, mais ils détestent le combat lui-même à cause de sa difficulté. Alors, il n’y a pas de doute que la personne est blâmée, mais cela n’arrive pas au degré de koufr. La paresse est donc une faiblesse dans la foi et c’est une caractéristique des hypocrites.


Question 3 :

Si une personne rejette un hadith du Prophète (صلى الله عليه و سلم) concernant la croyance, sous prétexte qu’il s’agit d’un hadith Ahad (rapporté par peu de narrateurs), peut-on considérer cela comme une forme d’apostasie ?

Réponse :

Si la personne sait que le hadith est authentique et que c’est un texte clair concernant ce sujet n’ayant pas d’autre signification possible, dans ce cas là elle est considérée comme apostat et n’a pas d’excuse. Par contre, si elle ne connaît pas son authenticité, ou bien que le hadith peut être interprété différemment et n’est pas clair, alors elle est excusée.


Question 4 :

Si quelqu’un déteste une chose qui n’a ni été ordonnée, ni été interdite, est-ce que cela rentre dans le 5ème nâqid ? Ou bien si une personne déteste une chose de la religion pour laquelle il y a une divergence d’opinion entre les savants, est-ce que cette personne est kâfir ?

Réponse :

Tout ce qui est moubah (ni ordonné, ni interdit) ou ce qui est sujet à divergence, la personne est excusée. Si le moujtahid (celui qui possède les moyens nécessaires pour rechercher la vérité) se trompe, il est excusé. Si ce n’est pas un moujtahid et qu’il a choisi parmi les avis des savants de Ahloul sounnah wal jama’a selon ce qui lui parait être la vérité, il est également excusé. Quant à celui qui choisit une position uniquement parce qu’elle est en accord avec sa passion, il n’y a pas de doute qu’il commet un péché, mais cela n’atteint pas le degré de l’apostasie.


Question 5 :

Concernant le verset : « C’est parce qu’ils ont de la répulsion pour ce qu’Allah a fait descendre. Il a rendu donc vaines leurs œuvres. » (Sourate Mouhammed, verset 9), il y en a qui font la distinction entre celui qui déteste une partie de ce qui a été révélé et celui qui déteste tout ce qui a été révélé et ceux-là prétendent que ce verset ne s’applique qu’à ceux qui déteste tout ce qui a été révélé. Est-ce que cette distinction est correcte ?

Réponse :

Non, le verdict concernant ce verset, englobe ceux qui détestent tout et ceux qui détestent une partie, car cette partie fait partie d’un tout. Et cela fait partie de ce qu’Allah a révélé, donc pourquoi le détester ? Quiconque déteste une chose quelconque de ce qui a été révélé au Prophète (صلى الله عليه و سلم), a rejeté la foi.


Question 6 :

Est-ce que celui qui déteste les sahabas fait partie de ce point qui annule l’Islam (la 5ème annulation) ?

Réponse :

Oui, celui qui déteste les sahabas, comme par exemple les Râfidas parmi les Chii’a, c’est la preuve qu’il a de l’hypocrisie. En effet, personne ne peut détester un sahaba parmi les sahabas du Prophète (صلى الله عليه و سلم) hormis les hypocrites et Allah (عز وجل) a appelé cela du koufr dans le Coran. Allah (تعالى) a dit : « Muḥammad est le Messager d’Allah. Et ceux qui sont avec lui sont durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux. Tu les vois inclinés, prosternés, recherchant d’Allah grâce et agrément. Leurs visages sont marqués par la trace laissée par la prosternation. Telle est leur image dans la Thora. Et l’image que l’on donne d’eux dans l’Evangile est celle d’une semence qui sort sa pousse, puis se raffermit, s’épaissit, et ensuite se dresse sur sa tige, à l’émerveillement des semeurs. [Allah] par eux [les croyants] remplit de dépit les mécréants. » (Sourate Al Fath, verset 29) Dans ce verset on apprend qu’Allah (تعالى) a amené les sahabas pour mettre la colère dans le cœur des kouffars. Donc quiconque éprouve de la haine envers les sahabas fait partie des kouffars. C’est un verset que l’Imam Malik a utilisé pour montrer la mécréance des Râfidas. […]


Question 7 :

Ceux qui parlent contre les savants et qui disent qu’ils ne connaissent que les règles relatives aux menstrues et aux lochies afin de les ridiculiser, cela fait-il partie du koufr ?

Réponse :

Cela n’est pas du koufr, mais ça fait partie des grands péchés et ces gens doivent se repentir à Allah (تعالى). De plus, ce genre de parole ne va apporter que du mal, et les gens vont même détester les savants ou cela diminuera la confiance qu’ils ont en eux.


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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Lun 4 Juil 2011 - 14:54

Cours n°23


Sixième annulation



Le sheikh Mouhammad ibnou 'Abdil Wahhâb a dit :

"La sixième [annulation] : Celui qui se moque d’une chose faisant partie de la religion, ou de la récompense d’Allah ou du châtiment est un mécréant, cela est prouvé par les versets : « Dis : Etait-ce d’Allah, de Ses versets et de Son messager que vous vous moquiez ? Ne vous excusez pas, vous êtes certes devenu mécréant après avoir cru. » (Sourate At-Tawba, versets 65-66) "



Explication de Sheikh Al Fawzan :

Sixième annulation : Se moquer du Messager, du châtiment ou de la récompense.

Nous avions vus dans l’annulation précédente que celui déteste une chose venant du Prophète (صلى الله عليه و سلم) a mécru. Et le fait de détester une chose, cela est en rapport avec les actions du cœur. Quant au fait de se moquer de tout ce qui concerne la religion, cela est en rapport avec les actions de la langue.


La cause de la révélation des versets de la sourate At-Tawba :

Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Et si tu les interrogeais, ils diraient très certainement : « Vraiment, nous ne faisions que bavarder et jouer. » Dis : « Est-ce d’Allah, de Ses versets (le Coran) et de Son messager que vous vous moquiez ? » (65) Ne vous excusez pas : vous avez bel et bien rejeté la foi après avoir cru. » (Sourate At-Tawba, verset 65 et 66)

La cause de la révélation de ces versets est mentionné dans le hathar suivant :
Ibn ‘Oumar, Muhammad ibn Ka’b, Zayd ibn ‘Aslam et Qatâdah (رضي الله عنهم) rapportent dans un hadith composé de leurs propos respectifs que lors de la bataille de Tâbûk, un homme déclara : « Jamais nous n’avons vu d’individus plus voraces, plus menteurs et plus lâches lors d’un assaut que ces lecteurs » désignant par ‘lecteurs’, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) et ses Compagnons qui étaient assidus dans la lecture du Coran. ‘Awf ibn Malik (رضي الله عنه) dit alors à cet homme : « Tu mens ! D’ailleurs tu n’es qu’un hypocrite ! Et je m’en vais de ce pas informer le Prophète de tes propos. » ‘Awf alla donc voir le Prophète (صلى الله عليه و سلم) pour l’en informer, mais la révélation divine l’avait précédé. L’homme qui avait tenu des propos malveillants vint au Prophète (صلى الله عليه و سلم) alors que celui-ci quittait les lieux sur sa chamelle. L’homme s’expliqua : « Ô Messager d’Allah ! Nous ne faisions que bavarder et discuter comme discutent les voyageurs, afin d’atténuer la fatigue du voyage ! »
Ibn ‘Umar (رضي الله عنه) a dit : « Je le vois encore s’agripper à la bride de la chamelle du Prophète (صلى الله عليه و سلم), trébuchant sur les cailloux jonchant le chemin en le suppliant : « Vraiment, nous ne faisions que bavarder et jouer ! » Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) lui répondait alors : « Est-ce d’Allah, de Ses versets (le Coran) et de Son Messager que vous vous moquiez ? » (Sourate At-Tawba, v. 65) sans même daigner se tourner vers lui, ni rien ajouter à ses propos. » (Rapporté par Ibn Abî Hatim)


Lorsqu’Allah (عز وجل) a dit : « vous avez bel et bien rejeté la foi après avoir cru. » cela indique un point très important, qui est qu’avant d’avoir prononcé cette parole, ces hommes étaient croyants et non des hypocrites. En effet, concernant les hypocrites, Allah sait qu’ils ne croient pas dans leur cœur. Donc, étant donné qu’Allah sait cela, si ces hommes avaient été des hypocrites, Allah n’aurait pas dit d’eux qu’ils ont cru. Ceci est la preuve que celui qui se moque d’Allah, ou de son Messager, ou de ce qui a été amené dans la religion, a mécru et a apostasié.

Et dans un autre verset de la même sourate Allah (تعالى) a dit à propos des mounafiqin : « Ils jurent par Allah qu’ils n’ont pas dit (ce qu’ils ont proféré), alors qu’en vérité ils ont dit la parole de la mécréance et ils ont rejeté la foi après avoir été musulmans. » (Sourate At-Tawba, verset 74) Ici, Allah (عز وجل) a dit « ils ont rejeté la foi après avoir été musulmans » et non après avoir cru. Être musulman, cela signifie déclarer entrer dans l’Islam même si on fond de son cœur la personne n’est pas véritablement sincère dans sa déclaration. Ainsi, si une personne dit « lâ ilaha illa-Llah » et qu’elle commence a pratiquer l’Islam, qu’elle soit sincère ou non, on la considère comme musulmane car on ne peut juger que par l’apparence et non ce qu’il y a dans son cœur. Ainsi, dans ce verset il n’y a pas d’indication qu’ils ont mécru après avoir eu la foi, mais uniquement après avoir prétendu être entré dans l’Islam.


Ce verset nous indique des points très importants :

1- Il est obligatoire pour les musulmans de respecter Allah (سبحانه وتعالى) :

Il faut donc L’exalter et Le glorifier, et ne pas le rabaisser contrairement aux paroles de koufr qu’ont prononcées les juifs, comme par exemple lorsqu’ils ont dit : « Et les Juifs disent : « La main d’Allah est fermée ! » Que leurs propres mains soient fermées, et maudits soient-ils pour l’avoir dit. » (Sourate Al Ma-idah, verset 64) Ils ont voulu dire par-là qu’Allah est avar et qu’Il ne donne pas généreusement. Ils ont été maudits pour cette parole.
Et Allah (تعالى) dit également concernant la parole des chrétiens : « Certes sont mécréants ceux qui disent : « Allah, c’est le Messie, fils de Marie ! ». » (Sourate Al Ma-idah, verset 17)
Toute personne qui commet le shirk, cela est considéré comme une insulte envers Allah (تعالى).


2- Il est obligatoire de respecter le Messager (صلى الله عليه و سلم) :

Quiconque manque de respect au Messager (صلى الله عليه و سلم), le dénigre, l’insulte ou le rabaisse, est un kafir. Allah a dit : « Ô vous qui avez cru ! Ne devancez pas Allah et Son messager. Et craignez Allah. Allah est Audient et Omniscient. (1) Ô vous qui avez cru ! N’élevez pas vos voix au-dessus de la voix du Prophète, et ne haussez pas le ton en lui parlant, comme vous le haussez les uns avec les autres, sinon vos œuvres deviendraient vaines sans que vous vous en rendiez compte. (2) Ceux qui auprès du Messager d’Allah baissent leurs voix sont ceux dont Allah a éprouvé les cœurs pour la piété. Ils auront un pardon et une énorme récompense. (3) Ceux qui t’appellent à haute voix de derrière les appartements, la plupart d’entre eux ne raisonnent pas. (4) Et s’ils patientaient jusqu’à ce que tu sortes à eux ce serait certes mieux pour eux. Allah cependant, est Pardonneur et Miséricordieux. » (Sourate Al Houjrat, verset 1 à 5)
L’interdiction d’élever la voix au-dessus de celle du Prophète (صلى الله عليه و سلم) durant sa vie s’applique aux Shabas lorsqu’ils étaient près de lui. Et après sa mort, les savants du Tafsir ont expliqué que cela signifie qu’il ne faut pas mettre son opinion au-dessus de la parole du Prophète (صلى الله عليه و سلم).
Ces versets nous montrent le respect à avoir envers le Prophète (صلى الله عليه و سلم). Lorsqu’on parle du Prophète (صلى الله عليه و سلم) on doit l’appeler par son statut en disant « Ô Messager d’Allah » ou « Ô Prophète d’Allah », comme l’ont fait les sahabas. En effet, ces derniers ne l’appelaient pas « Ô Mouhammed », en dehors de quelques bédouins venant du désert qui n’étaient pas habitué aux règles de politesse. Même dans le Coran, lorsqu’Allah (سبحانه وتعالى) s’adresse au Prophète (صلى الله عليه و سلم), Il (تعالى) dit toujours « Ô toi le Prophète » ou bien « Ô toi le Messager ».
Mais lorsqu’Il (تعالى) nous informe à son sujet Il dit par exemple : « Mouḥammed n’a jamais été le père de l’un de vos hommes, mais il était le messager d’Allah et le dernier des prophètes. » (Sourate Al Ahzab, verset 40) De même que dans ce verset : « Et ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres et ont cru en ce qui a été descendu sur Mouḥammed - et c’est la vérité venant de leur Seigneur. » (Sourate Mouhammed, verset 2)


3- Il est obligatoire de respecter le Coran :

Ce respect est obligatoire car c’est la parole d’Allah et son mérite sur d’autres paroles est comparable au mérite d’Allah sur Sa création. En effet, la parole d’Allah fait partie de Ses attributs.


4- Il est obligatoire de respecter la religion de l’Islam :

Il n’est pas permis de rabaisser quoi que ce soit qui fait partie de l’Islam car c’est la religion d’Allah. Se moquer de quelque chose faisant partie de la religion est une forme de koufr. Cependant, s’il ne savait pas que cette chose faisait partie de l’Islam, il est excusé mais ne doit plus continuer à se moquer.


5- Il est obligatoire de respecter la sounnah du Prophète (صلى الله عليه و سلم) :

Il faut honorer la sounnah car c’est la parole du Messager (صلى الله عليه و سلم) et c’est une révélation qui vient d’Allah. La preuve de cela est la parole d’Allah (تعالى) : « Et il ne prononce rien sous l’effet de la passion ; ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée. » (Sourate An-Najm, verset 3 et 4)


6- Il est obligatoire de respecter les savants de l’Islam :

Il est obligatoire de respecter les savants de l’Islam parce qu’ils sont les héritiers du Prophète (صلى الله عليه و سلم). Et Allah (سبحانه وتعالى) les a élevé en degré en disant : « Allah élèvera en degrés ceux d’entre vous qui auront cru et ceux qui auront reçu la science. » (Sourate Al Moujadalah, verset 11)
Les premiers à avoir manqué de respect aux savants sont ceux pour qui les versets 65 et 66 de la sourate At-Tawba ont été révélés. En effet, un homme déclara : « Jamais nous n’avons vu d’individus plus voraces, plus menteurs et plus lâches lors d’un assaut que ces lecteurs » désignant par ‘lecteurs’, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) et ses Compagnons qui étaient assidus dans la lecture du Coran. Et à cette époque, les personnes qui connaissaient le Coran et le récitaient, étaient des savants. Contrairement à aujourd’hui, ou certaines personnes de bida’a apprennent le Coran par cœur sans aucune compréhension, comme le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a décrit les khawarijs en disant : « Ils récitent le Coran, mais cela ne dépasse pas leur gorge. »
Donc quiconque se moque des savants à cause de la science qu’ils possèdent dans leur cœur, a commis une forme de koufr. Cependant, si quelqu’un se moque d’un musulman, qu’il soit savant ou non, pour quelque qui a un rapport avec sa création (et non sa science), il est évident que c’est un péché, mais cela n’entre pas dans le koufr.


7- Il est obligatoire de respecter tous les musulmans en général :

Qu’il s’agisse d’un individu en particulier ou d’un groupe de musulmans. Et celui qui se moque des musulmans, cela représente une moquerie envers l’Islam et donc une forme de koufr. Quant au fait de se moquer d’une apparence, ou que la moquerie n’est pas en rapport avec l’Islam, ceci est un péché.
Et Allah a dit : « Ô vous qui avez cru ! Qu’un groupe ne se raille pas d’un autre groupe: ceux-ci sont peut-être meilleurs qu’eux. Et que des femmes ne se raillent pas d’autres femmes : celles-ci sont peut-être meilleures qu’elles. Ne vous dénigrez pas et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquets (injurieux). Quel vilain mot que « perversion » lorsqu’on a déjà la foi. Et quiconque ne se repent pas... Ceux-là sont les injustes. » (Sourate Al Houjrat, verset 11)


8- S’éloigner de ceux qui se moquent de la religion :

Concernant le verset qui dit : « vous avez bel et bien rejeté la foi » Allah (سبحانه وتعالى) a rendu mécréants tout ceux qui étaient présent alors qu’un seul d’entre eux s’est moqué du Prophète (صلى الله عليه و سلم) et ses Compagnons (رضي الله عنهم). Ceci car ils n’ont pas objecté ou rejeté cette moquerie et sont, par conséquent, devenu les complices de cet homme.
Il n’est donc pas permis de rester en présence des gens qui se moquent de l’Islam ou de la religion. Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Quand tu vois ceux qui pataugent dans des discussions à propos de Nos versets, éloigne-toi d’eux jusqu’à ce qu’ils entament une autre discussion. Et si le Diable te fait oublier, alors, dès que tu te rappelles, ne reste pas avec les injustes. » (Sourate Al An’am, verset 68)
Allah (سبحانه وتعالى) a dit également : « Dans le Livre, Il vous a déjà révélé ceci: lorsque vous entendez qu’on renie les versets (le Coran) d’Allah et qu’on s’en raille, ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu’à ce qu’ils entreprennent une autre conversation. Sinon, vous serez comme eux. Allah rassemblera, certes, les hypocrites et les mécréants, tous, dans l’Enfer. » (Sourate An-Nissa, verset 140)


Ainsi dans ce verset il y a beaucoup de leçons à tirer et beaucoup de règles à prendre. C’est donc important pour le musulman de méditer et de réfléchir sur le sens de ce verset afin de ne pas tomber dans la moquerie contre l’Islam. Et cette moquerie n’engloba pas uniquement le fait de se moquer du le Coran, de la sounnah et du Prophète (صلى الله عليه و سلم), mais cela englobe également tous les Prophètes de l’islam, comme Moussa (عليه السلم), ‘Issa (عليه السلم), etc.
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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)   Ven 23 Sep 2011 - 22:11

Cours n°24





Ceux qui rabaissent les Sahabas démentent ce qu’Allah (سبحانه وتعالى) a dit sur eux. En effet, Il (تعالى) les a glorifié dans plusieurs versets du Coran, comme Il a dit : « Les tout premiers [croyants] parmi les Emigrés et les Ansars et ceux qui les ont suivis dans un beau comportement, Dieu les agrée, et ils l'agréent. Il a préparé pour eux des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et ils y demeureront éternellement. Voilà l'énorme succès ! » (Sourate At-Tawba, verset 100)
Dans ce verset, les premiers émigrés et les Ansars ne sont autres que les Sahabas. Or, les Shi’as Rafidas prétendent que ce sont des kouffar, et qu’aucun d’entre eux n’est resté sur l’Islam après la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم), exceptés 4.

Allah dit également à propos des Sahabas : « Mouhammad est le Messager d’Allah. Et ceux qui sont avec lui sont durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux. Tu les vois inclinés, prosternés, recherchant d’Allah grâce et agrément. Leurs visages sont marqués par la trace laissée par la prosternation. » (Sourate Al Fath, verset 29)
Après la description qu’en a fait Allah, comment peut-on affirmer par la suite qu’ils sont des kouffars ?

Allah (عز وجل) dit des émigrés : « [Il appartient aussi] aux émigrés besogneux qui ont été expulsés de leurs demeures et de leurs biens, tandis qu'ils recherchaient une grâce et un agrément d’Allah, et qu'ils portaient secours à (la cause d') Allah et à Son Messager. Ceux-là sont les véridiques. » (Sourate Al Hachr, verste 8)
Puis Il (عز وجل) dit des Ansars : « Il [appartient également] à ceux qui, avant eux, se sont installés dans le pays et dans la foi, qui aiment ceux qui émigrent vers eux, et ne ressentent dans leurs coeurs aucune envie pour ce que [ces immigrés] ont reçu, et qui [les] préfèrent à eux-mêmes, même s'il y a pénurie chez eux. Quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent. » (Sourate Al Hachr, verset 9)
Ensuite, toujours dans le même verset, Allah évoque ceux qui les ont suivis : « Et [il appartient également] à ceux qui sont venus après eux en disant : "Seigneur, pardonne-nous, ainsi qu'à nos frères qui nous ont précédés dans la foi ; et ne mets dans nos coeurs aucune rancoeur pour ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es Compatissant et Très Miséricordieux". » (Sourate Al Hachr, verset 10)

Cependant, malgré ces versets, on trouve des gens qui, au lieu d’invoquer pour les croyants qui les ont précédés, invoquent contre Abou Bakr As-Siddiq (رضي الله عنه), ‘Omar Ibn Al Khattab (رضي الله عنه) ou encore ‘Aïcha (رضي الله عنها). Ce qu’ils disent est inacceptable.

Il est important de clarifier la vérité (parmi les sectes) :
Il y a des gens qui disent qu’il ne faut pas faire de distinction entre les gens et que tous sont musulmans. Le cheykh leur répond et dit : « Non, on ne distingue pas parmi les gens qui sont corrects, on distingue uniquement entre le bon et le mauvais. » Et Allah (تعالى) a dit : « Dis : "Le mauvais et le bon ne sont pas semblables, même si l'abondance du mal te séduit. Craignez Allah, donc, Ô gens intelligents, afin que vous réussissiez. » (Sourate Al Ma-idah, verset 100)
C’est-à-dire que même si le nombre de personnes mauvaises est beaucoup plus grand que celui de ceux qui sont bons, on ne doit pas se laisser éblouir par cela.
Et considérer tout le monde de la même façon, c’est pareil que de mélanger les moushrikin (associateurs), les mounafikin (hypocrites), les kouffars (mécréants) et les croyants. Or, Allah a distingué entre le bon et le mauvais, donc celui qui pense ainsi c’est : soit qu’il n’a pas de raison (qui lui permette de faire cette distinction), soit qu’il n’a pas de foi. Et les 2 sont mauvais.

La moquerie se divise en 2 catégories :
1- La moquerie directe, qui se fait par la parole.
2- La moquerie indirecte, qui se fait par des signes.
Comme par exemple, le fait de faire des signes avec les yeux, comme dans le verset suivant : « Les criminels riaient de ceux qui croyaient, 30. et, passant près d'eux, ils se faisaient des oeillades. » (Sourate Al Moutafifin, verset 29 et 30)

La personne doit donc prendre garde de ne pas tomber dans la moquerie, et faire attention à ce qu’elle prononce, car cela est inscrit par des anges, comme Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Il ne prononce pas une parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l'inscrire. » (Sourate Qaf, verset 18)



9 – Quiconque insulte Allah, Son Livre, Son Prophète (صلى الله عليه و سلم), ou la sounnah de son Prophète (صلى الله عليه و سلم), est kafir, qu’il ait dit cela en étant sérieux ou en plaisantant.


10 – La personne qui se moque de la religion est kafir même s’il ne savait pas que cet acte faisait partie du koufr :

En effet, ceux qui sont mentionnés dans le verset, n’ont pas su que le fait de se moquer de la religion était du koufr. Et malgré cela, Allah (عز وجل) les a déclarés mécréants, bien qu’ils aient eu la foi avant cela (comme nous l’avons démontré précédemment). Par conséquent, que dire de celui qui sait que se moquer de la religion fait partie du koufr ?
Par contre, il est important de distinguer celui qui ne sait pas que la moquerie sur la religion est du koufr, et celui qui ne sait pas que la chose dont il se moque fait partie de la religion. Si la personne ne sait pas qu’une chose fait partie de la religion et qu’il s’en moque, il n’est pas mécréant, mais celui qui sait que cette chose fait partie de la religion et qu’il s’en moque, alors il n’a pas d’excuse.



Questions / réponses au sujet de ce qui annule l’Islam :

Question 1 : Concernant les différentes catégories de moqueries sur les savants de l’Islam, quelle est la règle pour savoir si le type de moquerie fait sortir de l’Islam ou non ?

Réponse : En général, les gens se moquent des savants par rapport à la science qu’ils possèdent et non par rapport à un défaut physique qu’ils pourraient avoir. Donc si cela concerne un défaut physique, la moquerie est certes interdite pour toutes les personnes et pas seulement les gens de science, mais cela n’entre pas dans le koufr. Tandis que si la moquerie concerne la science islamique, ceci est du koufr.


Question 2 : Quel est le verdict de celui qui se moque de la religion pour faire rire les gens ?

Réponse : C’est un kafir, peu importe qu’il soit sérieux ou non.


Dernière édition par Oum Mouqbil le Mer 12 Oct 2011 - 11:44, édité 1 fois
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Charh Nawaqid el Islam (Cheykh Al Fawzan)
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