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 Les différents types d'eau

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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Les différents types d'eau   Sam 28 Juil 2007 - 13:04

L’EAU POUR L’ABLUTION



L'eau se divise en 3 catégories:

- l'eau pure (Tahoûr) en elle-même et qui purifie des impuretés du corps,
- l'eau propre (Tâhir), mais non purifiante
- l'eau impure (najis)

A noter que Shaykh ibn Baz a été interrogé sur la division de l'eau, et il a répondu qu'elle se divise en deux, une eau purifiante et une eau non purifiante, ensuite il expliqua que dans l'eau non purifiante, il y avait une eau impure et une eau pure mais qui ne purifie pas (voir ses fatawas dans le premier vol concernant la salat)




I / L'EAU PURE ET PURIFIANTE

L'eau pure et purifiante regroupe 9 types d'eau qui sont:

1 - L'eau de pluie :

Allah a dit: § Nous fîmes descendre du ciel une eau pure et purifiante. § (S.25 / v.48)

sheykh Sa'dy a dit : « Une eau qui purifie du hadath (ce qui demande les ablutions), du khabath (impureté qui se trouve sur le corps, ex : bave de chien), du ghish (allahou a'lam) et des saletés. »
(Attaysir: 634)


Allah a dit : § et du ciel, Il fit descendre de l'eau sur vous afin de vous en purifier § (S.8 / v.11)

Ibn Kathir a dit : « Du hadath mineur ou majeur. »
(tafsiroul qoranil 'adhim 2/799)

sheykh Sa'dy a dit : « Afin de vous purifier du hadath et du khabath. » (attaysir: 325)

2 - Ce qui est à la base de l'eau :

D' après Abou Hourayrah -qu'Allah l'agrée- le prophète (sallalahou ‘alayhi wa salem) tenait un silence entre takbiratoul ihram (dire Allahou akbar en commençant la prière) et la récitation lors de la salat. Il lui dit : « Ya rassoul Allah, que ma mère et mon père soient sacrifiés pour toi, que dis-tu pendant ton silence entre le takbir et la récitation? » Il répondit :
« Allahouma, éloigne de moi mes péchés comme Tu as éloigné l'orient de l'occident. Allahouma, purifie-moi de mes péchés comme on nettoie le vêtement blanc de la saleté.
Allahouma, purifie-moi de mes péchés avec de la neige, de l'eau et de la grêle. »

(Al Boukhary 744; Muslim 598; Abou Dawoud 781; Nasa iy 894; Ibn Madjah 812 Al irwa 8; Al Mishkah 813)

3- L'eau des sources et des rivières :

Allah a dit : § Ne vois tu pas qu' Allah fait descendre du ciel de l'eau, puis il l'achemine vers des sources dans la terre § (S.39 / v.21)

On voit à travers ce verset qu' Allah nous a permis de nous purifier au moyen des eaux de sources, car, comme le montre le verset, c'est une eau qui descend du ciel (c-à-d de la pluie, et on a pu voir plus haut que l' eau de pluie est pure et purifiante).

-qu' Allah l' agréé- a dit :
« Il n' y a pas une eau sur terre sans qu' elle ne soit descendue du ciel. » (tafsiroul qoranil 'adhim 4/1614)

4- L'eau de mer :

D' après Abou Hourayrah -qu' Allah l'agrée- le prophète fut interrogé par un homme : « Ya rassoul Allah, nous sommes des personnes qui voyageons beaucoup en bateau, en ne prenant avec nous que peu d'eau, et si nous faisons el woudou avec, il ne nous en restera plus (pour boire ...), pouvons nous faire el woudou avec l'eau de mer ? » Il répondit : « Son eau est pure et ce qui est mort à l'intérieur est halal. »
(Abou Dawoud 83; Tirmidhy 69, Nasa iy 59/331, Ibn Madjah 392; Malik 43; Shafi'y 1; Ahmed 7232; Ibn Hibban 119; Al Bayhaqy 173, Al Irwa 9, Al Mishkah 479; Sahiha 480; Sahihoul jami' 7048)

Ibnoul Moulqin a dit : « Ce hadith est d' une grande importance, un fondement parmi les fondements de la purification. Il regroupe plusieurs lois et règles importantes. » (Neyloul awtar 1/23 ; 'Awnoul ma'boud 1/126)

L'imam Âbady a dit : « L'eau de mer et pure et purifiante. »
('Awnoul ma'boud 1/126)

L'imam Tirmidhy a dit : « Ceci est la parole de la majorité des savants du fiqh (jurisprudence) parmi les compagnons du prophète comme Abou Bakr, Omar et Ibn 'Abbas -qu' Allah les agrées- ils ne voyaient pas de mal avec l'eau de mer. » (Sahihou tirmidhy 1/55)


5- L'eau de Zam Zam :

Ali -qu' Allah l'agrée- fut appelé par le prophète afin qu' il lui ramène un seau d'eau de zam zam. C' est ce qu' il fit, puis il en bu et fit el woudou avec.

Il y a à ce sujet une fatwa de shaykh Ibn Baz dans laquelle il a été questionné sur le légitimité de se nettoyer les parties avec l'eau de zam zam. Il répondit qu'il n ' y avait pas de mal à se nettoyer avec du fait qu' il n ' y aucun dalil qui l' interdit..
(Al Irwa 13, Tamamoul minah 46)


6- L' eau pure dont soit la couleur, l' odeur ou le goût a changé à cause de sa stabilité (c-a-d du fait qu'elle soit resté longtemps au même endroit) ou bien qu' elle a été mélangé a quelque chose de pur comme du savon... :

El Badawy a dit : « Et l'eau reste purifiante, même mélangée à quelque chose de pur, tant qu'on la nomme encore de l'eau. » (Al Wadjiz 23)

Et ce, d'après la parole du Prophète (sallalahou ‘alayhi wa salem) adressée aux femmes qui lavaient le corps de sa fille décédée : " Lavez-la 3 fois ou 5 fois ou plus si vous le désirez, avec de l'eau et du lotus. Au dernier lavage ajoutez du camphre ou un peu de camphre. "
(Al Boukhary 1253, Muslim 939, Abou Dawoud 3142, Tirmidhy 990, Nasa iy 1880, Ibn Madjah 1480, Malik 518 Al Irwa 129, Al Michkah1634, Ahkamoul jana iz 48)

L'imam Nawawy (rahimahoAllah) a dit : « Ceci est une preuve que l'utilisation du lotus dans le lavage du mort est préférable (moustahab). » (Sharh Muslim 4/2608)

D' aprés Oum Hani -qu' Allah l' agréee- le prophète (sallalahou ‘alayhi wa salem) et Maymouna -qu' Allah l' agréee- se lavaient ensemble dans un seul récipient, dans lequel on trouvait des traces de pâte. (Nasa iy 240; Ibn Madjah 384; Al Michkah 485; Al irwa)

Ibn Hazm a dit : « Toute eau qui a été mélangée à quelque chose de pure est permise, tant que l'eau apparait plus que la couleur, le goût ou l'odeur qui s'est mélangé avec, et tant que l'on appelle encore cela de l'eau. » (Al mahallah, mas Alah 147)

7- L ' eau à laquelle s' est mélangée une impureté sans que le gout ni l' odeur ni la couler de l' eau ne change:

D' après Abou Sai'd Al khoudry -qu' Allah l'agrée- le prophète (sallalahou ‘alayhi wa salem) fut interrogé sur le puit de bouda 'a, dans lequel sont jetés viande de chien, sang des menstrues, et d'autres saletés. Il répondit : « L'eau est pure rien ne la souille. » (Abou Dawoud 67, Tirmidhy 66; Nasaiy: 325; Ahmed; Ibn Hibban 116, Al Irwa 14; Al Michkah 478; Sahihoul jami' 1925)

L'imam Shawkany a dit : « Ce hadith montre que lorsque que quelque chose d'impure est mélangé à de l'eau de petite ou de grande quantité, rien ne la souille. Par contre le consensus des oulémas (el ijma') est d accord pour dire que si l' eau est mélangé a quelque chose d'impure et que soit le goût, l' odeur ou la couleur change, il ne nous est plus permis de faire la purification avec. » (Neyloul awtar:1/37)

D'après Ibn Omar -qu' Allah les agrées- le messager (sallalahou ‘alayhi wa salem) a dit : « Lorsque l'eau atteint 2 qoullah, rien ne la souille. »
(Abou Dawoud64; Tirmidhy 67, Nasa iy 52, Ibn Madjah 523; Shafi'y 2; Ibn Hibban 118; Al Bayhaqy 174, Al Irwa 23; Al Michkah 477)

L'imam Tirmidhy a dit : « Ceci est la parole de Shafi'y, Ahmed et Ishaq. Quand l'eau a atteint 2 qoullah, rien ne la souille tant que sa couleur, son odeur ou son goût n'a pas changé. »

Zuhry a dit : « Il n’y a pas de mal à faire el woudou avec de l' eau dont ni le goût, ni l' odeur ni la couleur ont changé. »


8- L'eau utilisée:

Les ahadith à ce sujet son nombreux mais je vais simplement rappeler un des miracles de notre prophète lorsque jaillirent de ses doigts de l' eau avec laquelle les sahaba -qu' Allah les agrées- ont pu faire el woudou. (Al Boukhary: 187 et voir les autres ahadith dans le même chapitre.)

rahimoAllah: a dit : « Ceci est une preuve sur la purification de l'eau déjà utilisée. » (fathoul bary: 2/391)

Et on a interrogé Ibn Taymiyya sur l'eau dans laquelle quelqu'un a trempé ses mains, s'il était permis de l'utilisée. Il a répondu : « L’eau ne se souille pas de cette façon, et il est permis de l'utiliser d'après la majorité des oulémas. » (fatawa ibn Taymiyya 21/46)


9- L'eau chaude:

Il est rapporté que Omar -qu' Allah l'agrée- se faisait chauffer de l'eau dans un récipient puis se nettoyer avec. (Al Bayhaqy 178; Daraqotny, Al Irwa 178)

Quant au hadith : « Ne vous lavez pas avec de l'eau réchauffé par le soleil car ça donne la lèpre. »
hadith mawdou'!!! (Al Irwa 180 et Al Mishkah 489)



.


Dernière édition par le Sam 28 Juil 2007 - 15:21, édité 1 fois
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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Les différents types d'eau   Sam 28 Juil 2007 - 13:06

II/ L'EAU PURE ET NON PURIFIANTE (PROPRE)

L'eau pure mais non purifiante est de l'eau qui a été changé par quelque chose de pure à tel point que l' on ne puisse plus l’appeler de l 'eau. Ce type d'eau est interdit pour la purification, car la purification ne se fait qu'avec de l'eau pure et purifiante, d'après la parole d' Allah : § et que vous ne trouviez pas d'eau, alors recourez à une terre pure § (S.5 / v .6 et S.4 / v.43)

On rapporte que 'Ata ibn Abi Rabah répugnait el woudou avec du lait et autre chose semblable, et disait : « J'agrée plus le tayamoum que ça. » (Abou Dawoud 87 et Al Boukhary : ta'liqan)

L'imam Tirmidhy a dit : « La parole de celui qui dit : « Ne fait pas el woudou avec du nabidh » est plus proche du Coran et de la sunna car Allah a dit : § et que vous ne trouviez pas d'eau alors recourez à une terre pure § »


III/ L' EAU IMPURE


C'est l'eau dont soit la couleur, l'odeur ou le goût a été changé par une impureté, et la purification avec est interdite.

Ibn Taymiyya a dit :
« Lorsque l'eau a été changé par une impureté, elle devient impure d'après le consensus. » (fatawa 21/30)

Ibnoul Moundhir a dit : « Le consensus des savants et d’accord pour dire que lorsque une souillure est mélangée à de l'eau de petite ou de grande quantité et que soit la couleur, l' odeur ou le goût a changé, cette eau devient impure. » (souboulous salam : 1/27)

Source : http://www.darwa.com/forum/showthread.php?t=1649&highlight=ablutions+eau



IV/ LE GASPILLAGE

Question :
Qu'en est-il du gaspillage de l'eau [dans les ablutions] ?

Réponse :
Cela est interdit. Ceci est basé sur les dires d'Allâh Ta'âla :


§ Et ne gaspillez point car Il [Allah] n'aime pas les gaspilleurs. § [2]

Et dans ce sens, cela est aussi basé sur le hadîth de Sa'ad, lorsque l'Envoyé d'Allah (sallallahu 'alayhi wa sallam) passa près de lui alors que [Sa'ad] faisait « al-Woudhou' » [les ablutions], il lui dit : « Ne gaspille pas l'eau ». Il répondit : « Est-ce qu'il y a du gaspillage dans l'eau ? » Et le Prophète de répondre : « Oui, même si tu es sur un fleuve ruisselant. » (Rapporté par Ahmad.) [3]


[2] Sourate al-An'âm, v-141
[3] Kitâb al-Mundhâr fî Bayân Kathîr min al-Akhtâ' ach-Châ-i'ah, p.31


Sources : http://manhajulhaqq.com/article.php3?id_article=198




V/ QUANTITE D’EAU UTILISEE PAR LE PROPHETE


La Quantité d’eau utilisé par le Prophète pour le lavage
(Prière et bénédictions d’Allah)
http://sounnah.free.fr

D'après abi Ja'far ibn ‘Ali ibn al Housseïn ibn ‘Ali ibn abi Taleb qui était lui et son père chez Jabir ibn ‘AbdAllah (qu’Allah les agrées) alors qu'il y avait chez lui des gens qui l'ont interrogé sur le Ghoussoul (bain rituel).
Alors (Jabir) dit : « Il vous suffit d’1 Sa' ».
Un des hommes dit : « Cela ne me suffit pas ».
Et Jabir dit : « Elle suffisait à une personne qui avait plus de poils que toi et qui était mieux que toi (dans la religion) ».

Puis nous nous sommes dirigé vers nos vêtements.
Dans une autre version : « Le Prophète faisait écouler de l’eau 3 fois sur sa tête (montrant que cela était suffisant). »

Compréhension:
"...des gens qui l'ont interrogé sur le Ghoussoul...": Il s'agit de al Hassan ibn Mouhammad ibn 'Ali abi Talab, son père c'est Mouhammad al Hanafi.
« ...Elle suffisait à une personne ... qui était mieux que toi (dans la religion) ...» : C'est à dire une personne qui avait encore plus de motivation pour la perfection de sa purification et de sa religion, il s'agit donc du Prophète.
"...Puis nous nous sommes dirigé vers nos vêtements..." : C'est à dire pour la Salat, comme pour prouver que si on se purifiait avec un Sa', ceci équivaut à une purification complète et parfaite.

Conclusions :

- l’obligation du Ghoussoul en cas de Janaba : C'est le fait de verser de l'eau et de la laisser couler sur tous les membres du corps. Lorsqu'il a accompli cela, alors il s'est acquitté de son OBLIGATION.

- L’auteur de Bidaya al Moujtaihd a dit : « De ce hadith on ne tire pas la preuve que le Prophète (prière et bénédictions d’Allah sur lui) se frottait ou non ».

- Le « Sa' » (environ 3 litres) qui équivaut à 4 Moudh suffit pour le Ghoussoul en cas de Janaba.

- Ibn Daqiq La'id a dit : « Ceci ne signifie pas que c'est une quantité limitée ».
En effet d'autres Hadiths donnent d’autre quantités [il faut la comprendre comme une quantité minimum entre 3 et 10 litre], et ceci varie, et Allah est plus Savant, selon la situation dans le temps et dans le lieu ; la quantité d'eau présente (moindre ou abondante), le voyage ou bien la sédentarité..

- Il est préférable de ne pas gâcher l’eau pour le lavage (Ghoussoul).

- Il est mauvais de s'éloigner de la tradition du Messager d’Allah (prière et bénédictions d’Allah sur lui).




"Tayssir al 'Allam charh 'Oumadatoul Ahkam" de 'AbdAllah ibn 'Abde-Rahman ibn Salih Âl Bassam

Sources : http://www.sounnah.free.fr/sommaire_news.htm
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UmmIbrahim
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MessageSujet: Les différents types d'eau   Lun 1 Mai 2017 - 16:51

Les différentes sortes d'eau



De son Eminence, le Cheikh `Abd Al-Azîz ibn `Abd-Allah ibn Mohammad 'Al Ach-Chaykh


Louange à Allah, Seigneur des mondes, Prières et salutations sur le plus noble des Prophètes et des Envoyés, notre Prophète Mohammad, sur sa famille, ses compagnons et sur ceux qui ont marché sur ses traces et ce jusqu'au Jour du Jugement Dernier.

Ensuite:
Chers frères en Islam, Allah, Exalté soit-Il, a prescrit pour nous la religion musulmane. Il nous a fait don et agrée pour nous la plus complète et le plus parfaite des religions. Le Prophète  n'est mort qu'après avoir transmis l'intégralité de ce qui lui a été révélé, rempli sa mission et fait des recommandations à la communauté puis a lutté dans le sentier d'Allah comme il se doit. Qu'Allah lui accorde, pour ce qu'il a accompli, une meilleure récompense que celle qu'Il a accordée aux autres Envoyés. Ses compagnons (Qu'Allah soit satisfait d'eux) ont hérité de lui cette religion et la science. Ces derniers les ont transmises comme ils les ont entendues et apprises avec honnêteté. Puis ainsi de suite, à travers les générations, jusqu'à ce que cette religion nous parvienne, en bonne et due forme. Les gens qui ont reçu cette science et cette lumière varient en degré. Les plus parfaits sont ceux qui ont mieux appris cette religion et qui ont tiré avantage de ce qui a été révélé à Son Prophète . Les perdants sont ceux qui n'ont pas su en tirer profit pour relever la tête. Ainsi d'après Abou Moussa (Qu'Allah soit satisfait de lui) le Prophète  a dit: La guidée et la science avec lesquelles Allah m'a envoyé sont comparables à une pluie dense se déversant sur une terre. Une partie de cette terre est fertile, elle absorbe l'eau et fait pousser de l'herbe et de la verdure en abondance. Une partie de cette terre est aride, elle retient l'eau, Allah en fait donc profiter les gens. Ainsi, ils boivent, s'en servent pour l'irrigation et l'utilisent pour la culture. Enfin, une autre partie de cette terre est stérile, elle ne retient pas l'eau et ne fait pousser aucune plante non plus. Et cela est comparable à celui qui a reçu la bonne compréhension en religion et qui a su tirer profit de ce qu'Allah m'a révélé, il l'a donc appris et l'a enseigné à autrui, ainsi que celui qui a reçu cette science mais n'a pas su en tirer profit, et ainsi que celui qui n'accepte pas la guidée avec laquelle Allah m'a envoyé. Hadith consigné par les deux cheikhs (Boukhâri et Mouslim) et les termes sont ceux d' Al-Boukhârî .

Il ressort de ce hadith que le meilleur parmi ce qu'Allah a crée est celui qui a reçu une bonne compréhension de la religion d'Allah et qui a su tirer profit de ce qui a été révélé à Son Messager  comme guidée et religion de vérité et qui, de plus, a acquis la science dont il a tiré profit lui-même et l'a transmise aux autres serviteurs d'Allah qui en ont, à leur tour, tiré bénéfice et avantage. Cela a été le chemin emprunté par les savants qui ont autorité et qui sont justes et réformateurs - qu'Allah nous range dans leur voie et qu'Il nous guide pour suivre leur chemin et leur bon sens - .
Il a été consigné dans le Sahîh d' Al-Boukhârî, également, selon le hadith de Mo`âwiyya (Qu'Allah soit satisfait de lui) que le Prophète   a dit: Celui à qui Allah veut du bien, il lui accorde la compréhension de la religion.

La preuve de la volonté d'Allah de faire du bien à un de Ses serviteurs réside dans le fait de lui accorder la compréhension de la religion. Ainsi nos savants, les anciens et les modernes, qu'Allah leur fasse miséricorde, ont joué un grand rôle dans la transmission de la religion d'Allah, tant sur le plan dogmatique que Législatif, et ce au cours des siècles jusqu'à ce que cela nous parvienne, de façon limpide, facile, simple, agréable et inscrit dans les livres. Cette connaissance ne demande que l'envie de partir à sa quête avec humilité envers Allah, le Tout-Puissant, pour lui demander de faire don du succès et de l'affirmation des pas. Puis il est bien connu que les savants, en matière de fiqh (compréhension de la religion), continuent à diverger et ne sont pas toujours d'accord. Les causes de ce désaccord (sur certains sujets) sont très nombreuses.

Une partie a été évoquée par le cheikh de l'Islam, Ibn Taymiyya (Qu'Allah lui fasse miséricorde), dans son très bénéfique ouvrage intitulé: " Rafa' Al-Malâm 'an Al-'A'imat Al-A'lâm " (Lever les reproches qui pèsent sur les savants érudits). Parmi ces causes, il y a le fait qu'un savant n'ait pas reçu, au sujet d'une question, l'argument que possède un autre et de ce fait l'un dit le contraire de l'autre. Il y a aussi le fait que les deux savants possèdent l'argument en question, mais l'un l'interprète différemment par rapport à l'autre savant. Il se peut aussi qu'un savant pense que cet argument a été abrogé ou a été préféré ou pour d'autres raisons encore.


Il est alors du devoir d'une personne en quête de savoir, qui rencontre de pareilles situations, de faire des efforts de recherche et d'enquêter sur les éléments de preuve et les commentaires qui en ont été fait. Il doit ensuite réitérer son analyse et vérifier jusqu'à ce qu'il ressorte avec un avis qui l'apaise et avec lequel il se rapprochera de son Seigneur, l'Exalté. Il lui convient, en outre, de faire preuve de crainte d'Allah vis-à-vis des autres savants de la communauté et qu'il retienne sa langue ou de profiter pour critiquer leur insuffisance, de douter de leur bonne foi ou de dévoiler leurs erreurs. Comme le savant ne doit pas dévoiler les erreurs des autres, les autres ne doivent pas aussi mentionner les siennes. Il convient aux savants d'implorer le pardon d'Allah les uns les autres, de se trouver des excuses et de ne pas douter de leur bonne foi tant qu'ils sont sur la voie de la droiture et s'appuient sur la Livre d'Allah et la Sunna de Son Prophète . Celui qui agit de la sorte mérite que l'on invoque Allah pour lui et qu'on implore le pardon d'Allah en sa faveur. Allah, Le Tout-Puissant, dit à propos des croyants: Et [il appartient également] à ceux qui sont venus après eux en disant: «Seigneur, pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans la foi; et ne mets dans nos cœurs aucune rancœur pour ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es Compatissant et Très Miséricordieux .


Nous implorons Allah de pardonner à nos savants et de leur accorder Sa miséricorde, comme nous Lui demandons d'élever leur degré et leur rang et qu'Il leur pardonne leurs péchés et qu'Il nous rassemble tous dans le groupe des Prophètes, des véridiques, des martyrs et des vertueux-réformateurs. Et quelle meilleure compagnie!

Puisque cette question est à ce niveau, nous avons choisi de débuter le premier numéro de cette revue scientifique relative aux questions de doctrine (fiqh) par un sujet important que les savants habituellement traitent, en premier lieu, dans le chapitre de la purification. Car ce dernier est une condition importante de validité de la prière, celle-ci étant un des plus importants piliers de la religion musulmane après les deux attestations. Les savants commencent leurs ouvrages par le livre de la purification et le chapitre relatif à l'eau. Nous emprunterons la même voie qu'eux. Qu'Allah, l'Exalté, nous accorde le succès et Son assistance. Nous disons: Le chapitre des eaux comporte plusieurs questions:


Première question: s'agissant de la subdivision des eaux; L'eau se subdivise-t-elle en deux ou trois sortes, en d'autres termes, est-ce que l'eau purifiante signifie-t-elle une eau pure ou bien cela en fait-il partie?


La question est sujette à une controverse:


Première opinion: La majorité des jurisconsultes parmi les Malékites, Châfi`îtes et Hanbalites disent que l'eau purifiante (At-Tahour) est une eau pure qui purifie.
A l'appui de leur avis, ils évoquent les preuves suivantes:


1 - La parole d'Allah, Le tout-Puissant: Nous fîmes descendre du ciel une eau pure et purifiante, Sa parole " purifiante " signifie ce qui permet, à une personne, de se purifier. La définition de ce moyen de purification est explicitée dans la parole d'Allah, L'Exalté, suivante: et du ciel Il fit descendre de l'eau sur vous afin de vous en purifier, .


2 - Le hadith consigné par les deux cheikhs (Boukhâri et Mouslim) d'après Djâbir (Qu'Allah soit satisfait de lui) qui a rapporté que le Prophète  a dit: J'ai reçu cinq faveurs que personne n'avait reçues avant moi : j'ai reçu la victoire grâce à la terreur que j'inspirais (à mes ennemis) à un parcours d'un mois de marche. Toute la terre m'a été donnée comme oratoire et la terre m'est aussi un moyen de purification c'est-à-dire qui purifie. La terre a été spécifiquement attribuée à la communauté comme un moyen de purification non pas qu'elle est en soi pure mais parce qu'elle est pure pour chacun.


3 - Le hadith authentique rapporté par Abou Hourayra (Qu'Allah soit satisfait de lui) dans lequel il mentionne que le Prophète  a dit au sujet de l'eau de mer: Son eau est lustrale et ses animaux trouvés morts sont licites. Hadith consigné par At-Tirmidhî .


L'argumentaire: il est évident que la question qu'ils ont posée se rapportait à la purification faite avec l'eau de mer et non pas sur la pureté de l'eau de mer, en soi. La réponse n'aurait pas été acquise s'ils n'avaient pas compris que l'eau pure c'est celle qui est purifiante.


4 - Le hadith rapporté par Abou Hourayra (Qu'Allah soit satisfait de lui) consigné chez Mouslim et selon lequel le Prophète  a dit: Il faut, pour purifier le récipient de l'un d'entre vous qu'un chien a léché, le laver sept fois. Le sens: La purification d'un récipient qui appartient à l'un d'entre vous.


Le second avis: L'avis des hanafites, c'est ce qu'a préféré Al-Kharaqî de l'avis des Hanbalites alors qu'il narre Al-Hassan Al-Bassrî , Soufyân , Abou Bakr Al-Assam , Ibn Dâwoud et les avis de quelques linguistes qui ont dit que: " L'eau considérée d'un point de vue rituel comme purifiante est une eau pure ".


Leurs arguments:


1 - La parole d'Allah, l'Exalté: Et leur Seigneur les abreuvera d'une boisson très pure. .
: Ce verset concerne le délice des gens du Paradis. Il est bien connu que les gens du paradis n'ont pas besoin de se purifier d'une impureté mineure ou majeure. Il est alors déduit que le terme purification désigne la pureté.


2 - Djarîr a dit dans la description des femmes:


Mon ami intime, y a t-il un regard après le repentir
Pour soigner mon cœur de l'impudicité.
vers la meilleure des croupes et la minceur de sa taille
Celle qui a les lèvres douces et leur salive pure


L'argumentation: Il a décrit la salive comme quelque chose de pur mais qui ne peut pas servir à la purification. Il veut, en fait, dire que la salive est pure.


3 - Ils ont dit: Les Arabes ne font aucune différence entre le participe actif (trisyllabique) et le participe passif (quadrisyllabique) du point de vue de la transitivité et l'intransitivité du verbe. Lorsque le sujet d'un verbe actif est intransitif, son participe passif est intransitif; pour preuve de cela, la structure grammaticale de " Qâ i'd " et " Qou'oud " (assis - l'action récurrente de s'asseoir) puis "Nâ-im" et " Naoum " (endormi et l'action continuelle de dormir) et " Dârib " et "Douroub" (qui frappe et action continuelle de frapper).


La majorité a répondu à leurs arguments en disant:


1 - Quant à ce verset où Allah (l'Exalté) a dit: Et leur Seigneur les abreuvera d'une boisson très pure.
Il y a lieu de dire qu'Allah, Le Tout-Puissant, a attribué à la boisson le plus haut qualificatif, qui est la purification.


2 - Puis quant à la parole de Djarîr ils ont répondu en disant: " cela est un argument à notre faveur, car il a privilégié ses femmes par rapport aux autres femmes. Il a décrit leur salive comme étant pure et permettant de se purifier compte tenu de la perfection de ses femmes et du caractère agréable et différencié de leur salive par rapport à celle des autres. Il n'est pas permis d'attribuer à ces vers un sens apparent car ces femmes n'ont pas de privilège dans ce domaine d'autant plus que la salive de toutes les femmes est pure comme celle des bovins et des ovins et de tous les autres animaux sauf le chien et le porc.


3 - Ils ont répondu en étayant leur argumentation sur le plan linguistique en disant que cela n'est pas correct car les Arabes distinguent entre le participe actif et le participe passif. Ils disent: " Assis (Qâ'id) concerne celui qui se trouve en position assise et "qou'oud" s'applique à celui qui est tout le temps assis.
Il convient alors de faire, ici, la distinction entre ces deux notions ne serait-ce que du point de vue de la transitivité ou de l'intransitivité.
L'auteur de "Al-Ikhtiyârât" a écrit, en rapportant les paroles du Cheikh Taqî Ad-Dîn ibn Taymiyya, un très bon rapport sur la question; il a dit, (Qu'Allah lui fasse miséricorde): " Pour clore cette question, on peut dire que la transitivité et l'intransitivité sont des expressions générales liées à la grammaire sur le plan terminologique. Il signifie également la transitivité sur le plan du fiqh (Science de la compréhension de la religion).


Le premier sens serait que ce terme désigne l'intransitivité tant que le complément d'objet direct ne supporte pas une "Nassba " (voyelle dite Fatha) et ce terme signifie la transitivité si le complément d'objet direct supporte ici une "nassba". Les Arabes ne distinguent pas à ce niveau entre le participe actif et le participe passif sur le plan de l'intransitivité. Et celui qui dit que le participe passif (quadrisyllabique) signifie le participe actif (trisyllabique) - les deux sont complément d'objet direct - comme le soutiennent de nombreux hanafites, aura raison. Celui qui a pensé que le terme "Fou'oul" (quadrisyllabique) a le sens du verbe accompli (au passé) est, dans ce cas, dans l'erreur.


S'agissant de la transitivité dans le sens du fiqh, ce terme veut dire l'eau qui permet de se purifier du " hadath " (impureté mineure) contrairement à d'autres liquides tels que les substances grasses et les produits laitiers.


Ce terme " pur " dans la législation à un sens plus général que le terme purification. En effet, tout liquide limpide est pur et tout ce qui est limpide n'est pas purificateur.


Les deux groupes sont dans l'erreur en pensant que l'eau purificatrice est équivalente à l'eau pure.


Mais il est un terme utilisé pour une eau qui sert à se purifier. Les Arabes disent pure et rétribuable pour ce qui permet de se purifier et qui donne droit à une rétribution. En mettant une voyelle "Dhamma " sur le verbe qui est appelé ici "al-massdar " (le nom d'action = celui-ci exprime l'idée marquée par le verbe). Le terme "tahour" exprime l'action pour laquelle l'eau est utilisée et non pas l'équivalent de "Tâhir" (pur). Pour cela, Allah, le Tout-Puissant, dit dans un des deux versets: Nous fîmes descendre du ciel une eau pure et purifiante, Il a dit dans l'autre verset et du ciel Il fit descendre de l'eau sur vous afin de vous en purifier, Si cela est compris, la notion de lustrale s'applique à l'eau et à toute autre chose. Il en est ainsi pour le terme "At-tahour" (purificateur), le Prophète  a décrété que la terre est purificatrice mais le terme "At-tâhir " (pur) s'applique à beaucoup d'autres choses telles que les vêtements et les nourritures et plusieurs liquides tels que les substances grasses et les produits laitiers mais ces derniers ne peuvent pas servir à la purification. Ces produits sont purs mais non purifiants". Fin de citation.


S'agissant de cette controverse, certains ont estimé qu'elle est inutile.
Tandis que d'autres ont, par contre, estimé qu'elle l'est.


Ainsi Al-Cadi Abou Ya`la a dit à propos de son utilité: " Selon nous, il n'est pas permis d'ôter une impureté sans eau compte tenu de sa qualité purificatrice. Pour eux, il est permis d'associer autre chose à l'eau pour la purification.
Selon Abou Al-`Abbâs : Cette discussion a un autre avantage: " l'eau élimine l'impureté qui s'y trouve en elle du fait qu'elle est lustrale comme cela a été mentionné dans cette parole du Prophète : L'eau est pure et rien ne la rend impure. Alors que le reste n'est pas lustral et n'élimine pas sa propre impureté. Selon eux, l'ensemble est pareil". Fin de citation


La parole du Cadi et après lui celle d' Ibn Taymiyya sont considérées par eux, c'est-à-dire ceux qui ont mis au même pied d'égalité le pur et le purificateur, ce sont Les hanafites et ceux qui ont suivi leur avis.


Font partie de l'eau rituellement pure et purifiante ce qui suit:


L'eau de pluie; Allah (Exalté soit-Il) a dit Nous fîmes descendre du ciel une eau pure et purifiante,
En font partie l'eau de la fonte des neiges et de la grêle. Ainsi, il a été mentionné dans le hadith " . . . O Allah ! Purifie-moi de mes péchés avec de l'eau, de la neige, et de la grêle. En fait partie également, l'eau de mer, en vrai, conformément à cette parole du Prophète : Son eau est lustrale et ses animaux trouvés morts sont licites.

En fait partie, aussi, l'eau des puits. L'origine de ce hadith se rapporte au puits de "Bidhâ'a " qui était un puits dans lequel les femmes jetaient leurs serviettes qu'elles utilisaient pendant les règles et les gens y jetaient les cadavres de chiens et d'autres détritus. Le Prophète d'Allah  avait dit: L'eau est pure et rien ne la rend impure. Hadith consigné par At-Tirmidhî et Abou Dâwoud .


En fait partie, l'eau qui a subi une modification à cause de la longueur de son enfermement telle que l'eau pestilentielle.


Ibn Al-Mondhîr, (Qu'Allah lui fasse miséricorde), - après avoir énuméré un certain nombre de versets relatifs à l'eau- a dit: Abou Bakr a dit: Ach-Châfi`î a dit après avoir mentionné cette parole d'Allah, l'Exalté: O les croyants! Lorsque vous vous levez pour la Salât ... le verset. Cela constitue une preuve évidente que les gens auxquels fait allusion le verset se purifiaient avec de l'eau. Allah a ensuite explicité que la purification de l'impureté majeure se fait avec de l'eau. Il est évident que les gens, à qui ce discours est adressé, se purifiaient de l'impureté majeure avec de l'eau. Puis Allah, l'Exalté, a explicité que le " ghoussl" se fait avec de l'eau. Il est raisonnable, pour ceux à qui s'adresse ce discours, que l'eau soit une création d'Allah et qu'aucun humain n'ait joué un rôle dans sa création. L'eau a été mentionnée de façon générale. Il s'agit alors de l'eau de pluie, des rivières, des puits, des jarres, des mers et océans, l'eau douce et saumâtre avec laquelle toute personne peut se purifier de l'impureté mineure (woudou) ou majeure (ghoussl).
Abou Bakr a dit: "S'agissant des eaux en crue mentionnées par Ach-Châfi`î, il n'y pas de divergence d'opinion chez ceux et chez qui j'ai étudié. J'ai appris chez les gens de science qu'il est permis de se purifier avec une eau pure à l'exception toutefois de l'eau de mer au sujet de laquelle il y a une divergence d'opinion et des dires chez certains anciens ." Fin de citation.


Il reste encore à mentionner parmi les eaux qui ne sont pas souillées, dont je souhaite attirer l'attention, trois que voici: L'eau chauffée - L'eau de Zam-Zam - L'eau usagée.


L'eau chauffée se subdivise en deux catégories:


1 - L'eau chauffée au soleil appelée " Mouchmiss ". L'auteur de l'ouvrage "Al-Minhâdj" a noté la règle chez les partisans du Chafiisme, il a écrit: " La norme relative à l'eau chauffée au soleil, dite (mouchmiss), réside dans l'effet de la chaleur sur les particules du récipient qui se détachent et affectent les corps par sa toxicité, sans pour autant que l'état de l'eau ne soit modifié par la chaleur.
Certains jurisconsultes considèrent que l'utilisation de ce type d'eau est blâmable. C'est le cas d' Ach-Châfi`î (Qu'Allah lui fasse miséricorde). C'est l'avis considéré chez les Malékites et certains partisans du hanafisme .


Ils ont dit: Sa qualification de détestable provient du fait que cette eau provoque la lèpre. Il a été rapporté par Ach-Châfi`î d'après `Omar (Qu'Allah soit satisfait de lui) qu'il est détestable de se laver avec une eau chauffée au soleil (Mouchmiss).
Ils ont dit: " le soleil, par sa vive chaleur, fait remonter à la surface de cette eau, une matière sébacée, qui au contact de la peau provoque, par sa chaleur excessive, une rétention de sang qui provoque la lèpre".


Ceux qui ont blâmé l'usage de l'eau chauffée au soleil ont rajouté certaines conditions dont:

- Que cette eau soit utilisée dans des pays très chauds et dans des ustensiles en fer ou en bronze mais pas dans des récipients en marbre, en bois, en cuir ou celui qui est gravé d'or et d'argent. Ils ont rajouté une autre condition pour que son usage soit détestable, son utilisation lorsqu'elle est chaude. Voila en résumé ce qui a été dit par Ach-Chirbînî dans son ouvrage "Moughnî Al-Mouhtâdj".


 La deuxième opinion: C'est l'avis doctrinal des Hanbalites et de la majorité des hanafites qui autorisent l'usage de l'eau chauffée au soleil de façon absolu sans aucune réserve. Il apparait de tout cela que si un dommage pour le corps est avéré, il devient alors détestable d'utiliser ce type d'eau. Dans le cas contraire, non.


2. La deuxième catégorie d'eau réchauffée: Il s'agit de l'eau chauffée au feu :


La grande majorité des gens de science sont favorables à son utilisation pour se purifier. Ibn Al-Mondhîr (Qu'Allah lui fasse miséricorde), après avoir cité une partie du verset relatif au tayammoum, a dit: " L'eau chauffée fait partie des eaux avec lesquelles il est ordonné aux gens de se purifier. Nous avons rapporté que le Prophète  a dit: La terre est un moyen de purification pour le musulman, même s'il ne trouve pas d'eau pendant dix ans. Quand il trouve de l'eau, qu'il en enduit sa peau, cela lui fera du bien. Selon celui de qui nous narrons, qui a vu effectuer les ablutions, avec une eau chauffée, : `Omar ibn Al-Khattâb , Ibn `Omar , Ibn `Abbâs , Anas ibn Mâlik - il cita, en plus, quelques paroles de compagnons - puis il dit: " Cela est l'avis doctrinal de `Attâ' , Al-Hassan Abou Wâ`il et c'est l'avis des gens chez qui nous avons étudié parmi les gens de Médine et les gens de Koufa. C'est aussi l'avis d' Ach-Châfi`î et d'Abou `Oubayd. Il a mentionné que cela est aussi l'avis des habitants de Hedjaz, et d'Irak tous ensemble" .


Il a dit: Nous avons rapporté que Modjâhid n'aimait pas se purifier avec une eau chauffée. Celui qui rapporta cela c'est Layth. Il n'y a pas pour cela aucune explication apparente". Fin de citation.


Mais si une eau altérée par une impureté les Hanbalites ont un avis détaillé qui se divise en trois points:


Le premier: Il faut s'assurer que cette eau ait été polluée par une substance impure si la quantité d'eau est petite.


La deuxième: Il n'est pas sûr qu'une partie de cette substance impure ait atteint cette eau et le récipient n'est pas bien refermé. L'eau est comme à l'origine, une eau pure. Dans ce cas, il est détestable de se purifier avec cette eau. Ach-Châfi`î ne considère pas qu'il est détestable d'utiliser cette eau.


La troisième: Même si le récipient est bien protégé, certains disent qu'il est également détestable de se purifier avec cette eau. C'est l'avis du juge (cadi) Abî Ya'lâ. D'autres disent qu'il n'est pas détestable de se purifier avec cette eau. C'est l'avis de Abî Dja`far et d'Ibn 'Aqîl. Peut-être que l'avis le plus correct est que cela n'est pas blâmable car il n'y a pas de preuve tangible qui étaye cet avis. (c'est l'avis du Mufti général). Seul Allah est Savant.


S'agissant de l'eau de Zam-Zam, certains ont dit qu'il est blâmable d'utiliser l'eau de Zam-zam pour ôter l'impureté mineure ou majeure. C'est l'avis d' Al-`Abbâs ibn `Abd-Al-Mottalib (Qu'Allah soit satisfait de lui) qui a dit: " Il n'est pas permis de l'utiliser pour se purifier d'une impureté majeure (ghoussl) mais cela est permis pour celui qui se purifie pour se sacraliser (Ihrâm). Car le fait d'ôter quelque chose qui empêche d'accomplir la prière est assimilé à celui d'enlever une souillure avec cette eau. Cet avis doctrinal constitue le vocable des Hanbalites .


Le second avis: Il n'est pas détestable d'utiliser l'eau de Zam-Zam pour se purifier. A l'appui de leur avis, ce qui a été affirmé au sujet Le Prophète  but de l'eau de Zamzam et fit ses ablutions avec comme cela est mentionné dans l'ouvrage intitulé " Zawâ-id Al-Massnad " d'après `Alî (Qu'Allah soit satisfait de lui). Ils ont dit: "Cette parole attribuée à Al-`Abbâs -ci, n'est pas de lui mais il est confirmé qu'elle provient de son père `Abd-Al-Mottalib. Quand bien même, cette parole serait attribuée à Al-`Abbâs son avis clair au sujet de l'interdiction n'a pas été pris en considération et son avis sur autre chose ne l'est pas de surcroit. En plus, l'honorabilité de l'eau (de Zam-Zam) et son caractère béni ne justifient pas l'aversion de son utilisation pour se purifier comme cela est prouvé par l'utilisation de l'eau qui a jailli de ses doigts . De plus, l'eau de zam-zam est incluse dans la définition de l'eau de façon générale.

Ceci est l'avis doctrinal de la majorité des savants comme cela a été rapporté par An-Nawawî et l'auteur de l'ouvrage intitulé "Mawâhib Al-Djalîl". Peut-être cela est l'avis le plus correct, in chaa Allah. Mais certains théologiens ont penché pour l'aversion de son utilisation pour ôter les souillures. D'autres ont dit : "le contraire du premier avis". D'autres ont fait dans l'exagération en prônant l'interdiction (Tahrîm).


De toutes les façons, rien ne prouve que l'eau de Zam-Zam a la particularité citée; cette eau est la même que toutes les autres sauf qu'elle bénéficie de l'honorabilité due à la bénédiction dont le Prophète  a fait mention. Mais cela ne justifie ni l'interdiction ni l'aversion de s'en servir pour ôter une souillure. Mais en présence d'une autre eau, il est préférable d'utiliser cette dernière pour ôter une impureté.


S'agissant de l'utilisation d'une eau qui a déjà servi: Il s'agit d'une eau pure qui a été utilisée pour ôter une impureté (Hadath). I

ll y a, à ce propos, deux questions:


La première question: L'eau utilisée est-elle pure ou impure?


Il y a une divergence d'opinion à ce sujet:


Le premier avis: Cette catégorie d'eau est pure. C'est l'avis de la plupart des jurisconsultes, les anciens et les modernes. C'est l'avis doctrinal de Mâlik , d'Ach-Châfi`î , d'Ahmad et une version d' Abou Hounayfa qui est sa plus célèbre. Puis l'avis de Mohammad ibn Al-Hassan Ach-Chaybânî qui est un partisan du hanafisme .


Les arguments:


1 - Ils se sont appuyés sur le hadith de Djâbir ibn `Abd-Allah (Qu'Allah soit satisfait des deux) qui a dit: " J'étais malade, le Messager d'Allah, , est venu me rendre visite avec Abou Bakr en marchant. Ils sont arrivés alors que j'avais perdu connaissance. Le Messager d'Allah,  s'est purifié puis déversa sur moi le reste de l'eau utilisée pour ses ablutions et je me suis réveillé.  Hadith consigné par les deux cheikhs (Boukhâri et Mouslim) .


2 - Cette parole du Prophète : L'eau est pure et rien ne la rend impure. Hadith consigné par At-Tirmidhî et d'autres et élevé au rang de hadith authentique par An-Nawawî.
Ils ont dit: " C'est le principe général à l'exception de ce qui est visé spécialement par une preuve".


3- Le Prophète  ainsi que ses compagnons (Qu'Allah soit satisfait d'eux) effectuaient leurs ablutions et les gouttelettes d'eau tombaient sur leurs vêtements et ils ne les relavaient pas pour autant. Cela constitue une preuve tangible que l'eau qui a déjà servi est purifiante.


4 - Les compagnons (Qu'Allah soit satisfait d'eux) s'empressaient pour récupérer le reste de l'eau que le Prophète  utilisait pour accomplir ses ablutions et se frottaient avec afin d'obtenir la bénédiction. Il n'aurait jamais entériné leur geste si cette eau devenait impure, après son usage. Fait partie de cela, ce qui a été consigné par Al-Boukhârî d'après le hadith d' Abou Djohayfa (Qu'Allah soit satisfait de lui) qui a dit: Le Prophète  sortit à nous vers midi, chercha de l'eau et fit ses ablutions. Les gens se mirent à prendre de l'eau restante et cherchèrent à s'en frotter. 


5 - Le Prophète  ainsi que ses compagnons et ses épouses se purifiaient avec de l'eau qui était dans des godets, des jarres et faisaient le ghoussl dans des cuves. Cette façon de se laver ne peut pas empêcher les gouttelettes d'eau utilisée de retomber dans le récipient d'eau propre. Pour cela `Ibrâhîm An-Nakh`î a dit: "Cela est inévitable; si l'eau utilisée (qui dégouline) est impropre, l'eau, touchée par les gouttelettes serait impropre".


6 - Ils ont dit: " Car c'est une eau pure qui s'est mélangée à une autre eau pure, alors cette eau est pure. C'est le cas de l'eau qui a servi à laver un vêtement pur (propre). L'argument pour cela réside dans la pureté du musulman qui a rompu ses ablutions par un Hadath. Ce dernier est toujours pur conformément à ce qui a été rapporté par Abou Hourayra (Qu'Allah soit satisfait de lui) au sujet du Prophète  qu'il avait évité dans une des ruelles de Médine, alors qu'il était dans un état d'impureté majeure (Djounoub). Il a dit: " Je l'ai évité et je suis parti me purifier en effectuant le bain rituel (ghoussl)". Après cela, il partit à la rencontre du Prophète  qui lui dit alors: Où étais-tu passé, ô Abou Hourayra? Il lui répondit: " J'étais en état d'impureté majeure (Djounoub) et j'ai détesté m'asseoir à tes côtés, alors que j'étais impur". Le Prophète répliqua: " Qu'Allah soit Glorifié, le musulman n'est jamais impur". Hadith consensuel .


Le second avis: L'eau qui a servi est une eau souillée; c'est une variante d' Abou Hounayfa qui a été rapportée par Abou Youssof et Al-Hasan ibn Ziyâd sauf qu' Abou Youssouf dit que cette souillure est atténuée. Al-Hasan disait que c'est une souillure lourde.


Les arguments:


1- Cette parole du Prophète : Gardez-vous d'uriner dans une eau stagnante puis d'en puiser pour vous laver de l'impureté majeure (Djanâba). Ils ont dit: " Ils ont fait un rapprochement entre l'utilisation d'une eau dans laquelle on a uriné et l'utilisation d'une eau qui a servi pour se purifier d'une impureté majeure".

L'urine comme le ghoussl (lavage rituel) souillent l'eau pure . Ils ont dit encore: " Il est illicite d'utiliser une petite quantité d'eau pour accomplir l'ablution ou le bain rituel, si cette eau a été polluée par une substance impure dont la quantité n'a pourtant pas modifié l'eau. Mais si l'eau ne devenait pas impure, par le fait de la souillure (immatérielle) qu'on désire enlever par le lavage rituel, l'interdiction n'aurait, dans cette situation, aucun sens car le fait de rajouter de l'eau pure à une eau pure n'est pas interdit alors que le fait de mettre quelque chose de pur dans quelque chose de souillé est interdit. D'où cette interdiction de souiller une eau pure par le ghoussl. Ce dernier rend l'eau insalubre.


2 - Ils ont dit aussi: L'auteur d'une impureté mineure est une personne de qui est sortie quelque chose d'impur qui est en elle-même une souillure. Cette dernière souille effectivement une partie de son corps. Et implicitement tout le reste du corps est souillé. Lorsque cette personne se purifie, cette souillure se déplace et se retrouve dans l'eau; cette eau virtuellement insalubre se voit appliquer le jugement d'une eau insalubre.


Commentaire des arguments:


Leur argumentaire basé sur le hadith a été discuté et les divers commentaires qui en ont été faits sont résumés dans ce qui suit:


1 - L'argument basé sur le rapprochement est faible - c'est ce qu'a dit Abou Youssof et Al-Mouzanî - Ces deux personnes ont été contredites par les jurisconsultes et les fondamentalistes. Ils les ont contredits en évoquant cette parole d'Allah, l'Exalté: Mangez de leurs fruits, quand ils en produisent; et acquittez-en les droits le jour de la récolte. Il n'est pas nécessaire de rapprocher la consommation avec l'acquittement de la Zakât et l'obligation de consommer.


2 - La narration faite par Al-Hafidh, en rapportant les paroles des compagnons d' Abou Hourayra au sujet de ce hadith est pareille à celle qui a été consignée par les deux cheikhs et leurs termes Gardez-vous d'uriner dans une eau stagnante puis d'en puiser pour vous laver... et dans une variante de Mouslim Gardez-vous de vous baigner dans de l’eau stagnante alors que vous êtes en état de Djanâba (état d'impureté majeure). Il a été demandé à Abou Hourayra " Qu'en doit-il faire? " Il répondit: " Qu'il le consomme ".
S'agissant de la narration qui a servi d'argument à Abou Youssouf et Al-Hasan ibn Ziyâd qu'ils ont rapportée d' Abou Hounayfa, cette dernière est d'après ce qui a été transcrit par Abou Dâwoud, en contradiction avec ce qui est consigné dans les deux Sahîhs. C'est ce qu'a mentionné Al-Bayhaqî dans ses Sounans. Il a fait prévaloir la version consignée dans les deux Sahîhs sur celle d' Abou Dâwoud .


3 - Ceci est la réponse de ceux qui considèrent que l'eau utilisée est pure mais non purifiante, comme cela sera évoqué plus tard, in cha'Allah. Ils ont dit: "L'interdiction citée dans le hadith prouve que cette impureté altère l'eau; c'est ce qui empêche son utilisation pour se purifier. La comparaison exige l'égalité dans la source du jugement et non pas dans son détail".


4 - Il a été dit:" La raison de l'interdiction ne réside pas dans le fait que l'agent altérateur nuise à sa pureté, mais parce qu'il la rend impropre et la modifie.
Ces réponses sont résumées dans la compilation d' An-Nawawî et dans l'ouvrage " Al-Moghni " d'Ibn Qodâma puis dans l'ouvrage intitulé " Tarh At-Tathrib " d'Al-`Irâqî et dans d'autres ouvrages.


5. - En revanche, l'argument tiré du hadith selon lequel l'impureté (hadath) entraine la souillure de tout le reste du corps n'est pas un argument indiscutable eu égard au hadith précédent d' Abou Hourayra (Qu'Allah soit satisfait de lui) Selon lequel le Prophète  avait dit: Gloire et Pureté à Allah ! Le musulman n'est jamais impur. . . . " , puis eu égard au hadith attribuée à `A'îcha (Qu'Allah soit satisfait d'elle) à qui le Prophète  a dit Tes menstrues ne sont pas dans ta main. Hadith consigné par Mouslim .


Le bon sens à ce sujet est de dire: L'eau qui a servi ne devient pas impure à cause de son utilisation car d'une part il n'y a pas de preuve tangible qui étaye cet avis et d'autre part la présence de plusieurs arguments qui affirment que l'eau qui a servi ne devient pas impure. D'autant plus que la règle de base qui s'applique à l'eau est la pureté tant que rien ne vient la souiller. L'argument avancé selon lequel l'impureté relève du jugement de la souillure, n'est pas correct car le musulman n'est jamais souillé. Et Seul Allah est Savant.


La troisième question: L'eau qui a servi est-elle pure ou bien son utilisation lui enlève-t-elle sa qualité de pureté et devient pure mais non purifiante?


Cette question a connu une grande et célèbre controverse qui se résume dans ces deux points de vue:


Le premier point de vue: Cette eau reste pure et purifiante: C'est l'avis d' Al-Hassan Al-Bassrî, Ibrâhîm An-Nakh`î , `Attâ` ibn Abî Rabâh , Soufyân Ath-Thawrî , Abou Thawr, Az-Zhouhrî , Al-Awzâ`î et de Mâlik selon la plus célèbre de leurs deux versions. Cela a été rapporté d'après `Alî , Ibn `Omar et Abou Omâma (Qu'Allah soit satisfait d'eux).


C'est aussi une des versions relatées par Abou Hounayfa. Celle de l'imam 'Ahmad a été choisie par Ibn `Aqîl et Abou Al-Baqâ`. C'est l'avis vers lequel s'est penché également l'auteur de l'ouvrage intitulé " Charh Al-Kabîr " et renforcé par l'auteur de l'ouvrage " Al-Inssâf ". C'est l'avis doctrinal de la secte des exotériques (Dhahiriyya) et c'est ce qu'a dit Ibn Al-Mondhîr et l'avis choisi, également, par le cheikh de l'islam Ibn Taymiyya, (Qu'Allah lui fasse miséricorde).


Les arguments:


1 - La Parole d'Allah, l'Exalté : et que vous ne trouviez pas d'eau, alors recourez à une terre pure, . Ibn Al-Mondhîr - (Qu'Allah lui fasse miséricorde)- a dit: " Il n'est permis à personne de recourir aux ablutions sèches (Tayammoum) alors qu'une eau pure est disponible".


2 - Cette parole d'Allah, l'Exalté: Nous fîmes descendre du ciel une eau pure et purifiante, . Al-Bâdjî a écrit dans son ouvrage intitulé " Al-mountaqâ Charh Al-moatâ ": Le terme " Tahôr " est sur la forme quadrisyllabique telle que " Chakôr " ou " sabôr ". Cela s'emploie pour les choses qui sont utilisées plusieurs fois. Cela exige une purification répétée avec l'eau".


3 - Le hadith de Ar-Rabî' bint Mou`awidh (Qu'Allah soit satisfait d'elle) Le Prophète  essuya sa tête avec un reste d'eau qui se trouvait dans sa main. Il commença par sa tête de l'arrière vers l'avant, puis de nouveau de l'avant vers l'arrière .


4 - Cette parole du Prophète : L'eau ne devient pas impure par la Djanâba . Hadith consigné par At-Tirmidhî Selon lui, c'est un hadith jugé bon et authentique (hassan sahîh).
L'argumentaire: Certaines épouses du Prophète  dont Maymouna s'est lavée dans un jatte pour se purifier de la Djanâba (impureté majeure) et le Prophète  s'est servi après de cette eau pour faire ses ablutions. Il réfuta les paroles de son épouse lorsqu'elle lui a dit qu'elle avait utilisé cette eau pour se purifier de la "Djanâba". Il lui dit: L'eau ne devient pas impure par la Djanâba cela prouve que l'eau reste pure et purifiante.


5 - Du point de vue du raisonnement par analogie: Le fait de se purifier de l'impureté avec une eau ne s'oppose pas à se repurifier avec cette même eau une seconde fois comme le fait de laver un membre après en avoir retiré l'autre de cette eau
Ibn Hazm a dit: " Le consensus sur lequel deux personnes parmi les musulmans ne peuvent diverger porte sur le fait qu'une personne qui se purifie puise dans une eau une quantité qui lui permet de laver son bras, du bout de ses doigts jusqu'au coude et ainsi pour toutes les parties du corps à laver pour se purifier d'une impureté mineure ou majeure; nécessairement, chacun est conscient que cette eau a servi pour laver la main puis l'avant-bras puis le bras, etc.... et que cette eau est une eau qui a servi avec certitude".


6 - Ce qui a été évoqué par Ibn Hazm également lorsqu'il a dit: " Puis il replonge sa main dans l'ustensile alors que de celle-ci tombent des gouttelettes de l'eau qui a servi à laver l'autre membre. Il en prend encore une autre quantité pour laver son autre bras. Tout personne douée de raison comprend aisément que cette personne va puiser une nouvelle fois pour laver son second bras dans une eau mélangée aux gouttelettes d'eau qui ont servi à laver le premier bras".


7 - C'est une eau pure qui a été en contact d'un corps pur; cela ne lui retire pas sa qualité d'eau purifiante
Ibn Al-Mondhîr, qu'Allal lui fasse miséricorde, a dit: " les gens de science sont unanimes pour dire que si un homme qui est en état d'impureté et qui n'a pas sur ses mains une souillure reste une personne en état de pureté même s'il prend avec ses mains de l'eau qu'il verse sur son visage et que cette eau dégouline sur ses vêtements. Cette eau conservera sa pureté car elle a rencontré un corps pur. Celui qui ne trouve pas une autre eau que celle qui a déjà servie, il peut se purifier avec cette eau et ne doit pas recourir au tayammoum car l'eau est disponible car le Prophète  a dit: La terre est un moyen de purification pour le musulman, même s'il ne trouve pas d'eau pendant dix ans. Quand tu trouves de l'eau, enduis-en ta peau. Allah, l'Exalté, a décrété dans Son Noble Livre et à travers les paroles de Son Prophète qu'une personne doit se purifier de l'impureté mineure ou majeure l'aide d'une eau, lorsque celle-ci est disponible, à l'exception toutefois du malade " . Fin de citation.


8 - Il n'y a pas d'empêchement à recourir à une eau qui a servi pour se purifier une seconde fois. Comme il est permis à plusieurs personnes de faire la tayammoum dans le même endroit ou de racheter une nourriture offerte en expiation d'un péché afin de l'offrir une seconde fois ou comme il est permis à une personne de prier dans un même vêtement à plusieurs reprises.


Certains de ces arguments ont fait l'objet de discussion dont voici quelques propos:


1 - L'argument tiré du noble verset qui dit: Nous fîmes descendre du ciel une eau pure et purifiante, a fait l'objet d'un commentaire à deux points de vue:


a- Il n'est pas établi de façon incontestable que la quadrisyllabe (fo'ol) exige la répétition dans cette situation car dans la langue arabe, elle est utilisée pour la répétition et pas seulement.


b - Le terme " tahôr " (pur) a pour sens: l'eau rituellement pure et purifiante et qui est destinée à cet effet.


2 - L'argumentation basée sur le hadith d' Ar-Rabî` dans lequel: Le Prophète  essuya sa tête avec un reste d'eau qui se trouvait dans sa main .
Il a été répondu à cet argument en disant que cette terminologie est attribuée à Abou Dâwoud dans ses Sounans et dans sa chaîne de narrateurs se trouve `Abd-Allah ibn Mohammad ibn 'Oqayl; ce hadith a été rapporté aussi par Mouslim, Abou Dâwoud et autres qu'eux d'après `Abd-Allah ibn Zayd (Qu'Allah soit satisfait de lui) qui a relaté qu' Il vit le Prophète  faire ses ablutions et se mit à les décrire, jusqu'à ce qu'il ait dit: "Il passa sa main humide sur sa tête en usant d'une eau autre que celle qui restait du lavage de ses mains et de ses pieds." .


Il a été dit par An-Nawawî, (Qu'Allah lui fasse miséricorde): " C'est ce qui coïncide avec les versions des hadiths authentiques qui rapportent que le Prophète  a pris une nouvelle eau pour s'essuyer la tête ". Si cette version est avérée, la réplique à ce hadith est alors multiple:


a- Ce hadith est faible car la présence d' `Abd-Allah ibn Mohammad ibn 'Oqayl dans une narration rend le hadith faible pour de nombreux savants (du hadith). Si ce hadith est faible, alors il n'y a pas lieu de l'évoquer pour étayer une argumentation même si aucun autre hadith ne le conteste. De plus ce hadith est "modhtarib" ( hadith avec un désaccord sur un narrateur ou sur le texte) d'après `Abd-Allah ibn Mohammad . Al-Bayhaqî a dit: Chourayk fait partie de ceux qui ont rapporté d' `Abd-Allah le hadith où il est dit: "...Et il a pris une nouvelle eau pour s'essuyer la tête par devant et par derrière".


b - Si ce hadith était authentique, cela signifierait qu'il a pris une nouvelle eau et en a déversé une partie et s'est essuyé la tête avec le reste.


c - Il est probable que cette eau est celle qui est restée après le troisième lavage d'une main.


3 - En réponse à l'argument basé sur le raisonnement par analogie au sujet de l'eau qui redescend du bras, ils ont dit:" Nous ne disons pas qu'il y a usage puisque cette eau dégouline du bras; il n'y a pas de controverse à ce sujet et cette eau qui dégouline n'altère pas l'eau utilisée pour la purification. Il n'y a pas de gêne.


4 - En réponse à l'argument basé sur l'analogie faite avec la terre utilisée par un groupe pour les ablutions sèches, l'expiation et aussi avec le vêtement, ils ont dit: S'agissant de la terre, il y a lieu de répondre que celle qui a servi se rapporte à ce qui est resté sur le membre ou qui en est tombé, plus exactement. Pour le reste qui se trouve parterre, il n'est pas usagé, ce n'est pas comme l'eau.
S'agissant de la nourriture offerte en expiation d'un péché, ils ont dit: "Il est permis d'en accomplir ce qui est obligatoire, une seconde fois, en renouvelant son titre de propriétaire sur celle-ci. La purification de l'eau atteinte par une impureté se fait en lui rajoutant une grande quantité d'eau jusqu'à ce que celle-ci atteigne le niveau de deux jarres. Et c'est ce que, nous disons avec exactitude.
S'agissant du vêtement, ils ont dit: " Sa nature ne change pas et on ne peut lui attribuer le nom d'utiliser contrairement à l'eau".


Le second avis: L'eau qui a servi est pure mais non purifiante; c'est l'avis doctrinal d' Ach-Châfi`î et celui des Hanbalites. C'est ce qui a été rapporté d'après Mâlik et Abou Hounayfa .


Les arguments:


1 - Le hadith rapporté par Al-Hakam ibn `Amr (Qu'Allah soit satisfait de lui) Le Prophète  interdit que l'homme fasse les ablutions avec le reste des ablutions de la femme est consigné par Abou Dâwoud, At-Tirmidhî, An-Nasâ`î et d'autres. At-Tirmidhî a dit: " c'est un hadith bon" .
L'argumentaire: " La pureté du reste de l'eau qui a servi aux ablutions concerne ce qui dégouline des membres lavés car l'eau qui est restée dans le récipient est purifiante à l'unanimité (des savants).


2 - Le hadith rapporté par Abou Hourayra (Qu'Allah soit satisfait de lui) Gardez-vous de vous baigner dans de l’eau stagnante alors que vous êtes en état de Djanâba (état d'impureté majeure). . Ce hadith est consigné par Mouslim .
Raisonnement: " L'interdiction a pour but d'éviter son utilisation"


3 - Le Prophète  et ses compagnons (Qu'Allah soit satisfait d'eux) avaient besoin d'eau lors de leur nombreux voyages, ils n'ont pas pour autant réservés cette eau, qui a servi, pour la réutiliser une seconde fois; leur délaissement de cette eau (qui a déjà servi) prouve que cela est défendu.


4 - Le raisonnement par analogie relatif à l'eau qui a servi pour ôter une impureté.
Discussion:
1- S'agissant du premier hadith dans lequel il est évoqué que le Prophète  a interdit à un homme de se purifier avec le reste d'eau qui a servi à une femme pour se purifier, ce dernier est un hadith faible comme cela a été dit par Al-Boukhârî - (Qu'Allah lui fasse miséricorde) - : " Ce hadith n'est pas authentique ".


2 - Concernant le hadith rapporté par Abou Hourayra ils ont dit à son sujet: "l'interdiction, dont il est fait mention, se rapporte au fait de ne pas altérer l'eau ou que le Prophète  l'a interdit. Pour que cela ne se répète pas et n'entraine son altération. Car le hadith mentionne l'écoulement de l'eau courante, il englobe l'eau en petite ou en grande quantité. Et le jugement que vous avez cité, vous le consacrez pour une petite quantité uniquement et non pas à une grande quantité. Votre argumentation fondée sur le hadith est annulée.


3 - S'agissant de l'argument évoqué qui se rapporte au fait que le Prophète  et ses compagnons (Qu'Allah soit satisfait d'eux) avaient délaissé la collecte d'une eau qui a déjà servi alors qu'ils en avaient besoin, il y a plusieurs réponses:


a - On ne peut rien en collecter même si on essaye de la collecter.


b - Ils ont, aussi, délaissé sa collecte pour le boire, le pétrir, l'utiliser en cuisine et pour se rafraichir en dépit de l'accord pour son usage dans ces domaines.
Les partisans de la preuve ont répondu en disant: "Nous n'admettons pas que rien de cette ne soit collectable. Car si cela est admis pour l'eau des petites ablutions, cela ne sera pas admis pour l'eau du ghoussl (grandes ablutions)".
S'agissant de ce qui a été avancé sur le fait qu'ils n'ont pas collecté l'eau qui a déjà servi ni pour le boire ni pour l'utiliser pour pétrir ni pour cuisiner ni pour se rafraichir, cela est du à son impropriété. Et le Prophète a délaissé la consommation de la chair du lézard, pourtant permise, car cela le répugnait.
Mais cette réponse est faible. Et on peut rétorquer à leurs éléments de preuve en disant que la religion n'impose rien de contraignant. Même si nous admettons vos arguments avancés selon lesquels il convient à tout voyageur de transporter avec lui une quantité d'eau suffisante pure et purifiante pour accomplir ses ablutions et son ghoussl, pour ne pas recourir aux ablutions sèches (tayammoum). Mais cela est une contrainte énorme et une gêne considérable. L'éloignement de la gêne est une règle mentionnée dans la législation musulmane qui est tolérante.


4 - S'agissant de l'analogie utilisée au sujet de l'eau qui a servi pour ôter une souillure, la différence entre les deux est claire et évidente. Il n'est pas correct de recourir à l'analogie à ce sujet.


Après réflexion et étude, il nous apparait plus prudent de dire que l'eau qui a déjà servi pour se purifier d'une impureté (hadath) est pure et purifiante eu égard à la validité des arguments évoqués par les partisans de cet avis tel que le hadith rapporté par Ibn `Abbâs (Qu'Allah soit satisfait des deux) selon lequel Prophète  a dit: L'eau ne devient pas impure par la Djanâba et compte tenu, également, des éléments de preuve solide auxquels n'ont pu résisté, après examen, les éléments de preuves présentés par les partisans du second avis. C'est pour cela qu' Al-Mardâwî par souci d'équité a dit à ce sujet: " C'est l'avis le plus fort dans la comparaison", sachant que la plupart des compagnons   sont d'avis que cette eau est pure mais non purifiante. Seule la vérité est en droit d'être suivie et Seul Allah est plus Savant.

 Les partisans du premier avis ont des arguments tirés de la Sunna que nous n'avons pas évoqués par souci de brièveté et en se suffisant des arguments authentiques par préférence aux éléments retranscrits mais qui sont faibles. C'est à Allah que nous nous adressons pour qu'Il nous accorde le succès et qu'Il nous fasse don de la compréhension de Sa religion et le suivi de la Sunna du maître des Envoyés,


Naturellement le sujet a une suite, qu'Allah facilite sa parution dans les prochains numéros de ce magazine béni.


En conclusion, j'implore Allah, le Tout-Puissant, pour qu'Il nous fasse tous don de la compréhension de sa religion et qu'Il nous accorde le don de nous accrocher à la Sunna de Son Messager  et qu'Il nous montre la vérité et nous permette de la suivre et qu'Il nous montre le faux et nous permette de s'en éloigner. Comme je L'implore, Exalté soit-Il, de réformer la situation de tous les musulmans et qu'Il leur montre le chemin du bon sens et qu'Il les ramène vers sa religion de la meilleure des façons et qu'Il aide nos dirigeants à appliquer les enseignements de Son Noble Livre et la Sunna de Son Messager  Prière et salut sur notre Prophète, Mohammad ainsi que sur sa famille et tous ses compagnons.




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