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 Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)

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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Mer 5 Jan 2011 - 15:40

Chapitre 24 :

« Des détails apportés sur certains types de sorcellerie »






Commentaire :
Le nom « sorcellerie » (Sihr) a une portée générale dans la langue arabe. Il englobe l’acte par lequel on recherche l’aide des démons, le fait de se rapprocher d’eux, de les adorer, afin qu’ils se mettent au service du sorcier. Il englobe aussi d’autre significations que le Législateur considère comme de la sorcellerie, bien qu’elles ne correspondant pas à des formes réelles de sorcellerie, ne ressemblant pas à la catégorie précitée ni dans leur essence, ni dans leur statut [religieux]. Il y a différents degrés de sorcellerie, et savoir les distinguer les uns des autres est important. C’est pourquoi le guide [Mouhammed Ibn Abdel Wahhab] a cité ce chapitre dans le but de différencier ces différents degrés.


******


Citation :
Ahmad a dit : « Mohammed Ibn Ja'afar nous a conté,que 'Awf leur a conté d'après Hiyyân Ibn Al 'Ala qui a dit : « Qatan ibn Qabîsah nous a conté d'après son père qui a entendu le Prophète dire : « Al 'Iyâfah, At Tarq et At Tiyarah sont des manifestations du Jibt ». 'Awf a dit : « Al Iyâfah consiste à effrayer les oiseaux et At Tarq correspond à des traits que l'on trace au sol. Quant au Jibt, Al Hassan a dit [à ce sujet] : « Il s'agit de l'inspiration de Satan. » »
Ces propos ont été rapportés selon une bonne chaîne de rapporteurs, de même qu'ils ont été rapportés par Abou Dawud, An Nassai et Ibn Hibbân dans son recueil de hadiths authentiques.


Commentaire :
« Al 'Iyâfah » : Comme l’a dit 'Awf, Al 'Iyâfah consiste à effrayer les oiseaux afin de les faire se déplacer, afin d’en déduire les augures, c’est-à-dire le caractère louable ou blâmable du projet dans lequel on veut se lancer. Cela peut aussi consister à prévoir l’avenir à travers le comportement des oiseaux effrayés.
Ceci est une forme de Jibt, car, comme nous l’avons vu, le Jibt correspond à une chose vile et méprisée qui éloigne l’individu de la vérité.

« At Tiyarah » : Ce terme est plus général. Car Al 'Iyâfah est exclusivement liée au oiseaux, alors que At Tiyarah est un nom comportant tout ce qui engendre une quelconque forme de superstition positive ou négative (cela sera expliqué dans un chapitre à part).

« At Tarq » : C’est une forme de voyance. Il s’agit de tracer un nombre incalculable de traits sur le sol. Puis le devin les efface un à un puis deux par deux…, et il li l’avenir en fonction des traits restant. Or ceci est une forme de sorcellerie.

« Quant au Jibt, Al Hassan a dit [à ce sujet] : « Il s'agit de l'inspiration de Satan. » » : Al Jibt est donc une forme de sorcellerie car Satan y invite les gens par sa voix et ses cris.


******


Citation :
Ibn 'Abbas a dit : « Le Prophète a dit : « Quiconque emprunte une des voies de l'astrologie a emprunté une des voies de la sorcellerie, la part de cette dernière augmentant proportionnellement à celle de la première. » » (Rapporté par Abou Dawud avec une chaîne de rapporteurs authentiques)


Commentaire :
Ce hadith est clair, l’astrologie est une forme de sorcellerie. (Nous verrons plus tard un chapitre consacré aux différents types de sciences liées aux étoiles).


******


Citation :
An Nassai rapporte d'après le hadith d'Abou Hourayra que le Prophète a dit : « Quiconque fait un noeud puis souffle dessus a pratiqué la sorcellerie. Et quiconque pratique la sorcellerie a commis un acte de polythéisme. Et quiconque s'attache [à] une chose, y sera voué. »


Commentaire :
« Quiconque fait un noeud puis souffle dessus » : Le souffle cité ici est celui accompagné d’une demande de protection ou d’aide aux démons. Tout souffle sur un nœud ne correspond donc pas nécessairement à de la sorcellerie.

« … a pratiqué la sorcellerie » : parce que le Jinn se met au service de cette sorcellerie dès que l’on souffle sur le nœud. L’intérêt du souffle sur le nœud réside dans le fait qu’aussi longtemps que le nœud restera noué, le sort ne sera pas conjuré. Dès lors, le dessein auquel aspire le sorcier se réalise par deux choses : le nœud et le souffle.


******


Citation :
Ibn Mas'oud rapporte que le Prophète a dit : « Voulez vous que je vous renseigne sur Al 'Adh-h ? Il s'agit du colportage (Namîmah) [ou en d'autres termes] propager des propos entre les gens ». (Rapporté par Muslim)


Commentaire :
Al ‘Adh-h dans la langue arabe désigne plusieurs choses, dont la sorcellerie. La ressemblance entre le colportage et la sorcellerie vient du fait que l’influence de la sorcellerie – engendre la séparation de deux êtres aimés ou la réconciliation de deux êtres séparés – est une influence sur les cœurs. C’est exactement le rôle du colporteur qui sépare les êtres aimés en citant certains propos à l’un, et d’autres propos à l’autre.


******


Citation :
Al Bukhari et Muslim rapporte d'après Ibn 'Umar que le Prophète a dit : « Certains discours sont d'une éloquence tenant de la sorcellerie. »


Commentaire :
L’éloquence désignée ici est celle qui exprime ce qu’il y a dans l’âme au moyen de propos éloquents et clairs qui envoûtent l’ouïe et le cœur et les ensorcellent jusqu’à même inverser le vrai et le faux.




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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Mer 5 Jan 2011 - 15:41

Chapitre 25 :

« Concernant les voyants et assimilés »




Commentaire :
Le voyant est un associateur car il fait appel aux Jinns et leur voue des actes d’adoration, afin qu’ils soient à son service et l’informent au sujet de chose inconnues. En effet c’est au moyen des informations obtenues discrètement que les Jinns – lorsque leurs propos sont véridiques – peuvent atteindre les choses inconnues (voir le hadith de Abou Hourayra dans le chapitre 15). Cette obtention de nouvelles se divise en trois catégories :
1 – Avant l’apostolat du Prophète : c’était très courant.
2 – Après l’apostolat : il n’y eut plus aucune fuite d’information au bénéfice des Jinns. Et si cela arrivait, c’était rare et ne pouvait pas concerner la révélation du Livre d’Allah à Son Prophète .
3 – Après la mort du Prophète : le vol d’information réapparut mais à degré moindre qu’en période anté-islamique, car le ciel fut rempli d’une forte garde [d’anges] et [armés] de météores.

Le terme « Kâhim » (voyant) peut être attribué au « ‘Arrâf » (devin), car ce sont deux termes dont les significations respectives se recoupent. Et il en est de même pour les termes « Rammâl » (géomancien) et « Munajjim » (astrologue).


******


Citation :
Muslim a rapporté dans son Sahîh, d’après certaines femmes du Prophète , que ce dernier a dit : « Quiconque se rend chez un devin, lui demande quelque chose et croit ce qu’il dit, verra ses prières rejetées pendant quarante jours ».


Commentaire :
« ses prières rejetées pendant quarante jours » : cela signifie que la personne n’en tirera aucune récompense. Ce hadith montre donc la gravité du péché de celui qui se rend chez un voyant, même s’il ne le consulte que par curiosité et qu’il ne croit pas en ses prédictions.


******


Citation :
D’après Abû Hurayrah , le Prophère a dit : « Quiconque se rend chez un voyant et croit ce qu’il lui dit, a renié ce qui a été révélé à Muhammad ». (Hadpith rapporté par Abû Dâwûd)
Les quatre spécialistes du Hadith (à savoir Abû Dâwûd, An-Nassâ’î, Ibn Mâjah et At-Tirmidhî) ainsi qu’Al-Hâkim rapportent le hadith suivant d’Abû Hurayrah : « Quiconque se rend chez un devin ou un voyant et croit ce qu’il lui raconte, a renié ce qui a été révélé à Muhammad. » (At-Tirmidhî).
Al-Hâkim a considéré ce hadith authentique selon les critères fixés par Al-Bukhârî et Muslim. Abû Ya3lâ rapporte le même hadith d’après Ibn Mas3ûd, avec une chaîne de rapporteurs solide, mais interrompue au niveau du Compagnon (Mawqûf).


Commentaire :
« a renié ce qui a été révélé à Muhammad » : c’est-à-dire le Coran. La mécréance citée dans ce hadith est une moindre mécréance (qui n’annule pas l’islam) selon l’avis le plus juste.


******


Citation :
3Imrân ibn Husayn rapporte le hadith attribué au Prophète (Marfû3) suivant : « N’est pas des nôtres qui consulte les augures ou pour qui on les consulte, celui qui pratique la voyance ou consulte un voyant, celui qui pratique la sorcellerie ou pour le compte duquel on la pratique. Quant à celui qui se rend chez un voyant et croit ce que ce dernier lui dit, il a certes renié ce qui a été révélé à Muhammad. »
Ce hadith a été rapporté par Al-Bazzâr avec une chaîne de rapporteurs solide, et par At-Tabarânî dans Al-Awsat avec une bonne chaîne de rapporteurs d’après Ibn 3Abbâs. Cependant, la dernière phrase du hadîth [à partir de « Quant à celui qui… »] a été omise dans la version d’At-Tabarâni. (Rapporté par Al-Mundhirî, en disant : « rapporté par Al-Bazzâr avec une bonne chaîne de rapporteurs.»)


Commentaire :
« N’est pas des nôtres » : cette expression prouve que cet acte est interdit, et certains savants affirment qu’elle implique le caractère capital du péché.


******


Citation :
Al-Baghawî a dit : « Le devin (3Arrâf) est celui qui prétend connaître des faits par des augures qui lui permettraient de localiser des objets volés, des montures égarées ou autres. D’autres ont affirmé qu’un devin (3Arrâf) est équivalent au voyant (Kâhin). Quant au voyant (Kâhin), il s’agit de celui qui informe sur les événements futurs. D’autres ont affirmé que le voyant est celui qui lit dans les pensées. »

Abul-3abbâs Ibn Taymiyyah a dit : « Al-3Arrâf est un nom qu’on attribue aussi bien au voyant qu’à l’astrologue, au géomancien (le devin qui utilise du sable, de la terre ou des cailloux pour lire l’avenir prétend-il ; voir aussi le chapitre précédent (At-Tarq) ou ) toute personne prétendant connaître ce genre de sciences. »

Parlant des personnes qui utilisent l’alphabet et observent les astres (pour lire l’avenir), Ibn ‘Abbas a dit : « Je considère les personnes se rendant coupables de telles Pratiques comme n’ayant aucun part (de la bénédiction divine). »


Commentaire :
Les formes de voyance sont donc très nombreuses et on peut les regrouper dans la définition suivante : C’est lorsque le voyant utilise un moyen apparent afin de convaincre le client que cette science lui est parvenue par un moyen palpable et scientifique, mystifiant par là son auditoire, alors qu’en réalité, les moyens que le voyant prétend utiliser ne peuvent en aucun cas lui permettre d’atteindre les informations qui sont en sa possession, car en réalité, elles lui sont parvenues par le biais des Jinns.




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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Mer 5 Jan 2011 - 15:41

Chapitre 26 :

« Concernant le désenvoûtement (An-Nushrah) »




Commentaire :
La Nushrah est un nom indiquant le traitement soumis à une personne ensorcelée. C’est donc le fait d’annuler un sort maléfique.
Elle est de 2 sortes :
1 – La Nushrah permise : C’est celle qui utilise le Coran, les invocations connues, ou des médicaments prescrits par le mèdecins, dans le cas où la sorcellerie concerne un membre particulier du corps humain.
2 - La Nushrah interdite : C’est celle qui consiste à annuler une sorcellerie par une autre. Elle est interdite car le second sorcier toujours avoir recours aux Jinns en se rapprochant d’eux, etc. C’est pourquoi Al Hassan a dit : « La sorcellerie ne s’annule que par la sorcellerie ».


******


Citation :
Jâbir rapporte qu’on interrogea le Prophète à propos de la Nushrah. Il répondit : « C’est une des œuvres de Satan. »
Ce hadith est rapporté par Ahmad selon une chaîne de rapporteurs solide, ainsi que par Abû Dâwûd. Ce dernier a dit : « On interrogea Ahmad à ce propos et il répondit : « Ibn Mas’ûd déteste tout cela. ». »


Commentaire :
« C’est une des œuvres de Satan. » : Car en ce temps là, la seule Nushrah connue des arabes était celle pratiquée par le sorcier.

« Ibn Mas’ûd déteste tout cela. » : Il détestait la Nushrah faite de pendentifs comportant du Coran. Quant au fait que la personne souffle [sur le malade en récitant des formules incantatoires] et emploie [des méthodes de] Rouqyah, il n’est pas possible que l’Imam Ahmed ou même ‘Abdoullah Ibn Mas’oud puissent détester cela, car le Prophète les a lui-même utilisé et a permis aux musulmans de les pratiquer.


******


Citation :
Al-Bukhârî rapporte que de Qatâdah qu’il a dit : « J’ai questionnée Ibn ul-Musayyab pour savoir si une personne atteinte d’un maléfice ou ne pouvant approcher son épouse, pouvait avoir recours à la Nushrah ou à quelque autre moyen lui permettant d’annuler le sort. » Il répondit : « Il n’y a pas de mal à cela. On ne recherche que le bien par ce moyen. Ce qui est utile n’a jamais été défendu ». »


Commentaire :
Ibn ul-Musayyab désigne par là les formes bénéfiques de Nushrah comme les demandes de protection divine, les invocations, le Coran, etc. Quant à la Nushrah qui utilise la sorcellerie, le degré méritoire d’Ibn ul-Musayyab est bien trop élevé pour qu’on le soupçonne d’affirmer qu’elle est permise.


******


Citation :
Al-Hassan a dit : « La sorcellerie ne s’annule que par la sorcellerie ».


Commentaire :
C’est-à-dire que le seul moyen – autre que les moyens religieusement légaux – pour annuler une sorcellerie.


******


Citation :
Ibn ul-Qayyim a dit : « La Nushrah est l’action d’annuler un sort. Elle est de deux sortes :
La première consiste à annuler le sort à l’aide d’un autre sort. C’est ce type de Nushrah qui est considéré comme l’œuvre de Satan, et c’est sous cet angle que l’on doit comprendre les propos d’Al-Hassan. Le principe de ce type de Nushrah est le suivant : le sorcier et la personne ensorcelée se rapprochent de Satan en accomplissant ce qu’il désire et ce dernier annule alors son action sur la personne atteinte.
La seconde est la Nushrah faisant appel à la Ruqyah, les demandes de protection, les médicaments et les invocations permises. Tout ceci est licite. »


Commentaire :
En conclusion, nous pouvons dire que la sorcellerie –qu’elle soit initiale ou afin de guérir (d’un envoûtement)- ne se réalise que par le biais du Shirk majeur. C’est pourquoi il n’est pas permis d’annuler un sort par un autre sort. Il convient plutôt de le faire disparaître par les formes autorisées de Rouqyah.




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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Mer 5 Jan 2011 - 15:42

Chapitre 27 :

« Concernant les augures »





Commentaire :
L’augure est en fait une forme de superstition engendrant le pessimisme ou l’optimisme. Et le Prophète a dit : « L’augure est ce qui t’encourage à mener à bien ton projet, ou t’en dissuade. »


******


Citation :
Allah le Très Haut dit : « En vérité leur sort dépend uniquement d’Allah mais la plupart d’entre eux ne savent pas. » (Sourate Al ‘araf v.131) ainsi que Sa parole : « Votre mauvais présage est avec vous-mêmes… » (Sourate Yâsîn v.19)



Commentaire :
« leur sort dépend uniquement d’Allah mais la plupart d’entre eux ne savent pas. » : c’est-à-dire que la cause des évènements heureux ou malheureux les touchant dépend seulement de destin et du décret divin. Par conséquent, leur sort ne dépend que d’Allah .

« Votre mauvais présage est avec vous-mêmes… » : c’est-à-dire que la véritable cause des malheurs qui vous touchent ou des évènements heureux que vous vivez est une chose intimement liés à vos personnes, comme l’accomplissement d’une mauvaise action, ou votre inimitié envers les prophètes que vous traitez de menteurs.


******


Citation :
D’après Abû Hurayrah , le Prophète a dit : « Pas de contagion (‘Adwâ), ni d’augure (Tiyarah), ni d’oiseau de mauvaise augure (Hâmah), et le mois de Safar ne porte pas malheur. » Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim. On trouve en outre cet ajout dans la version de Muslim : « Point d’astre (qui n’ait une quelconque influence), ni de goule* à craindre. »
*(La goule est une sorte de monstre qui effrayait les voyageurs)

Al-Bukhârî et Muslim rapporte d’après Anas que le Prophète a dit : « Point de contagion, ni d’augure. En revanche l’optimisme (Fa’l) me plaît. » Les Compagnons dirent : « Qu’est-ce que l’optimisme ? » Le Prophète répondit : « C’est la bonne parole ».


Commentaire :
« Pas de contagion » : c’est-à-dire que la contagion n’agit pas d’elle-même, comme le pensaient les gens à la période anté-islamique, mais elle se propage par la volonté d’Allah .

« l’optimisme me plaît » : c’est d’avoir une bonne opinion d’Allah , alors que le pessimisme en est tout l’opposé. C’est pourquoi l’optimisme est louable alors que le pessimisme est blâmable.


******


Citation :
Abû Dâwûd rapporte selon une chaîne de rapporteurs authentique d’après ‘Urwah ibn ‘âmir : « Les augures furent citées en présence du Prophète qui dit : « Le meilleur des augures est l’optimisme. Et l’augure ne dissuade pas le musulman (de mener ses projets à bien). Si l’un d’autre vous voit une chose qu’il répugne qu’il dise donc :
« Ô Allah ! Personne n’apporte d’événements heureux ni ne repousse les malheurs si ce n’est Toi, et nous ne tirons notre puissance et notre force que de Toi ».
»


Commentaire :
« Le meilleur des augures est l’optimisme » : l’augure signifie ici être influencé par une bonne parole.

« Et l’augure ne dissuade pas le musulman (de mener ses projets à bien). » : C’est une affirmation, mais qui est utilisé dans le sens de l’interdiction afin d’insister sur l’importance de cette dernière.


******


Citation :
Abû Dâwûd rapporte aussi d’après Ibn Mas’ûd qui attribue cette parole au Prophète : « L’augure est du polythéisme, l’augure est du polythéisme. Hélas, personne d’entre nous (n’en est épargné)… mais Allah l’efface pour la confiance que l’on place en Lui ». Rapporté par Abû Dâwûd et At-Tirmidhî. Ce dernier l’a authentifié en attribuant la dernière phrase à Ibn Mas’ud .


Commentaire :
« L’augure est du polythéisme » : C’est une forme de polythéisme mineur.


******


Citation :
Ahmad rapporte d’après Ibn ‘Amr que le Prophète a dit : « Celui qui se laisse détourner de son but par l’augure a commis un acte de polythéisme. » On lui demanda : « Quelle en est alors l’expiation ? » Il répondit : « C’est de dire : « Ô Allah ! Point de bien si ce n’est le Tien, et point d’augure qui ne vienne pas de Toi, et point de véritable divinité si ce n’est Toi. »

Ahmad rapporte aussi d’après Al-Fadhl ibn Al-‘Abbâs que le Prophète a dit : « L’augure est ce qui t’encourage à mener à bien ton projet, ou t’en dissuade. »


Commentaire :
« Celui qui se laisse détourner de son but par l’augure a commis un acte de polythéisme » : C’est ce qui permet de définir le caractère polythéiste de l’augure.





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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Mer 5 Jan 2011 - 15:42

Chapitre 28 :

« Concernant l’astrologie »





Commentaire :
Il existe différentes sciences relatives aux astres :

1 – Croire au fait que les étoiles agissent et produisent un effet par elle-même : Les savants de l’Islam sont unanimes pour déclarer que cette croyance est une mécréance majeur et une forme de polythéisme identique à celle du peuple d’Ibrahim.

2 – L’astrologie : c’est la science de l’influence des étoiles. Elle consiste à étudier le mouvement des astres, leur rencontre, leur séparation, leur lever et leur coucher afin d’en déduire ce qui va se passer. C’est donc une forme de voyance qui, comme nous l’avons déjà vu, est interdit.

3 – L’astronomie : c’est la science du mouvement des étoiles, qui consiste à étudier les étoiles et leurs mouvements afin d’en déduire la direction de la Qiblah, des horaires et des saisons (comme par exemple les saisons propices à la semence). Cette forme de science a été tolérée par certains savants car elle considère les astres d’un point de vue temporel et non causal.


******


Citation :
Al-Bukhârî a rapporté dans son recueil authentique : « Qatâdah a dit : « Allah a crée ces étoiles pour trois raisons : pour embellir le ciel, pour lapider les démons et comme signes célestes permettant de se repérer. Quiconque leur donne une autre interprétation se trompe, perd sa part (de bénédictions divine), et s’investit dans des spéculations au sujet desquels il n’a aucune science ». »


Commentaire :
« pour embellir le ciel » : Comme Allah l’a dit : « Et Nous avons décoré le ciel le plus proche de lampes [étoiles] et l’avons protégé » (sourate Les versets Détaillés, v. 12)

« Quiconque leur donne une autre interprétation se trompe, perd sa part (de bénédictions divine), et s’investit dans des spéculations au sujet desquels il n’a aucune science » : Cela est exacte, car les étoiles ne sont qu’un élément de la création d’Allah et nous ne pouvons comprendre la raison de leur existence si ce n’est par les informations qu’Allah nous a transmis.


******


Citation :
Harb a rapporté que Qatâdah interdisait l’apprentissage des phases de la lune, et qu’Ibn ‘Uyaynah ne le tolérait pas non plus. Quant à [l’imam] Ahmad et Ishâq, ils considéraient cela comme toléré.


Commentaire :
C’est le dernier avis qui est correct, car Allah a rappelé ce bienfait à Ses serviteurs en disant : « C’est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous sachiez le nombre des années et le calcul (du temps). » (Sourate Younous, v.5) Le sens apparent du verset nous informe que c’est en apprenant les positions des astres que l’on tire profit du bienfaits d’Allah . Ceci est donc une preuve du caractère licite de cette science.


******


Citation :
Selon Abû Mûsâ , le Prophète a dit : « Trois personnes n’entreront jamais au Paradis : le buveur de vin, celui qui rompt les liens de parenté, et celui qui croit en la sorcellerie. » Rapporté par Ahmad, et Ibn Hibbân dans son receuil authentique.


Commentaire :
Nous avons déjà prouvé que l’astrologie était une forme de sorcellerie, conformément à la parole du Prophète : « Quiconque emprunte une des voies de l’astrologie a emprunté une des voies de la sorcellerie. »

De nos jours, une nouvelle forme d’astrologie est clairement apparue dans les magazines, à savoir l’horoscope. Or, ceci n’est autre qu’une forme d’astrologie et une forme de voyance qu’il est obligatoire de condamner à tous les niveaux. Si le musulman se permet de lire l’horoscope, il est alors concerné par l’interdiction du fait qu’il a consulté un voyant sans le condamner.





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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Mer 5 Jan 2011 - 15:42

Chapitre 29 :

« Concernant le fait de demander la pluie (Istisqâ’) aux étoiles (Al-Anwâ’) »






Commentaire :
Cette croyance s’oppose à la complétude du Tawhid qui nécessite que l’on attribue tous les bienfaits à Allah Seul, et qu’aucun de ces bienfaits ne soit attribué à un autre que Lui, même si cet autre en est une cause. En effet, cette croyance erronée implique 2 formes de transgression :
- Premièrement : Croire à tort que les étoiles sont des causes.
- Deuxièmement : Considérer les étoiles comme des causes alors qu’Allah ne les a pas déclarées comme telles, ce qui fait qu’on leur attribue le bienfait, le mérite et la pluie.


******


Citation :
Allah le Très Haut à dit : « Et est-ce qu’en guise de remerciement [à Allah], vous reniez [Ses bienfaits] ? » (Sourate Al Wâqi’ah, v.82)


Commentaire :
Les savants de l’exégèse ont dit que le sens de ce verset était le suivant : « Votre remerciement est-il de traiter de mensonge que le bienfait vienne d’Allah en l’attribuant à un autre ? ».


******


Citation :
D’après Abû Mâlik Al-Ash’arî , le Prophète a dit : « Il y a quatre pratiques de la période antéislamique qui ne seront jamais délaissées par les membres de ma communauté : se vanter de sa notoriété, insulter les origines, demander la pluie (Istisqâ’) aux étoiles, et les lamentations (lors d’un décès) ». Il a dit aussi : « Si la personne qui se lamente ne se repent pas avant sa mort, elle portera – le jour de la Résurrection – un habit de goudron et une robe de gale ». Rapporté par Muslim.


Commentaire :
« demander la pluie (Istisqâ’) aux étoiles » : C’est le fait de leur attribuer la pluie. Al Istisqâ’ englobe aussi les choses plus grave encore, à savoir la demande de pluie formulée à ces étoiles.


******


Citation :
Al-Bukhârî et Muslim rapporte d’arpès Zayd Ibn Khâlid : « Le Prophète dirigea la prière du matin dans la région d’Al-Hudaybîyyah après une nuit pluvieuse. La prière accomplie, il se tourna vers les gens et leur dit : « Savez-vous ce que votre Seigneur a dit ? » Ils répondirent : « Allah et Son Prophète sont les plus savants. » Et le Prophète de dire : « Il a dit : « Ce matin, certains de Mes serviteurs ont cru et d’autres ont mécru. Ceux qui ont dit : « Il a plu par la grâce d’Allah et Sa miséricorde » ont cru et Moi et ont renié les étoiles. Quand à ceux qui ont dit : « Il a plu grâce à telle ou telle étoile », ils M’ont renié et on cru aux étoiles ». »


Commentaire :
« Allah et Son Prophète sont les plus savants. » : Citer le Prophète dans cette dernière formule n’est valable que de son vivant. En revanche, après sa mort, si l’on est questionné au sujet d’une chose qu’on ignore, on répond : « Allah est le Plus Savant. »

« Quand à ceux qui ont dit : « Il a plu grâce à telle ou telle étoile », ils M’ont renié et on cru aux étoiles. » : Comme nous l’avons déjà cité :
- si le terme « grâce » indique la causalité : il s’agit donc d’une forme de polythéisme mineur.
- mais si par le terme « grâce » on entend que ce sont les étoiles qui apportent la pluie en réponse à la demande de ses adorateurs, ou par miséricorde pour les gens, alors il s’agit d’une forme de mécréance majeure.


******


Citation :
Al-Bukhârî et Muslim rapporte aussi d’après Ibn ‘Abbâs un hadith dont le sens est équivalent au précédent avec l’ajout suivant : « Certaines des personnes présentes ont dit : « Telle et telle étoile a été véridique… » Allah révéla alors les versets suivants : « Non !... Je jure par les positions des étoiles (dans le firmament).» Jusqu’au verset : « …vous reniez [Ses bienfaits] ? » (Sourate Al Wâqi’ah, v.75 à 82)




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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Mer 5 Jan 2011 - 15:43

Chapitre 30 :

« A propos de la parole d'Allah : « Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d'Allah, des égaux à Lui, en les aimant comme on aime Allah. » » [1]






Commentaire :
Le guide Mohammed Ibn Abdel Wahhab commence ici par citer les adorations du cœur et la manière de les vouer exclusivement à Allah . Ces adorations font partie des obligations du Tawhid et le complètent. L’auteur a commencé par le sujet de l’amour, et par le fait qu’Allah doit être plus aimé du musulman que toute chose, y compris sa propre âme.
C’est donc l’amour d’adoration qui engendre l’obéissance aux ordres volontairement et librement, par désir pour l’être aimé, ainsi que le délaissement des interdits volontairement et librement. Ce type d’amour, s’il est voué à un autre qu’Alah est une forme de polythéisme majeur, il est le pilier de la religion et de la droiture du cœur.

« … en les aimant comme on aime Allah » : C’est-à-dire qu’ils les élèvent au même niveau qu’Allah du point de vue de l’amour qu’ils leur accordent.


******


Citation :
Et Allah dit : « Dis : « Si vos pères ... » jusqu'à « ...vous sont plus chers qu'Allah et Son Messager. » (sourate Le Repentir, v 24)


Commentaire :
Ce verset montre le menace d’Allah pour celui qui aime un autre être plus qu’Allah et Son Prophète. Et l’amour du Prophète est un amour pour Allah, et non pas un amour de dgré équivalent à celui d’Allah, car c’est Lui Qui nous a ordonné d’aimer le Prophète .


******


Citation :
D'après Anas , le prophète a dit : « Aucun d'entre vous ne sera (parfaitement) croyant tant que je ne lui serai pas plus cher que ses propres enfants, son père et tout le reste de l'humanité ». (Rapporté par al Boukhârî et Mouslim)


Commentaire :
« Aucun d'entre vous ne sera (parfaitement) croyant… » : Le Prophète parle ici de la foi parfaite et non pas de l’absence totale de foi.

« …tant que je ne lui serai pas plus cher que ses propres enfants… » : Et cette amour se manifeste dans les actes. En effet, celui qui aime Allah d’un amour d’adoration, d’espérance et de crainte agira en fonction de ce qui Le satisfait et s’éloignera de ce qui peut provoquer Son Courroux. Il en va de même pour celui qui aime réellement le Prophète .


******


Citation :
Al Boukhârî et Mouslim ont rapporté du Prophète qu'il a dit : « Si trois choses se rassemblent chez une seule et même personne, elle goûtera à la douceur de la foi : qu'Allah et Son Prophète lui soient plus chers que toute autre chose, qu'il aime son prochain pour Allah uniquement, qu'il déteste retourner à la mécréance - après qu'Allah l'en ait sauvé- comme il déteste être jeté dans le feu. »
Dans une des versions du hadith, on trouve : « Personne ne goûtera à la douceur de la foi si ce n'est... »

Ibn 'Abbâs a dit : « Aimer pour Allah, détester pour Allah, s'allier pour Allah, désavouer pour Allah : c'est ainsi que l'on atteint la sainteté (Walâyah) auprès d'Allah. Et aucun serviteur ne goûtera à la douceur de la foi - aussi nombreuses soient ses prières et son jeûne - jusqu'à ce qu'il se comporte de la sorte. Mais aujourd'hui – hélas - la majorité des relations de fraternité liant les gens se base sur les affaires de ce bas monde. Or, cela ne leur apportera rien de bon. » (Rapporté par Ibn Jarîr)


******


Citation :
Ibn 'Abbas dit aussi au sujet de la parole d'Allah : « ...Les liens entre eux seront bien brisés ! » (Sourate Al Baqara, v.166) : « Il s'agit des liens d'amitié. »


Commentaire :
« Il s'agit des liens d'amitié. » : Car les polythéistes associaient leurs idoles à Allah et les aimaient. Ils pensaient qu’elles intercèderaient en leur faveur le jour de la Résurrection, en récompense de l’amour et de l’affection qu’ils leur portaient.




[1] (Sourate Al Baqara, v. 165)




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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Mer 5 Jan 2011 - 15:43

Chapitre 31 :

« A propos de la parole d'Allah : « C'est le Diable qui vous fait peur de ses adeptes. N'ayez donc pas peur d'eux. Mais craignez-Moi, si vous êtes croyants » » [1]




Commentaire :
Ce chapitre traite de l’adoration que représente la crainte d’Allah , de son caractère obligatoire en tant qu’adoration du cœur.

Quant à la crainte d’un autre qu’Allah, elle est de 3 types :
1 – La crainte polythéiste : Dans ce monde, il s’agit de craindre la mal d’un être vénéré possédant une puissance dont les causes sont inconnues. C’est donc une crainte occulte, que l’être craint soit un prophète, un saint ou un Jinn. Quant à la crainte polythéiste concernant l’au-delà, c’est de redouter que l’être vénéré ne nous soit d’aucun secours le Jour de la Résurrection.
2 – La crainte interdite : c’est de craindre une créature au point de délaisser une obligation ou de transgresser un interdit.
3 – La crainte naturelle : cette crainte est permise, comme le fait de craindre l’ennemi, un prédateur, le feu ou toute autre chose similaire, car cette crainte est propre à la nature humaine.

« C'est le Diable qui vous fait peur de ses adeptes… » : Selon l’avis le plus juste, le sens de ce verset est que Satan fait que les gens du Tawhid soient dan la crainte de ses adeptes.

« N'ayez donc pas peur d'eux » : Ceci est une interdiction.

« Mais craignez-Moi, si vous êtes croyants » : Ceci est une obligation qui prouve que la crainte est une forme d’adoration.


******


Citation :
Et Allah dit : « Ne peupleront les mosquées d'Allah que ceux qui croient en Allah et au Jour Dernier, accomplissent la prière, acquittent la Zakât et ne craignent qu'Allah... » (Sourate At-Tawba, v. 18)


Commentaire :
Ce verset montre clairement que la crainte doit être vouée à Allah . Et la crainte (Khashiyah) est plus spécifique que la peur (khawf).


******


Citation :
Et Il dit aussi : « Parmi les gens il y en a qui disent : « Nous croyons en Allah » ; puis, si on les fait souffrir pour la cause d'Allah, ils considèrent l'épreuve de la part des hommes comme un châtiment d'Allah... » (Sourate Al ‘Ankabout, v. 10)


Commentaire :
Ceci en craignant cette épreuve, et en délaissant ce qu’Allah leur a rendu obligatoire, ou en transgressant ce qu’Allah a interdit par crainte des propos que les gens tiendront.


******


Citation :
Abu Sa'îd , attribue cette parole au prophète : « Un signe de faiblesse de la certitude est de rechercher la satisfaction des gens même si l'on provoque la colère d'Allah, de les louer pour ce qu'Allah t'a octroyé et de les blâmer pour ce qu'Allah ne t'a point donné. La convoitise de l'avide ne peut attirer le bienfait d'Allah, comme ne peut le repousser l'inimité du haineux. » (rapporté par Abu Nu'aym, dans son livre al Hilyah ; al Bayhaqî a dit que c'est un hadith faible)


Commentaire :
« Un signe de faiblesse de la certitude… » : C’est-à-dire parmi les causes de la faiblesse de la foi. Or, c’est la transgression des interdits qui amoindrit la foi, car la foi augmente par l’obéissance (à Allah) et diminue en raison des péchés.

Ce hadith indique que la satisfaction des gens malgré le courroux d’Allah est une désobéissance, un péché et un interdit.


******


Citation :
'Aisha (رضي الله عنها) rapporte que le prophète a dit : « Quiconque aspire à satisfaire Allah même s'il provoque la colère des hommes, Allah l'agréera et fera que les hommes soient satisfaits de lui. Et quiconque aspire à satisfaire les hommes même s'il provoque la colère d'Allah, Allah sera en colère contre lui et Il provoquera la colère des hommes contre lui. » (rapporté par Ibn Hibbân dans son recueil authentique)



[1] (Sourate Ali 'Imran, v. 175)



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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:39

Chapitre 32 :

« A propos de la parole d'Allah : « Et c'est en Allah qu'il faut avoir confiance, si vous êtes croyants » » [1]





Commentaire :
Ce chapitre traite du fait que la confiance en Allah est une des conditions de la validité de l’Islam.
D’un point de vue religieux, la personne réellement confiante en Allah est celle qui accomplit les causes nécessaires puis laisse à Allah le domaine de l’efficacité de ces causes et du résultat engendré. Elle se confie aussi totalement à Allah pour qu’Il l’aide et la secourt, car l’homme ne possède de puissance ni de force si ce n’est par Allah.

Placer sa confiance en un autre qu’Allah est de 2 sortes :
1 – La première est une forme de shirk majeur. Elle consiste à placer sa confiance en une créature dans des situations que Seul Allah peut gérer, comme absoudre les péchés, obtenir un enfant, etc.
2 – La seconde consiste à placer sa confiance en une créature dans des situations qu’Allah a permis à cette dernière de gérer. C’est une forme de shirk imperceptible et mineur, comme le fait de dire : « Je place ma confiance en Allah et en toi. ». De même il n’est pas permis de dire : « Je place ma confiance en Allah puis en toi », car aucune part de confiance ne peut être attribuée à la créature.

« Et c'est en Allah qu'il faut avoir confiance, si vous êtes croyants » : Ce verset comporte l’ordre de placer sa confiance en Allah, ainsi nous en déduisons qu’il s’agit d’une adoration. L’expression « C’est en Allah » a été placée avant la forme verbale à laquelle elle est liée « avoir confiance », ce qui indique, selon les règles de la langue arabe, l’exclusivité de cette confiance pour Allah .

« si vous êtes croyants » : La foi ne peut être valide que si on restreint sa confiance à Allah Seul.


******


Citation :
Allah dit : « Les [vrais] croyants sont ceux dont les coeurs frémissent quand on mentionne Allah.... » (Sourate Le Butin, v. 2)

(Note de bas de page : La portion du verset qui nous intéresse dans ce chapitres se trouve à la fin : « Les vrais croyants sont ceux dont les coeurs frémissent quand on mentionne Allah. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi. Et ils placent leur confiance en leur Seigneur. »)


Commentaire :
« Et ils placent leur confiance en leur Seigneur » : On peut déduire du sens apparent du verset et de l’expression « …en leur Seigneur » que ces croyants vouent leur confiance à Allah exclusivement. C’est pourquoi Allah les a décrits par des termes élogieux, ce qui implique que cette confiance est un des plus hauts degrés de mérite que peuvent atteindre les croyants.


******


Citation :
Et IL dit aussi : « Ô Prophète, Allah te suffit.. » (Sourate Le Butin, v. 64)

Et IL dit encore : « Et quiconque place sa confiance en Allah, IL [Allah] lui suffit. » (Sourate Talâq, v. 3)


Commentaire :
« Ô Prophète, Allah te suffit (Hasbuk). » : C’est-à-dire qu’Allah te suffit et suffit à ceux qui te suivent parmi les croyants, car le terme Hasb en arabe signifie « suffisant ». Par conséquent, Allah suffit à qui place sa confiance en Lui. C’est la raison pour laquelle l’auteur a enchaîné en citant le verset suivant.
De plus, la confiance en Allah est liée à la compréhension du Tawhid de Seigneurie (Tawhid Ar-Rouboubiyyah) ainsi qu’à la foi profonde en ce dernier. C’est pourquoi nous affirmons que la naissance de la confiance en Allah dans le cœur du croyant est liée à la contemplation des effets de Sa Seigneurie.


******


Citation :
Ibn 'Abbas a dit au sujet du verset suivant : « ... Allah nous suffit, IL est notre Meilleur Garant. » (Sourate Ali 'Imrân, v. 173) : cette phrase a été prononcée par Ibrahim ('alayhi salam) lorsqu'il fut jeté dans le feu, ainsi que par Muhammad lorsque certains lui dirent : « "Les gens se sont rassemblés contre vous ; craignez les " -cela accrut leur foi. » (Sourate Ali 'Imrân, v. 173) rapporté par Al Bukhârî et An Nassâ'î.


Commentaire :
Ceci fait apparaître au grand jour l’immense valeur de cette parole prononcée par le croyant. Si donc le serviteur augmente son espérance et sa confiance en Allah , Il lui facilitera alors la tâche et lui accordera une issue favorable, même si les cieux, la terre et leurs occupants se liguent contre lui.






[1] (sourate Al Ma-idah, v. 23)


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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:41

Chapitre 33 :

« A propos de la parole d'Allah : « Sont-ils à l'abri du stratagème d'Allah ? Seuls les gens perdus se sentent à l'abri du stratagème d'Allah» » [1]

Et Il dit : « Et qui désespère de la miséricorde de son Seigneur, sinon les égarés ? » [2]





Commentaire :
Le chapitre a pour titre les deux versets, en raison de la relation qui les lie.

Le premier verset : « Sont-ils à l'abri du stratagème d'Allah ? Seuls les gens perdus se sentent à l'abri du stratagème d'Allah. » (Sourate al A'râf, v. 99)
Ce verset mentionne une des caractéristiques des polythéistes qui est de se croire à l’abri du châtiment d’Allah et, par conséquent, de ne point Le craindre.

Quant à la définition et le sens exacts du stratagème attribué à Allah, il s’agit du fait qu’Allah facilite les choses à Son serviteur aupoint où ce dernier pense être en totale sécurité, alors que ce n’est qu’un ajournement éphémère (Istidrâj) du châtiment divin, conformément aux propos du Prophète : « Si vous constatez qu’Allah fait don se Ses bienfaits à Son serviteur, alors que celui-ci persiste dans la désobéissance, sachez alors que ce n’est qu’un ajournement éphémère du châtiment divin. »
De plus, Allah use de stratagème contre ceux qui complotent pour causer du mal à Ses alliés, Ses prophètes ou Sa religion.
Le stratagème est ici un attribut de perfection car il prouve la puissance d’Allah, Sa capacité et Sa domination suprême.

Le deuxième verset : « Et qui désespère de la miséricorde de son Seigneur, sinon les égarés ? » (Sourate les Appartements, v. 56)
Ce verset nous informe d’une des caractéristiques des égarés qui est de désespérer de la miséricorde d’Allah . Par conséquent, on déduit de ce verset que la caractéristique des pieux et des biens guidés est l’espoir dans la miséricorde divine.

Ainsi, associer crainte et espoir est une obligation religieuse sin l’on veut que l’adoration soit valide. Mais lequel des deux sentiments doit prévaloir dans le cœur ?
1 – Dans le cas d’une personne en bonne santé et qui commet des péchés, c’est la crainte qui doit prévaloir.
2 – Dans le cas d’une personne malade dont la fin est proche, ou d’une personne qui craint de mourir, c’est l’espoir qui doit prévaloir.
3 – Quant aux personnes vertueuses qui concourent au bien, les deux sentiments doivent avoir une intensité équivalente dans le cœur : « …Ils concouraient au bien et Nous invoquaient par amour et par crainte. Et ils étaient humbles devants Nous. » (Sourate Al Anbiya, v. 90)


******


Citation :
Ibn ' Abbas rapporte que le prophète a été questionné au sujet des péchés capitaux. Il répondit : « Il s'agit du polythéisme, du fait de désespérer du secours d'Allah, et de penser être à l'abri de Son stratagème. » (Rapporté par al Bazzâr et ibn Abî Hâtim)

Ibn Mas'ûd a dit : « Les plus graves des péchés capitaux sont le fait d'associer une autres divinité à Allah, de penser être à l'abri de Son stratagème et de désespérer de Sa miséricorde et de Son secours. » (Rapporté par 'aburRazzâq)


Commentaire :
Le désespoir découle du délaissement de l’espoir en tant qu’adoration. Quant au fait de penser être à l’abri du stratagème d’Allah, cela découle du délaissement de la crainte.





[1] (Sourate al A'râf, v. 99)
[2] (Sourate les Appartements, v. 56)

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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:42

Chapitre 34 :

« Patienter face aux décrets divins est une partie de la foi en Allah »





Commentaire :
Patienter face aux décrets divins est une partie de la foi en Allah , c’est-à-dire que c’est une des caractéristiques et branches de la foi. Cette patience est un degré spirituel de première importance et une adoration noble.
En effet, l’accomplissement des obligations ainsi que le délaissement des interdits nécessites de la patience. Il en va de même pour les décrets naturels d’Allah. Donc, on en déduit que la patience se divise en trois catégories.
La véritable patience consiste à empêcher la langue de se plaindre, au cœur de s’indigner, et aux membres de manifester cette indignation, comme par exemple en se déchirant les vêtements, en se frappant le visage ou autres.


******


Citation :
Allah dit : « Et quiconque croit en Allah, [Allah] guide son cœur. » (Sourate La Grande perte, v. 11)
‘Alqamah a dit : « C'est l'homme qui est touché par un malheur et qui sait que cela vient d'Allah. Il accepte et se soumet. »


Commentaire :
« [Allah] guide son cœur. » : C’est-à-dire vers l’adoration, la patience, et l’absence d’indignation.
On voit de façon claire que l’interprétation de ‘Alqamah est correcte et juste. Ainsi, si le malheur touche le serviteur, il peut soit en tirer un bien en patientant, et par conséquent être récompensé, ou soit s’indigner et ainsi être châtié.


******


Citation :
Mouslim rapporte dans son recueil authentique d'après Abû Hurayrah , que le prophète a dit : « Deux comportements chez les gens sont une forme de mécréance : insulter les origines et se lamenter sur le mort. »



Commentaire :
« Deux comportements chez les gens sont une forme de mécréance » : Cela ne signifie pas que toute personne pratiquant ces agissements est mécréante (de mécréance majeur). Cela signifie plutôt que celui qui les pratique possède une des caractéristiques ou branches de la mécréance.

« se lamenter sur le mort » : Les lamentations consistent à se plaindre et à gémir, ce qui s’oppose à la patience. Or, la patience obligatoire empêche les membres de se griffer les joues, de se déchirer les vêtements et autres agissements, et empêche aussi la langue de se plaindre et de gémir.


******


Citation :
Al Bukhârî et Mouslim rapportent d'après Ibn Mas'ûd qu'il attribue la parole suivante au prophète : « N'est pas des nôtres celui qui se frappe le visage, déchire ses habits et se lamente comme on le faisait du temps de la Jâhilîyyah. »



Commentaire :
« N'est pas des nôtres » : Cette expression indique qu’il s’agit d’un péché capital, et les péchés amoindrissent la foi. Or l’amoindrissement de la foi peut engendrer la diminution de la perfection du Tawhid.


******


Citation :
Anas rapporte que le prophète a dit : « Lorsqu'Allah veut le bien pour Son Serviteur, Il hâte son châtiment dans ce bas monde. Si par contre Il lui veut du mal, Il lui retarde son péché pour l'en châtier le jour de la Résurrection. » (Rapporté par at Tirmidhî)

Et le prophète a dit : « L'immensité de la récompense est proportionnelle à l'immensité de l'épreuve. Et lorsqu'Allah le Très Haut aime un groupe de personnes, Il les éprouve. Quiconque donc est satisfait (du décret d'Allah) aura la satisfaction d'Allah en retour. Quiconque s'indigne verra la colère d'Allah s'abattre sur lui. » (At Tirmidhî a qualifié ce hadith hassan)



Commentaire :
« Lorsqu'Allah veut le bien pour Son Serviteur, Il hâte son châtiment dans ce bas monde. Si par contre Il lui veut du mal, Il lui retarde son péché pour l'en châtier le jour de la Résurrection. » : Ceci clarifie la sagesse divine qui – lorsque l’éprouvé y prête attention – permet à sa patience d’augmenter, de sorte qu’il se dotera de cette importante adoration du cœur qui consiste à délaisser l’indignation et à accepter l’œuvre d’Allah et Son décret. C’est pourquoi certains Prédécesseurs (Salafs) se remettaient en question lorsqu’ils se rendaient compte qu’ils n’étaient touchés par aucune calamité, ou qu’ils ne tombaient pas malade, etc.


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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:43

Chapitre 35 :

« Concernant l’ostentation »





Commentaire :
Le terme Riyâ’ (l’ostentation), est dérivé de Ru’yâ : le regard des autres. Dans la religion il s’agit de faire des actes d’adoration afin que les gens nous voient et nous félicitent.

L’ostentation est de 2 catégories :
1 - L’ostentation de l’hypocrite : Elle consiste à manifester son appartenance à l’Islam, tout en intériorisant sa mécréance, en raison du regard des gens. C’est donc une forme de mécréance majeur.
2- L’ostentation du musulman : Elle consiste à accomplir des actes d’adoration pour Allah mais d’une façon ostentatoire. Ceci est une forme de polythéisme caché qui s’oppose à la perfection de Tawhid.


******


Citation :
Allah le Très Haut dit : « Dis : « Je suis en fait un être humain comme vous. Il m’a été révélé que votre Dieu est un dieu unique !... » [La Caverne, verset 110]
(Note de bas de page : La raison pour laquelle ce verset a été mentionné se trouve dans la fin du dit verset : « …Quiconque, donc, espère rencontrer son Seigneur, qu’il fasse de bonnes actions et qu’il n’associe aucun autre dans l’adoration de son Seigneur. »)


Commentaire :
Ce verset est une interdiction à toutes les formes de polythéisme dont l’ostentation fait partie. C’est pourquoi les Salafs s’appuyaient sur ce verset pour discuter des questions touchant à l’ostentation, comme l’a fait l’auteur, qu’Allah lui fasse miséricorde.


******


Citation :
Abû Hurayrah attribue cette parole au Prophète : « Allah le Très Haut a dit : « Je suis Celui Qui se passe le plus d’associé. Quiconque accomplit une action dans laquelle il M’associe à un autre, Je le délaisse, lui et son association. » (Hadith Qudsî, Rapporté par Muslim).


Commentaire :
Ce hadith montre que les œuvres ostentatoires d’une personne sont rejetées. Ainsi, si l’ostentation apparaît dès le début de l’adoration, alors celle-ci est annulée, et l’individu est coupable de péché et de polythéisme caché ou mineur. En revanche, si l’adoration était à l’origine destinée à Allah , mais que l’ostentation s’y est introduite par la suite, engendrant des ajouts (comme l’allongement de la durée de l’inclinaison dans la prière), alors cette quantité ajoutée est nulle, et la personne a commis un péché pour cela. Ceci concerne les adorations pratiquées physiquement (comme la prière). Quant aux adorations pécuniaires (comme l’aumône), le jugement est différent.


******


Citation :
Abû Sa’îd attribue cette parole au Prophète : « Voulez-vous que je vous informe d’une chose que je crains plus pour vous que le faux messie ? » Les compagnons répondirent : « Bien sûr, Ô Prophète d’Allah ! » Il dit : « Il s’agit du polythéisme caché. C’est quand l’homme se lève pour prier, puis embellit sa prière car il sait qu’on l’observe. » (Rapporté par Ahmad)


Commentaire :
En effet, l’épreuve du faux messie est apparente et manifeste, et le Prophète a clairement fait état de sa condition. Quant à l’ostentation, elle tente souvent le cœur, et cette forme de polythéisme pousse peu à peu le serviteur à minimiser le fait qu’Allah l’observe pour [accorder de l’importance] au fait que les gens l’observent.


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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:45

Chapitre 36 :

« Faire de bonnes œuvres par intérêt matériel est une forme de polythéisme »





Commentaire :
Le polythéisme cité dans le titre est le polythéisme mineur.


******


Citation :
Allah le Très Haut dit : « Ceux qui veulent la vie présente avec sa parure, Nous les rétribuerons exactement selon leurs actions sur terre… » (Sourate Hûd, verset 15)


Commentaire :
« Ceux qui veulent la vie présente avec sa parure, Nous les rétribuerons exactement selon leurs actions sur terre, sans que rien leur en soit diminué. Ceux-là qui n’ont rien, dans l’au-delà, que le Feu. Ce qu’ils auront fait ici-bas sera un échec, et sera vain ce qu’ils auront œuvré. » : Cela dépend de la volonté divine. Ainsi, ce verset a une portée générale qui est restreinte dans le verset de la sourate Al ‘Isra : « Quiconque désire [la vie] immédiate Nous nous hâtons de donner ce que Nous voulons à qui Nous voulons. Puis Nous lui assignons l’Enfer où il brûlera méprisé et repoussé. »

Quant à ceux qui ne veulent que la vie présente, ce sont les mécréants. C’est pourquoi ce verset a été révélé à leur sujet. Cependant, il englobe toute personne visant un intérêt matériel par le biais des œuvres pieuse.

Les actes accomplis par le serviteur et par lesquels il recherche un intérêt matériel se décomposent en deux catégories :
- Premièrement : Les actes pour lesquels Allah n’a pas cité de récompense matérielle dans ce bas-monde, comme la prière, le jeûne, etc, il n’est pas permis de rechercher un quelconque intérêt matériel, et quiconque transgresse cet interdit est un polythéiste.
- Deuxièmement : Les actes pour lesquels Allah a promis une récompense matérielle dans ce bas-monde, comme le respect des liens de parenté, la vénération des parents et autres :
- si le serviteurs est animé par la récompense matérielle, tout en étant sincère avec Allah mais sans pour autant rechercher la récompense de l’au-delà, alors il est concerné par la menace divine, car il a commis un acte de polythéisme mineur.
- si le serviteurs est animé par la récompense matérielle en plus de celle de l’au-delà, alors il n’y a pas de mal à cela. En effet, si le shari’ah a cité une récompense dans ce bas monde pour cet acte, c’est bien pour encourager les gens à l’accomplir.


******


Citation :
Dans le recueil de hadiths authentiques [d’Al-Bukhârî], abû Hurayrah rapporte que le Prophète a dit : « Que soit damné, l’esclave de l’or ! Que soit damné, l’esclave de l’argent ! Que soit damné, l’esclave de la Khamîsha [1] ! Que soit damné, l’esclave de la Khamîlah [2] ! Si on lui donne, il est satisfait. Sinon, il s’indigne. Que soit damné et que tous ses projets se retournent contre lui… au point de ne pouvoir extirper une épine plantée dans sa chair !
Que soit béni le serviteur qui tient dans la main la bride de son cheval pour combattre dans le chemin d’Allah ! Les cheveux ébouriffés, les pieds couverts de poussière, s’il est désigné pour monter la garde, il obéit et remplit son devoir. S’il est désigné pour être dans l’arrière-garde, il s’y rend et remplit son devoir. Pourtant, s’il demande une permission, elle ne lui est pas accordée, et s’il intercède en faveur d’une personne, son intercession est refusée. »
(Rapporté par Al-Bukhârî)


[1] Khamîsha (il s’agit d’un habit somptueux)
[2] Khamîlah (il s’agit d’un divan confortable)


Commentaire :
« Que soit damné… » : Le prophète désigne par là la personne qui accomplit un acte destiné à l’au-delà mais pour atteindre un bien matériel. Le Prophète lui a attribué le surnom d’esclave de l’or, ce qui prouve que c’est une forme de polythéisme. En effet, la servitude présente différents degrés, dont la servitude polythéiste mineure. On dit : Untel est l’esclave de telle chose, car c’est cette dernière qui motive sa volonté. Or, on sait bien que l’esclave obéit à son maître, et lui est servile en agissant selon son bon gré.

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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:46

Chapitre 37 :

« Obéir aux savants et aux gouvernants dans l’interdiction de ce qu’Allah a rendu permis, et dans la légitimation de ce qu’Allah a interdit revient à les considérer comme des seigneurs en dehors d’Allah »






Commentaire :
Ce chapitre et les suivants clarifient les implications nécessaires du Tawhid et les conséquences primordiales du témoignage : « Lâ iâha ill-Allah »

L’obéissance aux savants est liée à l’obéissance que l’on doit à Allah et à Son Prophète . Quant à l’obéissance absolue, elle ne doit être voué qu’à Allah , car ceci est une forme d’adoration.
L’obéissance au Prophète est un devoir et une obligation car Allah nous l’a ordonné : « Nous n’avons envoyé de Messager que pour qu’il soit obéi, par la permission d’Allah. » (Sourate An-Nissa, v. 64)
Et enfin, concernant les questions sujettes à l’Ijtihad et pour lesquelles il n’existe pas de texte du Coran et de la sounnah, on se doit d’obéir aux savants, car Allah nous en intimé l’ordre : « Demandez aux gens du rappel si vous ne savez pas. » (Sourate AnnNahl, v.43)


******


Citation :
Ibn ‘Abbâs a dit : « Peu s’en faut que des pierres tombent du ciel et ne s’abattent sur vous ! Je vous dis : « Le Prophète a dit… » et vous rétorquez : « Abû Bakr et ‘Umar ont dis… » ?! »


Commentaire :
Ces propos ont été rapportés par L’Imam Ahmed selon une chaîne de rapporteurs authentique. On déduit de ces propos, qu’il n’est pas permis de contredire la parole claire du Prophète . Cela reste valable même pour Abou Bakr et ‘Oumar (qu’Allah les agrée), que dire donc pour ceux qui sont de degré moindre ?!


******


Citation :
Ahmad Ibn Hanbal a dit : « Je n’aurai de cesse de m’étonner des personnes qui connaissent les chaînes de rapporteurs et leur authenticité, mais qui pourtant se limitent à l’avis de Sufyân, alors qu’Allah le Très Haut dit : « Que ceux, donc, qui s’opposent à son commandement prennent garde qu’une épreuve ne les atteigne, ou que ne les atteigne un châtiment douloureux » (Sourate An-Nour, verset 63) Sais-tu quelle est cette épreuve ? C’est le polythéisme… Il se peut qu’un individu qui rejette certaines paroles du Prophète voit une perversion naître dans son cœur, et ceci le perdra. »


Commentaire :
« qu’une épreuve ne les atteigne » : C’est-à-dire qu’une forme de polythéisme [les atteigne] pouvant atteindre le polythéisme majeur.

« Il se peut qu’un individu qui rejette certaines paroles du Prophète voit une perversion naître dans son cœur, et ceci le perdra. » : Rejetant certaines paroles du Prophète pour suivre celles d’un autre. Allah a dit au sujet des juifs : « Puis quand ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs. » (Sourate Le Rang, v. 5)


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Citation :
‘Adîy Ibn Hâtim rapporte : « J’ai entendu le Prophète réciter le verset suivant : « Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines comme seigneurs en dehors d’Allah… » (Sourate At-Tawba, v. 31) Je m’écriai : « Nous ne les adorions pas ! » Il me répondit : « N’interdisaient-ils pas ce qu’Allah avait rendu permis, et vous l’interdisiez ? Ne légitimaient-ils pas ce qu’Allah avait interdit, et vous le légitimiez ? » Je reconnus : « C’est vrai. » Le Prophète conclut alors : « Telle était l’adoration que vous leur vouiez. » » (Rapporté par ahmad et At-Tirmidhî)


Commentaire :
L’obéissance aux savants dans la légitimation et l’interdiction est de deux sortes :
- Premièrement : C’est d’obéir aux savants et gouvernants qui remplacent les lois religieuses, par vénération. L’individu légitime donc ce qu’ils ont autorisé (injustement) en croyant au caractère licite de la chose par obéissance et vénération, alors qu’il sait pertinemment qu’elle est interdite. Cet individu est considéré comme ayant voué l’adoration d’obéissance à un autre qu’Allah, c’est donc une forme de mécréance et de polythéisme majeur.
- Deuxièmement : C’est lorsque l’individu obéit au savant ou au gouvernant dans l’interdiction du licite ou dans la légitimation de l’interdit, dans ses actes, tout en sachant qu’il est pécheur et tout en reconnaissant sa transgression. S’il leur obéit, c’est par inclination vers le péché ou parce qu’il ne veut pas les contredire. C’est donc un pécheur.


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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:47

Chapitre 38 :

« A propos de la parole d'Allah : « N'as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qu'on a fait descendre vers toi [ô Prophète] et à ce qu'on a fait descendre avant toi ? Ils veulent prendre pour juge le Tâghût, alors que c'est en lui qu'on leur a commandé de ne pas croire. Mais le diable veut les égarer très loin, dans l'égarement. » » [1]





Commentaire :
Ce chapitre traite des lois d’Allah , et du fait d’unifier Allah dans l’application des lois. L’unicité d’Allah concernant l’obéissance et le témoignage qu’il n’y a de véritable divinité si ce n’est Allah et que Mouhammed est le Prophète d’Allah ne peut se réaliser qu’à condition que les serviteurs jugent selon la révélation d’Allah faite à Son Prophète . En effet, ne pas appliquer les lois qu’Allah a révélées à son Prophète et adopter le jugement de la Jâhiliyyah, des lois forgées par les hommes, ou des coutumes tribales, sont des actes considérés comme une mécréance majeure qui annule l’attestation de foi.


« N'as-tu pas vu ceux qui prétendent croire… » : Ce verset indique que ces gens sont des menteurs.

« Ils veulent prendre pour juge le Tâghût » : L’expression « Ils veulent » est un critère important et c’est la condition qui annule le fondement de la foi de celui qui prend pour juge le Taghout. En effet, cet acte n’annule la foi que s’il est accompli volontairement, intentionnellement et délibérément sans contrainte aucune. Par conséquent, la volonté est une condition (à l’annulation de la foi).

« alors que c'est en lui qu'on leur a commandé de ne pas croire » : Refuser de juger par le Taghout est une obligation qui fait partie du Tawhid et de la vénération de la Seigneurie d’Allah.

« Mais le diable veut les égarer très loin, dans l'égarement » : Ce qui prouve que l’acte consistant à prendre comme juge le Taghout est une insufflation et une inspiration de Satan.


******


Citation :
Et Allah dit : « Et quand on leur dit : « Ne semez pas la corruption sur terre », ils disent : « Au contraire nous ne sommes que des réformateurs ! » » (Sourate Al Baqara, v.11)

Il dit aussi : « Et ne semez pas la corruption sur terre après qu’elle eut été réformé. » (Sourate Al A’râf, v.56)

Il dit encore : « Est-ce donc le jugement du temps de l'Ignorance qu'ils cherchent ?... » (Sourate Al Ma-idah, v.50)


Commentaire :
« Ne semez pas la corruption sur terre » : La corruption sur terre se fait en jugeant par une autre législation que celle d’Allah , et en Lui associant d’autres divinités. Par conséquent, la terre se réforme grâce à la loi islamique et au Tawhid et se corrompt à cause du shirk et des différentes formes qu’il peut prendre, comme le polythéisme d’obéissance.
De plus, ce verset est clair quant au comportement des hypocrites qui encouragent la pratique du polythéisme, de ses causes et de ses catégories, et cherchent à se justifier en disant : « Nous ne sommes que des réformateurs ! »

« Est-ce donc le jugement du temps de l'Ignorance qu'ils cherchent ? » : Ainsi, les gens de la Jâhiliyyah sont juges les uns des autres, c’est-à-dire qu’un homme parmi eux met au point une législation qu’il déclare être l’arbitre de leurs différents. Par conséquent, quiconque se réfère aux législations de la Jâhiliyyah a pris les hommes comme juges, c’est-à-dire qu’ils les considèrent comme dignes d’obéissance à la place d’Allah. En d’autres termes, il les a associés à Allah dans l’obéissance d’adoration.


******


Citation :
'Abdullâh ibn 'Umar rapporte du Prophète qu'il a dit : « Aucun d'entre vous ne sera (parfaitement) croyant tant que ses désirs ne seront pas en conformité avec ce qui m'a été révélé. »
An-Nawawi a dit : « Ce hadith est authentique. Nous l'avons rapporté dans Kitâb ul-Hujjah avec une chaîne de rapporteurs authentique. »


(Note de bas de page : Ce hadith n'est pas authentique pour plusieurs raisons)


Ash-Sha'bî rapporte le récit suivant : « Une dispute éclata entre un hypocrite et un juif. Ce dernier proposa : « Allons nous départager auprès de Muhammad », car il savait que le Prophète n'acceptait pas les pots-de-vin. Quant à l'hypocrite, il déclara : « Allons plutôt nous départager auprès des juifs », car il savait que ces derniers les acceptaient. Les deux protagonistes se mirent alors d'accord pour régler leur différent auprès d'un voyant de la tribu de Kihânah. C'est la raison pour laquelle fut révélé le verset suivant : « N'as-tu pas vu ceux qui prétendent... » (Sourate An-Nissa, v.60)
On dis aussi qu'il fut révélée au sujet de deux hommes qui s'étaient disputés, l'un d'eux di t: « Allons régler notre différent auprès de Muhammad ». L'autre rétorqua : « Allons plutôt voir Ka'b ibn ul-Ashraf ». Ils convinrent finalement de se rendre chez 'Umar . L'un des deux lui conta l'affaire. 'Umar dit alors à celui qui avait refusé le jugement du Prophète : « Est-ce ainsi que cela c'est passé ? » Il lui répondit affirmativement. 'Umar le tua alors d'un coup d'épée. »



[1] (Sourate An-Nissa, v.60)


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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:48

Chapitre 39 :

« De celui qui renie un des Noms ou Attributs d'Allah »




Commentaire :
Le lien existant entre ce chapitre et l’ensemble de l’ouvrage est à considérer sous deux angles :
- Premièrement : L’Unicité d’Allah concernant les Noms et Attributs d’Allah est une preuve de l’Unicité d’Allah dans l’adoration.
- Deuxièmement : Le reniement d’un des Noms ou Attributs d’Allah est une forme de polythéisme et de mécréance majeur, à condition que le Nom ou l’Attribut renié soit authentiquement établi, que la personne concernée sache qu’Allah l’a affirmé à propos de Lui-même, et que le Prophète aussi l’a affirmé à Son propos, et – malgré tout – elle le renie.
Le reniement signifie ici nier totalement la réalité du Nom ou de l’Attribut, ce qui est une mécréance car cela revient à considérer les propos du Coran et de la sounnah comme mensongers.


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Citation :
Allah dit : « ...Cependant qu'ils ne croient pas au Tout Miséricordieux. » (Sourate Le Tonnerre, v.30)


Commentaire :
Le Tout Miséricordieux (Ar-Rahmân) est un des Noms d’Allah . Or, les polythéistes et les mécréants de La Mecque dirent : « Nous ne connaissons pas de Tout Miséricordieux, si ce n’est le Tout Miséricordieux d’Al-Yamâmah. » Ils ont donc renié le Nom d’Allah Ar-Rahmân.


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Citation :
Al-Bukhârî rapporte dans son recueil authentique : « 'Alî a dit : « Parlez aux gens en fonction de leur compréhension ! Voulez-vous qu'ils traitent Allah et son Prophète de menteurs ?! » » (Rapporté par AlBbukhârî)


Commentaire :
Ceci indique que certaines branches de la science ne conviennent pas à tout le monde, comme certaines parties du Tawhid des Noms et Attributs d’Allah. Par conséquent, cela ne doit pas être évoqué en détail devant le commun des musulmans, car parler de concepts qu’ils ne connaissent pas et que leur raison n’arrive pas à assimiler, peut entraîner ces gens a considérer les paroles d’Allah ou du Prophète comme mensongères.


******


Citation :
'Abdur-Razzâq rapporte d'après Ma'mar, d'après ibn Tâwûs, d'après son père qu'In 'Abbas vit un homme sursauter en entendant un hadith du Prophète qui mentionnait les Attributs divins. Ibn 'Abbas dit alors : « De quoi ces gens-là ont-ils peur ? Ils acceptent aisément les propos clairs (du Coran et de la Sunnah), mais s'égarent en présence de propos équivoques. »


Commentaire :
« …un homme sursauter en entendant un hadith du Prophète qui mentionnait les Attributs divins. » : Car cet home avait compris de l’attribut que celui-ci impliquait l’anthropomorphisme et la ressemblance (d’Allah avec Ses créatures). L’homme eu donc peur de cet attribut. Or, le devoir du musulman – lorsqu’il entend un des Attributs d’Allah – est de le concevoir comme on conçoit les autres Attributs. Cette conception consiste à affirmer les Attributs d’Allah sans description du comment, ni comparaison.

« Ils acceptent aisément les propos clairs… » : C’est-à-dire que l’on s’adresse à eux avec le Coran ou la Sounnah par des propos qu’ils connaissent, leurs cœurs les acceptent.

« … mais s'égarent en présence de propos équivoques. » : A savoir qu’en présence de propos du Coran ou de la Sounnah que leur raison n’arrive pas à assimiler, ils s’égarent, paniquent, frémissent, interprètent, nient ou renient… ce qui est une cause d’égarement.

« équivoques » : Ce terme désigne ici les concepts dont la compréhension échappe à certaines personnes.


******


Citation :
Et lorsque [les membres de] la tribu de Quraysh entendit le Prophète citer le Tout Miséricordieux, ils désapprouvèrent cela. C'est pourquoi Allah révéla à leur sujet : « Cependant qu'ils ne croient pas au Tout Miséricordieux. » (Sourate Le Tonnerre, v.30)


Commentaire :
Renier l’Attribut ou le Nom, c’est-à-dire ne pas croire en sa véracité, est une abjuration (Jahd), et une mécréance, contrairement à l’interprétation (Ta’wîl). En effet, l’interprétation et l’altération du sens premier (‘Ilhâd) comportent des degrés que nous décrirons plus tard, si Allah le veut.


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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:49

Chapitre 40 :

« Allah dit : « Ils reconnaissent le bienfait d’Allah, puis, ils le renient… » » [1]





Commentaire :
Le devoir du serviteur est de savoir que tous les bienfaits viennent d’Allah , et que la perfection du Tawhid ne peut s’atteindre qu’en attribuant tous les bienfaits à Allah. Il est aussi nécessaire de savoir qu’attribuer les bienfaits à autre qu’Allah est une carence dans la perfection du Tawhid, et une forme de polythéisme mineur en raison de la parole d’Allah : « Et tout ce que vous avez comme bienfait provient d’Allah. » (Sourate An-Nahl, v.53)


******


Citation :
Mujâhid a dit : « La signification de ce verset est : « Ceci est mon bien, je l’ai hérité de mes ancêtres. » »
‘Awn ibn ‘Abdillâh a dit : « C’est le fait de dire : « Si ce n’avait été untel, telle chose n’aurait pu arriver ». »
Ibn Qutaybah a dit : « C’est lorsqu’ils disent : « Ceci est arrivé grâce à l’intercession de nos divinités. » »


Commentaire :
« Ceci est mon bien, je l’ai hérité de mes ancêtres. » : Cette parole s’opposent à la perfection du Tawhid tout en étant une forme de shirk. En effet, l’individu attribue le bienfait à lui-même ou à ses ancêtres, alors qu’en réalité, c’est Allah qui a fait grâce de ce bienfait à ses ancêtres, puis à ce croyant en lui octroyant le droit à l’héritage… Quant au père, il n’est qu’un moyen permettant à l’héritage de revenir à qui de droit. C’est la raison pour laquelle il n’est pas permis au père – ou toute personne possédant une richesse – de répartir l’héritage comme bon lui semble, car, en réalité, le bien qu’il possède ne lui appartient pas.

« Si ce n’avait été untel, telle chose n’aurait pu arriver. » : Dans cette formulation, l’accomplissement d’un évènement est lié au moyen au lieu d’être lié à Allah .

« Ceci est arrivé grâce à l’intercession de nos divinités. » : C’est-à-dire que lorsqu’un bienfait les touche, ils se souviennent s’être adressés au saints, aux Prophètes, aux statues ou aux idoles en leur vouant une partie de leur adoration. Ils se rappellent donc de leurs divinités et oublient que le bienfait leur a été octroyé par Allah .


******


Citation :
Citant le hadith de Zayd ibn Khâlid – que nous avons déjà rapporté – dans lequel Allah dit : « Ce matin, certains de mes serviteurs ont cru, d’autres ont mécru… », Abul-‘Abbâs dit : « Ceci revient souvent dans le Coran et la Sunnah. Allah aza wa jel condamne ceux qui attribuent Son bienfait à un autre et pratiquent le polythéisme. »

Certains Prédécesseurs (Salaf) ont dit : « C’est comme le fait de dire : « Le vent était bon, le capitaine du bateau habile », et autres expressions similaires courantes dans les propos de beaucoup de gens. » »





[1] (Sourate An-Nahl, v. 83)


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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:50

Chapitre 41 :

« A propos de la parole d'Allah : « Ne cherchez donc pas à Allah des égaux, alors que vous savez. » » [1]





Commentaire :
La réalité du Tawhid consiste en ce qu’il ne subsiste rien ni personne dans notre cœur si ce n’est Allah sans associé, ni égal. Il n’est donc pas permis de jurer par un autre que Lui, ou de dire : « C’est selon la volonté d’Allah et selon la volonté d’untel » et autre propos similaires.

Il apparaît donc qu’il faut prendre en compte l’existence de deux degrés :
- Le premier : qui est le degré de la perfection, qui consiste à dire : « Si ce n’avait été Allah, telle chose n’aurait pu se réaliser ».
- Le second : qui est le degré de permission, qui consiste à dire : « Si ce n’avait été Allah puis untel, telle chose n’aurait pu se réaliser ». Cette expression dénote tout de même l’Unicité d’Allah, car le degré d’untel est moindre que celui du bienfait d’Allah . Cependant on n’atteint pas la perfection du Tawhid par de tels propos, c’est pourquoi Ibn ‘Abbas a dit : « N’ajoute pas « untel » dans tes propos. »


******


Citation :
Ibn ‘Abbas a dit : « Les égaux représentent le polythéisme, plus imperceptible encore que les traces des pas d’une fourmi sur un rocher lisse et noire dans les ténèbres de la nuit. C’est comme le fait de dire : « Je jure par Allah, par ta vie – Ô untel – et la mienne » ou de dire « Si ce n’avait été ce petit chien, les voleurs seraient venus » et « N’avait été la présence de ce canard dans la maison, les cambrioleurs auraient pénétré. » De même lorsqu’une personne dit à une autre : « C’est selon la volonté d’Allah et ta volonté », ou « Si ce n’avait été Allah et untel ». N’ajoute pas « untel » dans tes propos. Tout cela n’est que polythéisme. » Rapporté par Ibn Abî Hâtim.


Commentaire :
« Tout cela n’est que polythéisme » : Concernant les expressions interdites au sujet desquelles Ibn ‘Abbas a dit cela, ce sont les expressions du genre : « Si ce n’avait été Allah et untel. » car la conjonction « et » indique la coordination des deux noms conjoints, sans différence de niveau, et par conséquent est une forme de polythéisme mineur.


******


Citation :
‘Umar Ibn ul-Khattâb rapporte du Prophète qu’il a dit : « Quiconque jure par un autre qu’Allah a commis un acte de mécréance ou de polythéisme. » Rapporté par At-Tirmidhî – qui considère ce hadith comme Hassan – et authentifié par Al-Hâkim.


Commentaire :
Le serment consiste à appuyer une déclaration à l’aide d’une chose vénérée par celui qui s’exprime et celui qui l’écoute. Il est de notre devoir de n’appuyer une déclaration que par Allah car Il est le Seul réellement (Digne d’être) vénéré. C’est la raison pour laquelle le Prophète a dit : « Quiconque jure par un autre qu’Allah a commis un acte de mécréance et de polythéisme. » La mécréance et le shirk cités dans ce hadith sont de type mineur, bien qu’ils puissent atteindre un degré majeur si la créature par laquelle on a juré, est vénéré comme on vénère Allah dans l’adoration.
Il existe également le serment par un autre qu’Allah d’un point de vue purement formel, qui est aussi une forme de polythéisme, même si l’intention de serment est inexistante dans le cœur… comme ceux qui ne cesse de jurer par le Prophète, la Ka’bah, la loyauté, par un saint ou autre, sans pour autant exprimer une intention réelle de serment mais plutôt par frivolité. Ceci est aussi une forme de polythéisme, car il y a vénération d’un autre qu’Allah.


******


Citation :
Ibn Mas’ûd a dit : « Je préfère jurer par Allah en mentant, plutôt que jurer par un autre que Lui en disant la vérité. »


Commentaire :
Ceci en raison de la gravité de jurer pour autre qu’Allah qui est une forme de shirk, alors que le mensonge est un péché capital. Or le polythéisme mineur est plus grave encore que les péchés capitaux.


******


Citation :
Hudhayfah rapporte du Prophète qu’il a dit : « Ne dites pas : « C’est selon la volonté d’Allah et la volonté d’untel ». Dites plutôt : « C’est selon la volonté d’Allah, puis la volonté d’untel. » Rapporté par Abû Dâwûd selon une chaîne de rapporteurs authentique.

On rapporte qu’Ibrâhim An-Nakha’î détestait l’expression : « Je cherche protection auprès d’Allah et auprès de toi. » Il considérait par contre légitime de dire : « Je cherche protection auprès d’Allah, puis auprès de toi » en ajoutant : « Il faut dire : « Si ce n’avait été Allah puis untel » et ne dites pas : « Si ce n’avait été Allah et untel. »


Commentaire :
Comme nous l’avons vu la conjonction « et » dénote l’association d’Allah et d’un autre individu.





[1] (Sourate Al Baqara, v. 22)



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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:51

Chapitre 42 :

« De celui qui ne se satisfait pas du serment par Allah »




Citation :
Ibn ‘Umar rapporte du Prophète qu’il a dit : « Ne jurez pas par vos ancêtres. Que celui qui jure par Allah dise la vérité. Et que celui à qui on jure par Allah accepte ce serment. Quiconque n’accepte pas est désavoué par Allah. » Rapporté par Ibn Mâjah selon une bonne chaîne de rapporteurs.


Commentaire :
Ce hadith a une portée générale et englobe tout serment, qu’il soit formulé face à un juge ou toute autre personne. En effet, accepter les propos d’une personne qui jure par Allah est dû à la vénération qu’on éprouve pour Allah , qui est présente dans le cœur du serviteur et qui pousse à croire la personne qui jure par Allah, même si elle ment.
Cependant, il est permis de ne pas émettre de jugement sur la base de ce serment, sans pour autant manifester de l’incrédulité, par vénération pour Allah. L’Unicité d’Allah et la vénération qu’on a pour Lui seront à notre avantage, et le faux serment par Allah sera au détriment du menteur.

« Quiconque n’accepte pas est désavoué par Allah » : Ce qui indique qu’il s’agit d’un péché capital.


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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:52

Chapitre 43 :

« De l’expression : « C’est selon la volonté d’Allah et ta volonté ».»




Commentaire :
Cette expression est un polythéisme entachant les propos mais aussi une forme d’association dans la volonté divine. C’est donc une forme de polythéisme mineur.


******


Citation :
Qutaylah rapporte qu’un juif vint au Prophète et lui dit : « Vous commettez des actes de polythéisme ! Vous dites : « C’est selon la volonté d’Allah et ta volonté » et « Je jure par la Ka’bah ». » Le Prophète ordonna alors aux musulmans désirant jurer de dire : « Je jure par le Seigneur de la Ka’bas ». Il leur ordonna aussi de dire : « C’est selon la volonté d’Allah puis selon ta volonté. » Hadith rapporté par An-Nassâ’î qui l’a authentifié.


Commentaire :
Un des enseignements de ce hadith est que même une personne qui ne suit que ses passions (en l’occurrence, un juif) peut comprendre les choses correctement. S’il en est ainsi, il est alors de notre devoir d’accepter ses propos, car le musulman se doit d’accepter la vérité d’où qu’elle vienne, même si elle vient d’un juif ou d’un chrétien.


******


Citation :
An-Nassâ’î a rapporté aussi d’après Ibn ‘Abbas qu’un homme a dit au Prophète : « C’est selon la volonté d’Allah et ta volonté. » Le Prophète dit alors : « Me considérerais-tu égal à Allah ? ! C’est selon la volonté d’Allah Seul. »

Ibn Mâjah rapporte d’après At-Tufayl – demi-frère maternel de ‘Â’ishah – qu’il a dit : « Je me vis en rêve abordant un groupe de juifs en leur disant : « Vous seriez vraiment des gens de bien, si seulement vous ne disiez pas : « ‘Uzayr est le fils d’Allah » ». Ils me répondirent : « Mais vous aussi, vous seriez des gens de bien si vous ne disiez pas : « C’est selon la volonté d’Allah et la volonté de Muhammad » ». Je passai ensuite à côté d’un groupe de chrétiens et leur dit : « Vous seriez vraiment des gens de bien, si seulement vous ne disiez pas : « ‘Îsâ est le fils d’Allah » ». Ils me répondirent : « Mais vous aussi seriez des gens de bien si vous ne disiez pas : « C’est selon la volonté d’Allah et la volonté de Muhammad » ».
Le matin venu, je racontai ce rêve à certaines personnes puis je vins trouver le Prophète et l’informai de mon son songe. Il me dit : « En as-tu déjà parlé à quelqu’un ? » Je répondais affirmativement. Le Prophète prononça alors un sermon, en commençant par louer et remercier Allah. Puis, il dit : « … Ensuite : Tufayl a fait un rêve et en a fait part à certains d’entre vous. Vous disiez auparavant une parole que – pour telle et telle raison – je ne vous interdisais pas de prononcer. Ne dites donc plus : « C’est selon la volonté d’Allah et la volonté de Muhammad », mais dites plutôt : « C’est selon la volonté d’Allah Seul ». »


Commentaire :
Un des enseignements de ce hadith est qu’une personne ne suivant que ses passions ou adepte d’une religion fausse a le droit de reprocher au détenteur de la vérité d’avoir – tout comme elle – une part de fausseté. Si l’on se trouve dans une telle situation, il est alors un devoir de faire preuve d’impartialité et d’accepter la vérité, sans la rejeter sous prétexte qu’elle vient d’une personne vivant dans l’erreur.

Ces expressions font partie du polythéisme mineur, en raison des propos du Prophète à la fin du hadith : « Vous disiez auparavant une parole que – pour telle et telle raison – je ne vous interdisais pas de prononcer. » Or, le polythéisme entachant les propos a été interdit progressivement, contrairement au polythéisme majeur qui, lui, a été condamné catégoriquement par le Prophète depuis le début de la révélation. Il n’est d’ailleurs pas permis de retarder sa condamnation.


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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:53

Chapitre 44 :

« Celui qui insulte le temps a causé du tort à Allah »




Commentaire :
Insulter le temps fait partie des propos qu’il n’est pas permis de prononcer, et il est obligatoire de se débarrasser de ce genre d’expression dont l’utilisation s’oppose à la perfection du Tawhid. Ce type de Propos est très courant parmi les ignorants qui – lorsque à une époque particulière de leur vie, un malheur les touches – insultent alors cette période, la dénigrent en lui attribuant le malheur qui les a touchés, et en maudissant tel jour, telle année ou tel mois… Or, Celui qui permet au temps de se dérouler et le prédestine n’est autre qu’Allah. Par conséquent, la personne qui profère des insultes (contre le temps) cause du tort à Allah .
En outre, l’insulte du temps présente différents degrés, le plus grave étant de maudire le temps.

Par contre, qualifier certaines années de difficiles, certains jours de noirs, certains mois de malheureux et autres expressions similaires ne fait pas partie de l’insulte du temps, car ces expressions ont un sens spécifique.


******


Citation :
Allah dit : « Ce n’est là que notre vie présente : nous mourons et nous vivons, et seul le temps nous fait périr… » (Sourate L’Agenouillée, v. 24)



Commentaire :
Attribuer les choses au temps est une des caractéristiques des polythéistes. On déduit donc de ce verset qu’une des caractéristiques des monothéistes est d’attribuer les choses à Allah .


******


Citation :
Dans le[s] receuil[s] de hadiths authentiques, Abû Hurayrah rapporte que le Prophète a dit : « Allah a dit : « Le fils d’Adam Me cause du tort*. Il insulte le temps ; or Je suis le temps : Je fais succéder la nuit et le jour ». » (Rapporté par Al Boukhari et Mouslim)

Dans une autre version, on trouve : « N’insultez pas le temps, car Allah est le temps. »


* Note du Traducteur : Ce tort ne signifie pas qu’Allah subit un préjudice, mais c’est un tort qui convient à Sa grandeur, Elevé soit-Il, dont nous ne connaissons pas le comment et que l’on ne peut interpréter.



Commentaire :
« Je suis le temps » : Cette expression ne signifie pas que « le temps » est un des Nom d’Allah ; le fait est qu’Allah a lié cette expression à celle qui la précède : « Il insulte le temps », car en réalité, le temps ne possède rien et ne fait rien. L’insulter revient donc à insulter Allah qui fait dans le temps ce qu’Il veut pour une sage raison.

« Je fais succéder la nuit et le jour » : La nuit et le jour étant les 2 composantes du temps.





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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:53

Chapitre 45 :

« Se donner comme titre : « Le juge des juges » »





Commentaire :
Le Cheykh – qu’Allah lui fasse miséricorde – souligne ici qu’il n’est pas permis de se donner comme titre un nom réservé à Allah . En effet, la croyance au Tawhid implique que Seul Allah soit nommé et décrit de la sorte.


******


Citation :
Dans le recueil de hadiths authentiques, Abû Hurayrah rapporte que le Prophète a dit : « Le plus méprisable (Akhna’) des noms auprès d’Allah est un homme qui se donne comme titre : « Le possesseur des possessions (ou roi des rois). » Or, il n’y a de (roi ou de) Possesseur [Absolu] qu’Allah. » (Rapporté par Al Boukhari et Mouslim)


Commentaire :
« Or, il n’y a de Possesseur [Absolu] qu’Allah.» : C’est-à-dire que la royauté appartient à Allah Seul. Quant à l’être humain, on dit qu’il possède une chose en particulier, non pas toutes les choses. De même pour le terme Mulk (royauté) qui désigne le pouvoir exécutif et la domination, on dit que l’homme est roi d’une partie de la terre (un pays), non pas toute la terre.
Le terme Malik signifie donc :
- Possesseur, pour celui qui possède quelque chose, ou
- Roi, pour celui qui possède un royaume où s’impose sa royauté.


******


Citation :
Sufyân a dit : « C’est comme le fait de se donner comme titre : « Shâhân-Shâh ». (Note du T : « Le roi des rois », en perse)
Dans une autre version du hadith précédent, on trouve : « L’homme le plus indigne et le plus vil auprès d’Allah le jour de la Résurrection… »

Akhna’ signifie : le plus méprisable.


Commentaire :
« L’homme le plus indigne et le plus vil… » : La raison de ce caractère indigne et fourbe vient du fait que cet homme – en se nommant ainsi – s’est érigé au même niveau qu’Allah.





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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:54

Chapitre 46 :

« Du respect dû aux noms d’Allah et du changement de nom d’une personne pour cette raison »





Citation :
Abû Shurayh rapporte qu’on le surnommait Abûl-Hakam. Le Prophète lui dit un jour : « C’est Allah, Al-Hakam (le Juge parfait), et c’est à Lui que revient le jugement. » Abû Shurayh répliqua : « Lorsque des membres de ma tribu divergent sur un sujet, ils viennent me voir et je les départage. Les deux partis sont alors satisfaits de mon jugement. » Le Prophète s’exclama : « Quelle belle chose que cela ! As-tu des fils ? ». Il acquiesça et les nomma : « Shurayh, Muslim et ‘Abdullâh. » Le Prophète ajouta : « Lequel d’entre eux est l’aîné ? » Le Compagnon répondit : « Shurayh. » Et le Prophète de conclure : « Tu te nommeras désormais Abû Shurayh. » (Rapporté par Abû Dâwûd et d’autres)



Commentaire :
La vénération des Noms et Attributs d’Allah consiste à ne pas les mépriser, et à ne pas les attribuer à un autre qu’Allah .

« Abû Shurayh rapporte qu’on le surnommait Abûl-Hakam » : Al Hakam est un des nom d’Allah . Or, Allah n’a pas engendré et n’a pas été engendré et le fait de se surnommer Abul-Hakam (père du Juge Parfait) est donc déplacé. En outre, Al Hakam – qui désigne le fait d’émettre la décision adéquate lors d’un jugement entre deux antagonistes – revient à Celui Qui possède le jugement, c’est-à-dire Allah .

« C’est Allah, Al-Hakam… » : La forme pronominale disjointe « c’est Allah » implique un sens d’exclusivité de ce nom pour Allah.

« …et c’est à Lui que revient le jugement » : C’est-à-dire que le jugement revient à Allah et à personne d’autre. C’est la raison pour laquelle le nom Al Hakam dont le sens englobe toutes les formes de jugements n’est valable que pour Allah.

« Quelle belle chose que cela ! » : La belle chose désignant le fait de départager des antagonistes. Mais on peut se poser la question : Abou Shurayh départageait-il les deux parties selon les lois d’Allah ou selon ce que sa propre opinion lui dictait ? Nous répondons : il les départageait selon son propre opinion.

« Tu te nommeras désormais Abû Shurayh. » : C’est pourquoi nous disons : cela fait partie du respect [à Allah] que le musulman n’attribue le titre d’Al Hakam (le Juge), Al Hâkim (le dirigeant, sous-entendu musulman) ou autres, qu’à ceux qui appliquent les lois divines. Dans ce cas, il est alors permis de lui attribuer ce titre et il n’y a pas de mal à cela, car Allah a décrit [dans le Coran] celui qui juge selon Sa Loi comme étant un Hâkim (juge).




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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:54

Chapitre 47 :

« De celui qui tourne en dérision une chose dans laquelle Allah, le Coran ou le Prophète sont mentionnées »





Commentaire :
At-Tawhid : C’est la soumission (Inquiyâd), l’obéissance (Tâ’ah), l’acceptation (Qabûl) et la vénération (Ta’zhîm). Se moquer et tourner en dérision une chose où sont mentionnés Allah, le Coran ou le Prophète s’oppose à la réalité du tawhid et l’annule, car cela contredit la vénération. C’est la raison pour laquelle ces agissements sont considérés comme une mécréance majeur en Allah si la moquerie concerne Allah, le Prophète ou le Coran.
N’est donc pas inclus le fait de se moquer de la religion, car ceci nécessite plus d’investigations : si c’est l’islam qui est désignée, alors la personne est mécréante. Mais si elle insulte, maudit ou se moque de la religion d’un personne, sans faire référence du tout à l’Islam, alors cette moquerie ne fait pas partie des trois cas cités précédemment.


******


Citation :
Allah dit : « Et si tu les interrogeais, ils diraient très certainement : « Vraiment, nous ne faisions que bavarder et jouer. » » (Sourate At-Tawba, v. 65)

Ibn ‘Oumar, Muhammad ibn Ka’b, Zayd ibn ‘Aslam et Qatâdah (رضي الله عنهم) rapportent dans un hadith composé de leurs propos respectifs que lors de la bataille de Tâbûk, un homme déclara : « Jamais nous n’avons vu d’individus plus voraces, plus menteurs et plus lâches lors d’un assaut que ces lecteurs » désignant par ‘lecteurs’, le Prophète et ses Compagnons qui étaient assidus dans la lecture du Coran.
‘Awf ibn Malik dit alors à cet homme : « Tu mens ! D’ailleurs tu n’es qu’un hypocrite ! Et je m’en vais de ce pas informer le Prophète de tes propos. » ‘Awf alla donc voir le Prophète pour l’en informer, mais la révélation divine l’avait précédé. L’homme qui avait tenu des propos malveillants vint au Prophète alors que celui-ci quittait les lieux sur sa chamelle. L’homme s’expliqua : « Ô Messager d’Allah ! Nous ne faisions que bavarder et discuter comme discutent les voyageurs, afin d’atténuer la fatigue du voyage ! »
Ibn ‘Umar dit : « Je le vois encore s’agripper à la bride de la chamelle du Prophète , trébuchant sur les cailloux jonchant le chemin en le suppliant : « Vraiment, nous ne faisions que bavarder et jouer ! » Le Prophète lui répondait alors : « Est-ce d’Allah, de Ses versets (le Coran) et de Son Messager que vous vous moquiez ? » (Sourate At-Tawba, v. 65) sans même daigner se tourner vers lui, ni rien ajouter à ses propos. » (Rapporté par Ibn Abî Hatim)



Commentaire :
« Et si tu les interrogeais, ils diraient très certainement : « Vraiment, nous ne faisions que bavarder et jouer. » Dis : « Est-ce d’Allah, de Ses versets (le Coran) et de Son Messager que vous vous moquiez ? » Ne vous excusez pas : vous avez bel et bien rejeté la foi après avoir cru. » (Sourate At-Tawba, v. 65)
Ce verset est un texte explicite concernant le fait qu’une personne qui se moque d’Allah, du Prophète ou des signes d’Allah (le Coran) est mécréante, et que ses excuses indiquant qu’elle ne faisait que s’amuser et jouer ne lui seront d’aucun secours, et qu’elle est bel est bien mécréante.
Ce verset a été révélé au sujet des hypocrites. Quant aux adeptes du Tawhid, jamais aucune forme de moquerie ne transparaît dans leur propos.




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MessageSujet: Re: Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)   Ven 21 Jan 2011 - 22:54

Chapitre 48 :

« A propos de la parole d'Allah : « Et si nous lui faisons goûter une miséricorde de Notre part, après qu’une détresse l’eut touché, il dit certainement : « Cela m’est dû ! » » » [1]





Citation :
Mujâhid a dit : « C'est-à-dire : c’est le fruit de mon travail, il me revient donc de droit. »
Ibn ‘Abbâs a dit : « C'est-à-dire : cela vient de moi. »



Commentaire :
« C'est-à-dire : c’est le fruit de mon travail, il me revient donc de droit. » : C’est-à-dire qu’il le mérite, et que le fait qu’Allah lui fasse gracieusement don de ce bienfait ou non importe peu car il le méritait de toute façon. La description contenue dans ce verset concerne donc deux types de personnes :
1- celle qui s’attribue le bienfait à elle seule sans même s’en référer à Allah.
2- Celle qui se l’attribue mais du point de vue du mérite, c’est-à-dire qu’elle se considère comme méritant ce bienfait de la part d’Allah ; c’est un comportement qui peut émaner de certaines personnes présomptueuses.
Les actes du serviteur ne sont qu’une cause qui peuvent ne pas avoir lieu, ou avoir un effet dépendant [uniquement] de la volonté divine. Par conséquent, cela correspond à la grâce d’Allah qu’Il accorde à qui Il veut.


******


Citation :
Et Allah dit : « Il dit : « C’est par une science que je possède que ceci m’est venu »… » (Sourate Le Récit, v. 78)

Qatâdah a dit : « Par une science des causes de l’enrichissement que je possède. »
D’autres ont dit : « Par une science qu’Allah possède au sujet du fait que je mérite (ces richesses). »
Cela va d’ailleurs dans le sens des propos de Mujâhid : « Ceci m’est venu en raison de mon rang social. »

Abû Hurayrah rapporte qu’il a entendu le Prophète dire : « Allah voulut éprouver trois homme parmi les fils d’Israël (Banû Isrâ’il). L’un d’eux était lépreux, l’autre chauve et le dernier aveugle. Allah leur envoya un ange qui se rendit dans un premier temps chez le lépreux. Il lui demanda : « Que souhaiterais-tu le plus avoir ? » Le lépreux répondit : « Une belle couleur et une belle peau, et la disparition de cette lèpre qui cause la répugnance des gens à mon égard. » L’ange passa alors les mains sur son corps. La lèpre répugnante disparut, une belle couleur et une belle peau lui furent octroyées. L’ange ajouta : « Quel bien matériel souhaiterais-tu le plus posséder ? » Il répondit : « Un troupeaux de chameaux, ou de vaches (le doute provenant d’Ishâq, un des rapporteurs du hadith). » L’ange lui donna alors une chamelle pleine de dix mois et lui dit : « Qu’Allah la bénisse pour toi. »
L’ange se rendit ensuite chez le chauve et lui demanda : « Que souhaiterais-tu le plus avoir ? » Le chauve répondit : « Une belle chevelure, et la disparition de cette calvitie qui cause la répugnance des gens à mon égard. » L’ange alors passa les mains [sur sa tête]. La calvitie disparut, et une belle chevelure lui fut octroyée. L’ange ajouta : « Quel bien matériel souhaiterais-tu le plus posséder ? » Il répondit : « « Un troupeaux de chameaux, ou de vaches » L’ange lui donna alors une vache pleine et lui dit : « Qu’Allah la bénisse pour toi. »
L’ange se rendit enfin chez l’aveugle. Il lui demanda : « Que souhaiterais-tu le plus avoir ? » L’aveugle répondit : « Je voudrais qu’Allah me permette de recouvrir la vue afin de distinguer les gens. » L’ange alors passa les mains [sur son visage] et Allah lui fit recouvrer la vue. L’ange ajouta : « Quel bien matériel souhaiterais-tu le plus posséder ? » Il répondit : « Un troupeau de moutons ». L’ange lui donna alors une brebis pleine, prête à mettre bas et lui dit : « Qu’Allah te la bénisse pour toi. »

Les deux premiers virent leur bétail se multiplier, et la brebis du troisième donna naissance à une progéniture nombreuse. Chacun d’eux possédait donc respectivement toute une prairie de chameaux, de vaches, et de moutons.
L’ange se rendit ensuite chez le lépreux sous l’aspect de ce dernier avant sa guérison et lui dit : « Je suis un pauvre voyageur qui n’a plus de ressources pour continuer sa route… Je ne pourrais atteindre ma destination si ce n’est en comptant sur l’aide d’Allah puis la tienne. Je te demande – par Celui Qui t’a octroyé une belle couleur, une belle peau et les biens que tu possèdes – de me faire don d’une monture afin que je puisse rejoindre ma destination » Le lépreux répondit : « (Mes richesses font que) j’ai beaucoup de devoirs envers les gens… » L’ange s’exclama alors : « Je crois te reconnaître… N’étais-tu pas pauvre puis Allah t’a enrichi ? » Le lépreux répondit : « Ces richesses m’ont été transmises par mes ancêtres, de père en fils ». L’ange répliqua : « Si tu mens, qu’Allah te fasse revenir à l’état dans lequel tu étais. »
L’ange se rendit ensuite auprès du chauve sous l’aspect de ce dernier avant sa guérison. Il lui tint les mêmes propos que ceux tenus au lépreux et le chauve lui formula la même réponse. L’ange lui dit : « Si tu mens, qu’Allah te fasse revenir à l’état dans lequel tu étais. »
L’ange se rendit enfin auprès de l’aveugle sous l’aspect de ce dernier avant qu’il recouvre la vue et lui dit : « Je suis un pauvre voyageur qui n’a plus de ressources pour continuer sa route… Je ne pourrais atteindre ma destination si ce n’est en comptant sur l’aide d’Allah puis sur la tienne. Je te demande – par Celui Qui t’a permis de recouvrer la vue - de me faire don d’un mouton afin que je puisse rejoindre ma destination. » L’aveugle lui répondit : « J’étais aveugle et Allah m’a permis de recouvrer la vue. Prends donc ce que tu veux, et laisse ce que tu veux… car je jure par Allah ! Je ne te causerais aucun grief concernant une chose que tu prendras pour Allah. » L’ange dit alors : « Garde tes richesses, vous avez seulement été éprouvés (par Allah). Allah est satisfait de toi, mais Il est en colère contre tes deux congénères ». »
(Rapporté par Al-Bukhâri et Muslim)



Commentaire :
L’auteur a ensuite rapporté le long hadith d’Abou Hurayrah dont le sens est évident.





[1] (Sourate Fussilat, v. 50)



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Charh Kitabou Tawhid (Cheykh Sâlih ibn ‘Abdil ‘Aziz Âl-Cheikh)
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