Le jugement de celui qui nie les attributs d'Allah
Question :Excommunions-nous celui qui nie les attributs d'Allah ?
Réponse :Le statut du takfir (le fait de rendre mécréant) et du tafsiq (le fait de rendre pervers) n’est pas un jugement qui nous revient. Mais c’est un jugement qui revient à Allah et son Prophète salallahou ‘alayhi wa salam. Et ce jugement fait partie des règles et des lois de la législation que l’on doit remettre au Coran et à la sounnah. Il faut donc s’assurer de manière complète, totale et parfaite. Ainsi, on ne peut rendre mécréant ou pervers que ce que le Coran et la sounnah nous ont indiqué comme tels.
Puis le cheykh donne une règle fondamentale qui est : à l’origine le musulman, dans ce qui nous apparent, est à la base une personne juste et musulmane, tant que l’on ne vient pas prouver le contraire.
Il n’est pas permis de faire preuve de laxisme en ce qui concerne le takfir, car c’est une chose très dangereuse qui entraîne 2 grands préjudices :
Le premier : Si la personne n’est pas sûre de ce qu’elle a dit et ne s’est pas assuré de manière complète de ce qu’elle a avancé, alors elle a commis un mensonge vis-à-vis d’Allah ‘azawajal, mais aussi vis-à-vis de celui qu’elle a jugé.
Le deuxième : La personne va tomber elle-même dans ce qu’elle a jugé. En effet, d’après ‘Abdallah Ibn Oumar (radhiyallahou ‘anhou) le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam a dit :
« Celui qui rend son frère mécréant, alors que cela est faux, son jugement revient sur lui. » [Rapporté par Mouslim]
Egalement d’après Abou Dharr (radhiyallahou ‘anhou), le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam a dit :
« Celui qui interpelle une personne par « Ô ennemi d’Allah ! » et dans la réalité ce n’est pas le cas, alors cette parole qu’il a dite revient sur lui. » [Rapporté par Mouslim]
Ces hadiths prouvent que le fait de juger quelqu’un de mécréant est une chose très dangereuse. Ainsi avant de juger une personne mécréante, il faut voir 2 points :
1- On doit être sûre que le Livre d’Allah et la sounnah du Prophète salallahou ‘alayhi wa salam ont indiqué que les actes ou paroles de la personne jugée impliquent le koufr ou la perversité.2- Les conditions du takfir ou du tafsiq doivent être respectées, ainsi que ce qui va dissiper ce jugement dans le droit de la personne jugée.
Parmi ces conditions il y a :
- Le fait que la personne sache que ce qu’elle a fait est une chose qui la mène au koufr ou la perversion. Les gens de science ont dit : « On ne peut rendre kâfir celui qui réfute les obligations de l’Islam s’il est nouveau dans l’Islam et qu’il n’a pas le science. »
- Le fait que la personne soit contrainte
- Lorsque la réflexion de la personne est saturée à un moment précis, ces paroles ou actes ne sont pas considérés. Exemple : une joie très intense, une grande tristesse. Dans ce moment, il se peut qu’une personne dise une chose dont elle ne se rendr pas compte. Comme dans le hadith d’Anas Ibn Malik où un homme avait perdu sa monture, et lorsqu’il l’a retrouvé, il était si content qu’il a dit
« Ô Mon seigneur, Tu es mon serviteur et je suis ton seigneur. » Et bien entendu, il a dit cela à cause de sa joie.
Ensuite la cheykh rapporte la parole du Cheykh Al Islam Ibn Taymiyya où il rapporte un exemple provenant de la sounnah.
Un homme a demandé à ses enfants avant de mourir de brûler son corps une fois mort et de répartir ses cendres dans la mer, pensant qu’Allah ne pourrait pas le ressusciter. Et lorsqu’Allah va lui demander ce qui l’a poussé à faire cela, il répondra
« la peur du châtiment. » Et Allah va le pardonner.
C’est pour cela que le cheykh Al Islam Ibn Taymiyya dit :
« Cet homme a douté sur la capacité d’Allah ‘azawal à ressusciter les morts. Et ceci est, selon l’unanimité des savants, du koufr. Mais ici, c’est dans le cas de l’ignorance, car c’est une personne qui en réalité était croyante et qui avait peur d’Allah soubhanna wa ta’ala et de Son châtiment. Et Allah l’a pardonné bien qu’il ait eu ce doute dans la croyance.
Donc, parmi les gens de l’ijtihad (ceux qui ont la capacité de faire un effort d’interprétation concernant la religion) qui s’accrochent à suivre la sounnah, celui qui est tombé dans l’interprétation est plus en droit du pardon d’Allah que la personne cité dans le hadith. »*** FIN ***