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 Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)

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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 16:53

Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna
(Les règles exemplaires des Noms et Attributs Divins)


Cheykh Al ‘Outhaymin

Retranscrit par Oum Mouqbil




Sources :
- Dourous du frère Abdel Malik Abou Adam (http://www.dourouss-abdelmalik.com/index.php?option=com_content&view=article&id=157:les-regles-exemplaires-des-noms-et-des-attributs-parfaits-dallah-nouveau-&catid=44:cours-aquida-&Itemid=14)
- « Les règles exemplaires des Noms et Attributs Divins » aux Editions Sabil (avec leur accord)






SOMMAIRE

Spoiler:
 



Ce livre traite d’une science qui est plus que fondamentale car elle touche la croyance de tout musulman : la science des Noms et des Attributs d’Allah (‘azawajal)

1- L’importance de la connaissance des Noms et Attributs d’Allah.
En effet le sujet des noms et attributs d’Allah fait partie de la croyance en Allah. Et la croyance en Allah est un des 6 piliers de la foi (el Iman). La connaissance d’Allah permet de nous augmenter la crainte d’Allah (at-Taqwa). Plus l’homme va être savant et plus sa foi va augmenter, et donc plus il observera les commandements d’Allah. De plus les erreurs concernant le chapitre des noms et attributs d’Allah sont une chose énorme, surtout lorsqu’on sait que beaucoup de sectes se sont égarées sur ce chapitre.

2- Dans le titre du livre on trouve le terme « el qawa’id » (les bases).
Celles-ci sont de 2 catégories, « el qawa’id el hissiya », les bases ou fondations qui sont concrètes ou palpables (ex : les bases ou fondations de la ka’ba) et « el qawa’id el ma’nawiya », les bases ou règles qui sont abstraites et qu’on ne peut pas toucher, comme le cas des règles des noms et attributs d’Allah.

3- L’importance du livre que l’on va étudier.
Car cet ouvrage en lui-même est résumé et comprend la plus importante des choses à connaître concernant le chapitre des noms et attributs d’Allah. De plus celui qui a écrit ce livre, cheykh al ‘Othaymin était un savant phare de notre époque concernant les bases de la croyance mais également les fondements du fiqh. C’est pourquoi cet ouvrage prend une si grande valeur.




Introduction du Cheykh


Le cheykh explique que dans la foi (El Iman), il y a la croyance en Allah. Et la croyance en Allah implique 4 choses :
1- La croyance en Son existence
2- La croyance en Sa seigneurie
3- La croyance en Sa divinité
4- La croyance en Ses noms et attributs

Le cheykh a donc écrit ce livre pour 2 raisons :

I/ Pour l’importance de la place de cette connaissance dans la religion et l’adoration :

Il n’est pas possible à une personne d’avoir l’adoration d’Allah ‘azawajal d’une manière complète et parfaite tant qu’il n’aura pas la connaissance des noms et attributs d’Allah.
{C’est à Allah qu’appartiennent les noms parfaits. Servez-vous de ces Noms quand vous L’invoquez !} [Sourate Al ‘Araf, v. 180]
Ce verset apparaît dans 4 endroits du Coran. Et de ce verset on va déduire qu’il faut invoquer Allah en utilisant Ses noms. Or l’invocation est de 2 catégories :

1- Dou’a al ‘ibada = C’est l’adoration.
C’est-à-dire que lorsque tu adores Allah, tu vas l’adorer selon ce qu’impliquent Ses noms. En effet, tu vas te repentir à Allah car tu sais qu’il est « at-Tawab » (Celui qui accepte le repentir), tu vas adorer Allah azawajal avec ta langue, par le rappel par exemple, parce que tu sais qu’Il entend, et tu vas adorer Allah par tes membres parce que tu sais qu’Il voit …

2- Dou’a al mas-ala = Demander à Allah quelque chose.
Lorsque tu demandes quelque chose à Allah, tu vas l’invoquer en employant le Nom d’Allah qui correspond à ta demande. Par exemple tu demandes à Allah de te pardonner, car tu sais qu’Il est « El ghafour » (le Grand Pardonneur).

D’où l’importance de connaître les noms d’Allah.

II/ Pour que la vérité apparaisse à travers les règles des Noms et attributs d’Allah :

En effet beaucoup de gens parlent d’Allah, parfois de façon vraie et parfois de façon fausse. Et cela est du à leur ignorance ou au suivi aveugle de ceux qui parlent sans science. Le cheykh souhaite donc que la vérité au sujet d’Allah apparaisse et que le faux disparaisse.



Dernière édition par Oum Mouqbil le Lun 14 Nov 2011 - 20:42, édité 6 fois
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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 16:55

Chapitre 1 : Les Noms parfaits




Règle n°1 : Les noms d’Allah l’exalté sont tous parfaits


Cela signifie que les Noms d’Allah sont tous à l’extrême de la perfection, comme Allah dit :
{C’est à Allah qu’appartiennent les noms parfaits.} [Sourate Al ‘Araf, v. 180]

Les noms d’Allah incluent les attributs qui en découlent, et dans ces attributs il n’y a aucune imperfection supposée ou sous-entendue.
Le Cheykh précise cela « supposée ou sous-entendue », car en arabe on distingue les mots selon leur sens, en 4 catégories :

1- Les mots impliquant la perfection absolue :
Ce sont les Noms d’Allah.

2- Les mots impliquant à la fois l’imperfection et la perfection :
Ils ne peuvent être considérés comme un nom propre d’Allah. Mais ils sont employés dans des cas restreints.

Exemple : les mots tel que « Le complot », « La supercherie », « L’ironie », « La ruse ». Ces mots servent à informer au sujet d’Allah, mais on ne peut dire de manière absolue qu’Allah est « comploteur » par exemple, et on ne peut lui attribuer ce nom (Le comploteur).
En effet car ce mot se divise lui-même en ce qui est louable ou blâmable (perfection et imperfection). Donc lorsqu’on parle de cas restreint, cela veut dire dans des cas précis : Allah « complote contre celui qui complote contre Lui ».

3- Les mots impliquant la perfection, mais avec une supposition d’imperfection :
Ils ne peuvent être considérés comme un nom propre d’Allah. Mais ils informent à son sujet sans aucune restriction.

Exemple : le mot « locuteur ». (Celui qui parle). En principe le fait de parler est une perfection en soit. Cependant il y a des paroles prononcées qui peuvent être louables ou blâmables, c’est ça la supposition d’imperfection. C’est pourquoi on ne peut lui attribuer ce nom (Le Locuteur).

4- Les mots impliquant l’imperfection absolue :
Ils ne peuvent être considérés ni comme nom propre d’Allah, ni utilisés pour le décrire.

Exemple : les mots comme « aveugle », « sourd », « impuissant »…



Il y a donc dans les noms d’Allah la perfection pure dans leur essence et dans leurs thèmes.

Exemple : « Le vivant ». Il est l’un des noms d’Allah l’exalté, comprenant une vie parfaite. Une vie qui n’a jamais été précédée d’une période d’inexistence, ni affectée par l’extinction. Une vie qui comprend la perfection des attributs comme la science, le pouvoir, l’ouïe, la vue, etc.


La perfection des Noms d’Allah est relative à chaque nom pris de façon isolée (seul). Mais par l’association de 2 noms on obtient une autre perfection .

Exemple : « L’Omnipotent, Le Très Sage » sont souvent ensemble dans le Coran.
Pris de façon isolée ils impliquent :
- « L’Omnipotent » => la puissance
- « Le Très Sage » => le règne et la Sagesse
Pris ensemble, ils impliquent également :
- « L’Omnipotent, Le Très Sage » => la puissance d’Allah est conjointe à la sagesse donc elle ne peut être touchée par l’injustice, l’iniquité ou les mauvaises actions.






Règle n°2 : Les noms d’Allah l’exalté sont en réalité à la fois des noms propres et des qualificatifs (attributs)


Les noms d’Allah sont des noms propres : car ils distinguent un être. Ils sont tous synonymes car ils distinguent le même nommé qui est Allah.


Les noms d’Allah sont également des qualificatifs : c’est-à-dire des mots servant à Sa description, car ils désignent une signification. Cependant, chaque nom indique un sens particulier.

Exemple : « Le Vivant », « l’Omniscient » et « Celui qui entend tout »
Ce sont tous des noms qui indiquent :
- le même nommé qui est Allah
- des sens différents (en effet le vivant n’a pas le même sens que l’omniscient…)


La preuve de cela se trouve dans le Coran :

Allah dit : {Il est l’Indulgent, le Très Miséricordieux.} [Sourate Les dunes, v. 8]
Et Il dit : {Ton Seigneur est l’Indulgent, qui possède la Miséricorde.} [Sourate La Caverne, v.58]
Le 2ème verset nous indique que le nom « Le Très Miséricordieux » (du 1er verset) est celui qui est caractérisé par la Miséricorde.
Ainsi d’après le consensus des savants, on ne qualifie de savant que celui qui possède la science ou d’entendant celui qui possède l’ouïe…


L’égarement des Négateurs :

Malgré cette logique, ces derniers disent : « Allah le Très Haut est l’Entendant sans ouïe, Le Voyant sans vue, Le Puissant sans puissance … »
Ils justifient cela en disant que si on atteste de plusieurs attributs, cela implique que l’on atteste de plusieurs divinités.


Le Cheykh réfute cet argument par les preuves du Coran et la sounnah, ainsi que par la raison :

Preuves du Coran :
Allah s’est Lui-même qualifié par de nombreux attributs alors qu’Il est l’Un, l’Unique. Allah azawajal a dit :
{Loue le nom de ton Seigneur, le Plus haut. Celui qui a créé et qui a parfaitement tout agencé. Celui qui a déterminé et guidé. Celui qui a fait pousser le pâturage et qui en a fait un foin sombre.} [Sourate Al A’lâ, v.1-5]

Par la raison :
Les attributs ne sont pas quelque chose de distinct ou séparés de la chose que l’on qualifie. Ces attributs reviennent tous à Allah. Ils font donc bien partie d’Allah et non de choses qui seraient distinctes de Lui. Donc attester ces attributs ne signifie nullement attester plusieurs divinités.
Exemple : Toute chose présente dans ce monde à automatiquement plusieurs attributs. Le 1er étant l’existence. Et l’existence se divise elle-même en 2 catégories :
- l’existence obligatoire = qui concerne l’existence d’Allah
- l’existence de manière possible = comme c’est le cas de toutes les créatures.
Et à cette existence vont être ajoutés d’autres attributs comme le fait de voir, le fait d’entendre… C’est également le cas de l’homme qui, lorsqu’il existe, a automatiquement ces autres attributs.

Voilà donc le raisonnement qu’apporte le Cheykh pour réfuter les Négateurs, en affirmant que tout ce qui est présent à forcement plusieurs attributs.


Déduction faite à partir de cette règle :

De cette règle on en déduit que « ad-dahr » que l’on traduit par le temps (chronologie) ne peut pas être un des noms d’Allah. Et ceci pour 2 raisons :

Premièrement : « ad-dahr » est un nom qui est inanimé et qui ne possède pas ce qui est pur et noble comme nous l’avons vu précédemment.

Deuxièmement : C’est un nom qui est employé pour désigner le temps chronologique comme indiqué dans la parole d’Allah :
{Ils disent : «Il n’y a d’autre vie pour nous que celle d’ici-bas. Nous mourons et nous vivons, et seul le temps nous fait périr.»} [Sourate Al Jâthiya, verset 24]

Quant au Hadith Qoudsi où le Prophète a dit : « Allah a dit : « Le fils d’Adam M’a offensé. Il insulte le temps (chronologique) et Moi Je suis le temps. Son cas est dans Ma main. J’altère la nuit et le jour. » » [Boukhari et Mouslim]
Le Cheykh explique qu’en réalité les gens quand ils insultent le temps, ils ne veulent pas insulter Allah, mais ils visent le temps chronologique. Le sens de la phrase : « et Moi Je suis le temps » s’explique par la suite du hadith « Son cas est dans Ma main. J’altère la nuit et le jour. » C’est-à-dire qu’Allah a créé le temps et ce qui s’y trouve. Or le temps ne possède aucun attribut et ne comprends rien de pur ou de noble.
Donc d’après la 2ème règle que nous avons vu, nous pouvons déduire que le temps ne peut être Allah Lui-même.



Dernière édition par Oum Mouqbil le Mer 30 Jan 2013 - 17:24, édité 2 fois
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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 17:03

Règle n°3 : Si les noms d’Allah indiquent un attribut qui Le concerne et qui concerne en même temps Sa création, ils impliquent 3 choses


Les attributs se divisent en 2 catégories :

- « Wasf mouta’addi » : C’est l’attribut qui concerne à la fois Allah et Sa création
C’est l’attribut dont on voit l’effet sur la créature.

Exemple : « El khaliq », Le créateur qui est un des noms d’Allah qui comprend comme attribut « el khalq », la création. Or la création est bien un attribut qu’on va directement voir sur les créatures. En effet Allah crée les créatures qui sont le résultat de la création.
Autre exemple : « Er-Râzaq », Celui qui pourvoit. Son attribut « ar-razq » (le fait de pourvoir) va directement se voir sur la créature par le « rizq » qui est la subsistance qu’elle reçoit (nourriture etc…)


- « Wasf lâzim » : C’est l’attribut qui ne concerne qu’Allah seul
C’est un attribut qui n’a pas d’effet sur la créature.

Exemple : « El Hayy », Le Vivant qui est un des noms d’Allah qui comprend comme attribut la vie. Or la vie n’a pas d’effet sur les créatures.


Suivant la catégorie de l’attribut il va en découler des règles. Si l’attribut est « mouta’addin » il y aura 3 règles. Par contre si l’attribut est « lâzim », il n’y en aura que 2.


Si les noms d’Allah indique un attribut mouta’addi, ils impliquent 3 choses :

1- L’attestation du nom à Allah
2- L’attestation de l’attribut qui est compris dans ce nom à Allah
3- L’attestation du statut et de ce que va impliquer cet attribut sur la créature


Exemple : « As-Sami’ », Celui qui entend.
1- Cela signifie que l’on va attester de « as-Sami’ » comme étant un des noms d’Allah, et de la façon dont il a été cité dans le Coran.
2- On va également attester de l’attribut qui est l’ouïe
3- Et on va attester de l’effet de cet attribut sur la créature, à savoir qu’Allah entend les actes secrets et ce qui se dit tout bas.
{Allah entend vos conversations secrètes. Allah est celui qui entend et qui voit tout parfaitement.} [Sourate Al Ma-ida, v. 34]


Si les noms d’Allah indique un attribut lâzim, ils n'impliquent que 2 choses :

1- L’attestation du nom à Allah
2 - L’attestation de l’attribut qui est compris dans ce nom à Allah

Exemple : « El Hayy », Le Vivant.
1- Cela signifie que l’on atteste de ce nom
2- Et on atteste de l’attribut qui est ici la vie.







Règle n°4 : Les sens indiqués par les noms d’Allah, concernant Son être (dhât) et Ses attributs (sifât) sont soit par correspondance (moutâbaqa), soit par inclusion (tadammoun) ou par implication (tizâm)


Explication des termes employés :

Nous allons tout d’abord commencer par expliquer les 3 mots « moutâbaqa », « tadammoun », et « tizâm » avec des termes de la vie de tous les jours.

Premièrement « moutâbaqa », par correspondance : Il s’agit de tout ce qui correspond à la chose citée.
Exemple : Lorsqu’on dit qu’une personne possède une voiture. Ce qu’on indique par le mot « voiture » ce sont tous ses constituants : un volant, un moteur, des sièges, des portes…. Donc le mot « voiture » comprend tout ce qui la constitue par correspondance « moutâbaqa ».

Deuxièmement « tadammoun », par inclusion : Indique seulement une partie qui est incluse dans la chose citée.
Exemple : Toujours en ce qui concerne la voiture, il s’agit donc d’indiquer une partie de ce qui la constitue, comme par exemple le moteur. On prend juste un seul des éléments.

Troisièmement « tizâm », par implication : Il s’agit d’une chose qui va impliquer ce qu’on a cité mais qui est extérieur à elle.
Exemple : La voiture n’est pas venue toute seule. Elle a forcément un constructeur. Donc la présence de cette voiture implique également la présence du constructeur.


Compréhension de la règle :

Pour comprendre cette règle nous allons donner un exemple avec les noms d’Allah.
Si on prend le nom d’Allah « El khâliq », Le Créateur.
Par correspondance « bil moutâbaqa », ce nom nous indique à la fois l’entité d’Allah (c’est-à-dire l’être qui crée), ainsi que son attribut qui est l’action de créer.
Par inclusion « bi ttadammoun », il indique uniquement l’entité d’Allah, c’est-à-dire l’être d’Allah.
Par implication « bi ttizâm », ce nom va impliquer d’autres attributs comme le pouvoir (c’est-à-dire la capacité à créer), la science (savoir comment créer).


Démonstration du Cheykh :

Ensuite le cheykh fait une démonstration très importante concernant aussi bien les règles des noms d’Allah que celles des attributs d’Allah. Cette démonstration permet d’annuler et effondrer les arguments de ceux qui ne sont pas d’accord avec la croyance des gens de la sounnah et du consensus.

Concernant la parole d’Allah ‘azawajal et de Son Prophète salallahou ‘alayhi wa salam :

Le cheykh explique que la parole d’Allah ainsi que la parole de Son Messager (salallahou ‘alayhi wa salam) sont des vérités. Et tout ce qui est signifié par implication, si cela est valable, est alors aussi une vérité. L’implication c’est ce qu’on va pouvoir déduire d’une parole. Etant donné qu’Allah est le plus savant concernant ce qu’impliquent Sa parole et celle de Son Envoyé, c’est donc qu’il s’agit de propos voulus.
Exemple : Allah a dit dans le Coran {Le Tout Miséricordieux s’est établi sur Son trône}
Cette parole implique qu’Allah s’est établi sur Son trône de part Son entité (Son être), et bien évidement par Lui-même. Pourquoi ? Parce nous avons vu précédemment que les noms d’Allah, et ici le nom « Ar-Rahman » (Le Tout Miséricordieux) désigne par inclusion son entité. Donc s’Il nous dit qu’Il (Allah) s’est établi sur Son trône, automatiquement cela implique qu’il s’agit de Son entité. Et c’est ce qu’Allah, soubhannahou wa ta’ala, a voulu par ce verset du Coran. Car la parole d’Allah est vérité et ce que va impliquer cette parole, si c’est valable à l’implication, c’est également une vérité.
C’est ce que veut nous expliquer le Cheykh à travers cette règle. Et on peut, bien entendu l’appliquer pour tous les versets du Coran, et toutes les paroles du Prophète, salallahou ‘alayhi wa salam.

Dans ce que nous venons de voir, il y a une condition qui est que l’implication de la parole d’Allah ou du Prophète doit être valable (c-à-d prouvée). Cette condition est importante car certaines personnes donnent des implications qui sont complètement fausses et qui ne sont pas valables.

Concernant la parole d’une personne humaine :

La question qui est importante ici c’est de savoir si ce qui est impliqué par la parole d’une personne est attribué à son auteur ou non. C’est-à-dire, si je prononce une parole. Celle-ci va impliquer des choses. Or est-ce que ces implications font partie de ce que j’ai voulu dire ou non ? Et le cheykh nous dit qu’il existe 3 cas :

1er cas : Lorsqu’une personne prononce une parole, cette parole va impliquer des choses. Et lorsqu’on va lui rappeler ce qu’implique sa parole il va dire : « oui c’est bien ce que j’ai voulu dire. ».
Exemple : Celui qui nie les attributs d’Allah propres à Ses actes va dire à celui qui les atteste : « Toi, tu affirmes les attributs relatifs aux actes d’Allah ‘azawajal, cela implique nécessairement qu’il y a parmi Ses actes ce qui vient d’arriver. » Et celui qui atteste va accepter ce que cela implique : « Bien sûr, j’observe cela car Allah l’exalté a toujours été et sera toujours celui qui fait sans cesse ce qu’Il veut. Il n’y a pas d’épuisement pour Ses paroles et Ses actes. Et ce d’après Sa parole : {Dis : Si la mer était de l’encre pour la parole de mon Seigneur, la mer se serait tarie avant que ne se tarisse la parole de mon Seigneur, même si l’on apporte son équivalent en encre.} [Sourate Al Kahf, v. 109] L’apparition d’un de ses actes n’implique absolument aucune forme d’imperfection en ce qui le concerne »
Et en effet Allah crée et recrée sans cesse, c’est un renouvellement de sa création.

2ème cas : L’auteur de la parole, lorsqu’on lui rappelle ce qu’elle implique, défend toute implication entre lui et sa parole. Donc on ne peut pas considérer que cette implication lui appartient. En effet parce que l’implication que l’on a déduit de sa parole est fausse.
Exemple : Celui qui nie les attributs d’Allah va dire à celui qui les atteste : « Le fait que tu attestes les attributs implique une ressemblance entre Allah et ses créatures. » L’auteur de l’affirmation des attributs répond : « L’affirmation n’implique pas cela, car les attributs d’Allah sont spécifiques et propres à Lui. »

3ème cas : C’est lorsqu’une personne prononce une parole dont on ne lui a jamais rappelé ce qu’elle implique (elle est gardée sous silence). Dans ce cas on ne peut pas attribuer l’implication de cette parole à son auteur. Pourquoi ?
Déjà parce que dans le doute on ne sait pas comment il va réagir et s’il va accepter ou non cette implication.
Il se peut que l’homme prononce des paroles dont il n’a pas totalement conscience de ce qu’elles impliquent. Donc si on lui rappelle ce qu’implique sa parole, et que bien sûr cette implication est valable (prouvée), alors il va revenir sur sa parole.

Quelqu’un peut alors faire une objection en disant : « Si la personne prononce une parole, automatiquement on est obligé de dire que ce qu’elle va impliquer revient à sa propre parole ».
Le Cheykh répond que cela est rejeté. Pourquoi ? Parce que c’est l’homme qui parle, et l’homme peut se tromper et il peut avoir des états propres à sa nature humaine (l’étourdissement, il peut être dans la confusion, ou bien prononcer une parole sans réfléchir sur le sens qu’elle implique etc)

Cette règle est très importante lors de débat afin de ne pas faire attester aux gens des choses qu’ils n’ont pas dit.

..


Dernière édition par Oum Mouqbil le Jeu 12 Mai 2011 - 15:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 17:04

Règle n°5 : Les noms d’Allah l’exalté sont d’institution divine (tawqîfiya), il n’y a pas de place pour la raison humaine


Le terme « tawqîfiya », vient du verbe « waqafa » qui signifie s’arrêter. Par conséquent, il convient de s’en tenir aux noms mentionnés dans le Coran et la Sounnah. On ne peut en rajouter, ni en diminuer, parce que la raison humaine ne peut concevoir ce qui convient à Allah l’exalté comme nom.
Il est donc obligatoire de s’en tenir au texte et ce, d’après la parole d’Allah l’exalté :
{Ne poursuis pas ce dont tu n’as pas connaissance ! Car il sera demandé compte à l’homme de ce qu’il aura fait de l’ouïe, de la vue et du cœur} [Sourate Al ‘Isra, v. 36]

{Dis encore : «Mon Seigneur a interdit seulement les turpitudes apparentes ou secrètes. De même que le péché, l’agression sans droit, l’association à Allah, ce dont Il n’a fait descendre aucune preuve et de dire d’Allah ce que vous ne savez pas.»} [Sourate Al A’raf, v. 33]

De même que le fait de nommer Allah par des noms qu’Il ne s’est pas donné, ou nier l’un des noms qu’Il s’est attribués, serait agir injustement envers Lui.
Il convient d’adopter en ce cas, une conduite convenable et se limiter aux noms mentionnés dans les textes (coran et sounnah).


Il y a également un point important qu’il est important de mentionner et que le Cheykh n’a pas fait, c'est qu'il y a dans le Coran certains noms d’Allah azawajal qui sont toujours cités ensemble. Dans ce cas là il n’est pas permis de nommer Allah en utilisant un seul des deux.




Règle n°6 : Les noms d’Allah l’exalté ne se limitent pas à un nombre particulier


Ceci d’après le hadith connu de tous, les noms d’Allah ne sont pas déterminés par un nombre en particulier :
« Je te demande par tous les noms avec lesquels Tu t’es nommé, ou que Tu as descendus avec Ton livre, ou que Tu as enseignés à l’une de Tes créatures, ou ceux que Tu as gardés secrètement auprès de Toi. » [Hadith authentique, rapporté par Ibnu Hibbân, Ahmad et al-Hakim]

Il est impossible pour qui que soit de dénombrer ou de connaître les noms qu’Allah s’est gardés de révéler.

Quant au dire du Prophète : « Il y a pour Allah quatre-vingt-dix-neuf noms, cent moins un. Celui qui les apprend, entrera au Paradis. » [Bukhârî]
Il n’indique pas de dénombrement des noms par ce nombre. Si le propos voulu était le dénombrement total des noms, cela aurait été formulé ainsi : « Les noms d'Allah sont au nombre de quatre-vingt-dix-neuf. Celui qui les connaît entrera au Paradis. »
Les apprendre signifie les mémoriser, comprendre leur sens et servir Allah selon leur contenu.

Ainsi la signification du hadith lorsqu’il s’agit du nombre est : que celui qui connaît un nombre de quatre-vingt-dix-neuf noms entrera au Paradis. Cela dit, la proposition : « Celui qui les connaît entrera au Paradis » est une proposition complémentaire à celle qui l’a précédée. Elle n’est pas indépendante. Un exemple identique à cela est que l’on dise : « Je possède cent dirhams. » Je les ai préparés pour en faire don. Cela n’exclut pas le fait que tu possèdes d’autres dirhams qui n’ont pas été comptés pour être offerts en charité.

Aucun hadith authentique ne provient du Prophète où le nombre serait déterminé. Le hadith que l’on rapporte de lui au sujet d’un nombre déterminé est déclaré non authentique.

Cheykh Al Islam Ibn Taymiyya a dit dans son recueil de fatwa, d’après la compilation d’Ibn Qâsim : « Le nombre déterminé des noms ne fait pas partie du discours du Prophète et ce d’après le commun accord des gens versés dans la science de ses hadiths. » Avant cela, il avait dit : « Certes, al-Walîd les a cités provenant de ses maîtres du pays de Châm, comme cela a été commenté dans certaines voies de transmission de son hadith. »
(Ibn Taymiyya, madjmu’a al-fatâwa, tome 6 p 379-392)

Du fait que le dénombrement de la part du Prophète n’est pas authentique. Les anciens (salaf) ont divergé sur ce point et il est rapporté de leur part toutes sortes de dires.

Le cheykh al ‘Outhaymin a réuni 99 noms qu’il a pu recenser du livre d’Allah l’exalté et de la sounnah, dont voici pour information la liste :

http://www.el-ilm.net/les-noms-d-allah-f78/concernant-la-liste-des-99-noms-d-allah-t656.htm







Règle n°7 : La déviation (ilhâd) concernant les noms d’Allah l’exalté, consiste à les écarter des impératifs qu’ils renferment.


Les différentes catégories de déviations concernant les Noms d’Allah sont les suivantes :

1- La négation :
C’est le fait de nier une partie des noms ou ce qu’ils signifient comme attributs et jugement.

Exemple : Les Jahmites (de Al Jahmiya) disent qu’Allah n’a aucun nom et aucun attribut. C’est à dire qu’ils tombent dans une négation totale. Ils croient qu’Allah est une simple entité dénuée de tout nom et de tout attribut, c’est la secte la plus égarée concernant ce sujet.


2- L’anthropomorphisme :
C’est le fait d’en faire des noms désignant des attributs similaires à ceux des créatures. Or la comparaison est une fausse signification.


3- Désigner Allah l’exalté par des noms qu’il ne s’est pas attribué :
Les noms d’Allah sont d’institution divine, comme nous l’avons déjà vu. Le fait de nommer Allah l’exalté par des noms qu’Il ne s’est pas attribué est une forme de détournement des noms des impératifs qu’ils renferment.

Exemple : Les chrétiens qui ont nommé Allah du nom « Le père » ou les philosophes avec le nom « La cause efficiente »


4- Le fait de faire dériver à partir des noms d’Allah, des noms pour des idoles :

Exemple : Les Qouraych ont fait dériver le nom al ‘Uzza du nom « Al ‘Aziz » (le Puissant), ou la dérivation de al-Lât à partir de « Al Ilâh » (Le Dieu).


5- Le fait de nommer autre qu’Allah par les noms parfaits qui font sa particularité.



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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 17:06

Chapitre 2 : Les Attributs parfaits



Règle n°1 : Les attributs d’Allah l’exalté sont tous des attributs de perfection. Il n’y a rien en Ses attributs qui ne soit à caractère imparfait sous quelle forme que ce soit.



C’est l'exemple des attributs comme la vie, la science, le pouvoir, l’ouïe, la vue, la miséricorde, la puissance, la sagesse, l’élévation, la grandeur, etc.

Cela est attesté par le Coran et la sounnah, mais également par la raison et la prédisposition naturelle.

1- Le Coran et la sounnah :

Allah soubhanna wa ta’ala a dit : {Le mauvais exemple appartient à ceux qui ne croient pas à l’heure dernière et l’exemple le plus haut (al-mathal a’lâ) appartient à Allah. Il est l’infiniment puissant et l’infiniment sage.} [Sourate An-Nahl, v.60]
« L’exemple le plus haut » n’est autre que l’attribut (description), c’est donc l’attribut qui va être au dessus de toute chose, une perfection complète, et qui ne contient en aucun cas de défaut. Ce verset est donc bien une preuve que les attributs d’Allah sont parfaits.


2- La raison humaine :

Tout ce qui existe réellement a forcement des attributs. Soit ils sont parfaits, soit imparfaits. Concernant les attributs d’imperfection, ils ne peuvent être attribués à Allah, car il s’agit du Seigneur, qui seul mérite l’adoration.
C’est pour cela qu’Allah ’azawajal a mis en évidence la nullité du caractère divin des idoles en les caractérisant par l’imperfection et l’impuissance.
Allah a dit : {Qui est plus égaré que celui qui invoque en dehors d’Allah, ce qui ne lui répondra pas jusqu’au jour de la résurrection. Ils ne prêtent aucune attention à leurs invocations.} [Sourate les Dunes, v.5]
Et Il ‘azawajal a dit : {Et ceux qu’ils invoquent en dehors d’Allah ne créent rien, et ils sont eux-mêmes créés. Ils sont morts, et non pas vivants, et ils ne savent pas quand ils seront ressuscités.} [Sourate An-Nahl, v.20-21]
Et lorsqu’Ibrahim argumente contre son père : {«Ô mon père, pourquoi adores-tu ce qui n’entend ni ne voit, et ne te profite en rien ?} [Sourate Maryam, v.42]
Et Ibrahim argumentant contre son peuple : {«Adorez-vous donc, en dehors d’Allah, ce qui ne saurait en rien vous être utile ni vous nuire non plus. Fi de vous et de ce que vous adorez en dehors d’Allah ! Ne raisonnez-vous pas?»} [Sourate Al Anbiya, v 66-67]


3- La prédisposition naturelle (el fitra) :

Toutes les âmes, de par leur saine nature, sont prédisposées à l’amour d’Allah ‘azawajal. Car elles savent que c’est Celui qui est qualifié par des attributs parfaits, qui Lui sont propres. C’est-à-dire des attributs qui sont propres à Sa seigneurie, propres à Son adoration.
Lorsqu’un attribut est imparfait, ne contenant aucune forme de perfection, c’est une chose strictement impossible pour Allah, comme c’est le cas de la mort , l’ignorance, l’oubli, la cécité, la surdité, et tout ce qui y est similaire.
C’est pourquoi dans beaucoup de versets, Allah s’écarte de ce genre d’attributs :
Allah dit : {Et place ta confiance en Le Vivant, celui qui ne meurt jamais.} [ ]
{Mon Seigneur [ne commet] ni erreur ni oubli.} [Sourate Ta-Ha, v52]
{Il n’y a rien qui puisse réduire Allah à l’impuissance que ce soit dans les cieux ou sur la terre.} [Sourate Fâtir, v.44]

De même le Prophète, salallahou ‘alayhi wa salam a dit à propos de l’Antéchrist : « Il est borgne, alors que votre Seigneur ne l’est pas. » (rapporté par Boukhari) Et il dit également : « Ô gens ! Retenez-vous, car vous n’invoquez pas un sourd, ni un absent. » (rapporté par Boukhari et Mouslim)



Les attributs sont de 3 catégories :

1- Les attributs de perfection absolue :

Ce sont les attributs d’Allah tels que nous en avons décrit précédemment.


2- Les attributs d’imperfection absolue :

Allah s’exempte de toutes les imperfections qu’on lui a attribué. Il dit :
{Gloire à ton Seigneur, le Seigneur de la puissance, exempt de ce qu’ils attribuent. Paix aux messagers. Louange à Allah le Seigneur des mondes.} [Sourate Les Rangés, v 180-182]

{Allah ne S’est point attribué d’enfant et il n’existe point de divinité avec Lui ; sinon, chaque divinité s’en irait avec ce qu’elle a créé, et certaines seraient supérieures aux autres. (Gloire et pureté) à Allah! Il est Supérieur à tout ce qu’ils décrivent.} [Sourate Al Mou°minoun, v.91]


3- Les attributs qui peuvent comprendre tantôt la perfection et tantôt l’imperfection :

Concernant les attributs qui sont considérés dans certains cas comme parfaits et dans d’autres cas comme imparfaits, ces attributs-là ne peuvent être attribués à Allah de façon absolue. C’est-à-dire qu’on ne peut pas attester ces attributs pour Allah de façon absolue et qu’on ne peut pas les renier de façon absolue. Donc les cas où ces attributs sont considérés comme parfaits, il est alors permis de les attribuer à Allah (dans ce qui est propre à Lui), soubhanna wa ta’ala. Et dans les cas où ils sont considérés comme imparfaits, alors il est interdit de Lui attribuer.

Exemple :
Le complot {Ils complotèrent et Allah complota. Allah est le meilleur des comploteurs.} [Sourate Le Butin, v.30]
La ruse {Ils se mirent à ruser, et Je me mis à ruser.} [Sourate At-Târiq, v. 15-16]
La tromperie {Certes les hypocrites (imposteurs) cherchent à tromper Allah, mais c’est Lui qui les trompe.} [Sourate An-Nissa, v. 142]

Il y a une seule situation où ces attributs sont considérés comme parfaits, c’est au moment où Allah ‘azawajal va rendre à ceux qui font cet acte, comme c’est le cas dans les exemples que nous venons de mentionner. Or le fait qu’Allah ‘azawajal réponde à la ruse par la ruse, au complot par le complot, à la tromperie par la tromperie ou même par plus fort, cela montre qu’Il a la capacité de se défendre. Par conséquent cela prouve que, dans ce cas là, il s’agit d’attributs de perfection. Car s’Il n’était pas capable de répondre, cela signifierait une forme d’imperfection.
En dehors de ces situations, ces attributs sont considérés comme imparfaits. C’est également pourquoi il n’est pas permis de nommer Allah par des noms tirés de ces attributs, comme « Le Comploteur » car ça signifierait qu’Il complote toujours.


L’attribut de la trahison :

Concernant cet attribut le cheykh va expliquer une chose très importante pour ne pas tomber dans l’erreur. Il explique que cet attribut ne peut pas avoir de situation où il serait parfait, car on ne peut pas répondre à la trahison par la trahison. Le cheykh cite alors ce verset :
{S’ils veulent te trahir, c’est qu’ils ont trahi Allah auparavant. Allah vous a donné tout pouvoir sur eux. Allah est omniscient et infiniment sage.} [Sourate Le Butin, v. 71]
Allah n’a pas répondu à la trahison par la trahison, Il a dit : « Allah vous a donné tout pouvoir sur eux » et Il n’a pas dit « Il les a trahis ». C’est pourquoi il est interdit de prononcer cette parole : « Qu’Allah trahisse ceux qui trahissent. »





Règle n°2 : Le chapitre sur les attributs est bien plus vaste que le chapitre sur les noms


Si le chapitre sur les attributs est bien plus vaste que celui des noms, c’est parce que chaque nom contient un attribut (cf règle n°3 du chapitre sur les Noms divins). Mais c’est aussi parce qu’il y a des attributs qui concernent les actes d’Allah, et les actes d’Allah ne connaissent point de limite. Allah soubhanna wa ta’ala dit à ce propos :
{Même s’il y avait sur terre autant de qalâms (instruments d’écriture) que d’arbres et que l’océan était de l’encre où confluaient sept autres océans, les paroles d’Allah ne s’épuiseraient pas. Allah est omniscient et infiniment sage.} [Sourate Louqman, v. 27]

Exemples :
Donc d’après cette règle, on compte parmi les attributs d’Allah : l’arrivée, le venue, la saisie, la riposte…
L’arrivée {Ton Seigneur arriva.} [Sourate l’Aube, v. 27]
La venue {Qu’attendent-ils si ce n’est qu’Allah vienne à l’ombre des nuées.} [Sourate Al Baqara, v. 210]
La saisie {Allah les saisit pour leurs péchés.} [Sourate Ali ‘Imran, v. 11]
La riposte {La riposte de ton Seigneur est terrible.} [Sourate Les Constellations, v. 12]

On peut donc qualifier Allah l’exalté par Ses attributs, cependant, il n’est pas permis de Le nommer de part Ses attributs. Ainsi on ne peut citer parmi les noms d’Allah ‘azawajal, l’Arrivant, le Venant, le Saisissant ou encore le Riposteur…




Règle n°3 : Les attributs d’Allah se subdivisent en deux parties : Les attributs à caractère affirmé et les attributs à caractère négatif (ou niés)


1- Les attributs à caractère affirmé :

Ce sont ceux qu’Allah a affirmé à Son sujet, dans le Coran et la sounnah. Ce sont tous des attributs parfaits (cf règle n°1 chapitre des attributs divins)

Exemple : La vie, la science, le pouvoir, l’élévation au dessus du trône, le visage, les deux mains …

Il convient donc de les attester de manière réelle et conforme à la perfection qui convient à Allah ‘azawajal.
Le Coran et la sounnah, ainsi que la raison humaine le confirme :


Le Coran et la sounnah :

{Ô vous qui avez cru, croyez en Allah, en son Messager et en Son livre qui fût descendu auparavant. Celui qui mécroit en Allah, ses anges, ses livres, ses envoyés, au jour dernier, celui-ci sera dans un égarement lointain.} [Sourate An-Nissa, v. 136]
La foi en Allah comprend la foi en ses attributs et la foi au livre descendu sur son Messager. Or cette foi comprend également tout ce que le Livre contient comme attributs annexés à Allah. Et la phrase « Mouhammed est son envoyé » comprend la foi en tout ce qu’il (le Prophète) a informé sur Allah le Tout Puissant.


La raison humaine :

Allah s’est Lui-même donné ces attributs, or c’est Lui le plus savant sur Sa propre personne, Il est le plus sincère et Sa parole est la plus sure. Il convient donc de les Lui attester tel qu’Il les a portés à notre connaissance, sans aucune hésitation ou aucun doute.
En effet car le doute et l’hésitation vis-à-vis d’une information a lieu lorsque l’ignorance, le mensonge ou le balbutiement (le fait de ne pas pouvoir exprimer clairement son propos) sont possibles chez l’informateur. Mais ces trois défauts sont une chose impossible pour Allah. Nous sommes donc obligés d’accepter les propos d’Allah et par conséquent Ses attributs.

De même, le Prophète est le plus informé parmi les gens sur Son Seigneur, il est également celui dont les propos sont sûrs et dont l’intention est la plus pure. Il est donc obligatoire d’accepter ce dont il a porté à notre connaissance tel quel.


2- Les attributs à caractère négatif :

Ce sont ceux qu’Allah nie à Son sujet, que ce soit dans le Coran ou à travers la parole de son Messager. Ce sont tous des attributs à caractère imparfaits lorsqu’il s’agit d’Allah.

Exemple : La mort, le sommeil, l’ignorance, l’oubli, l’impuissance, la fatigue…

Il convient de les nier de la même façon qu’Allah les a niés pour Lui-même. Et ceci indique également autre chose de fondamental, qui est que nous attestons de leur contraire sous un aspect parfait. Donc il ne s’agit pas d’une simple négation, qui n’aurait pas de but.
Car en réalité, la négation n’est pas une chose qui rentre dans la perfection, donc le droit d’Allah ‘azawajal. Par contre, si on renie des attributs dans le but d’attester de façon absolue et parfaite leur contraire, alors là cela devient de la perfection.

Exemple : La mort. Pourquoi Allah ‘azawajal a-t-Il nié la mort pour Lui ? Tout simplement pour attester de la perfection de Sa vie. De même pour le sommeil.
{Fais entièrement confiance en Le Vivant, celui qui ne meurt pas.} [Sourate Al Fourqan, v. 58]

Et Il, soubhanna wa ta’ala dit : {Ton Seigneur n’est injuste envers personne.} [Sourate La Caverne, v. 49]
Le fait de nier l’injustice à propos d’Allah, cela sous-entend la perfection de Sa justice.

Et Il, soubhanna wa ta’ala dit : {Il n’y a rien qui puisse réduire Allah à l’impuissance, que ce soit dans les cieux ou sur la terre, car Il est certes l’omniscient l’omnipotent.} [Sourate Fâtir, v. 44]
Le fait de nier l’impuissance à propos d’Allah, cela sous-entend la perfection de Sa science et de Son pouvoir.

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Dernière édition par Oum Mouqbil le Mar 17 Mai 2011 - 16:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 17:08

Règle n°4 : Les attributs d’Allah à caractère affirmé sont des attributs d’éloges et de perfection, plus ils sont nombreux et plus leurs significations sont variées et plus ils marquent la perfection de l’Etre décrit
 
 
C’est pour cela que les attributs à caractère affirmé qu’Allah a porté à notre connaissance sont bien plus nombreux que les attributs à caractère négatif. En effet, nous avons vu que lorsque Allah nie un attribut à son sujet c’est pour montrer la perfection de son contraire. Ils démontrent toujours la perfection d’Allah mais de façon indirecte. Alors que les attributs à caractère affirmé, eux, démontrent la perfection d’Allah directement. C’est la raison pour laquelle ces derniers sont bien plus nombreux dans le Coran.
 
De plus, on s’aperçoit combien Allah se décrit en utilisant les attributs à caractère affirmé, et ceci de manière détaillée. C’est-à-dire qu’Il, soubhanna wa ta’ala, va détailler Ses attributs directement, ou alors que ce soit de part ses Noms (car comme nous l’avons déjà vu de chaque nom on en déduit un attribut). Par contre, lorsqu’il s’agit des attributs à caractère négatif, l’information reste globale (contrairement aux attributs à caractère affirmé qui sont détaillés). Ils ne sont d’ailleurs mentionnés que dans des cas précis :
 
1 – Pour montrer la généralité de sa perfection,
 
comme c’est le cas dans les versets suivants :
{Il n’y a rien qui Lui ressemble.} [Sourate La Consultation, v.11]
{Personne ne peut Lui être égal.} [Sourate Al Ikhlass, v.4]
Ici on remarque bien que la négation est globale
 
 
Nous allons voir que les 2 cas qui suivent sont des exceptions car la négation est détaillée et concerne un point précis.
 
2 – C’est également pour nier les propos des calomniateurs à son sujet,
 
comme le verset suivant :
{Ils attribuèrent à Allah un enfant. Il ne convient pas à  l’Infini Miséricordieux de s’attribuer un enfant.} [Sourate Maryam, v.91-92]
 
 
3 – C’est pour écarter de sa perfection toute présomption d’imperfection relative à ce cas particulier,
 
comme il est question dans le verset suivant :
{Nous avons créé en six jours les cieux et la terre et ce qu’il y a entre les deux, sans être pris de fatigue.} [Sourate Qaf, v.38].
 
 
 
 
 
 
Règle n°5 : Les attributs à caractère affirmé se subdivisent en deux parties : Les attributs propres à l’être divin et les attributs propres aux actes divins
 
 
Pourquoi existe-t-il cette subdivision de ces attributs alors qu’il n’y en a pas d’origine dans les textes ? Ceci s’est fait par nécessité,  afin de démontrer la vérité, car on sait que les gens de l’innovation ont innové dans plusieurs domaines dont celui de la croyance, et plus précisément en ce qui concerne les attributs d’Allah.
 
 
1- Les attributs propres à l’être divin :
 
Ce sont les attributs dont Allah a toujours été qualifié et dont il sera toujours gratifié. Comme c’est le cas de la science, le pouvoir, l’ouïe, la vue, la puissance, la sagesse, l’élévation, la grandeur. Ces attributs se divisent également en 2 catégories, qui sont :
 
- Sifatou ma’nawiya : Ce sont des attributs que l’on peut déduire de part notre raisonnement, même si on n’en a pas été informé dans le Coran et la sounnah. Ce sont des attributs qui contiennent un sens.
 
Exemple : La sagesse, la science…
 
 
- Sifatou khabariya : Ce sont des attributs que l’on peut connaître uniquement par l’information.
 
Exemple : Le visage, les deux mains, les deux yeux.
On ne peut donc pas considérer que ces attributs ont un sens, sinon on va entrer dans l’interprétation. Comme l’ont fait les ‘Acha-ira en interprétant les deux mains en disant qu’il s’agit en réalité de la puissance d’Allah.
 
 
2- Les attributs propres aux actes divins :
 
Ce sont les attributs qui se rattachent à la volonté d’Allah. S’Il veut, Il le fait, s’Il ne le veut pas, Il ne le fait pas.
 
Exemple : L’élévation au-dessus du trône, la descente au ciel de ce bas monde.
 
Donc pour bien comprendre la différence entre les 2, on va prendre la science. Peut-on dire qu’Allah ‘azawajal a la science s’Il le veut ou s’Il ne le veut pas ? Non, c’est impossible, car Allah possède la science de façon continue. Par contre, de ce qui est de la descente au ciel de ce bas monde, peut-on dire qu’Allah ‘azawajal y descend continuellement ? Non plus, Il descend quand Il veut et quand Il ne le veut pas Il ne descend pas. Donc c’est bien un attribut propre à l’acte et non à l’entité d’Allah.
 
 
3- Les attributs qui entrent dans les 2 catégories à la fois :
 
Après avoir bien distingué les 2 catégories, on peut se demander comment un attribut peut entrer dans ces 2 catégories en même temps. Pour mettre en évidence ce point nous allons citer un exemple, qui est l’exemple le plus souvent rappelé par les gens de la sounnah et du consensus : La parole.
 
On va prendre cet exemple selon deux considérations :
 
- La première : cet attribut est bien un attribut propre à l’être divin, parce qu’Allah soubhanna wa ta’ala parle, Il a toujours été et sera toujours locuteur (celui qui parle). Là le mot « parole » est pris au sens global du terme.
 
- La deuxième : c’est également un attribut propre à l’acte, car la parole est liée à la volonté d’Allah. Il parle quand Il le veut, et comme Il le veut. Et là donc il s’agit de parole précise (et non globale). Et la preuve se trouve dans ce verset :
{Cependant, dans Son cas, lorsqu’Il veut quelque chose, c’est de lui dire soit, et elle est.} [Sourate Ya-Sin, v. 82]
On voit bien que la parole (le verbe dire) est venu après la volonté d’Allah ‘azawajal (le verbe vouloir).
 
 
La sagesse d’Allah :
 
Tout attribut lié à la volonté d’Allah soubhanna wa ta’ala suit Sa Sagesse (hikma). La sagesse peut nous être connue, mais il se peut que nous ne puissions la connaître, ou la comprendre.
Cependant, nous savons avec grande certitude que lorsque Allah soubhanna wa ta’ala a voulu quelque chose c’est uniquement par Sagesse. Et le cheykh cite ce verset :
{Vous ne pouvez vouloir sans qu’Allah le veuille. Allah est certes l’Omniscient, l’Infiniment sage (el Hakima).} [Sourate L’Homme, v.30]
On voit dans ce verset qu’Allah commence par mentionner Sa volonté avant de citer 2 de ses noms. Or le fait qu’Il cite comme nom « l’Infiniment Sage » à la fin du verset prouve que Sa volonté est en fonction de Sa sagesse, la sagesse étant l’attribut qui découle de ce nom. Mais également en fonction de Sa science (l’attribut du nom « l’Omniscient »
 
 
 
 
 
 
 

Règle n°6 : Dans l’affirmation des attributs, il faut renoncer à deux interdictions majeurs : l’anthropomorphisme et le comment de l’essence divine

 
 
1- L’anthropomorphisme : le fait de faire ressembler Allah à la créature ou la créature à Allah.
 
C’est de croire que l’attribut affirmé à Allah est comparable à celui des créatures. C’est une croyance qui est nulle, et que l’on va prouver par le Coran et la sounnah ainsi que par la raison :
 
 
Le coran et la sounnah :
 
Allah soubhanna wa ta’ala dit : {Il n’y a rien qui ressemble} [Sourate La Consultation, v. 11]
{Est-ce que celui qui crée est comme celui qui crée pas ? Allez-vous réfléchir ?} [Sourate An-Nahl, v.17]
{Lui connais-tu un pareil ?} [Sourate Maryam, v.65]
{Il n’y a personne qui lui soit égal.} [Sourate El Ikhlass, v.4]
 
 
La raison humaine :
 
La nullité de cette croyance peut être prouvée de différentes manières :
 
1- On sait nécessairement qu’il y a une différence au niveau de l’être entre le créateur et la créature. Donc par conséquent il y a forcement une différence entre eux aux niveaux de leurs attributs. Cette différence est déjà perceptible entre les créatures elles-mêmes. Par exemple la force d’un dromadaire est différente de la force d’un microbe. Donc si cette différence nous parait évidente entre les créatures, elle est de surcroît plus grande et plus importante entre le Créateur et la créature.
 
2- Comment peut-on comparer les attributs du Seigneur, qui est le créateur, et qui est parfait sous tous les aspects, avec ceux de la créature, qui est asservie et imparfaite, et qui a besoin de celui qui lui apporte la perfection ? Cette comparaison a pour effet de rendre le parfait (c-à-d Allah) imparfait. Donc c’est tout à fait impossible.
 
3- On s’aperçoit qu’il y a chez les créatures des choses qui sont similaires de part leur nom, mais qui sont totalement différentes dans leur réalité et leur essence. Par exemple l’homme a une main, et cette main n’est pas la même que celle de l’éléphant. Et en français on utilise le mot « pattes » pour l’éléphant alors qu’en arabe le terme « yadoun » est le même, que ce soit pour l’homme ou que ce soit pour l’éléphant. Bien que le nom employé soit le même pour ces deux créatures, il n’en reste pas moins que cet attribut est totalement différent au niveau de l’essence et de la description.
 
Ensuite le cheykh fait une différence entre deux termes souvent utilisés qui sont « at-tachîh » (ressemblance) et « at-tamthîl » (similitude).
« at-tachîh » : C’est le fait de donner une ressemblance entre 2 choses sous certains aspects, mais pas tous les aspects.
« at-tamthîl » : C’est le fait de faire ressembler 2 choses sous tous les aspects.
 
 
 
2- Le comment de l’essence divine (at-tayîf) : C’est le fait de donner une explication sur le comment des attributs
 
C’est de croire que l’essence des attributs d’Allah est comme-ci ou comme ça, sans les spécifier par quelque chose de similaire. Ceci est une croyance nulle prouvée pas le Coran et la sounnah, ainsi que par la raison :
 
 
Le coran :
 
Allah soubhanna wa ta’ala a dit : {Alors que même ne Le cerne pas de science (les gens)}
Donc si nous ne pouvons cerner Allah ‘azawajal de part notre science, alors comment pouvons-nous donner une explication au comment de Ses attributs.
{Ne suis pas ce dont tu n’as pas connaissance. Certes, l’ouïe, la vue, le cœur, il y a pour tout cela un responsable.} [Sourate Al Isra, v.36]
Nous n’avons aucune science du comment des attributs d’Allah, car jamais dans le Coran et la sounnah nous n’avons de texte qui vient mettre en évidence le comment des attributs. Donc si on essaie de donner une explication, automatiquement on va suivre ce dont on n’a aucune science comme il est dit dans le verset ci-dessus.
 
 
La raison :
 
On ne peut connaître le comment de l’attribut d’une chose seulement après avoir eu la connaissance de l’essence de la chose elle-même, ou de ce qui lui est similaire, ou encore à l’aide d’une information véridique. Or l’homme n’a aucune science concernant l’essence d’Allah, Allah est unique et il n’y a rien qui Lui ressemble, de même que nous n’avons aucune information sur l’essence d’Allah. Donc ces 3 solutions sont à rejeter concernant Allah.
Il convient donc, à ce moment là, de s’abstenir d’aborder l’essence comme dit l’Imam Mâlik lorsqu’il fut interrogé sur le comment de l’ « istiwa » (l’élévation d’Allah sur Son trône). Il répondit :
« L’élévation n’est pas ignorée, l’essence est inconcevable, la foi en cet attribut est obligatoire, et la question à son sujet est une innovation. »
 
Si le comment est inconcevable et si la religion révélée n’en fait pas mention, que les 2 sources rationnelles et religieuses l’excluent, il est alors obligatoire de s’en abstenir. Méfiance et prudence contre toute recherche ou toute tentative d’approche de l’essence divine, car en faisant cela, tu te mets sur un terrain dangereux dont tu ne pourras sortir.
 
 
 
 
Règle n°7 : Les attributs d’Allah l’exalté sont d’institution divine (tawqîfiya),  il n’y a pas de place pour la raison humaine
 
 
 
On ne peut affirmer d’attributs à Allah l’exalté qu’en référence à ce qui est affirmé par le Coran et la sounnah. L’Imam Ahmed (rahimahoullah) a dit : « On ne peut qualifier Allah qu’avec ce dont il s’est qualifié, ou ce dont le Messager l’a qualifié. On ne peut aller au-delà du Coran et de la sounnah. »
(cf règle n°5 dans le chapitre des Noms)
 
La connaissance des attributs se fait de 4 manières :
 
1- Par déclaration explicite de l’attribut :
Que cette déclaration soit dans le Coran ou dans la sounnah, comme la puissance, la force, le visage, …
 
2- Par l’implication de l’attribut déduit du nom :
En effet lorsqu’on a un Nom, il en découle automatiquement un attribut (cf règle n°3 dans le chapitre des Noms). C’est le cas du nom « Pardonneur » qui implique le pardon, « l’Entendant » qui implique l’ouïe, et ainsi de suite.
 
3- Par la déclaration d’un acte ou d’une description signifiant l’attribut :
Comme l’élévation au-dessus du trône, la descente au ciel de ce bas monde, l’arrivée du Seigneur le jour de la résurrection,…
Donc on prend de l’acte « s’élever », l’attribut de l’élévation pour Allah. Etc.
 
{L’Infini Miséricordieux s’est élevé au-dessus du trône.} [Sourate At-Taha, v.5]
{Ton Seigneur arrivera ainsi que les Anges, rang par rang.} [Sourat l’Aube, v.22]
 
Le Prophète (salallahou ‘alayhi wa salam) a dit : « Notre Seigneur descend au ciel de ce bas-monde. »
 
4- Par l’attestation du contraire d’un attribut nier :
En effet, comme nous l’avons dans la règle n°3 du chapitre des noms, le but dans la déclaration des attributs à caractère négatif, est d’en affirmer son contraire. Comme par exemple dans ce verset : {Ton Seigneur n’est injuste envers personne.} [Sourate La Caverne, v. 49] Le fait de nier l’injustice à propos d’Allah, cela sous-entend la perfection de Sa justice.
 
 
 
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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 17:10

Chapitre 3 : Règles dans l’argumentation (concernant les preuves) des noms et attributs divins





Les 4 règles qui vont suivre vont nous permettre dans un premier temps de revoir ce que nous avons déjà étudié, mais aussi de le comprendre, et dans un deuxième temps de pouvoir argumenter de manière claire et avec méthode ce que l’on a étudié à travers ces règles. Et en particulier lorsqu’on va réfuter ce qu’ont avancé les gens de l’innovation.


Règle n°1 : Les arguments avec lesquels sont attestés les noms et attributs d’Allah sont, le livre d’Allah et la sounnah de son Messager.


Les noms et les attributs d’Allah ne sont attestés que par le Coran et la sounnah, et dans aucune autre source.

Nous allons donc différencier 3 cas :


1- Concernant ce qui a été attesté :

- nous ne pouvons le prouver que par le Coran et la sounnah
- nous avons l’obligation d’attester ce qui est attesté à Allah (comme noms et attributs)


2- Concernant ce qui a été nié :

- nous pouvons le prouver que par le Coran et la sounnah
- nous avons l’obligation de renier ce qui est renié à Allah
- attester le contraire de cette négation


3- Concernant les termes qui ne figurent pas dans les 2 sources :

- il est obligatoire de ne pas en parler
- on ne peut ni l’attester, ni le nier du fait que cela n’y figure pas
- concernant la signification du sens de ce terme il y a 2 possibilités :
1- Si on veut signifier un sens qui est une vérité qui convient à Allah, cela est accepté.
2- Mais si on veut signifier un sens qui ne convient pas à Allah, il est obligatoire de le rejeter.

Exemple concernant ce qui n’a été ni affirmé, ni nié :
Il y a l’exemple de « al jiha », la direction. Ce mot n’est pas rapporté ni dans le Coran ni dans la Sounnah. Mais ce qui est attesté dans les 2 sources, est qu’Allah est au ciel. Ceci nous dispense d’utiliser le terme de la direction pour Allah.
Donc, comme nous n’utilisons pas ce terme, on va rechercher ce qui est voulu par l’utilisation de celui-ci (c-à-d le sens).
Par « al jiha » on peut comprendre 3 sens concernant Allah l’exalté :
1- l’orientation vers le bas : ce sens est nul pour Allah, parce que cela nie l’élévation d’Allah le Très haut, qui est attesté par le Coran, la sounnah, la raison, la prédisposition naturelle, et le consensus.
2- l’orientation vers le haut, mais au-dessus d’Allah (qui embrasse Allah) : ce sens est également faux, car Allah est si grand qu’aucune chose parmi ses créatures ne peut le contenir.
3- l’orientation vers le haut, mais sans dépasser Allah ‘azawajal (qui ne peut embrasser Allah) : ce sens est vrai, car effectivement Allah est très haut au-dessus de sa création.

Concernant ce qui n’a été ni affirmé, ni nié, il y a donc des sens qui sont acceptables et des sens qui ne le sont pas.


La preuve concernant cette règle provient du Coran et de la sounnah, ainsi que de la raison.

- Le Coran :

{Ceci est un livre. Nous l’avons fait descendre en tant que bénédiction. Suivez-le et craignez, certainement il vous sera fait miséricorde.} [Sourate les bestiaux, v.155]
{Croyez en Allah et Son Messager, le Prophète illettré qui croit en Allah et en Sa parole. Suivez-le, certainement vous serez guidés.} [Sourate Ala’raf, v. 158]
{Ce que le Messager vous apporte, prenez-le et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en.} [Sourate Le Rassemblement, v.7]
{Celui qui obéit au Messager a obéit à Allah, Mais celui qui se détourne, nous ne t’avons pas envoyé à eux comme protecteur.} [Sourate An-Nissa, v.80]
Et [Sourate An-Nissa, v.59], [Sourate el Ma-idah, v.49]

Et il y a beaucoup d’autres versets qui prouvent l’obligation de croire à ce qui est rapporté dans le Coran et la Sounnah.
Dans tous les textes obligeant à croire en ce qui est apporté dans le Coran, il y a également l’obligation de croire en ce qui a été rapporté dans la sounnah. Et c’est ce qui est signifié par l’obligation de suivre le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam.
Allah soubhanna wa ta’ala a dit : {Nous avons fait descendre sur toi le livre afin d’expliciter toute chose.} [Sourate An-Nahl, v. 89]
Il est connu qu’un grand nombre de points de la religion, que ce soit des informations ou des pratiques religieuses, ont été expliqués par la sounnah, comme précisé dans ce verset. L’explication par la sounnah fait partie de l’explicitation du Coran.


- La raison humaine :

De part notre raisonnement, nous ne savons ce qui est obligatoire dans le droit d’Allah ‘azawajal, de même que ce qui est interdit ou permis, ce sont des choses qui font partie de la science de l’Invisible. Par conséquent on ne peut y avoir accès que par le Coran ou la Sounnah.







Règle n°2 : Ce qui est obligatoire pour les textes du Coran et de la sounnah, c’est de les aborder selon le sens apparent, sans falsification, notamment lorsqu’il s’agit des textes sur les attributs auxquels il n’y a pas de place pour la raison


Les preuves, à ce sujet, sont le Coran, la sounnah et la raison.

Le Coran :

{L’esprit fidèle est descendu avec lui, sur ton cœur, afin que tu sois parmi les avertisseurs en une langue arabe explicite} [Sourate les Poètes, v. 193-195]
{Certes, nous l’avons fait descendre en un Coran arabe, afin que vous raisonniez.} [Sourate Youssouf, v. 2]
{Certes, nous en avons fait un Coran arabe, certainement réfléchirez-vous.} [Sourate L’Ornement, v. 3]
Il est dit dans un des versets « une langue arabe explicite ». Donc si cette langue arabe est plus que claire, alors il nous est obligatoire de comprendre les textes du Coran suivant ce qu’implique cette langue. Et on ne peut altérer ni falsifier les termes employés dans le Coran puisqu’ils sont clairs, il n’y a pas d’ambiguïté.
Ceci est donc une preuve de l’obligation de comprendre le Coran selon ce que le sens apparent implique d’après la langue arabe, sauf si un argument religieux nous permet de comprendre un texte comme il se doit (c-à-d qu’il est mis en évidence par un autre texte du coran ou de la sounnah).

Allah a blâmé les juifs pour leur altération des textes et Il a montré, qu’avec leur falsification, ils sont les plus éloignés de la foi. Allah a dit :
{Eh bien, espérez-vous (musulmans) que des pareils gens vous partageront la foi ? Alors qu’un groupe d’entre eux, après avoir entendu et compris la parole d’Allah, la falsifièrent sciemment.} [Sourate Al Baqara, v. 75]
{De ceux qui se sont judaïsés, il y a ceux qui falsifièrent le discours et disent nous avons entendu et nous avons désobéi.} [Sourate An-Nissa, v. 46]
Donc ceux, parmi les gens de l’innovation, qui ont falsifié ou altéré, se sont rapprochés par cet acte des juifs cités dans ces versets.


La raison humaine :

Celui qui a parlé ici c’est Allah, donc Il sait mieux que quiconque ce qu’Il a voulu de part les textes du Coran. De plus Il, soubhanna wa ta’ala, nous a parlé avec une langue arabe qui est claire, alors on doit obligatoirement l’accepter selon son sens apparent. Car si on ne faisait pas cela, si tout le monde l’acceptait selon son propre raisonnement, les gens se diviseraient étant donné que chaque personne a une pensée différente d’une autre.





Règle n°3 : Les sens apparents des textes des attributs nous sont connus d’une certaine manière et nous sont inconnus d’une autre manière


Lorsqu’il s’agit du sens, les attributs sont connus et lorsqu’il s’agit du comment, ils sont inconnus. Cela est prouvé par le Coran et la Sounnah, de même que par la raison.

Concernant la connaissance du sens :

Le Coran :

{Ceci est un livre, nous l’avons fait descendre à toi comme une bénédiction, afin qu’ils méditent sur ses versets et que les gens doués d’intelligence se rappellent.} [Sourate Sad, v. 29]
{Nous avons fait un Coran en arabe, certainement vous raisonnerez.} [Sourate L’Ornement, v. 3]
{Nous avons fait descendre sur toi, le rappel, afin que tu montres clairement aux gens ce qui a été descendu à eux, certainement ils réfléchiront.} [Sourate An-Nahl, v. 44]
Dans ces versets nous voyons de façon claire et nette qu’Allah ‘azawajal nous appelle à méditer sur les versets du Coran. Le fait de réfléchir ou de méditer n’est possible que pour ce qu'on est capable de comprendre. Donc cela signifie que les versets doivent être clairs pour qu’ensuite l’homme puisse réfléchir.
De plus Allah a dit {Nous avons fait un Coran en arabe, certainement vous raisonnerez.} Cela prouve que son sens est connu, sinon il n’y aurait pas de différence entre le fait qu’il soit en langue arabe ou d’autres langues.
Et également, dans le dernier des versets qu’a cité le Cheykh on voit que l’éclaircissement du Coran que le Prophète (salallahou ‘alayhi wa salam) a donné aux gens, comprend aussi bien la mise en évidence de ses termes, mais aussi de son sens.


La raison humaine :

Il est strictement impossible qu’Allah ‘azawajal fasse descendre un livre, ou que Son Envoyé prononce des paroles, sachant que leur but est d’apporter une guidance pour les créatures, et que dans ceux-ci on trouve une signification inconnue.
{C’est un livre dont les versets sont parfaits en style et en sens, émanant d’un Sage très bien informé.} [Sourate Houd, v.1]


Concernant l’ignorance du comment :

Les preuves concernant le fait que le comment des attributs nous est inconnu se trouvent dans la 6ème règle sur les attributs.


La nullité de la croyance de la secte « Moufawwida » (avec un dad) :

Le mot « Moufawwida » vient du terme « At-tafwid », qui signifie « s’en remettre à un autre que soit ». C'est-à-dire que la personne va faire les causes pour obtenir ce qu’elle souhaite. Puis, une fois qu’elle a fait ce qui est en son pouvoir, elle s’en remet pleinement à Allah ‘azawajal.
Concernant le madhhab (école juridique) des moufawwida, ils ont voulu faire croire que le mazhab des salafs était que tous les textes concernant les attributs d’Allah ‘azawajal étaient inconnus et que l’on devait remettre leur sens à Allah. Or, toutes les paroles qui nous ont été transmises des Salafs relatent bien que les Salafs attestent les sens des termes.
Donc on s’en remet à Allah uniquement pour ce qui est du comment et non concernant le sens.

Cheykh al Islam Ibn Taymaiyya a dit dans son livre connu sous le titre « Al ’aql wa an-naql » (le rationnel et la tradition) : « Quant au fait de ne pas chercher les sens des textes, d’après ce qui est porté à notre connaissance, c’est qu’Allah nous a ordonné de méditer sur le Coran et nous a enjoint de le raisonner et de le comprendre. Alors comment peut-il être permis que l’on veuille nous empêcher de le comprendre, de le connaître et de le raisonner ? » […] « A ce moment-là (d’après ces gens), ce avec quoi Allah s’est décrit dans le Coran ou une grande partie de ce avec quoi Allah s’est décrit, les prophètes n’en connaîtraient pas la signification. Bien plus, ils prononceraient un discours dont ils ne raisonnent pas la signification. »
Ibn Taymiyya ajoute : « Il est connu que ceci est un coup porté contre le Coran et les prophètes, du fait qu’Allah a fait descendre le Coran et a informé qu’il en a fait une direction et un éclaircissement pour les gens ; Il a ordonné au Messager de transmettre le message très clair, et qu’il expose clairement aux gens ce qui a été descendu sur eux ; Allah a ordonné de méditer et de raisonner le Coran et ce qui est le plus noble dans ce message ce que le Seigneur nous a appris sur ses attributs… [Les innovateurs disent :] « Personne n’en connaît le sens et ne peut être raisonné ni médité et le Messager salallahou ‘alayhi wa salam n’a pas montré aux gens ce qui a été descendu sur eux ; il n’a pas non plus, transmis le message clair. A partir de là, chaque athée et chaque innovateur dira : La vérité sur un sujet n’est autre que ce que j’ai appris avec mon opinion et ma raison, et il n’y a rien dans les textes qui contredise cela, parce que ces textes sont ambigus et obscurs, et personne ne connaît leurs significations. Ce dont personne ne connaît le sens, il n’est pas permis de s’en servir comme arguments. » Et ils disent : « La guidée et l’éclaircissement se trouvent dans notre voie, non pas dans la voie des prophètes, car nous, nous savons ce que nous disons et ce que nous éclaircissons avec des arguments rationnels ; tandis que les prophètes ne savent pas ce qu’ils disent, surtout quand il s’agit d’éclaircir leurs propos. » Il s’avère clairement que les paroles de ces innovateurs, les partisans du Tafwîd, ceux qui prétendent suivre fidèlement la sounnah et les pieux prédécesseurs, sont les pires des paroles des gens de l’innovation et de l’athéisme. »

Cheykh al ‘Outhaymin poursuit en disant que la parole du Cheykh Al Islam est juste, qu’il possède une opinion droite, et qu’il n’y a rien à y ajouter.

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Dernière édition par Oum Mouqbil le Dim 5 Juin 2011 - 23:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 17:15


Règle n°4 : Le coté apparent des textes, ce sont les significations qui viennent immédiatement à l’esprit et il diffère selon le contexte et selon ce à quoi on annexe le discours


Selon le contexte, une parole peut avoir une signification différente. Donc un terme a une signification lorsqu’il se trouve dans un contexte, et il va avoir une signification différente lorsqu’il va se trouver dans un autre contexte. De même, la construction (grammaticale) d’une phrase produit une signification d’un côté et une autre signification d’un autre côté.


Like a Star @ heaven Exemple pris dans les textes : Le mot « alqarya », que l’on peut traduire de façon générale par village. Mais par ce terme on peut vouloir dire « le peuple », sous entendu le peuple de ce village. Et parfois on peut vouloir dire « les habitations du peuple ».

- Pour la 1ère signification = le peuple :
{Il n’y a point de cité (injuste) que Nous ne fassions périr avant le jour de la résurrection ou que Nous ne punissions d’un dur châtiment.} [Sourate Al Isra, v. 58]
Ici dans ce verset, ce qui est énoncé c’est qu’Allah punit. Or est-ce qu’Il punit un village en lui-même ? Non il s’agit bien de ses habitants, donc le peuple, dont il est question.

- Pour la 2ème signification = les habitations :
{Nous détruirons les habitations de ce peuple} [Sourate Al ‘ankabout, v. 31]


Like a Star @ heaven Exemple concernant les noms et attributs d’Allah :
On dit : « J’ai fabriqué cela de ma main. », la main ne peut être comme la main dans la parole du Très-Haut : {Pour ce que J’ai créé de Mes mains} [Sourate Sad, v. 75]
Dans le premier contexte il s’agit d’un être humain, alors que dans le verset coranique, le contexte est différent puisqu’il s’agit d’Allah soubhanna wa Ta’ala, et donc la main d’Allah. Or, celui qui a une prédisposition naturelle saine, et qui a une raison saine, ne peut croire que la main du créateur est semblable à la main de la créature et vice-versa.


Like a Star @ heaven Exemple concernant la disposition des mots :
On dit :
« Il n’y a vers toi que Zayd. » (mâ ‘indaka illa zayd (qu’on traduirait dans le sens par : « Il n’y a que Zayd chez toi » donc il y a personne d’autre))
Et « Il n’y a de Zayd que vers toi. » (wa mâ zayd illa ‘indaka (qu’on traduirait dans le sens par : « Zayd est uniquement chez toi » mais il peut y avoir d’autres personnes)).
La 2ème phrase produit un sens complètement différent de la première alors que les mêmes mots sont utilisés. Cependant, l’agencement des mots diffère et le sens change.





Concernant cette règle, les gens se sont divisés en 3 groupes :

Le premier groupe :

C’est le groupe qui se trouve sur la vérité. Ce sont ceux qui ont compris les textes suivants leur apparence et ont laissé la signification telle quelle. Ces gens sont les prédécesseurs (salafs), ceux qui se sont rassemblés sur la voie sur laquelle se tenaient le Prophète, salallahou ‘alayhi wa salam, ses compagnons et ceux dont le nom de « Ahl as-sounna wal jama’a » convient. Tel que l’a rapporté Ibn ‘Abd al-Barr, les ahl as-sunna s’accordent sur :
- reconnaître les attributs figurant tous dans le Coran et la sounnah
- avoir la foi en ces attributs
- le fait de les rapporter avec le sens réel et non avec le sens métaphorique
- ne pas chercher à connaître le comment de ces attributs divins
- ne définir aucun attribut en particulier.

Ceci est la voie juste et sage et cela pour 2 raisons :

1ère raison : Cette voie est l’application totale, complète et parfaite de ce que nous ont indiqué le Coran et la sounnah comme obligation de prendre ce qui y figure parmi les noms et attributs d’Allah.

2ème raison : Il n’y a que 2 alternatives, soit la vérité est dans ce qui a été dit par les Salafs, soit dans ce qui a été dit par d’autres qu’eux. La 2ème réponse est nulle parce que cela supposerait que les prédécesseurs, parmi les compagnons et leurs successeurs dans l’excellence, ont parlé avec le faux de manière explicite. Et s’ils avaient parlé avec le faux, cela voudrait dire qu'ils ont été ignorants de la vérité ou bien qu’ils savaient la vérité mais qu’ils l’ont cachée. Et il est évident que tout cela est faux, et il est par conséquent clair que la vérité se trouve dans la parole des salafs.



Le deuxième groupe :

Ce sont ceux qui ont pris et assimilé les textes dans leur apparence (donc qui n’ont pas altéré le texte) mais qui ont compris de ces textes quelque chose qui est faux et qui ne convient pas à Allah soubhanna wa ta’ala. Ce sont les anthropomorphistes. A titre d’exemple, en ce qui concerne la main d’Allah, ils ont pris le terme au sens apparent mais ils l’ont comparé à la main de l’homme.

Leur mazhab est faux et illicite pour plusieurs raisons :

1ère raison : Il s’agit d’une transgression des textes et donc une annulation de leur véritable sens. Car comment se pourrait-il que le sens qu’ils donnent soit ce qui est voulu alors qu’Allah soubhanna wa ta’ala a dit : {Il n’y a rien qui Lui ressemble.} [Sourate la Consultation, v.11]

2ème raison : La raison humaine prouve de façon claire qu’il y a bien une différence entre le Créateur et la créature, que ce soit dans son être (entité) ou dans ses attributs. (cf règle 6, chapitre 2)

3ème raison : Leur compréhension des termes est complètement opposée à la compréhension des salafs. Leur compréhension est donc nulle.


Et si un anthropomorphiste veut argumenter :

En disant : « Moi, je ne conçois la descente d’Allah (au ciel de ce bas monde) et Sa main qu'en l’assimilant à la créature. Car en effet Allah, soubhanna wa ta’ala, s’est adressé à nous avec ce que nous connaissons et sur quoi nous pouvons raisonner. » La réponse à cela se fait de 3 façons :

Premièrement : Celui qui nous a parlé n’est autre que celui qui a dit de lui-même : {Il n’y a rien qui Lui ressemble.} [Sourate la Consultation, v.11] et aussi : {N’attribuez pas de semblables à Allah, car Allah sait, alors que vous ne savez pas.} [Sourate An-Nahl, v. 74] et également : {Ne donnez pas à Allah des égaux, alors que vous savez.} [Sourate Al BAqara, v.22]
Donc les textes sont plus que clairs, il n’y a absolument aucune contradiction entre eux, car la parole d’Allah est entière vérité.

Deuxièmement : On lui répond : « si tu sais qu’Allah ‘azawajal a une entité, une essence, et que cette essence ne ressemble aucunement aux créatures, alors il en est de même pour les attributs. »

Troisièmement : On sait que chez les créatures, il peut y avoir des attributs qui s’accordent au niveau du nom, alors qu’ils diffèrent sur le comment. Et a plus forte raison entre le Créateur et la créature. (cf règle 6, chapitre 2)




Le troisième groupe :

Ce sont ceux qui ont donné aux textes concernant les noms et attributs d’Allah une signification fausse, qui ne convient pas à Allah. De ce qu’ils ont compris, de ce qui apparaît directement des textes, c’est l’anthropomorphisme. Et, à cause de cela, ils ont nié ce qui est la vraie signification qui, elle, convient à Allah. Ce sont ceux qui ont renié les attributs d’Allah. Ils ont détourné les textes de leur sens apparent vers des sens désignés avec leurs raisons. Ils appellent cela de l’interprétation, alors qu’en réalité, c’est une altération.

Exemple : En lisant ces versets qui attestent qu’Allah ‘azawajal a des mains, ils vont comprendre automatiquement que la main d’Allah c’est comme la main des créatures. Donc, pour ne pas tomber dans l’anthropomorphisme, ils vont renier ces textes de plusieurs façons : en interprétant, en reniant totalement. (donc toutes ces façons de renier les noms et/ou attributs d’Allah vont donner autant de sectes différentes s’étant égarées)


Leur mazhab est faux et illicite pour plusieurs raisons :

1ère raison :

C’est un acte de transgression vis-à-vis des textes, en les interprétant par un sens qui est faux, qui ne convient pas à Allah.


2ème raison :

Ils ont interprété la parole d’Allah ‘azawajal et celle de son Prophète salallahou ‘alayhi wa salam en la faisant dévier de ce qu’elles indiquent en apparence. Alors qu’Allah s’est adressé aux gens de manière claire, dans une langue arabe claire, afin qu’ils puissent raisonner et comprendre le sens de ces paroles (celle d’Allah et de Son prophète). Il nous est donc obligatoire de comprendre leurs paroles suivant ce qu’elles indiquent en apparence.


3ème raison :

Le détournement de la parole d’Allah et de Son Messager du sens apparent vers un sens qui le contredit, c’est un discours sur Allah sans connaissance. Cela est interdit d’après Sa parole, soubhanna wa ta’ala : {Dis encore : «Mon Seigneur a interdit seulement les turpitudes apparentes ou secrètes. De même que le péché, l’agression sans droit, l’association à Allah, ce dont Il n’a fait descendre aucune preuve et de dire d’Allah ce que vous ne savez pas.»} [Sourate Al A’raf, v. 33]
En effet, ceux qui renient des attributs d’Allah, on va leur demander des preuves de ce qu’ils renient. De même, lorsqu’ils donnent une autre signification que le sens réel, on va leur demander des preuves de ce qu’ils attestent. Et bien sûr ils ne pourront en donner, donc automatiquement on dira qu’ils ont parlé sur Allah sans science.


4ème raison :

Le détournement des textes des attributs de leur sens apparent est contraire à la position du Prophète salallahou ‘alayhi wa salam, de ses compagnons, des prédécesseurs et des imams de la communauté. En effet le Prophète nous a indiqué beaucoup des attributs d’Allah, sans jamais nous indiquer que tel ou tel attribut voulait dire telle ou telle chose.


5ème raison :

Allah et son Prophète sont les plus savants concernant les noms et attributs d’Allah. Et on pourrait le mettre en évidence dans un discours argumenté comme tel :
Que l’on dise au partisan du dépouillement : Connais-tu Allah mieux qu’Il ne se connaît Lui-même ? Il répondra certainement : Non ! Puis on lui dit : Est-ce que ce dont Allah a dit de lui-même est digne de foi et véridique ? Il répondra : oui. Puis : Connais-tu un discours plus éloquent et plus clair que le discours d’Allah ? Il répondra : Non. Puis : Crois-tu qu’Allah a voulu cacher, dans ces textes, la vérité aux êtres, afin qu’ils la déduisent avec leurs seules raisons ? Il dira : Non !
En posant ces questions, cela doit amener les partisans du dépouillement à revenir aux textes dans leur sens apparent.


6ème raison :

La croyance de ces gens-là va impliquer plusieurs choses qui sont complètement fausses, et que nous allons voir afin de prouver leur nullité. Parmi ces choses impliquées, il y a :

1- Le fait qu’accepter les textes concernant les attributs d’Allah ‘azawajal tels qu’ils sont descendus en apparence, implique automatiquement l’anthropomorphisme ou que du moins cela porte à confusion.

Pour prouver que ceci est faux, le cheykh nous cite une parole d’un grand cheykh :
Ibn Himâd al Khuzâ’i, l’un des cheykh d’Al Boukhari (rahimahoullah) a dit : « Celui qui compare Allah avec ses créatures, est tombé dans la mécréance. Celui qui nie la description qu’Allah fait de Lui-même, a commis une hérésie. La description qu’Allah s’est fait de lui-même ou que son Messager a fait de Lui, n’est pas de la comparaison (entre Allah et ses créatures). »


2- Le fait qu’Allah soubhanna wa ta’ala, dans son Livre, ne montre pas aux créatures ce qu’il faut qu’elles croient dans les noms et attributs, bien que ce Livre soit un exposé clair des choses, une direction pour les gens, une lumière et ce qui sépare entre le vrai et le faux. Et malgré toutes ces caractéristiques de la parole d’Allah, la compréhension des attributs serait à la charge de leur propre raison.

Il est évident que cette implication de leur croyance est fausse.


3- Le fait que le Prophète (salallahou ‘alayhi wa salam) et ses successeurs bien guidés étaient limités dans la connaissance de ce qui convient ou non à Allah comme attribut, puisqu’il ne nous est venu aucune parole, aucun mot, qui atteste de ce que eux ont attesté dans leur croyance.

Cela implique que le Prophète et ses successeurs étaient soit incompétents, soit qu’ils ont fait preuve de manquement. Et il est évident que ces 2 cas sont impossibles et nuls.


4- Le fait qu’on ne revient pas à la parole d’Allah soubhanna wa ta’ala, ni à celle du Prophète salallahou ‘alayhi wa salam puisqu’ils ont renié ce qui est en fait la vérité. On doit donc revenir à leur propre raison. Or les raisons sont différentes d’une personne à une autre, et chacun va interpréter à sa manière.

Cela implique donc qu’ils vont démentir tout ce qui est en désaccord avec leurs raisons quand cela est possible, mais quand ce n’est pas possible, comme le fait de démentir le Coran, alors ils vont l’altérer (ce qu’ils appellent eux interprétation)


5- Le fait que cela sous-entende la négation de ce qu’Allah soubhanna wa ta’ala et son Messager salallahou ‘alayhi wa salam ont affirmé. Certains disent concernant la parole du Très-Haut : {Ton Seigneur est venu.} [Sourate l’Aube, v.22] Il n’est pas venu. Car pour eux il s’agit d’une métaphore.

Il est évident que la négation de ce que Allah et son Messager ont affirmé est la plus grande des nullités.





Les différentes sectes qui se sont égarées au sujet des noms et attributs (dans le 3ème groupe) :

Parmi les partisans du dépouillement des mots de leurs sens, il y a ceux qui :
- ont renié l’ensemble des attributs : ce sont les Mou’tazila
- ont renié l’ensemble des attributs et même des noms : ce sont les Jahmiya
- ont renié une partie des attributs et attesté une autre partie : comme par exemple les Ach’a-ira, et les Matouridiya.



Concernant El Ach’a-ira :

Ils ont attesté ou nié des attributs seulement en prenant pour preuve le fait que leur propre raison pouvait l’accepter ou non.

Exemple :
Ils ont attesté l’attribut de la volonté et ont renié l’attribut de la miséricorde.
Ils ont attesté l’attribut de la volonté du fait que les textes et la raison le prouvent. Pour ce qui est des textes Allah dit :
{Et Allah fait ce qu’Il veut.} [Sourate Al Baqara, v. 253]
Et pour ce qui est de la raison, il y a le fait que la diversité des créatures montre que certaines ont telle particularité et d’autres ont telle autre particularité. Allah a voulu que certaines créatures aient une description qui est différente pour d’autres.

Par contre ils ont renié la miséricorde, car, pour eux, cela suppose la douceur de celui qui est miséricordieux et une bienveillance de sa part pour celui à qui il est fait miséricorde. Cela est impossible lorsqu’il s’agit d’Allah le Très-Haut. Ils ont donc interprété les preuves du Coran qui attestent de la miséricorde, par l’acte ou la volonté de l’acte. Ils ont expliqué « Ar-Rahîm » (le Miséricordieux) en disant que c’est celui qui accorde les bienfaits ou celui qui veut accorder les bienfaits.

Concernant leur reniement de la miséricorde :
Nous leur disons : La miséricorde est attestée à Allah soubhanna wa ta’ala par les preuves textuelles, qui sont bien plus nombreuses et variées que les preuves de la volonté d’Allah ta’ala. Celles-ci sont mentionnées avec :
- le nom : {L’Infini miséricordieux, Le Très miséricordieux} [Sourate Al Fatiha, v. 2]
- l’attribut : {Ton Seigneur, le Tout Pardonnant, qui possède la miséricorde.} [Sourate La Caverne, v. 58]
- l’acte : {Il fait miséricorde à qui Il veut.} [Sourate Al ‘Ankabout, v. 21]
De même il est possible que la miséricorde soit attestée par la raison. Les bienfaits que reçoivent les serviteurs, ou également les épreuves qui leur sont éloignées, sont des preuves de l’attestation de la miséricorde d’Allah, soubhanna wa ta’ala.

Concernant leur attestation de la volonté :
Pour ce qui est de leur négation de la miséricorde avec pour argument le fait qu’elle implique la douceur et la bienveillance, alors on aurait pu dire la même chose en ce qui concerne la volonté. Car la volonté, c'est un penchant vers ce qu'on désire; et cela concerne celui qui veut ou qui souhaite. Or ce qu’il désire, cela correspond, soit à ce qui va lui être utile, soit à repousser ce qui va lui être nuisible. Et cela implique le besoin, ce qui est impossible dans le droit d’Allah ‘azawajal.
Donc à partir de là, on se rend bien compte que la volonté, elle est propre à Allah soubhanna wa ta’ala. De même que la miséricorde, celle-ci est propre à Allah. Ce qui comporte l’imperfection, c’est la volonté de la créature. Comme la miséricorde de la créature implique l’imperfection. (Et pas celle d’Allah)

Avec toutes ces preuves on voit que le minhaj de ces sectes est nul.



Ensuite le Cheykh évoque le fait que la secte al Ach’a-ira serait la seule a avoir réellement réfuté les ambiguïtés des Mou’tazila et des Jahmiya.

Mais ceci est faux, car ceux qui ont réellement réfuté ces sectes sont les gens de la sounnah. Le cheykh va nous le démontrer de 2 manières :

1- La voie des Ach’a-ira est une voie innovée qui n’a pas été connue du temps du Prophète salallahou ‘alayhi wa salam, ni des prédécesseurs et des Imams de la communauté.
Donc une innovation ne peut être repoussée par une autre innovation, mais elle est repoussée par une sounnah.


2- Les Mou’tazila et les Jahmiya pourraient se servir des arguments pour prouver ce qu’ils ont renié contre les Ach’a-ira, en disant : Vous (les Ach’a-ira) vous permettez de nier des attributs avec comme argument votre raison, et vous avez interprété la preuve. Alors pourquoi est-ce que vous nous interdisez de nier ce que nous avons nié avec notre raison ? Nous avons nos raisons (façons de penser) et vous les votres. Vous n’avez pas d’argument concernant la négation si ce n’est suivre les passions.
On voit donc bien qu’il n’y a aucun moyen de repousser cela excepté le fait de revenir à la voie des salafs, qui attestent à Allah les noms et les attributs qu’Il a attestés pour Lui-même dans le Coran et la sounnah.




Remarque :

Nous avons vu précédemment que toute personne qui a renié les attributs d’Allah est en réalité un anthropomorphiste. Et tout anthropomorphiste est tombé dans le reniement des attributs.

Toute personne qui a renié les attributs d’Allah est en réalité un anthropomorphiste. Pourquoi ?
Parce que celui qui a renié les attributs, dans un premier temps il est tombé dans l’anthropomorphisme (en pensant que c’est ce qui est voulu par le sens apparent des textes). Donc pour éliminer l’anthropomorphisme il a renié les attributs. Or le reniement n’est autre que la comparaison avec l’imperfection des créatures (ex : le fait de ne pas voir, de ne pas entendre etc.).

Et tout anthropomorphiste est tombé dans le reniement des attributs. Pourquoi ? Il y a 3 aspects :
1- Il a renié le texte même où Allah ‘azawajal a attribué son attribut, car il renié le sens apparent du texte.
2- Il a renié tout texte qui prouve qu’Allah ne ressemble pas à ses créatures.
3- Il a renié le droit d’Allah ‘azawajal, qui est la perfection, du fait qu’il L’a comparé à la créature imparfaite.


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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 17:18

Chapitre 4 : Réfutation des ambiguïtés émises par les innovateurs prétextant que les gens de la sunna ont transformé le sens apparent des textes relatifs aux noms et aux attributs d'Allah




Ce chapitre a pour but de réfuter et mettre en évidence les ambiguïtés avec lesquelles sont venues les gens de l’innovation. Comme ces gens ont pour habitude de prendre des exemples bien précis (en ce qui concerne les noms et attributs divins) pour détourner les gens de la bonne croyance, le cheykh va ici reprendre plus d’une vingtaine de leurs exemples pour ainsi les réfuter. Pour cela, il va utiliser une méthode qui consiste, dans un premier temps, à réfuter de façon générale, et ceci est valable sur tous les textes, puis, dans un deuxième temps, à réfuter les ambiguïtés (réfutation plus détaillée), exemple par exemple.

Concernant le terme « interprétation » (at-ta°wil)
Cheykh précise que lorsque l’on parle des gens de « l’interprétation », le terme employé n’est pas le bon. En réalité il faudrait dire les gens de « l’altération » (at-tahrif). En effet, car lorsqu’on parle « d’interprétation » (at-ta°wil) il s’agit tout simplement d’explication (tafsir) du Coran. Ce terme est bien utilisé, mais à bon escient, par les gens de la sounnah et il veut dire : on interprète et on explique (le verset). Ainsi lorsqu’on parle des gens de l’innovation, le mieux est d’utiliser le terme « altération » (at-tahrif).




Réfutation générale :

Premièrement :

Jamais nous n’accepterons de dire que l’explication qu’ont donné les salafs, concernant les textes des noms et attributs de façon générale, est déviée du sens apparent.
Et nous avons vu dans les règles précédentes, qu’un terme pouvait avoir tantôt une signification, et tantôt une autre signification suivant le contexte de la phrase, la position des mots … Mais ce n’est pas une déviation du sens apparent, c’est bel et bien son sens. Il ne s’agit pas d’interprétation (ta°wil).
Le sens apparent du texte c’est ce qui nous vient directement à l’esprit. Et bien entendu, ce sens va être différent selon le contexte où il est placé, selon ce qu’on va lui annexer comme autre texte ou parole. Or les textes religieux ont été exposés en langue arabe et par conséquent ils sont fondés en fonction des règles de la langue arabe.


Deuxièmement :

Si on dit que les salafs ont donné une explication sur les textes des noms et attributs qui a eu pour conséquence de faire dévier le sens de ce qu’ils indiquent en apparence, c’est que forcement ils ont une preuve de cela. Cette preuve peut se trouver dans le Coran ou la sounnah, dans le texte même, ou dans un autre texte : c’est-à-dire l’explication de texte par un autre texte, ou l’explication de texte par le même texte.
Lorsqu’on parle de ta°wil (interprétation) dans le sens tafsir (explication du coran), c’est le cas des salafs. Car eux, lorsqu’ils donnent une explication, c’est selon les preuves. Mais, ce qui est rejeté chez Ahl as-sounna wal jama’a, c’est de donner des interprétations, qui sont en réalité des altérations des textes, par leur raison.






Réfutation des ambiguïtés en détail :

L’imam Abou Hamid Al Ghazali a dit que l’Imam Ahmed n’est pas tombé dans l’interprétation sauf dans 3 choses (ces choses sont en fait 3 hadith que nous allons voir ensuite).
Cheykh Al Islam Ibn Tamiyya a dit a propos de cette parole : « Ceci est un mensonge sur l’Imam Ahmed. » Et le cheykh Al Islam connaissait très bien l’Imam, car il était lui-même Hanbalite (du mazhab de l’Imam Ahmed Ibn Hanbal).



1er exemple : La pierre noire ne fait pas partie des attributs d'Allah


Le prophète, salallahou ‘alayhi wa salam, a dit : « La pierre noire est la main droite d’Allah sur la terre. »

L’Imam Ahmed aurait donc interprété ce hadith. Voyons en premier lieu si ce hadith est authentique. Or il s’avère que ce hadith est da’if (1), et il a été rendu mounkar (2) par le cheykh Al Albani, rahimahoullah. Donc s’il n’est pas authentique, on n’a pas besoin de l’expliquer.
Le cheykh Al Islam Ibn Tamiyya dit que cette parole n’est pas un hadith du prophète mais serait la parole d’Ibn ‘Abbas. Donc celui qui va lire cette parole, il va s’apercevoir qu’il n’y a pas de problème car il a dit « la main droite d’Allah sur terre », et il n’a pas dit la « main droite d’Allah » c’est tout. Donc le fait qu’il ait dit « sur terre », cela donne un statut restreint des termes, qui serait complètement différent du statut général s’il n’avait pas dit « sur terre ». La compréhension est donc différente, dans ce cas là, la pierre noire ne fait pas partie des attributs d’Allah. De plus il est important de voir la fin de la parole qui est :
« …celui qui la (la pierre noire) touche, c’est comme si il avait serré la main d’Allah ‘azawajal. »
Et on voit bien qu’il est dit « c’est comme si », et non pas « il a serré la main d’Allah ». Il y a une grande différence entre les deux. Il apparaît donc clairement que la pierre noire ne fait partie des attributs d’Allah.



2ème exemple : Réfutation concernant le fait qu'Allah est mêlé à nous


Le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam a dit : « Les cœurs des enfants d’Adam sont tous entre les deux doigts du Tout Miséricordieux. Comme un cœur unique. Il les commande comme Il veut (c-à-d en guidant certains, en égarant d’autres). »

Tout d’abord, il s’agit d’un hadith authentique. Le cheykh nous dit que les salafs et les gens de la sounnah ont pris ce hadith dans son sens apparent. Ils ont dit : « Nous attestons qu’Allah soubhanna wa ta’ala a des doigts, des doigts véritables qui Lui sont propres. » Donc une fois qu’ils ont attesté qu’Allah a des doigts, tout comme l’a attesté le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam, ils ont pris le sens apparent du texte. Il n’y a donc aucune interprétation du texte.
Mais les gens de l’innovation ont dit que si on atteste que tous les cœurs des fils d’Adam sont entre les doigts d’Allah ‘azawajal, cela indique qu’il y a un contact entre les 2 doigts, ou encore qu’Allah est parmi nous de part son essence.
Le cheykh va répondre à ce qu’ils ont interprété en utilisant les règles de la langue arabe. Il donne deux exemples tirés de la langue :

1- On dit : « Le nuage est entre (bayna) le ciel et la terre » : On voit bien que le terme « bayna » est le même que celui utilisé dans le hadith. Et pourtant, dans cette phrase on sait très bien que le nuage n’a pas de contact avec la terre.

2- On dit également : « Badr est entre Mekka et Médine ». Ici de même, le terme « bayna » n’implique en aucune façon que le Badr soit en contact avec Mekka ou Médine. Au contraire, on sait très bien que Badr se trouve très loin de ces 2 villes.
Donc ici l’explication est claire. « les cœurs des enfants d’Adam sont tous entre les deux doigts du Tout Miséricordieux », cela est une vérité mais ça n’implique en aucun cas qu’il y ait un touché ou qu’Allah serait parmi nous. Donc les salafs ont bien compris le hadith d’après son apparence et d’après la langue arabe.





__________________
Note :
(1) Hadith faible
(2) Ce dit d'un Hadîth qui est rapporté par un narrateur faillible, et dont le récit va à l'encontre d'un Hadîth authentique
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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 17:19

3ème exemple : Dans le contexte « an-nafass » signifie l’assistance


Le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam a dit : « Je trouve « an-nafass » du Tout Miséricordieux venant du Yémen. »

Encore un hadith qui aurait soi-disant été interprété par l’Imam Ahmed, ce qui est faux.
Il s’agit d’un hadith authentique. Et dans ce hadith, l’ambiguïté vient du terme « an-nafass » qui veut dire la respiration. Mais ce terme veut dire plusieurs choses. Donc si l’on traduit mot à mot, on lit : « Je trouve la respiration du Tout Miséricordieux venant du Yémen. »
Et c’est ainsi que les gens de l’innovation ont compris ce hadith, ils ont donc fait dévié son sens. Car en réalité c’est totalement faux. Le cheykh va nous expliquer le sens de ce terme qu’il a rapporté des grands savants de la langue arabe. Il dit qu’en fait ce terme vient du verbe « naffassa », qui signifie dissiper, dissiper un malheur. Ainsi on comprend de ce hadith un tout autre sens.
Et ce sens est appuyé par la version rapportée par le cheykh al Albani reprise de la version de l’Imam At-Tabarani :
« Je me suis rapproché du Prophète, salallahou ‘alayhi wa salam, jusqu’à ce que mes genoux ont effleuré sa jambe. Et je lui ai dit : « Les chevaux ont été délaissés, les armes déposées, et des gens ont prétendu qu’il n’y avait plus de combat. » Le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam a dit : « Ils ont menti. Maintenant est venu le combat. Il ne cesse d’y avoir dans ma communauté un groupe de gens qui sont sur le chemin de la vérité et qui sont supérieurs aux gens. Allah azawajal va faire dévier les cœurs de ceux qu’ils vont combattre et ils auront ainsi le dessus sur eux ». A ce moment là le Prophète avait le dos tourné au Yémen et c’est là qu’il a dit : « Je trouve l’assistance (donc le fait de dissiper un malheur) du Tout Miséricordieux venant du Yémen. »

Le cheykh Al Islam Ibn Tamiyya a dit que les gens du Yémen sont ceux qui ont combattu les auteurs d’apostasie du temps d’Abou Bakar as-Siddiq. Ils ont conquis des contrées, et donc par ces gens-là, Allah a dissipé des malheurs pour les croyants. Et voilà le véritable sens de ce hadith qui n’a rien à voir avec la respiration d’Allah ‘azawajal, et par conséquent ce hadith ne concerne pas les attributs d’Allah soubhanna wa ta’ala.



4ème exemple : Les sens du mot « stawa »

Allah soubhanna wa ta’ala a dit : {Thoumma stawa ilâ ssamâ.} [Sourate Al Baqara, v. 29]

Ici, il s’agit d’un verset du Coran. Les gens de l’innovation ont prétendu que les gens de la sounnah avaient interprété ce verset. Le cheykh va réfuter et expliquer que concernant ce verset, les gens de la sounnah ont 2 avis différents. La divergence vient ici du terme « stawa ».

- 1er avis : Les gens de la sounnah ont dit que ce verset voulait dire : « Allah s’est élevé au (ou vers les) ciel ... » car le terme « stawa » vient du verbe « istiwa ».
Ceci est l’avis d’Ibn ‘Abbas et de la plupart de gens du tafsir parmi les salafs. Ils se sont donc accrochés au sens apparent du texte.

- 2ème avis : C’est que le terme « stawa » signifie la volonté absolue, la volonté totale. Donc cela voudrait dire qu’Allah soubhanna wa ta’ala a eu la volonté de se diriger vers le ciel : « Puis Il a orienté Sa volonté vers le ciel ... »
C’est l’avis de l’Imam Ibn Kathir et de l’Imam Al Baghawi. Et cette signification est bel et bien valable dans la langue arabe, lorsqu’on annexe la particule « ilâ » au terme « istiwa ». Donc « istiwa ilâ » signifie s’apprêter à faire ou vouloir faire. Et cela est une chose tout à fait connue dans la langue que certains termes, en fonction de la particule qu’on leur annexe, prennent des sens différents.
Par conséquent, il ne s’agit pas de déviation des sens du texte comme le prétendent les gens de l’innovation.

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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 17:20

5ème et 6ème exemple : La compagnie d'Allah


Allah a dit : {Il est avec vous où que vous soyez.} [Sourate Al Hadid, v. 4]
Et Il, soubhanna wa ta’ala dit également : {Ni moins ni plus que cela sans qu’Il ne soit avec eux, là où ils se trouvent} [Sourate Moujadalah, v. 7]



I/ Explication de la croyance des salafs au sujet de la compagnie ou de la présence d'Allah à ses côtés

Le cheykh explique que la parole d’Allah dans ces 2 versets est bien réelle. La question primordiale ici va être : quel est son sens réel et quel est son sens apparent ? Il y a deux possibilités :

- 1ère possibilité : On va dire que le sens apparent et la réalité de la compagnie d’Allah implique qu’Allah soit mélangé à ses créatures et qu’Il se trouve avec eux dans leur place.

- 2ème possibilité : C’est qu’Allah ‘azawajal est avec Ses créatures et que cette compagnie implique qu’Il les cerne de part Sa science, Sa puissance, Son ouïe, Sa gérance… avec bien entendu Son élévation au dessus de trône de part Son essence.

La réponse ici est évidente. Le sens réel de la 1ère possibilité est faux car le contexte n’implique nullement ceci. En effet, la compagnie est annexée à Allah, et Allah est bien plus grand pour être cerné par une de Ses créatures. De plus la compagnie, dans la langue arabe, n'implique nullement le mélange ou la compagnie dans la place même. Elle a pour sens et elle indique la compagnie de façon absolue.
Si on donne un exemple dans la langue arabe, par exemple le cas d’une mère qui envoie son fils étudier dans un autre pays et qu’elle lui dit : « Je serais avec toi. » Est-ce que cela signifie qu’elle sera avec lui là où il sera ? Ou bien est-ce que cela signifie qu’elle sera avec lui avec son cœur, et qu’elle lui fera des invocations ? Donc on voit bien ici qu’au niveau de la langue arabe on prend bien le texte apparent mais selon le contexte. Et ici le contexte est plus que clair, cela ne veut pas dire que cette mère sera avec son enfant là où il ira.
Il en est de même pour les versets du Coran, lorsque la compagnie est annexée à Allah ‘azawajal le sens est celui de la 2ème possibilité.
Les gens de la sounnah n’ont donc pas dévié ces versets de leur sens apparent.


Donc, la croyance des salafs au sujet de la compagnie d’Allah se résume en ces points :

1/ La compagnie d’Allah l’Exalté auprès de Ses serviteurs est attestée par le Coran, la sounnah et le consensus des Anciens (salafs)
2/ Cette compagnie est vraie quant à sa réalité. Cependant, c’est une compagnie spécifique à Allah. Elle n’est comparable à la compagnie d’aucune créature auprès d’une autre.
3/ Cette compagnie sous-entend le fait d’embrasser la création par la science, le pouvoir, l’ouïe, la vue, la domination et la direction (diriger les affaires de la création).




II/ Cette compagnie ne sous-entend pas qu’Allah l’exalté est mêlé à la création ou installé à leurs places


Le fait d’expliquer qu’Allah ‘azawajal est avec nous en impliquant qu’Il est mélangé à nous, cela est faux selon plusieurs aspects. Le cheykh va expliquer en donnant ces différents aspects :

1/ Ceci est en contradiction totale avec les salafs car aucun d’entre eux n’a interprété la compagnie d’Allah ‘azawajal de cette façon. Bien au contraire ils étaient tous unis pour réfuter cela.
2/ Ceci est en contradiction avec l’élévation d’Allah soubhanna wa ta’ala au dessus des créatures et au dessus de Son trône. Cette élévation est rapportée dans de nombreux versets, dans des hadiths, et elle est prouvée par la raison et la saine nature.
3/ Ceci est impossible car ça impliquerait des choses qui ne sont pas propres à Allah soubhanna wa ta’ala et à Sa grandeur. Celui qui prétend cela est un ignorant ou quelqu’un qui ne connaît pas la grandeur d’Allah ta’ala.

Un fois que l’on a bien mis en évidence la fausseté de cet avis, on ne peut que pencher pour la 2ème possibilité qui est qu’Allah nous cerne de part sa science.




III/ Catégories de cet accompagnement


L’attribut de la compagnie d’Allah va être différent en fonction de sa place dans le Coran. Cela nous donne 2 catégories de compagnie :

1 - La compagnie générale (pour tout le monde) :

Cette compagnie sous-entend le fait d’embrasser la création par la science, le pouvoir, l’ouïe, la vue, la domination et d’autres notions relatives à Sa souveraineté. C’est le cas dans les versets suivants :
Allah a dit : {Il est avec vous où que vous soyez.} [Sourate Al Hadid, v. 4]
Et : {Il ne peut y avoir de discussions à trois, sans qu’Il ne soit leur quatrième, ou à cinq sans qu’Il ne soit le sixième, ni moins ni plus que cela sans qu’Il ne soit avec eux, là où ils se trouvent} [Sourate Moujadalah, v. 7]


2 - La compagnie particulière à une personne :

Elle sous-entend le secours, le soutien, la protection, l’aide. L’exemple de compagnie particulière à une personne est le verset où Allah s’adresse à Moussa et Haroun :
{Je suis avec vous deux, j’entends et je vois.} [Sourate Ta-Ha, v. 46]
Egalement le verset où Allah s’adresse au Prophète salallahou ‘alayhi wa salam : {Lorsqu’il dit à son compagnon : Ne sois pas triste, Allah est avec nous.} [Sourate at-Tawba, v. 40]




IV/ Cette compagnie ne contredit pas ce qui est attesté à Allah l’exalté comme Sa hauteur au-dessus de la création et Son élévation au-dessus du trône


Comme nous l’avons vu précédemment l’élévation est rapportée dans de nombreux versets, dans des hadiths, et elle est prouvée par la raison et la saine nature.

1/ Démonstration des preuves de l'élévation d'Allah à la lumière du Coran, de la sounnah, de la raison


Le Coran :

Les preuves dans le Coran qui prouvent qu’Allah est au dessus de toutes Ses créatures sont très nombreuses et variées, et apparaissent de plusieurs façons :
- en utilisant le terme « el ‘oulou » l’élévation, ou ce qui est pris de ce terme :
Allah soubhanna wa ta’ala a dit : {Il est le très Elevé (al ‘aliyou), l’Immense} [Sourate Al Baqara, v. 255]
Du nom d’Allah « el ‘aliyou » on tire son attribut « el ‘oulou » l’élévation.

- en utilisant le terme « el fawqqiya », le fait qu’Allah ‘azawajal soit au dessus de nous :
Allah ta’ala a dit : {Il est le Dominateur, au-dessus (fawqa) de ses serviteurs} [Sourate El An’am, v. 18]
On voit le « fawqa » qui signifie au-dessus.

- en utilisant le terme « el istiwa ‘alal ‘achr », qu’Allah ‘azawajal s’est établi sur le trône :
Allah ta’ala a dit : {Le Tout Miséricordieux s’est établi sur son trône.}

- en utilisant le terme « waqawni fi-ssama » :Allah ta’ala a dit : {Êtes-vous à l’abri de celui qui est aux cieux pouvant vous envoyer un ouragan.} [Sourate El Moulk, v.17]
« Celui qui est aux cieux », et sous-entendu au dessus des cieux.

- en utilisant des termes nous indiquant que des choses remontent jusqu’à Lui, soubhanna wa ta’ala :
Allah ta’ala a dit : {Vers Lui monte la bonne parole.}
Donc dans ce verset, Allah nous indique que la bonne parole monte vers Lui, donc si elle monte c’est qu’Il est forcément au dessus de nous.
Et de même, ce verset : {Les anges et l’esprit gravissent à Lui.} [Sourate Al-Ma'ârij, v. 4]

- ou avec des termes indiquant que des choses descendent de Lui :
Allah ta’ala a dit : {Dis : C’est l’esprit de sainteté qui l’a fait descendre de la part de ton Seigneur.} [Sourate An–Nahl, v. 102]
De même ce verset nous prouve qu’Allah est au dessus de nous.


La sounnah :

Et là lorsqu'on parle de la sounnah il s’agit des paroles du Prophète salallahou ‘alayhi wa salam, de ses gestes, de ses attestations.

- Parmi ses paroles :
Il y a ce que le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam nous a enseigné dans notre prière : « Pureté à Mon Seigneur le Très Haut. »
Et il salallahou ‘alayhi wa salam a dit : « Le trône est au dessus de l’eau et Allah est au dessus du trône. » [Rapporté par at-Tabarani, ad-Darimi et beaucoup d’autres]

- Parmi ses gestes :
Le jour du Jouma’a, le prophète salallahou ‘alayhi wa salam était sur le minbar, il a levé ses mains et a fait une dou’a : « Ô Allah abreuve-nous ! (par la descente de la pluie) »
Le jour de ‘Arafat lors du pèlerinage d’adieu, le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam a pointé son doigt vers le ciel et a dit : « Ô Seigneur, sois témoin de ce qu’ils ont dit. »

- Parmi ses attestations :
Il y a aussi la déclaration de la captive lorsqu’elle fût questionnée : « Où est Allah ? » Elle répondit : « Au ciel. » Et le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam a dit à son maître de la libérer car sa parole était une preuve de sa foi.


La raison humaine :

Parmi ces preuves, il y a le fait que la position supérieure est un trait de perfection, tandis que la position inférieure est un trait de diminution. Comme nous le savons, Allah soubhanna wa ta’ala s’est qualifié de perfection, Il est donc au dessus de sa création.


La saine nature :

Il n’y a personne qui n’invoque le Seigneur sans éprouver de la part du cœur une nécessité de se diriger vers le haut et ce, sans avoir étudié un livre à ce sujet, ni suivi l’enseignement d’un professeur.


Le consensus des salafs :

Les sahaba, les tabi’oun, les imams se sont tous réunis pour dire qu’Allah ‘azawajal est au dessus des cieux.




2/ Démonstration que l'élévation ne s'oppose pas à la présence d'Allah à ses côtés

Cette supériorité attestée à Allah ta’ala par ces arguments, ne contredit pas la réalité de la compagnie d’Allah et ce pour 3 raisons :

1- La 1ère raison :

Allah ‘azawajal a réuni ces 2 faits, la compagnie et l’élévation, dans le Coran. S’Il les a rassemblés tous les 2 dans le Coran, c’est qu’il n’y a pas de contradiction entre ces 2 choses. Tout ce qui peut paraître contradictoire dans le Livre d’Allah, doit être réexaminé plusieurs fois de suite jusqu’à ce qu’on s’aperçoive qu’il n’en est rien de tout cela. En effet Allah soubhanna wa ta’ala dit :
{Ne méditent-ils pas le Coran ? S’il était issu d’un autre qu’Allah, ils y auraient trouvé certainement beaucoup de contradiction.} [Sourate An-Nissa, v. 82]

2- La 2ème raison :

Le réel sens de la compagnie ne va pas à l’encontre de l’élévation. En effet, les 2 faits sont possibles pour la créature. Et pour cela le cheykh donne comme exemple, cette expression : « Nous ne cessons de marcher et la lune est avec nous. » Lorsqu’on se déplace, malgré la distance que l’on effectue, on se rend compte que la lune est toujours au dessus de nous. Et le terme employé est bien « ma’a », avec. Il est donc possible de dire que la lune est avec nous, alors qu’elle est également élevée dans le ciel. Si cela est possible dans le droit des créatures, alors que dire en ce qui concerne le Créateur ?

3- La 3ème raison :

Si l’association des 2 faits que sont l’élévation et la compagnie, n’était pas possible pour les créatures, cela n’impliquerait pas nécessairement que cela soit également chose impossible pour le Créateur. En effet, nous savons que rien parmi les créatures n’est similaire à Allah :
{Il n’y a rien qui lui soit similaire et il est celui qui voit et entend tout parfaitement.} [Sourate La Consultation, v. 11]



3/ Les catégories de l'élévation appuyées par des preuves :

Il y a 3 sortes d’élévation :
1- ‘oulou al fawqiya : Allah est au dessus de tout de part son essence
2- ‘oulou al qahr : c’est la domination, Il n’a pas d’adversaire, Il dit : {C’est Lui le Dominateur suprême au dessus de ses serviteurs}
3- ‘oulou ach-chah : c’est sa position et son rang. En effet, à Lui appartient tous les attributs parfaits, de même qu’Il est écarté de tout attribut d’imperfection. Il soubhanna wa ta’ala dit : {Il a la transcendance absolue dans les cieux et sur la terre, et c’est Lui le Tout puissant, le Sage.}



Remarque :

Concernant la croyance en la compagnie d’Allah, les gens se sont divisés en 3 catégories :

1- Les salafs : ceux qui ont la vraie croyance, la croyance que nous avons expliqué précédemment.
2- La secte el houlouliya : ceux qui ont prétendu qu’Allah est mélangé à ses créatures. C’est également la croyance des anciens Jahmiya. Ils réfutent l’élévation.
3- Ceux qui disent qu’Allah est partout : c’est-à-dire avec nous sur la terre tout en attestant qu’Il est sur Son trône.


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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 17:21

7ème et 8ème exemple : Annexion d'actes à Allah, effectués par autre que Lui

Allah a dit : {Nous sommes plus proche de lui que sa veine jugulaire.} [Sourate Qaf, v. 16]
Et : {Et que Nous sommes plus proche de lui que vous.} [Sourate Waqi’a, v. 85]


Là encore, les gens de l’innovation ont prétendu que les gens de la sounnah avaient interprété (dans le sens qu’ils auraient dévié les versets du sens apparent) ces versets, car ils ont expliqué le mot « aqrab » par le rapprochement, et ici le rapprochement avec les anges. En effet, le mot « aqrab » vient du terme « el qourb », qui signifie le rapprochement, ou le fait d’être le plus proche.

Le cheykh dit que le fait d’expliquer ces versets par le rapprochement des anges, n’est pas une déviation des textes de leur sens apparent. Et il va en donner les preuves :

Premier verset :

Lorsqu’on lit la suite, c'est-à-dire le verset 17 de la sourate Qaf, on remet le verset dans son contexte. Allah a dit :
{16. Nous avons effectivement créé l’homme et Nous savons ce que son âme lui suggère, et Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire 17. quand les deux recueillant, assis à droite et à gauche, recueillent.} [Sourate Qaf, v. 16 et 17]
Et les deux recueillant sont deux anges, qui se trouvent à la droite et la gauche de l’homme afin de noter tout acte bon ou mauvais.
De même la suite de la sourate :
{Il ne prononce pas une seule parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l’inscrire.} [Sourate Qaf, v. 18]
Dans le contexte et le sens du verset on comprend bien qu’il s’agit des anges qui sont visés et non Allah.


Deuxième verset :

Dans le 2ème verset on va s’apercevoir que le terme « qourb » = rapprochement est restreint à une situation où des gens vont assister. Et là, cette situation est la mort de l’homme. Or on sait que ceux qui assistent à la mort de l'homme sont les anges comme il est prouvé dans ce verset :
{Et lorsque la mort atteint l’un de vous, Nos messagers enlèvent son âme sans aucune négligence.} [Sourate Al An’am, v. 61]
Et bien sûr par le terme « messagers », il est question des anges.
Donc dans le verset cité (de la sourate Waqi’a), comme le terme est restreint à la situation assistée de la mort, on a bel et bien la preuve que ceux qui assistent sont les anges.
De même la dernière partie du verset est également une preuve : {Et que nous sommes plus proche de lui que vous, mais vous ne les voyez pas.} [Sourate Waqi’a, v. 85]
Donc cela prouve bien, que celui qui est proche à ce moment là, qui se trouve au même endroit, et que l’homme ne voit pas, est l’ange.


L’emploi du « Nous » :

Le cheykh a démontré que dans ces 2 versets, il s’agissait du rapprochement des anges et non celui d’Allah. Cela en remettant les versets dans leur contexte, ainsi il s’agit bien du sens apparent. Et ceci était également l’avis du cheykh Al Islam Ibn Taymiyya.
Il reste tout de même un point à détailler. Si nous avons bien mis en évidence que dans ces versets il est question du rapprochement des anges, alors pourquoi est-ce qu’Allah a dit « nous sommes… » ?

Question :

Pourquoi Allah a-t-Il annexé le rapprochement à Lui (car on sait que lorsqu’Allah se désigne Il emploie le pronom « nous »), alors que ce qui est voulu sont les anges ?


Réponse :

Parce que les anges sont proches de Son ordre, ils sont Son armée, et Ses envoyés. Ils font tout ce qu’Allah leur ordonne. Et pour prouver cela, on peut citer d’autres exemples dans le Coran où Allah annexe un de ses actes à autre que Lui.

Exemple : {Quand donc Nous le récitons, suis sa récitation} [Sourate Al Qiyama, v. 18]
Ici on voit bien que la récitation est annexée à Allah ‘azawajal. Cependant, nous savons que c’était Jibril qui venait réciter le Coran au Prophète salallahou ‘alayhi wa salam.

De même dans ce verset : {Lorsque l’effroi eu quitté Ibrahim et que la bonne nouvelle l’atteint, voilà qu’il discuta avec nous en faveur du peuple de Lot}
On sait qu’Ibrahim n’est pas en train de discuter avec Allah directement, mais avec les anges qui sont venus lui rendre visite.






9ème et 10ème exemple : Le sens de « sous Nos yeux »


Critiques par des preuves coraniques : {voguant sous Nos yeux} [Sourate Qamar, v. 14]
Et : {afin que tu sois élevé sous Mes Yeux} [Sourate Ta-Ha, v. 39]


Les gens de l’innovation prétendent que si l’on prend le sens apparent du 1er verset, cela voudrait dire « voguant dans Nos yeux (à l’intérieur des yeux (bi’ayouninâ)) ». Et donc, comme cela n’est pas possible, les gens de la sounnah ont interprété ce verset. De même pour le 2ème verset qui serait, si on le prend dans son sens apparent, « afin que tu sois élevé au dessus de Mes yeux (‘ala ‘aynî) ».

Le cheykh réfute cette parole des gens de l’innovation. Dire que l’arche de Nouh vogue dans l’œil d’Allah soubhanna wa ta’ala, est impossible. Le sens apparent de ce verset est donc l’arche vogue, tandis que l’œil d’Allah prête attention, surveille, met sous sa garde… De même pour l’éducation de Moussa. Allah le surveille, Il y prête attention, et Il le place sous sa garde.

Donc la 1ère interprétation du verset, est impossible dans le droit d’Allah ‘azawajal, le cheykh va donc prouver cela par 2 raisons :

1ère raison :

Le Coran a été descendu en langue arabe très claire, et ça nous l’avons déjà bien expliqué dans les cours précédents. Sachant cela, il est impossible qu’une personne qui comprend l’arabe et le sens de la langue arabe, comprenne cela. En effet si on dit : « cette personne passe sous mes yeux (bi’ayouni) » on emploi également la lettre « ba » tout comme dans le verset. Alors que les gens de l’innovation ont expliqué le « ba » par « fi » (dans), les gens de la sounnah, eux, ont dit que le « ba » à la sens de « l’accompagnement ». Donc « bi’ayouninâ » signifie « accompagné par nos yeux », c’est-à-dire « sous nos yeux ».
Ainsi, on ne peut pas dire que le sens de ces versets a été dévié du sens apparent, car la langue arabe est très claire.


2ème raison :

La compréhension qu’ont donné les innovateurs en plus d’être fausse, et carrément interdite dans le droit d’Allah. En effet celui qui connaît bien Allah, et qui connaît Sa vraie valeur ne peut dire une telle chose. Il sait qu’Allah soubhanna wa ta’ala est au dessus de son trône et qu’Il est séparé de ses créatures.





11ème exemple : Les attributs d’Allah ne peuvent faire partie de la créature


Il s’agit d’un hadith Qoudoussi (donc c’est Allah qui parle) où le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam a dit : « Allah a dit : « Le serviteur ne cesse de se rapprocher de moi par ses actes surérogatoires, jusqu’à ce que Je l’aime. Et lorsque Je l’aime, Je suis son ouïe avec laquelle il entend, Je suis sa vue avec laquelle il voit, Je suis sa main avec laquelle il prend et son pied avec lequel il marche. Et s’il me demande Je lui donnerais par assurance, et s’il me demande protection, Je lui donnerais également par assurance. » »
[Rapporté par Al Boukhari]

Ici, encore une fois le Cheykh va nous prouver que les gens de la sounnah ont bien pris ce hadith dans son sens apparent. Car quel est-il réellement ? Peut-on dire que la main du serviteur est la main d’Allah ? Ou que sa vue est celle d’Allah soubhanna wa ta’ala ?
Ou plutôt que le sens ici est qu’Allah a raffermi son serviteur dans sa vue, son ouïe, etc..., de telle sorte que tout ce qu’il va faire, voir, entendre etc..., soit pour Allah.

L’explication qu’en ont fait les innovateurs est strictement impossible dans le droit d’Allah ‘azawajal, le cheykh va donc prouver cela par 2 raisons :

1ère raison :

Lorsqu’on lit ce hadith il est plus que clair. On voit bien qu’il y a le serviteur et celui de qui on se rapproche, celui qui est aimé et celui qui aime, celui qui demande et celui qui va répondre à cette demande, etc. Ainsi, dans le contexte du hadith, qui est en langue arabe claire, on voit bien qu’il y a 2 personnes différentes l’une de l’autre. Donc l’un ne peut pas être l’autre pour ce qui est de la vue, l’ouïe, etc..., c’est strictement impossible.

2ème raison :

Il est strictement impossible qu’une personne douée de raison comprenne que le Créateur, celui qui a créé, qu’il n’y a rien avant Lui, et rien après Lui, puisse être la vue, l’ouïe, etc... de celui qui est créé. Ainsi, lorsqu’on sait que ce sens est strictement interdit dans le droit d’Alla ‘azawajal, alors, il est strictement obligatoire de prendre le 2ème sens apparent.

Donc le sens de ce hadith est que le serviteur qui accomplit des actes surérogatoires se rapproche d’Allah. Et lorsqu’il fait, qu’il voit, qu’il parle, qu’il marche, etc... il le fait pour Allah ta’ala. Et quel est le sens de « pour Allah » ? Cela veut dire avec Ikhlass (sincérité)
Ceci est une explication qui est bien en conformité avec l’apparence du hadith et selon le contexte.

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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 17:22

12ème exemple : Attester les actes propres à la volonté d’Allah

Abou Dharr et Abou Houreira rapportent que le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam a dit : « Allah dit : « Celui qui se rapproche de Moi d’un empan, Je me rapproche de lui d’une coudée. Celui qui se rapproche de Moi d'une coudée, Je me rapproche de lui d’une brassée. Celui qui vient à Moi en marchant, Je viens à Lui empressé. » »
[Rapporté par Al Boukhari et Mouslim]


Ce hadith est comme les autres textes qui nous prouvent qu’Allah accomplit des actes par choix, c’est-à-dire de part sa volonté, car Allah fait ce qu’Il veut et Il n’est contraint par rien du tout. Or les actes, qui sont du choix d’Allah ‘azawajal, sont très nombreux dans le Coran et la sounnah, comme le montrent les versets suivants :

Allah ta’ala dit : {Et quand mes serviteurs t’interrogent sur Moi, alors Je suis tout proche. Je réponds à l’appel de celui qui me prie}
On voit qu’Allah soubhanna wa ta’ala répond de par son choix.
Et Il dit : {Et que Ton seigneur viendra ainsi que les anges, rang par rang.}
Et Il dit : {Qu’attendent-ils ? Que les anges leur viennent, que vienne Ton Seigneur, ou que leur viennent certains signes de Ton seigneur.}
De même dans la sounnah, le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam nous a informé que le Seigneur descend au ciel de la vie ici-bas.
Tous ces actes seront fait ou sont fait par la volonté d’Allah.

Les salafs, les prédécesseurs et les gens de la sounnah, prennent ces textes tels qu’ils sont, c’est-à-dire suivant leur apparence et leur sens réel qui sont, bien entendu, propres à Allah soubhanna wa ta’ala.
Cheykh Al Islam Ibn Taymiyya a dit : « En ce qui concerne le rapprochement d’Allah de certaines de ses créatures. Ceux qui attestent cela sont ceux qui attestent des actes propres à la volonté d’Allah. De même pour ce qui est de la descente d’Allah ‘azawajal, ou de l’établissement sur son trône. Et ceci est le mazhab des imams parmi les salafs, des imams connus de l’Islam et des gens du hadith. »

Ainsi, qu’est-ce qui nous empêche de dire qu’Allah se rapproche de son serviteur et de dire également qu’Il est aux cieux ? Et qu’est-ce qui nous empêche de dire qu’Allah vient ?
Le fait qu’Allah fasse ce qu’Il veut fait bel et bien partie de sa perfection. Et Il le fait selon l’aspect qui Lui est propre.



Il y a des gens (sans que le cheykh ne dise qui) qui ont eu un avis sur ce hadith, selon 2 points :

1 - La parole d’Allah « Je viens à Lui empressé » signifie qu’Allah accepte rapidement ce qui vient de son serviteur, lorsque ce dernier s’est rapproché de Lui de par son cœur et de par ses membres.

2 - La rétribution par Allah est plus complète que l’acte lui-même (c’est-à-dire plus complète que l’acte qu’a accompli le serviteur pour se rapprocher d’Allah). Et ils expliquent cela par les termes du hadith «Celui qui vient à Moi en marchant, Je viens à Lui empressé »
Et la rétribution n’est pas spécifique au fait de marcher. Cela peut être le cas de celui qui marche pour se rendre à la mosquée, ou au cours des rites du pèlerinage ou encore lors du Jihad. Mais il peut également se rapprocher d’Allah lorsqu’il s’incline ou se prosterne, comme indiqué dans ce hadith : « Le serviteur est le plus proche de Son seigneur au moment où il est prosterné. »







13ème exemple : Le sens de « nos mains »


Allah a dit : {Ne voient-ils donc pas que, parmi ce que Nos mains ont fait, Nous leur avons créé des bestiaux dont ils sont propriétaires.} [Sourate Ya-Sin, v. 71]


Comme pour les autres exemples, les gens de l’innovation ont prétendu que les gens de la sounnah avaient dévié le sens apparent de ce verset. Car pour eux, le sens est qu’Allah a créé de ses propres mains les bestiaux. Les gens de la sounnah, quant à eux, disent qu’Allah ‘azawajal n’a pas créé de ses propres mains les bestiaux, mais Il a bien créé Adam de ses propres mains. C’est pourquoi les innovateurs disent qu’ils ont changé le sens apparent de ce verset.


Le cheykh al ‘outhaymin explique dans la langue arabe, il y a un procédé qui est connu et répandu, qui est que lorsqu’on annexe un acte à la main, on vise par cela la désignation de son auteur. Mais ce n’est pas fait spécifiquement par la main.

Le fait de dire que ce sont les mains d’Allah qui ont créé les bestiaux, est une fausse interprétation, et cela pour 2 raisons :

1ère raison :

Le contexte du verset et la manière dont il est exposé dans la langue arabe, n’impliquent aucunement qu’Allah ‘azawajal a créé les bestiaux de ses propres mains. Et pour démontrer cela, le cheykh cite plusieurs exemples du coran montrant qu’Allah ‘azawajal annexe l’acte à la main de la créature, alors qu’elle ne l’a pas fait spécialement avec sa main :

1- Allah ta’ala dit : {Tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis.}
Est-ce que tout malheur est dû uniquement à ce que les mains ont fait comme mal ? Ou également les pieds, la langue, les yeux, etc. ? Bien évidemment ce qui est visé ici, c’est l’auteur de l’acte, et ce qu’il a fait avec tous ses membres.

2 - Allah ta’ala dit : {La corruption est apparue sur la terre et dans la mer à cause de ce que les gens ont accompli de leurs propres mains, afin qu’Allah leur fasse goûter une partie de ce qu’ils ont œuvré. Peut-être reviendront-ils.}

Tout cela nous prouve que c’est l’homme qui a accompli par lui-même, même si c’est avec autre que ses mains. Contrairement à un autre exemple du Coran, où là ce sont bien les mains qui ont accompli l’acte :
Allah ta’ala dit : {Malheur à ceux qui, de leurs propres mains (bi-aydihim), composent un livre, puis le présentent venant d’Allah.}
Ici le contexte montrent que ce sont bien les mains qui ont fait, car l’écriture est un acte qui s’effectue par la main.


2ème raison :

Maintenant, lorsqu’on observe la construction du verset en arabe, on se rend compte qu’il est écrit : « khalaqnâ lahoum mimmâ ‘amilat aydînâ an’âmâ ». Si le texte avait prouvé qu’Allah a créé spécifiquement par ses mains les bestiaux, on aurait eu : « khalaqna lahoum bi-aydinâ an’âmâ ». Donc on voit que dans ce cas il y a la lettre « ba » qui montre cette spécificité. Tout comme on trouve le « ba » dans le verset indiquant qu’Allah a créé l’homme par Ses mains. Ceci est tout à fait clair lorsqu’on lit le verset en arabe.
Et Allah a dit : {Nous avons fait descendre sur toi le livre comme un exposé explicite de toute chose.} Ainsi on voit à quel point la parole d’Allah soubhanna wa ta’ala est claire et explicite. Chaque terme étant choisi précisément.

Ainsi, lorsqu’on voit le « ba » précéder le terme « main », alors on sait que ce sont précisément les mains qui ont fait.

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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 17:23

14ème exemple : Prêter serment d’allégeance à Allah


Exemple pris du Coran : {Ceux qui te prêtent serment d’allégeance ne font que prêter serment à Allah : la Main d'Allah est au-dessus de leurs mains.} [Sourate Al Fath, v.10]


Le cheykh commence par préciser que ce verset est composé de 2 phrases.

Concernant la 1ère phrase :

Le cheykh dit que les salafs et les gens de la sounnah ont pris ce verset selon son sens apparent. Et le sens est explicite : ce sont les sahabas qui ont prêté serment d’allégeance au Prophète salallahou ‘alayhi wa salam. Et ce sens est appuyé par le verset 18 de la même sourate :
{Allah a très certainement agréé les croyants quand ils t’ont prêté le serment d’allégeance sous l’arbre.} [Sourate Al Fath, v. 18]

Il n’est donc pas possible de penser qu’ils ont prêté le serment d’allégeance à Allah Lui-même, et on ne peut prétendre que c’est ce qui est apparent du verset. En effet car cela va à l’encontre de 3 choses :
Premièrement : On voit bien que dans la 1ère partie du verset il est dit « Ceux qui te prêtent serment d’allégeance », et « te », il s’agit du Prophète, comme cela est connu.
Deuxièmement : Ceci est une vérité, car on sait que les sahabas ont réellement serré la main du Prophète sallahou ‘alayhi wa salam lors de ce serment d’allégeance.
Troisièmement : Cela est strictement impossible dans le droit d’Allah qu’Il puisse serrer la main de Ses créatures, car nous avons déjà démontré qu’Allah est sur Son trône et qu’Il n’est pas mélangé à Sa création.

Le cheykh nous explique que le vrai sens de ce verset c’est que lorsque les sahabas ont prêté le serment d’allégeance, c’est comme s'ils l’avaient prêté à Allah. En effet, car le Prophète est Son Envoyé, il est celui qui transmet de Sa part. C'est le même sens lorsqu’on dit que l’obéissance au Messager salallahou ‘alayhi wa salam est l’obéissance à Allah ‘azawajal.

De plus, l’annexion du serment d’allégeance à Allah, est une marque d’honneur envers le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam


Concernant la 2ème phrase :

De même que la 1ère phrase, nous prenons cette 2ème phrase selon son sens apparent. En réalité, la main d’Allah ta’ala était au dessus des mains de ceux qui ont prêté serment d’allégeance. Car comme nous l’avons vu dans toutes les règles qui ont précédé, la main d’Allah fait partie de ses attributs que l’on atteste selon ce qui Lui est propre. Or, Allah ta’ala est au dessus de Son trône. Donc la main d’Allah soubhanna wa ta’ala était bien au dessus des mains des sahabas.
C’est ce qui est apparent du verset, ainsi les gens de la sounnah n’ont pas fait dévier le verset de son sens.





15ème exemple : Explication de la parole d’Allah « Je suis tombé malade »


Hadith Qoudsi : Le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam a dit : « Allah dira le Jour du Jugement : « Ô fils d'Adam ! Je suis tombé malade et tu ne m'as point visité. » Il répondra : « Ô Mon Seigneur ! Comment vais-je te visiter, Tu es le Seigneur des mondes ? » Allah dira : « Ne sais-tu pas que mon serviteur est tombé malade et que tu ne l’as pas visité ? Ne sais-tu pas que si tu l’avais visité tu M’aurais trouvé auprès de lui ? Ô fils d’Adam Je t’ai demandé de la nourriture et tu ne m’as pas donné.» Il répondra : « Ô Mon Seigneur ! Comment vais-je te nourrir, Tu es le Seigneur des mondes ? » Allah dira : « Ne sais-tu pas que mon serviteur t’a demandé de la nourriture et tu ne l’as pas nourri ? Ne sais-tu pas que si tu lui avais apporté de la nourriture, tu aurais trouvé cela auprès de Moi ? (et la même chose avec la boisson) … »


Comme pour tous les autres exemples, les salafs et gens de la sounnah ont pris ces paroles selon leur sens apparent, sans interprétation ni déviation. Le sens de la parole d’Allah lorsqu’Il dit « Je suis tombé malade » est sous-entendu que son serviteur est tombé malade. De même pour le fait de Le nourrir et de L’abreuver. Ainsi nous comprenons Sa parole dans le sens qu’Il nous l’a fait comprendre Lui-même.
L’intérêt de ce procédé linguistique qu’a employé Allah ‘azawajal, est de motiver, de pousser les gens à accomplir ces actes, du fait de leur grande récompense.

Le cheykh donne ensuite l’exemple de ce verset : {Quiconque prête à Allah de bon prêt} [Sourate Al Baqara, v. 245]
Or est-ce qu’Allah a besoin de prêt ? Bien sûr que non. Et pourquoi Allah a-t-Il choisi le terme « prêt » ? Car on sait que quand on fait un prêt automatiquement on va le rendre. Ainsi, celui qui donne dans le chemin d’Allah, automatiquement Allah ta’ala lui rendra au Jour du Jugement. C’est comme une promesse d’Allah soubhanna wa ta’ala.


Donc ce hadith est vraiment une preuve évidente qui va annuler tout ce que les gens de l’innovation ont interprété. Car, ici on voit dans chacun des cas qu’Allah nous a expliqué Lui-même le sens de ces paroles. Lorsqu’Il soubhanna wa ta’ala a dit « Je suis tombé malade », Il nous a expliqué ce qu’était le sens, car c’est une chose qui est impossible dans Son droit. Ainsi Il nous l’a expliqué pour qu’il n'y ait pas d’ambiguïté.





Les 15 exemples que nous venons de voir sont suffisants car ils servent de modèle aux autres ambiguïtés lancées par les innovateurs.
Cette règle est connue auprès des gens de la sounnah et du consensus, qui est d’appréhender les textes du Coran et de la sounnah selon leur sens apparent sans les altérer, sans les renier, sans chercher l’explication du comment, et sans faire acte d’anthropomorphisme.

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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Dim 16 Mai 2010 - 17:24

Conclusion



Réplique contre les ambiguïtés des Achaarites

Concernant cette secte, 3 questions ont été posées. Ces 3 questions se présentent comme des ambiguïtés. Le cheykh va y répondre en détail afin de pouvoir répliquer contre ces ambiguïtés.


Première question :

Comment se fait-il que le mazhab des Achaarites soit faux, alors qu’ils représentent plus de 95% des musulmans ?
(D’après ce que prétendent certains)

Réponse :

Tout d’abord nous n’admettons pas qu’il y ait un pourcentage aussi élevé parmi toutes les sectes de l’Islam. Il faudrait que cela soit prouvé, qu’il y ait un recensement auprès des musulmans.
Si on avait accepté ce chiffre, cela ne signifie pas que la majorité des musulmans assure l’infaillibilité de tomber dans l’erreur. Ainsi, on ne prend pas en compte le nombre de musulmans qui suivent un mazhab, mais on prend en compte Al Ijma’ = le consensus des savants. C’est-à-dire lorsque tous les savants sont unanimement d’accord sur une question, surtout s’il s’agit d’une question concernant la ‘aquida.
On sait que le consensus des musulmans des premiers temps, c’est-à-dire des salafs, est bel et bien attesté, et il est contraire à la croyance des gens de l’interprétation.



Deuxième question :

Comment se fait-il que le mazhab des Achaarites soit faux, alors que le modèle de ce mazhab est celui d’Aboul Hassan al Ach’ari ?

Réponse :

Aboul Hassan al Ach’ari, de même que d’autres savants, n’ont jamais prétendu être infaillible de toute erreur. Bien au contraire, ils ont reçu cet imama (représentation dans l’Islam d’être Imam) uniquement au moment où ils ont connu réellement leur niveau, qu’ils avaient dans leur cœur la vénération du livre d’Allah et c’est ce qui a fait qu’ils aient mérité leur imama.
{Et Nous avons désigné parmi eux des dirigeants qui guidaient les gens par Notre ordre aussi longtemps qu’ils ont duré, et croyaient fermement en Nos versets.} [Sourate Assajda]
{Ibrahim était un guide parfait, il était soumis à Allah, voué exclusivement à Lui et il n’était point du nombre des associateurs. Il était reconnaissant pour Ses bienfaits et Allah avait élu et guidé vers un droit chemin.}
Donc on voit dans ces 2 versets que ceux qui ont été désignés et reconnus dans la religion comme tels par tout le monde, c’est donc qu’ils ont réellement étaient soumis à l’ordre d’Allah ‘azawajal.
Et ceux qui se croient au dessus de leur niveau, ce sont ceux qui se sont égarés.

Les gens qui sont venus bien après et qui disent suivre Aboul Hassan al Ach’ari, en réalité ils ne l’ont pas suivi. Car Aboul Hassan al Ach’ari a eu 3 étapes différentes dans sa vie.


1ère étape : « el i’tizal »

El i’tizal, c’est-à-dire qu’il a fait partie des Mou’tazila pendant plus de 40 ans. Il a débattu en faveur de ce mazhab pendant 40 ans au bout desquels il en est revenu. Cela signifie qu’il s’est complètement détaché d’eux, en déclarant en public l’égarement des Mou’tazila. Puis, par la suite il a activement réfuté leur mazhab.


2ème étape : l’étape intermédiaire entre el i’tizal et la sounnah

Ensuite, il a suivi Abou Mohammed ‘Abdellah Ibn Sa’id Ibn Koullab fondateur de la secte appelé al koullabiya. Il a donc pris la science de cet homme tout en suivant son propre chemin pour baser sur cela sa croyance.
Et Cheykh Al Islam Ibn Taymiyya explique que les Acha-ira, en réalité, étaient considérés comme des gens situés entre les salafs et Al Jahimiya et auparavant el Mou’tazila. Cela veut dire qu’ils ont pris des salafs des paroles authentiques, et ils ont pris des Jahmiya et des Mou’tazila des bases rationnelles pensant qu’il s’agissait de paroles authentiques. Et ça c’est l’état des Acha’ri, au moment où ils ont suivi Aboul Hassan al Ach’ari.


3ème étape : la sounnah

Par la suite il a fini par suivre le mazhab des gens de la sounnah et du hadith en suivant l’Imam Ahmed Ibn Hanbal. Le cheykh al ‘Outhaymin cite l’introduction d’un de ses derniers livres, qu’il a écrit dans la dernière étape de sa vie scientifique pour prouver quelle était vraiment sa croyance. Dans cette introduction on peut y lire un « rad » (une réfutation) d’Aboul Hassan al Ach’ari contre les gens de l’interprétation, de même que des éloges faites à l’Imam Ahmed, en rapport bien sûr avec sa croyance.


Ainsi, en réponse à la question, on dira que ceux qui prétendent suivre Aboul Hassan al Ach’ari, ne le suivent pas en réalité. Sinon ils seraient revenus à la vraie croyance comme lui. Donc ces gens suivent la croyance qu’avait Aboul Hassan al Ach’ari lorsqu’il était dans la 2ème étape de sa vie, c’est-à-dire la voie de l’interprétation pour ce qui est de l’ensemble des attributs sauf 7 attributs qu’ils ont attesté (à la différence des Mou’tazila qui les ont tous renié).





Troisième question :

Comment se fait-il que le mazhab des Achaarites soit faux, alors que dans ce mazhab il y a des grands savants connus ?

Réponse :

A l’exemple de cela, il y a l’Imam An-Nawawi, rahimahoullah, qui, à chaque fois qu’il va interpréter un attribut d’Allah, il va tomber dans l’interprétation à la manière du mazhab al Acha-ira. Alors que c’est un imam connu, il n’y a pas une personne qui débute dans la religion qui ne connaisse pas l’Imam, son livre les 40 hadith ou encore son livre Riadh as-Salihin (Le Jardin des Vertueux).
La réponse se présente sous 2 aspects :

Premièrement :

La réelle balance, c’est la vérité. On ne mesure pas la vérité suivant les hommes, mais plutôt on mesure les gens suivant la vérité. Cela signifie qu’on connaît le statut des gens et on va les juger suivant la vérité. Et à l’inverse, on ne va pas prendre la vérité des gens, c’est-à-dire que tout ce que dira une personne ça sera automatiquement la vérité, non !
Le rang et la position de la personne ont un effet sur l’acceptation de sa parole. A titre d’exemple on acceptera plus facilement la parole de celui qui est connu pour son honnêteté et sa sincérité plutôt que les informations provenant une personne connue pour sa perversité. Ainsi, on va regarder de qui nous vient telle ou telle parole. Donc, pour ce qui est de la parole d’un grand savant, s’il nous donne un avis sur une question de jurisprudence, est-ce que cela aura le même effet que s’il s’agit d’un simple étudiant ? Bien entendu les gens vont tendre vers la parole de l’imam qui est connu. Le niveau des gens a donc forcement un effet pour ce qui est de l’acceptation de leur parole. Cependant, ce n’est pas la balance de tous les cas, puisqu’il se peut que ce grand imam tombe dans l’erreur, car il s’agit d’un homme.
Encore un autre exemple, il se peut qu’une personne naisse dans un endroit où il n’y a qu’un seul mazhab qui est enseigné, et elle ne connaît rien d’autre. Automatiquement, elle pensera que c’est ce mazhab qui est la vérité. Or si on vient lui apporter un avis qui diverge, elle le refuse sans même revenir au Coran et à la sounnah. C’est pourquoi dans cette situation on doit prendre en considération la vérité et non pas ce qu’ont dit les hommes.


Deuxièmement :

Si on compare ceux qui ont suivi la voie des Acha-ira avec ceux qui ont suivi la voie des salafs, on trouvera que ces derniers sont bien plus élevés en grade en ce qui concerne la science, et bien plus droits. A titre d’exemple, les 4 grands Imams ont tous suivi la voie du Prophète salallahou ‘alayhi wa salam. Et même si on regarde avant ces 4 Imams, que ce soit les sahabas, les Tabi’in, et tous les salafs, on ne trouvera pas parmi eux ceux qui étaient sur la voie des Acha-ira.

Et nous ne réfutons pas qu’il y ait parmi ceux qui sont affiliés aux Acha-ira, de grands savants qui ont fait preuve de sincérité dans leur religion, et qu’ils ont pris soin du livre d’Allah, et de la sounnah. Mais tout cela n’implique pas leur infaillibilité face à l’erreur, car ils sont tombés dans l’erreur en ce qui concerne les attributs d’Allah. Cela n’implique pas non plus qu’on va accepter toutes leurs paroles.

Et nous ne renions pas non plus que beaucoup d’entre ces savants ont eu une bonne intention dans ce qu’ils ont fait, mais que la vérité a été cachée sans qu’ils puissent la voir, tombant ainsi dans l’erreur. Et il ne suffit pas, pour accepter une parole, que celle-ci soit issue d’une bonne intention car il faut qu’elle soit en accord avec la législation d’Allah. Et si elle est en désaccord avec la législation, il nous est obligatoire de la réfuter, peu importe de qui elle vient. D’après la parole du Prophète salallahou ‘alayhi wa salam :
« Celui qui fait un acte qui n’est pas en conformité avec notre affaire (la religion), il serait rejeté » [Rapporté par Mouslim]

Donc, même si on ne pense pas que ces grands savants sont tombés dans l’erreur de façon volontaire, car il faut savoir qu’à leur époque ils n'étaient entourés que de Acha-ira et qu’ils ont forcément du être influencés par eux, cela n’empêche pas que l’on réfute leur parole et qu’on mette en évidence leurs erreurs.

Dans le même sens, il y a un évènement qui s’est produit au temps du Prophète salallahou ‘alayhi wa salam, qui est que Oussama Ibn Zayd avait tué un mouchrikin (associateur). Au moment où il a levé son sabre, l’homme a prononcé la shahada, mais malgré cela il l’a quand même tué. Lorsqu’il a rapporté cela au Prophète, il lui a expliqué son intention, dans le sens où il n’avait pas cru à l’Islam de cet homme et qu’il avait dit cela afin d’échapper à la mort. Bien qu’il ait eu une bonne intention, le Prophète a sévèrement réprimandé Oussama Ibn Zayd.

Enfin, si la personne est connue pour sa sincérité et pour être celle qui cherche la vérité, alors dans ce cas on le pardonne (lui mais sa parole, on continue de la réfuter). Par contre si cette personne a connu la vérité mais s’obstine dans ses erreurs, alors il sera traité comme il le mérite.

Cela nous mène au dernier des sujets abordés par le cheykh qui est : est-ce qu’on va rendre ces gens là mécréants ou pervers ?

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Oum Mouqbil
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MessageSujet: Re: Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)   Lun 14 Nov 2011 - 20:54

Le jugement de celui qui nie les attributs d'Allah


Question :

Excommunions-nous celui qui nie les attributs d'Allah ?

Réponse :

Le statut du takfir (le fait de rendre mécréant) et du tafsiq (le fait de rendre pervers) n’est pas un jugement qui nous revient. Mais c’est un jugement qui revient à Allah et son Prophète salallahou ‘alayhi wa salam. Et ce jugement fait partie des règles et des lois de la législation que l’on doit remettre au Coran et à la sounnah. Il faut donc s’assurer de manière complète, totale et parfaite. Ainsi, on ne peut rendre mécréant ou pervers que ce que le Coran et la sounnah nous ont indiqué comme tels.

Puis le cheykh donne une règle fondamentale qui est : à l’origine le musulman, dans ce qui nous apparent, est à la base une personne juste et musulmane, tant que l’on ne vient pas prouver le contraire.
Il n’est pas permis de faire preuve de laxisme en ce qui concerne le takfir, car c’est une chose très dangereuse qui entraîne 2 grands préjudices :

Le premier :

Si la personne n’est pas sûre de ce qu’elle a dit et ne s’est pas assuré de manière complète de ce qu’elle a avancé, alors elle a commis un mensonge vis-à-vis d’Allah ‘azawajal, mais aussi vis-à-vis de celui qu’elle a jugé.


Le deuxième :

La personne va tomber elle-même dans ce qu’elle a jugé. En effet, d’après ‘Abdallah Ibn Oumar (radhiyallahou ‘anhou) le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam a dit : « Celui qui rend son frère mécréant, alors que cela est faux, son jugement revient sur lui. » [Rapporté par Mouslim]
Egalement d’après Abou Dharr (radhiyallahou ‘anhou), le Prophète salallahou ‘alayhi wa salam a dit : « Celui qui interpelle une personne par « Ô ennemi d’Allah ! » et dans la réalité ce n’est pas le cas, alors cette parole qu’il a dite revient sur lui. » [Rapporté par Mouslim]


Ces hadiths prouvent que le fait de juger quelqu’un de mécréant est une chose très dangereuse. Ainsi avant de juger une personne mécréante, il faut voir 2 points :

1- On doit être sûre que le Livre d’Allah et la sounnah du Prophète salallahou ‘alayhi wa salam ont indiqué que les actes ou paroles de la personne jugée impliquent le koufr ou la perversité.

2- Les conditions du takfir ou du tafsiq doivent être respectées, ainsi que ce qui va dissiper ce jugement dans le droit de la personne jugée.
Parmi ces conditions il y a :

- Le fait que la personne sache que ce qu’elle a fait est une chose qui la mène au koufr ou la perversion. Les gens de science ont dit : « On ne peut rendre kâfir celui qui réfute les obligations de l’Islam s’il est nouveau dans l’Islam et qu’il n’a pas le science. »
- Le fait que la personne soit contrainte
- Lorsque la réflexion de la personne est saturée à un moment précis, ces paroles ou actes ne sont pas considérés. Exemple : une joie très intense, une grande tristesse. Dans ce moment, il se peut qu’une personne dise une chose dont elle ne se rendr pas compte. Comme dans le hadith d’Anas Ibn Malik où un homme avait perdu sa monture, et lorsqu’il l’a retrouvé, il était si content qu’il a dit « Ô Mon seigneur, Tu es mon serviteur et je suis ton seigneur. » Et bien entendu, il a dit cela à cause de sa joie.


Ensuite la cheykh rapporte la parole du Cheykh Al Islam Ibn Taymiyya où il rapporte un exemple provenant de la sounnah.
Un homme a demandé à ses enfants avant de mourir de brûler son corps une fois mort et de répartir ses cendres dans la mer, pensant qu’Allah ne pourrait pas le ressusciter. Et lorsqu’Allah va lui demander ce qui l’a poussé à faire cela, il répondra « la peur du châtiment. » Et Allah va le pardonner.

C’est pour cela que le cheykh Al Islam Ibn Taymiyya dit : « Cet homme a douté sur la capacité d’Allah ‘azawal à ressusciter les morts. Et ceci est, selon l’unanimité des savants, du koufr. Mais ici, c’est dans le cas de l’ignorance, car c’est une personne qui en réalité était croyante et qui avait peur d’Allah soubhanna wa ta’ala et de Son châtiment. Et Allah l’a pardonné bien qu’il ait eu ce doute dans la croyance.
Donc, parmi les gens de l’ijtihad (ceux qui ont la capacité de faire un effort d’interprétation concernant la religion) qui s’accrochent à suivre la sounnah, celui qui est tombé dans l’interprétation est plus en droit du pardon d’Allah que la personne cité dans le hadith. »




*** FIN ***
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Al Qawa'idou mouthla fi siffatillahi wa asma-ihil Housna (Cheykh Al ‘Outhaymin)
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