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 Le rapport corrélatif entre la croyance et le Manhadj (la voie)

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Umm Abdillah
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MessageSujet: Le rapport corrélatif entre la croyance et le Manhadj (la voie)   Mer 7 Sep 2016 - 14:57


Le rapport corrélatif entre la croyance et le Manhadj (la voie)


Sheykh Ferkous Hafida'u Allah


Question :

Voici certaines questions à résoudre, qui nous posent un problème, auxquelles nous souhaitons avoir une réponse détaillée de votre excellence :

- Quelle est la différence entre la ‘Aqîda (croyance) et le Manhadj (la voie) ?

- Y a-t-il entre eux une relation de généralité et de spécificité ?

- La validité de la croyance implique-t-elle celle du Manhadj ?

- Quelle est la norme qui permet de savoir si un savant ou un prédicateur s’écarte de la voie salafie ? Si ce prédicateur est réputé pour être un homme de science, de mérite et de piété, faillit à une ou deux questions, peut-on l’écarter [de la voie salafie] et lui faire la sourde oreille ?

Puisse Allâh vous accorder Son assistance pour servir et défendre Sa religion. Âmîne.

Réponse :

Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

Il est connu que le mot : « ‘Aqîda » (croyance) n’est utilisé ni dans le Coran ni dans la Sounna, ni dans les dictionnaires de la langue arabe de référence. Par ailleurs, les premiers savants érudits ont utilisé ce qui l’indique, tel que : « As-Sounna » (la Sounna), « Al-Îmâne » (la foi) et « Ach-Charî‘a » (la Charia). Plusieurs savants érudits aussi, tels qu’Ibn Djarîr At-Tabarî, Al-Lâlakâ’î et Al-Bayhaqî, ont fait usage des deux expressions suivantes : « I‘tiqâd » et « Mou‘taqad » (croyance).

En terminologie, le mot « ‘Aqîda » (croyance) est utilisé en général pour désigner « ce à quoi le cœur croit ferme­ment, qu’il soit vrai ou faux ».
Quant à son usage associé à un adjectif comme dans l’expression suivante : « croyance islamique », il désigne selon certains [savants] « la croyance ferme en Allâh et ce qu’il nous incombe de faire [ou de croire] vis-à-vis de Son Ouloûhiyya [Son droit exclusif d’être adoré], Rouboûbiyya [Seigneurie], Ses Noms et Ses Attributs, ainsi que la croyance en Ses Anges, en Ses Livres, en Ses prophètes, en le Jour Dernier, en le Destin, qu’il soit bon ou mauvais, et en tout ce qui est rapporté dans les textes authentiques, à savoir les fondements de la religion, les faits de l’Inconnu et les sujets qui ont fait consensus chez les Pieux Prédécesseurs. Égale­ment, fait partie de cette croyance, le fait de s’en remettre à Allâh en se soumettant à Ses jugements et Commandements, Son destin et Sa Charia. De même que nous devons nous soumettre au Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم en lui obéissant, en recourant à son arbitrage [notamment en cas de divergence] et en suivant sa voie ».


En Islam, la croyance et la Charia vont de pair, car la Charia désigne les devoirs pratiques que l’Islam a institués en ce qui concerne les actes d’adoration et les affaires de la vie courante ; alors que la croyance consiste en les connaissances auxquelles chaque musulman doit croire, parce que c’est Allâh عزّ وجلّ qui nous en a informés par le biais de la Révélation transmise à Son Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم.

En effet, le lien entre la croyance et la Charia est fortement solide. Elles ont en commun la foi quand elles sont citées séparément, car la foi comprend deux parties : la croyance saine enracinée dans le cœur, et les actions apparentes dans les membres. Ainsi, la foi est la croyance que la personne agrée par son cœur, manifeste avec sa langue et accepte la voie qu’Allâh عزّ وجلّ a reliée à cette même croyance. Pour cela, certains savants parmi les Pieux Prédécesseurs ont dit que la foi devait être ancrée dans l’âme, prononcée par la langue et exprimée à travers les actes.

Cela dit, compter sur l’authenticité de la croyance ne peut se faire que sur la base d’une voie valable, fondée sur les textes authentiques et prouvés par le Coran, la Sounna et les traditions des Compagnons رضي الله عنهم et des Successeurs parmi les savants érudits, les biens-guidés et ceux qui nous éclairent dans les ténèbres, qui ont suivi leur chemin, comme le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit : « Les meilleures personnes sont celles de mon époque, puis celles de l’époque suivante et puis celles de l’époque qui vient après. »(1)

Ce droit chemin, qui consiste en la recherche du savoir conformément aux commandements divins et le recours aux preuves du Coran et du hadith et le fait de se guider sur la compréhension des Compagnons, des Successeurs et ceux qui adoptent leur voie parmi les savants, est considéré comme l’un des plus grands attributs qui distinguent Ahl As-Sounna Wal-Djamâ‘a (les Gens de la Sounna et du Groupe) des gens des passions et de divergence.


Et aussi parmi leurs attributs majeurs : le fait qu’ils ne s’opposent pas à la Révélation par la raison, les opinions, le raisonnement analogique, et qu’ils préfèrent la Charia à la raison ; quoique la raison saine ne contredit pas les textes authentiques ; bien au contraire, elle s’y conforme.
Ils rejettent, également, l’interprétation scolastique des textes religieux au moyen de diverses métaphores et ne prennent que le Coran et la Sounna comme critères d’ac­ceptation et de rejet.

Ceux-ci comptent, donc, parmi les règles et les attributs les plus importants de la voie salafie qui distinguent ses membres de toutes les autres voies, compte tenu du fait que la source de l’acquisition [du savoir] chez leurs antagonistes, parmi les gens des passions et des innovations, est la raison altérée par les absurdités des philosophes et des logiciens et les inventions des scolastiques, qui ont exagéré dans leur recours à la raison et leur rejet des textes religieux par la raison, ainsi que les autres actes connus dans la tradition des générations ultérieures.

Cela dit, parmi les résultats obtenus par cette voie droite : l’unification de l’opinion d’Ahl As-Sounna Wal-Djamâ‘a quant au fait de dévouer le Tawhîd (monothéisme) à Allâh عزّ وجلّ seulement, leur communion quant au fait d’emboîter le pas au Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم et leur accord unanime en ce qui concerne les questions relatives à la croyance ; un accord qui ne peut être rompu, bien qu’ils soient loin les uns des autres, dans les lieux ou les temps.


En conséquence, la voie saine conduit à une croyance saine. Et l’intégrité de la croyance indique l’intégrité de la voie. Ceci est appelé « l’indication de la cause par l’effet » ; tel que prouver l’existence d’une chose par l’existence de son effet, et son absence par l’absence de son effet. Ceci est qualifié, aussi, par les spécialistes des fondements de la jurisprudence d’« analogie indicative ».

Par ailleurs, la croyance pourrait être correcte dans certains aspects et altérée dans autres ; la voie intègre indique l’aspect intègre de la croyance, et la voie altérée indique l’aspect altéré de la croyance. Par exemple, si la personne adopte la croyance des Pieux Prédécesseurs en ce qui con­cerne les Noms d’Allâh et Ses Attributs et adopte, en même temps, certaines visions relatives aux soulèvements contre les gouvernants, la Hizbiyya (sectarisme) et autres… dans ce cas, sa croyance est correcte en ce qui concerne la question des Noms d’Allâh et de Ses Attributs, car sa voie puise ses fondements dans le Coran et la Sounna, et se guide sur la compréhension des Pieux Prédécesseurs. Cependant, le délaissement de la voie salafie par rapport à l’autre aspect (attitude vis-à-vis des gouvernants), indique que sa croyance est altérée en ce qui s’y rapporte.

Quant à la seconde question, il faudrait distinguer entre la personne qui se trompe en cherchant la vérité de celle qui s’entête après que la vérité soit révélée et s’obstine dans son opposition aux Textes authentiques et aux preuves attestées et prépondérantes, ou qui parle sans qu’elle ne détienne la science, ou qui défend et appelle à une hérésie largement diffusée, ou qui néglige ou refuse de chercher la vérité, ou qui la dissimule pour des raisons qui la motivent, etc.

Dans le premier cas, le fautif est excusable, son erreur est pardonnée et il est en plus rétribué [pour son effort]. Quoi qu’il en soit, on ne doit lui reprocher ni défaut ni imperfection, ni hérésie ni turpitude. On doit le conseiller, lui montrer l’erreur preuve à l’appui afin de dissiper les ambiguïtés et d’établir la certitude. Suite à cela, ce fautif doit retourner à la vérité et la mettre en pratique, car seuls les Prophètes sont infaillibles. Si on écarte de la Salafiyya toute personne qui a commis une erreur, personne ne restera parmi les gens de la Sounna.

Ibn Al-Qayyim ـ رحمه الله ـ a dit : « … Si on délaisse et on néglige les bienfaits de chaque personne qui a commis une erreur, les sciences, les techniques ainsi que les sagesses seront ainsi perverties et leurs repères brouillés »(2); contrairement aux autres cas.

Cheikh Al-Islam Ibn Taymiyya ـ رحمه الله ـ a tenu dans ce contexte un discours empreint de sagesse pour expliquer la question de l’excommunication [At-Takfîr] en disant :

« … Concernant la question du Takfîr, le plus juste est de dire que si un membre de la communauté de Mouhammad صلَّى الله عليه وسلَّم fait un effort d’interprétation et se trompe en cherchant la vérité, on ne doit pas l’excommunier ; on doit plutôt lui pardonner son erreur. Quant à la personne qui voit clairement la vérité rapportée par le Messager et s’en écarte après que le droit chemin lui est apparu et suit un sentier autre que celui des croyants, cette personne est alors jugée mécréante.

Et celui qui se soumet à ses passions, néglige la quête de la vérité et parle de sujet religieux sans détenir la science, cette personne est coupable d’un péché et d’un acte de désobéissance. Il se peut qu’elle soit perverse, comme il se peut qu’elle ait fait preuve d’actions de bienfaisance, supérieures à ses péchés.
»(3)et Allâh est le plus Savant.

Le savoir parfait appartient à Allâh, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit loué et que paix et salut soient sur notre Prophète Mouhammad, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

Alger, le 16 de Djoumâdâ Al-Oûlâ 1429 H,
correspondant au 21 mai 2008 G.


(1) Rapporté par : Al-Boukhârî (2509), Mouslim (6472), At-Tirmidhî (7228) et Ahmad dans son Mousnad (5383), d’après ‘Abd Allâh ibn Mas‘oûd رضي الله عنه.
(2) Madâridj As-Sâlikîn d’Ibn Al-Qayyim (2/39).
(3) Madjmoû‘ Al-Fatâwâ d’Ibn Taymiyya (12/180).

Source: http://ferkous.com/home/?q=fr/art-mois-fr-28
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