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 Les bonnes manières de rompre le jeûne

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Umm Abdillah
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MessageSujet: Les bonnes manières de rompre le jeûne   Lun 9 Mai 2016 - 18:20

Les bonnes manières de rompre le jeûne


Sheykh Ferkous Hafida'u Allah



La rupture du jeûne est liée à une série de bienséances recommandées au jeûneur, de manière à suivre le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم.

Ces recommandations sont :


1- Rompre le jeûne avant la prière du Maghreb. Anas Ibn Mâlik رضي الله عنه dit : «Je n’ai jamais vu le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم prier le Maghreb avant de rompre son jeûne ne serait ce qu’avec une gorgée d’eau »(37).

2- Rompre le jeûne avec des routabât (dattes fraîches), sinon avec des dattes ordinaires. À défaut de celles-ci et celles-là, de l’eau suffit. Anas رضي الله عنه dit : « Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم rompait son jeûne avec des Routabât (dattes fraîches) avant de prier, sinon avec des dattes ordinaires. À défaut, il buvait des gorgées d’eau»(38).

3- Douaà (invoquer Allah عزَّ وجلَّ) au moment de rompre le jeûne. Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit alors :
« La soif est étanchée, les vaisseaux irrigués et la récompense assurée si Allah le veut»(39).

Cinquièmement : il est recommandé d’utiliser le siwâk (bâtonnet cure-dent) dans tous les cas de figure; qu’il soit tendre ou sec, que la personne soit à jeun ou non, au début ou à la fin de la journée. Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم l’a recommandé avant chaque prière et ablution en disant : « Si je ne voulais pas mettre ma communauté dans la gêne, je leur aurais prescrit le siwâk avant chaque prière »(40). Dans une autre version, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Avant chaque ablution »(41). Dans cette version le jeûneur n’est pas seul concerné, Ibn Omar رضي الله عنهما dit : «On utilise le siwâk au début et à la fin de la journée »(42). Dans ce contexte, Ibn Taymia, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : «Le siwâk est unanimement licite, mais ils (les scolastiques) se sont divergé sur le fait qu’il est déconseillé l’après-midi. Il y a deux versions connues, qui sont relatées par l’imam Ahmed. Mais il n’y a aucun argument valable pour particulariser les textes généraux rapportés au sujet du siwâk »(43).

Sixièmement : s’appliquer à accomplir les bonnes actions et multiplier les actes d’adoration, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم se consacrait particulièrement à l’adoration durant le mois de Ramadan, aux bonnes actions et à tout type de dévouements et de bontés. Ibn `Abbas dit : « Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم était le plus généreux des hommes et se montrait encore plus généreux pendant le mois de Ramadan au moment de la rencontre avec Djibril, qui venait lui réciter le Coran chaque nuit du mois de Ramadan. Le messager d’Allah عزَّ وجلَّ était en ces moments-là plus généreux que le vent porteur de la pluie »(44). Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم redoublait la récitation du Coran. Il prolongeait ses prières nocturnes durant Ramadan plus qu’il ne le faisait hors du Ramadan, et devenait plus généreux que jamais, en multipliant les bonnes actions. Il s’activait dans les dix derniers jours de ce mois dans les prières, la récitation du Coran, la retraite pieuse I`tikâf et les évocations comme il ne le faisait en aucun autre temps. On lit dans le hadith : « Lorsque la dernière dizaine de Ramadan commençait, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم s’activait dans l’adoration. Il priait pendant ses nuits et réveillait sa famille »(45).

Parmi les actes d’adoration que le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم incitait à faire, la omra pendant Ramadan. En effet, sa récompense équivaut à un hadj (pèlerinage). Il disait : « Une omra pendant Ramadan vaut un hadj (pèlerinage) »(46). La prière dans les deux mosquées de la Mecque et de Médine multiplie la récompense, selon le hadith suivant : « Une prière dans ma mosquée équivaut à mille prières dans d’autres mosquées, sauf dans la mosquée de la Mecque»(47), en plus de l’expiation des péchés grâce aux omras répétées selon le hadith : « La succession de deux omras entraîne l’expiation des péchés commis entre les deux»(48).

Septièmement : éviter tout ce qui est non conforme à l’objectif du jeûne, en s’éloignant de tout ce qui est interdit par la charia, tels que les injures et les mauvaises actions, jugées illicites ou détestables en tout temps, notamment pendant le mois de Ramadan, car celles-ci impliquent une vilenie plus grande. Pour cela, le jeûneur doit retenir sa langue de ne pas proférer de mauvaises paroles, telles que le mensonge, la médisance, la calomnie, l’insulte et les disputes et ne pas perdre de temps à psalmodier des poèmes, raconter des contes et des blagues, ou faire des éloges ou des critiques à tort. Il doit empêcher son ouïe à les écouter ou à écouter toute autre méchanceté illicite. Il doit s’appliquer à éloigner son âme et son corps des passions et des interdits, tels que baisser le regard devant ce qu’Allah عزَّ وجلَّ a interdit de voir, et préserver les autres parties du corps d’approcher les tentations. Il ne doit pas tendre sa main pour faire du mal et ne pas utiliser ses jambes pour marcher vers les lieux maléfiques. Il ne doit manger que de la nourriture licite sans excès ni abondance afin d’affiner son âme, la fortifier, et la préserver de Satan et ses adeptes.

En faisant cela, son cœur doit rester, après chaque rupture de jeûne ou chaque adoration, accroché au vœu de voir ses actions acceptées par Allah عزَّ وجلَّ, pour être lui-même parmi les proches d’Allah عزَّ وجلَّ avec la peur de les voir rejetées. Sur ce, plusieurs textes jurisprudentiels sont rapportés afin de mettre le jeûneur en garde quant aux vices de la langue et des autres membres. Parmi ces textes, le hadith suivant : « Celui (le jeûneur) qui n’abandonne pas le faux témoignage et son usage, Allah n’aura que faire de son abstention de manger et de boire »(49). L’objectif du jeûne n’est pas dans la faim et la soif, mais dans ce qu’il entraîne comme abstention des jouissances et domptage du côté maléfique. Pour cela, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit : « Nombreux sont ceux qui n’obtiendront de leur jeûne que la faim et nombreux sont ceux qui n’obtiendront de leurs prières nocturnes que les veillées vaines »(50).

Le véritable jeûneur est celui dont le ventre jeûne de toutes les nourritures, ses membres de tous les interdits, sa langue des injures et des mauvaises paroles, son ouïe des absurdités, son sexe des rapports avec sa femme et ses yeux du regard illicite. Qu’il parle décemment pour ne pas ébrécher son jeûne, qu’il fasse des actes qui ne fragilisent pas son jeûne au point de l’annuler, conformément au hadith du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم: « Allah le Très Haut dit : tout acte des fils d’Adam leur appartient, sauf le jeûne, il m’appartient, et j’en récompense celui qui l’observe. Le jeûne est un bouclier (contre l’enfer), alors tout jeûneur doit éviter les rapports sexuels, les grossièretés, et si quelqu’un le combat ou l’insulte, qu’il lui dise : je suis à jeun »(51). Dans un autre hadith marfou` (élevé) au Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم: « Pas d’injures en étant à jeun, et si quelqu’un t’insulte, dis : « je suis à jeun » et assieds-toi si tu es debout»(52).

Ceci dit, le jeûneur pourrait ne pas atteindre la récompense réservée au jeûne, malgré son endurance pour la soif et la faim, car il n’a pas accompli son jeûne tel qu’il a été prescrit, en commettant des interdits. Cette récompense se réduit par les péchés et n’est totalement rejetée qu’avec les actions annulatives. Dans les hadiths précédents, il y a exhortation du jeûneur à pardonner aux malfaiteurs et à éviter de répondre au mal par le mal.

Huitièmement : se préparer à recevoir des jeûneurs au moment de la rupture du jeûne pour bénéficier de la même valeur de récompense que la leur, en référence au hadith du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم qui dit : « Quiconque nourrit un jeûneur (au moment de la rupture du jeûne) aura sa récompense identique sans diminuer de sa récompense»(53).

Neuvièmement : ne pas négliger la prière nocturne du mois de Ramadan en commun, pour ne pas passer devant une énorme récompense. Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم exhortait ses compagnons, sans obligation, à faire la prière nocturne. Il disait : «Celui qui pratique la prière nocturne du mois de Ramadan avec foi et n’attend que la récompense d’Allah, Allah lui pardonnera ses péchés antérieurs»(54). Surtout que la dernière dizaine du mois de Ramadan renferme une nuit meilleure que mille mois. Allah عزَّ وجلَّ réserve pour celui qui la veillera en évoquant le Tout Puissant et en l’invoquant une importante récompense et ses péchés antérieurs lui seront pardonnés.

Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Celui qui pratique la prière nocturne pendant Leilat El-Qadr (la nuit du destin) avec foi, et n’attend que la récompense d’Allah, ses péchés antérieurs seront pardonnés »(55). De plus, il a été rapporté en ce qui concerne les vertus de la prière nocturne en commun que le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit : «Quiconque prie avec l’imam jusqu’à ce qu’il parte, une nuit entière de prière lui sera comptée »(56). Pour cela, le jeûneur ne doit pas négliger la prière nocturne du mois de Ramadan en commun pour ne pas rater ce bienfait et la récompense divine qui en résulte.

(37) Rapporté par Ibn Hibbâne (89), d’après Anas Ibn Mâlik رضي الله عنه. Il est authentifié par El-Albani dans «Essilsila Essahîha» (2110) et «Mawârid Adh-Dham'ân» (737).
(38) Rapporté par Abou Dâwoûd (2356) et Ettirmidhî (696). El-Albani l’a authentifié dans «Sahîh Ettarghîb» (1077).
(39) Rapporté par Abou Dâwoûd (2357) et El-Bayhaqi (4/239), d’après Ibn Omar رضي الله عنهما. El-Albani l’a jugé bon dans «El Irwâ'» (920).
(40) Rapporté par El-Boukhari (887) et Mouslim (612), d’après Abou Hourayra رضي الله عنه. Il est aussi rapporté par Ahmed (4/116), Abou Dâoûd (47) et Ettirmidhî (23), d’après Zayd Ibn khâled El-Djouhanî رضي الله عنه.
(41) Rapporté par Ahmed (2/460, 517) et autres. El-Albani l’a jugé bon dans «El-Irwâ'» (1/110) numéro (70).
(42) Voir le «Résumé d’El Boukhari» d’El-Albani (451) numéro (366).
(43) «Madjmoû` El-Fatâwâ» d’Ibn Taymia (25/266). El-Hâfiz a dit dans le «Talkhis» (2/202), d’après `Abderrahmâne Ibn Ghanem qui dit : «J’ai demandé à Mou`âdh Ibn Djabel : puis-je utiliser le siwâk en plein jeûne ? Il répondit : oui. Alors je lui ai dis : à quel moment de la journée ? Il répondit : à n’importe quel moment, matin ou après-midi. Je lui ai dis : les gens disent qu’il est détestable l’après midi. Il dit : et pour quel raison ? Je répondis : ils disent que le Prophète صلّى الله عليه وآله وسلّم a dit : «L’haleine du jeûneur est plus agréable, auprès d’Allah, que l’odeur du musc». Il dit alors : «Qu’Allah soit glorifié (Soubhâna Allah) le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم leur a prescrit le siwâk en sachant que la bouche du jeûneur émet certainement une haleine, même après son utilisation. Il ne leur aurait pas ordonné d’infecter délibérément leur haleine. Cela n’est bien en rien, par contre, il ne contient que du mal sauf pour celui qui en est affligé, en étant contraint ou forcé.
(44) Rapporté par El-Boukhari (3220) et Mouslim (2308), d’après Ibn `Abbâs رضي الله عنهما.
(45) Rapporté par El-Boukhari (2024) et Mouslim (1174), d’après `Â'icha رضي الله عنها.
(46) Rapporté par Abou Dâwoûd (2/503) et authentifié par El-Albani dans «Sahîh Abi Dâwoûd» (1988) et Ettirmidhî d’une façon abrégée (3/276), et rapporté par Ibn Mâdjah (2/996), d’après Abou Ma`qil رضي الله عنه.
(47) Rapporté par El-Boukhari (1190) et Mouslim (1394), d’après Abou Hourayra رضي الله عنه.
(48) Rapporté par El-Boukhari (1773) et Mouslim (1349), d’après Abou Hourayra رضي الله عنه.
(49) Rapporté par El-Boukhari (1903), d’après Abou Hourayra رضي الله عنه.
(50) Rapporté par Ibn Mâdjah (1/539), d’après Abou Hourayra رضي الله عنه. Il est authentifié par El-Albani dans «Sahîh Ibn Mâdjah» (1380) et «Sahîh Ettarghîb» (1069).
(51) Rapporté par El-Boukhari (1904) et Mouslim (1151), d’après Abou Hourayra رضي الله عنه.
(52) Rapporté par Ibn Khouzayma dans son «Sahîh» (3/241). El-Albani a dit dans «Sahîh Mawârid Adh-Dham'ân» (1/383) : «Il est rapporté dans «Sahîh El-Boukhari» dans le même sens, sans la phrase suivante : « …et assieds-toi si tu es debout ». Le hadith est jugé bon».
(53) Rapporté par Ettirmidhî (3/171) et Ibn Mâdjah (1/555), d’après Zayd Ibn Khâled El-Djouhanî رضي الله عنه. El-Albani l’a authentifié dans «Sahîh Ettirmidhî» (807) et «Sahîh Ibn Mâdjah» (1746).
(54) Voir note 6.
(55) Voir note 8.
(56) Rapporté par Abou Dâwoûd, Ettirmidhî (3/169) et An-Nassâ'î (3/202, 203), d’après Abou Dhar رضي الله عنه. El-Albani l’a authentifié dans «Sahîh Abou Dâwoûd» (1375) et dans «Sahîh Ettirmidhî» (806).

Source: http://ferkous.com/home/?q=fr/art-mois-fr-12


Dernière édition par Umm Abdillah le Ven 13 Mai 2016 - 0:01, édité 2 fois
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